‹ Histoire du pape Léon xiiChapitre 20 sur 37 · CONJECTURES SUR UN CONCLAVE PRESUME TRES-POSSIBLE · texte numérisé non relu

CONJECTURES SUR UN CONCLAVE PRESUME TRES-POSSIBLE

l'aUTEU» BLAME CES PREOCCUPATIONS. LA SANTE DU PAPE SE FORTIFIl^ VISIBLEMENT. IL -SE LIVRE A d'iMPORTANS

TRAVAUX. IL DONNE 3A CONFIANCE A l' ANCIEN SKCkÉTAIEB

DE CONSALVIy SElIVlTCUR b'uN MERITE ÉpROUYÉ. « .

L^ seiil coup que la Providence eût permis à Fange delà mort, venoit d^être frappé. Léon XII s'étoit insensiblement jétaUi. A Rome, il n^ ^ jamais dç repos devant les affaires qui s^amoncèlent de toutes les diverses parties du monde. . Lé 6 mars 1824 , le Saint Père termina, aveo le baron de Reden ^ ministre de Sa JMLajestfe britannique stipulant en sa qualijte de roi d^ Hanovre, Porganisation du clergé catholique

de ce royaume ; la négocialion fut arrêtée sur les bases qu^avoit proposées le cardinal Consalvi. On reeonstruisok les deux évêchés d^Osnabruck et 4c Hildesheim\;*'le«rdi permettoit quHls ne ressortissent qu^à Rome, qui seroit le siège métropolitain.

'Parmi les hôté^ illustres qui résidoient dans la yille- éternelle^ et que Léon XII^ suivant Tantique vertu hospitalière^ traitoit avec les égardis dus à leur rang et à leurs ïnalheurs, se trou voit lofante - dùebcsse de Lucques , auparavant teine d^Ëtrurie, élevée svtrcfi trôné pgr Napoléon, qui se fit le protecteur de cette branche de la imaison de Bourbon , . et qui cependant 06 se n^ontra pas constant dans ses sentimens d^ffection, CQmme si FiufantènWoit^iû'paroitre ^^à peu près -sept .an$ sur ce -ti*ôoe pour préparer les voies à la ,sœi|r dé celui gui voutoit ré* jner sur toute TEurope par lui-même ou paF es siens. ^ * -

Une maladie s^étoitdédarée à la suite dela.déjèntion dé cette princesse, rènfehnée pai^QTaposétyiiilans un couvert dc'Dominicainçs de Rpme. i&'cdle n^avoit *p2(9 la permission de voirtçils les jours son fils et sa fille, qu^on a^ienoit rare- Qtiént-auprès d^dle, et qurne pouvoient s^approc)i(^ qu^à dix pasi tJn jour son fils avoit bien fait 9ion gardien la promesse accoutumée : il parl<ttt

ISO ^ HISTOIRE [l«M]

à sa m^ê, asshe k»ii de hii ; elle l^xhortoit à fai patienci^, k WJbiisssince ; ma& idle fit en* même tempg mi geste si tçfndre, que IVinfâmt^ ne se croyant plus prisonnietf, seecma lelbras do garde et^cptimt se précipiter aArgenottx; de m înèré. La première'autorité qui gouvernoit au Abfnc-de Napoléon était pt^ente'; «Ha n'^dsa pas mtiBrrotppre de si légitimes tresses. Cependant Ten*

ÙM fîit amené moins somrent mk oouTenl desre-

Kgieoses ; celles-ci "ôherchoient à adoucir par mîQe prévenances les malheurs de k reine.

Iiorscjue'je revins ppmr la septième fei^ à Rome, èa 4819*, après atoir quitté Fambassade dtt .roi près S; M. Fempereur d^ Autriche, je tNmVai *cette bonne et bienfaisante reiiïë dans MfteriUè: f avoisrêmpli'les fonctions dé cbdiqgé d^a^ires à Floreùce, et je-nè reeonnciss<Hs pas Sa Majesté, tarit les peines avouent altéré sa ràQté.. '

La maladie dont elle étoit atteinte étoit incurable*. LéonXIIdevoit voirmourîr tousses amis : la reine* expim le i3 mai^ à Fàge <de quarante* deux ans, instituant exécuteurs testameoiaiiies Ferdinand VII et don Carlos ; $es frèresr ( eXkè ai^ moitcè dernier ayecjmeiîve tendresse), lé prince^ de Liacquès, son ^Is, et le caj^inal-Céswei; Le^ Pape onlonnà que féglise des Saînts»*Apdl»iè9^ fût niftse à là diispoëition du midiM*e «rfopagniev

CISS^j DU PAPS LSON XII. ISt

eïi'oay co^tnwU^ti inuoeuse catafalque ^ pà la p^iméUÂi expofée en habit de-DomiDicaine.

£Ue voulut donner cette, preuve de gratitude aux damea-qui Tavoieut. aimée et servie avec tant de respect peiîd^ui ses tuiijyb^urs. .

Rooie-alloit *éti*e. affligée .d^une autre moft pepdaut cetjté .saisoiH meurtrière. Une foule d^Anglais y avoient passé Fhiver , et Vean^ bassade de -Fraoee ainsi qu^ celle dîAutriéhe rélUDÎssol^t , dans des fêtes^ hrillanies^^ Pélite de la société romaine et de la Société étrangère^ Une jeune Anglaise , miss-Bathurst,*qui voyagie^it avec son oncle «t sa. tante , se faisoit re^ marquer, et- surtout xhes Tambassadeur de France , pour qui sa fan^ille avoit apporté des \tiUUre&. de recommandation.* On ne se lassoit pas d^admirer la beauté, la- grâce, Fesprit^ la douceur de- cette jeune miss. Invitée à un des bals' de .l'ambassadeur , le soir d-un dimanche, leA 4ames qui , comme elle , avoient ^assisté au bfll^ la prièrent de demander quHl se prolongeât 4issez avant dans la nuit. L^ambassadèur na»{K>uvoit rien refuser aux prières de la no^ blesse, romaine et- de la belle étrangère; et il fitt ^«mveou .que miss Bathurst décideroit en souveraine, même^du momentoù finiroit la fête. Ensuite on arrangea pour le lendemain ^ ou plutàt.pooi! le .Î0ur. même, ime partie- de cheval^

182 hlSTOIRE* [!824]

On>devoit visiter les bor<fe do Tibre, hè duc de Laval promit , en se retirant, qa^à\midi le nombre de chevaux convenable .$eroit prêt pour la famille de tniss. Quant à -elle, la politesse de Fambassadeur dèvenoit itiutile , parce que miss avoit amedéiÉin beau cheval de son pays, guVUe mpntoit habituellement en toute sûreté; • « • •.

]L.a danse- se prolongj^ dans la nuit. H fallut aller prendre .quelque repos. , 'puisqu'^àr midi , huit heures après, la. promenade le long du Tibre devoit commencer. Des affisiires:^ s^rvenues dans Fintervalle avoient occupé Fand^a^sadeur; il ne pensoit plus peut-être à la promenade , ou il n^avoit pas intention de s^y rendre , lorsque Fonde dé* la jeune miss vint demander si les chevaux de Fambassadeur étoient prêts. Le duc de Laval ordonna qu^ils fussent préparés sur-le-champ ^ et la cavalcade partit, mais très-tard^ de la place d'Elspagne , où Fbn s^étoit donné rendez-<-voits. La jeune miss moDtoit son cheval favori , et suivoit im— médiatement celui du duc de Laval qui ipon-troijL le 'Chemin/ Lorsque 4^on eut passé Ic^ Ponte-Molle, en remontant la rive « droite dvK Tibre, on arriva à une ferme qui est sur 1^ bord du fleuve. Ordinairement on peut: s^a — vancer le long des rives qui là ^élèvent a un.^

certaine h^uteur^' La nuit (b^étoit Une £roide nuit de mars), pendant lés joyi|px^ plaisirs de la viUe 9 il avoit beaileoup plu. Le fléUVe ayoit débordé, et- lé chemin - étôit devenu si étroit qa!on ne pouvoir y passcfr sans danger. Cette circonstance se présentoit souvent , et dans ce cas -il étoit convenu' que le fermier, qui ne se. refusoit jamais à cette servitude \ devoit laisser passer les voyageurs ' ou les promeneurs à travers la cour de, sa ferme. Le ' palefiienier en chef du duc de Laval connoissoit cet usage; mais il ét6it alo|:is très-*en arrière , et il ne lui fut pas possible d^avertjfr son makre, (}Ui tnapchoit le premier* En ce moments-là, le sentier ne présentoit pas plus d]un- pied dé large', et ime partie de la terre avoit été emportée par la finie du fleuve.' L^ cheval du duc. connut le danger* et par un mouvc^me^t rapide s^élança de V Paître côté de Tangle du, mur, où le chemin étoit. meilleur. Miss»' B^thurst suivoit. Son cheval s^arrèta^ mais il ne lui étoit plus pos- ^le à lui-même de reculer, il s^élança à son tour;* la. terre manqua , et il tomba dans le âenve. Au mêipe instapt, on vit la jeune personne se débattre et silmager à Faide de son vêtement . (uiàe lopgue amazone en drap bleu). .La-^fanûHe lyiiglaise eut le temps de rebroQsaer chemin. Alors des cris.d^efFroi:, peut-

êtvf) oiéa]^ ceux .de la. ^uae fiUe^'^^ firent mtepdre <le.tQq|i9 paru. On^étoit feou^tai^ à la lirameaade; jg.noit oonimepçoit à i^étendve $ur rhpriwi)<. Des iiommes de la auUe^ Airenl envoyés. à RQma pour cliercher des aagean^ d^£t cçrde^ y de9 «ecoiars. de tout genre. On appprU aus^i dei$ toçches , à Taide desquelles ou écl^y'a le Ui^u, de la terrible «catastrophe. Je o) Vccupçif^ trauquillement de nos aftairçs^- kurs* qù^ua exprès yiotin^anjppûcer* le nudl^uriel me chercher* J^aurois voulu emmener avec niefi Jlqme to^teIltière> Oq promit^^rd^placaribB^ d^abord une • somme qui devoit «xcilier l'at^ teotiop de tovtâ ceux qui. pouvoient être utilesy puis . ^ur riosistanoe , d^un seigpeuc «apglais ^ étranger à; la familie , iine .somme trèsrconsî»* dérablç , qi|?il aiurpit payée lui-même , disoitr^ il dans un mouvement de munificence .sans bon^ (car il ne connoissçit que très^-peorfai jeune miss)f Malheureusemept un pçoheur de Pautç-Molle> parlant de cet événement sinisiref cria que le courant avoit dû .emporter le . cheçval et la jeune fille ; mais le dbeval aroit refp^gpé lerjbord, seul^ et sans J^iiîifortiiçée. qui s^étm^ cioxtm fiée à lui. Malheureusement enooi*e.ce,<pie le* pécheur avoit supposé^^/ut assuré, confine vé^. ritable. U se .trouva des hoimmes qui .dirent avoir vu le cheval, et la jeune fiUe pBnsaee soafi(

:i8t4} DU PAPB LÉON Xlf. 185

leppiU. Lh recherehed forent, multipliées pen*^ dmt iovOt la nuit , et le matitt^lttivaàt. On sotoMla', on. fit 'plonger des nageurs. Rien ne fiÂ'décxmTe^. Cependant j^arrivai dans tme aobeige Voisine de la ferme. J'y trovvaile due de Laval dans un état de désespoir que je n'es* sayerai' jamais 'd'exprimer*. Les parons étoient Irrrés iauasi à un genre d- accablement ^et en-^ suie d?exaspération qui s'exhaloil quelquefois en • termes dédhirans. Ce spectacle de consteriMîon i^ sortira jamais de mon souveniis Je mmeiiiâ le due à Ho^ie^Tôus les Anglais pro^ digaèrent les soins , les consolations , -si ce erme peut être employé dans de telles, cata^ lapevphes* ^esprit public de cette nation , [ai ae* fait qu'une seule famille , '.lorsqAlelle D 'ti^oove ;réunie^ même en petit nombre-, à 'élMnger , . se montra danâ toute sa 'force et Ums^ toute sa^ dignité. Le Pape, averti pa^les jBHorilés de Bomey ordonna les mesures les plus iromptesf le gouvemeut* seconda les inten«* sdtts^e'son maître. Mais toutes lè$ recherches ÎHpent inutiles» On ne découvrit aueiine trace, iièttie' des am^s Vêtèmeùs de la jeune fille , di'de >B«ci chapeau', ni de eç qui avoit pu lu» sipptHrteair; L'idée quele fleuve avoit ei^porté sa pFoiçdèvuitpriiivaloh*, Lespavens delà victime, ^ottle Faiiibâssade ^nçaise , et les Anglais pré**-

186 mSTOIRB [iM4]

sens à Bonàe durent se réstgfier à megaràer ce malheur a|||plix .comme irre|>arablté j - Tottrtes 1^ fêtes furent ^uspeiidue^s et Ton f donna des ordrei^ pour rechercher le corps >|>lulôt ^stir les rives luordelà de Rome , que là où- on ayoit vu disparoitre la .victime. Ou à fait éourir mille bruits divers- sur cet événement épouvantable. J^ai cru devoir donner c^ détails ^ parce qu^ils ren&rment la vérité, et parce que ce désastre particulier • prouva encore une fois de plus. la générosité et la tendresse de Tame d(4 Pontife quigouvemoitRome. Dieupermettra-t^il qu^un jour le terrible et fatal secret du fleuve soit connu!, • , '. . '

Une des dames anglaises qui manifesta le plus de sensibilité,' en voyant les larmes^des parens de miss Bathurst, fut la duchesse de Devenshire, née Hepvey, que le*cardinal G>nsalvîy à ses.derniers.momens, avoit &it recommander ^ux autotîtés delà cour romaine*: le cardmalGonsalvi ressentoit poui; elle la plus sincère amitié. La perte du cardinal^ Tévénement de Ponte-Molle, les ravages ordinaires de Téquinoxe^ les ipeines^ de Famé, les incomÉnodités' inséparabtes d^xok^ l^andâge, accablèrent à la fois ta duchesse. Ssa> mort affligea Rome et llUilie qu^elle avoit 'adoptées comme une ^econdlK patrie ':;lei9 feuillçs dua temps ont parié avec.empressementt.de Pexis —

fîSM] DU PAPE LÉON XII. 187

tence.qii^elle s^étoit accpise par retendue* dé ses libéralités, mèime envers' les catfailiqxies,.qtioi« qQ^etle«fàt protestante ^ et par la protection Itpi^on la Toyoit accorder aux arts et aux lettres. On n^igBore pas avec quel z^èle elfe -s^occcrpoit de ton» les- embarras t[ue sùsctlpit; Timmense Kpie$ûon dé VémanczpaiiQn. . **

Le 'goavemement pontifical sait rendre, si donx.aiïx étrangers, le séjour de '^a belle ville, que ces témoignages de gratitbde européenne ne «ont pas déplacés dans Thisioire d^un Pape qui^ lui-même,' eonnoissoit* ce soin de faire ^aimer Rome ,* dont il étoît * sérieusement occupé dànâ lès loisirs laissés par. les douleurs et les affaire». •

Un danger^' immédiat ne menaçoit pas le Saint Père, il peu voit se lever; mais ses forces n^étoient pas revenues i on avofit pris Thabifude de s'*occuper des prévisions qui cotitement un cônUliave : les corï'espondaticês de toutes les légatiotis ne péhsoiept cpi^à établir d^s conjectures $ur cèttcf iinportante question.

11 tfy. ayoit pas de'dotite que là. mort de Gonsalvi ne dût faijre naître de nouvelles combinaisons ; il se présentoit d^abord' deux résultats dignes de considération. '

1^ La^mort du cardinal enlévoit.un chef à une fa<^tionf s^'elle divisoit Fautre faction dont

188 HISTOIIIE \ . [1.8M]

les forces se recrutoîent* surtout 'de IWniMiMlé cfuî^ppursuiUlpl oet aocieo .imaîstiie , • et de« U crainte ^e Fôa manifestoit alom, ayec plus on moms d^ Maison, qu!il hejreparût Au auiûstère» Pisrstmne o^étmt ptus propre qiie le cardinal CoBsahri àvéll!«i le* chef de la minorité du dei^» nier conclave. Ce ministre' oonnoissoit^î ff^ fondement les affiiires» . que s%' coin^ersation, d^ailleurs facile et séduisante, ramenort à son

avis les es^ioîts incertains, ri) parlpit avec assufr ranoe desr 4ispositiosis des tours; à laissoîc échapper des confidences^ -des ^anecdotes.' Il avoit embrassé* aveë tant* de 'force le parti de la modération v<IH6 tous les caractères enclins à préférer les mesures de tranquillité et dçS concorde^ trpuypient dans ce cardinal un appm de leur domine politique. ■- ^ '

Mais à côté dé ce parti assez foible par lui* même, s^élevoit une majorité de cardina^x ai^ grispar-le toti de mépnis'^quUis disoientquejl^on avoit contracté avec eux, .ignorant les affîiires, pe voulant pas les savoir, reportant;Hdans leurs discours .et dsms leurs.projets, les droits et devoirs du Saint Siège à 1-époque où la de Dieu' avoit plus particulièrement assuré ses? triomphes, niant que les calculs politiques dus^ sent jamais* enh*er dans les vues de la cour de Jtome, se fortifiant des côrriespondançes de quelr

qve&auti^s 'pays qw les appeloîeXit à Ymàéipen-^ dance, raais^ dansiefond, plus sages c^Hlspe le ptpiMfesoieoè; cependant, ^leHement afinnés d^uiie > répugnance hostile, qu^elle absorboit tontes les' facultés de raisonnement eheK des hoomies certainement distingués par les avantages dé^^esprit, -du raxrg et-de rédusationv *

^11 estdii propre de tous 4es partis qui perdent

unchef^ ou qni tout à.<x>up se trouvient séparés

du *' Mobile régis^nt impérieiiseme^t 4eurs

MticMBS', de. se trouver réduits à* une contenance

douteuse^ dWrer à PaTenture, de chercher-d^au-«

tic^s passipnsi d^autres mobiles.

Toutefois , à la ^m^ d^uue couronne, 4e la tiare^ les ambi^onsrqwi distribuent Tautorité; 6| celles qui'ia reebercfaesit^ ne tard^ pas-à'se

révjeiller.' : < • j.

* il.jr aura toujours une miilorifé modérée^ et une majorité îélantiste/

La minorité se grossissoit de Fhéritage de considération laisse par le caïklinal Consatvi^ jamais, suivant le4uc de Laval, jaùiais ministre Hlavàit|iris liiieux Tinstaiit de mouriïs La* pro^ teclian derAufri^e, un sentiment secret d?esrU tiim^sir mouvement irrésistible demagnannuè eorifianc^' ehet ^e Saint Pèrevla nécessité qui s^rviien^ emeôre aprèi^ les nobles -et grandes rai<scma^dè convenances^ avoient fait redemander

190 HISTOIRB ; . : [ISU]

les conâeils du imoîstre^niaîs soBu^-mie autve forme..*.'' • .*.*., ...

Déjà, comnie préfet des Breisi^ îl^ avftnt ^oit de voir le Pape, deux fois par semaine» Réœmr ment*ooHiiiié préfet de la Propagamde^ ce^shoix avoit raccommodé sa réputatioa deiceligîoiik, et il àlloît pouvoir entrer chez le Pape'deiiabaiitres ibis. par. semaine* endette' npuyelle aualké» Et qui ayoit o£fert au cardinal Consalri ce postCile plus .impartant pour veiller a la cônservatioii des intéï'iêts du christianisipe', et ce ^in 'pieux d'éditer réveiller la foi de Jésus-Cbrist dans, tous lels coins de la terre?'C^é.toit le Pape Ijéon. XII qtii avoit. précisément choisi .celui qiie:.ron.lréputoit sou ennemi et' un homme pUi^ politique que religieux. Le Papc^deyenu le second siijel dans le choix des zelanti, avoit défende si cqi^ dialement la réputation du cardinal Consalvi ! Et Thomme qui avoit traiter avec les protestans, avec M. lef prince de-Hardenberg, avec les schi»natiques , le chevalier Italinsky, avec toutes les croyances .en Amérique, pour les attirer au Saint Siège, pouvoit être :pré£et de la Propagande !• Quelle preuve de Ifi pureté finale de des sentimens et de ses intentions romaines L

Certainement ies zelanti les , plus rapproichés-^ d^un esprit demodératioù, pouvoient s'^eAten— dre avec les douze, cardinaux qi»i aimc^ent;

CoDsalvi au dernier condavc. Ces mêmes ze^ ianûîmodéFés pouvoient aussi s^apercevoir que chez ceux qui figuroient les premiers dans cette couletury il y avoiteu plutôt entiuiet fatigue, que sj6(ènie;Taisainié de réforme et sévérité positive 'de pnDcipes. Les deux questions s^enehainoient icj l'unie Fautre. ^ancienne, minorite alloit gagner, Fankienne majorité alloit perdre des, y oix. Il devenoit facile aux cou* ronnes de se glisser bien avant dans la minorité. Déjà Vi^utriche y étoit établie cbmme chez elle. La France y avoit figuré, cm complice pour Pacte dîexclu^on ; ' jBlIe étoit màiti^esse 'd^y^ rester ou de s!en éloigner à volonté. ' '

^'On. deyôit chercher à savoir A nous marche-

rions avec FEspagne. ou avec FAutrîché. Mais

îi'OettederdièrQ, unie avec nous, vènoitlk passer

ppur avoir ^contribué à Félectiondu Pape, il lui

étoit facile de* s^en 4ipproprier toute la glaire,

et de ne .nous laisser que. le mérite an^bigù.

^^une intervention forcée. Nos convenances exï

Italie nous permettoient diâ&cilement^de uous

y montrer satellites de F Autriche. Peut-être en

modérant à Rome et à Madrid la vi(4ence* des

vues de FEspagne, poiivions-npus parvenir. à

tirer un parti avantageux de sa juxta^position ;

mais>ce n'^étoit pas le Iteii de considérer^ sous

toutes les faces^ la situation, à préférer, surtout

192 mSTOIÀE [1824]

M la. mon du cardinal Consalvi, cette iiioit qui nauthilisoit tant d^eflbrts^ venoit à «loener des modificatîon3^^ encore inconniies. *..

a e^t bien dédire ici,^puisq^e nous sotames à examiner Tinfluence des piii38anGes, ijue Fabsence.dtt cardinal G}nsalvi jéloignoit, absolument ..des intérêts da coiickve^ I^ cours non (Datholiques*

Par rhabîtnde de .tout leur dire, pour se soutenir contre ie^ attaques quelcpnque», il leur avoit appris à pclti près les vues de*dbacpie cour relatiyement au SaÎQt-Siége/.M; de Rèdeii^ M. Italihsk/ et M.>Ni<bulù-,. ministt:e*dà Prusse, parloient dogmes et discipline comme des théo* logien^ du Sacré Palais. Aucun cardinal' n^étoit disposé ipaicitenant à instruire ce».fnii^tstres ou

leurs sdecesseurs avec autant d^ détails*. L^ Autriche, TE^pâgne et nous, .nous gardions no&obseryatibnii pour notre* propre -compte^ et le?^ parti essentiellement catholique gagnoit néces — sairement à ce que les choses rentrassent dans Tordre accoutumé • Nous- pouvions nous-querel- 1er, mais entre. frères. Du reste, ceque j^ai dit sur tes cardinaux, qui toujours sérètroavdient pour aimer et défendre Rome, arrivoH polir nos légations catholiques respectives; et à part de petites nuances bientôt sacrifiées, nous nous concertions en définitive pour ne pas laisser

L18i4] BU PAPE LEON XII. 193

Pmtrus pénétrer^ans no3 rangs. Nous nous entendions^ tout. en enipêchant avec exactitude les empiétemens re$p^cti& dans là maison du Seigneur, qui étf>it à chacun de noirs.

,- Un cardinal qui pa^oissoij; s'^élever alors, étoit le cardinal Zurla : ina]gré.son esprit, son-talent et' 3^ science, il nous étoit ^ difficile d^oublier qu; il étoit né à Créma j,à?^ns les Etats soumis à PAutriche. . • ,

En résumé, la minorité^çomptQit parmi ses membres Alhaui et Zùrla. L^un. étoit secrétairie des brefs à la place /.de Cqùsalvi , et Tantre 7)icaire. <]es places leur donnoient .de.la force et de là, considération,, . . . • . ^

JL? vfoîblesse du gouvernement , comparée à. ractivîté, J^ .Tintelligence, .à la prestesse 4a précédent, ruinoi^, les reproches de Tancienne majorités Le^ plaintes du caixKaal: Pallotta, qui ne tî^appoient plus sur Uj^e fibrer^n-; sible dans tous lesî membres cojnpo^antle par^, desservoient cette cause, qui semhloit : s^tre trahie elle-même.

En un mot , les forces des deux dissidences

étoient moins- inégalement distribuée^, ;C^ qui Êgisoît naitre-p|us de.mouvenien^ et^plns d^occa» sions d^appeler les Couronnes .à combattre iw. à partager les opinions des cardinaux.

Le parti du prince de Metternich et du che-

194 HISTOtfi£ [lgS4]

yalier de ]Uédici de Naples^ perdoit un ami dans le cardinal Consalvi^ msus il gag^dit, comme te cabinet des Tuileries, uneinfluence ^^parce que les passions étoîent plus amorties.. 11 pouyoit pro^ bableraent exclure par uar simple avis^ comme cela é.toit arriva souyônt ,. sans .être obligé de recourii' à Facte de protestation, qui est tou-jotirsjine violence; etrexclusion par atis, par communication confidentielle , sous forme de service rendu, a c^k d'avisintageux, qu^^elle ne s^use pas.dW seul, coup^ comme une arme, à feu qu^il ne seroit pas pdssible de recharger.

En définitive, -.là France trpuvoit plus dV yahtages qtie les autres à ht situation du jour. Le conclave paroissoit devoir être plu» éminémment catholique ; avec, cela TAiÀricbe potuvoil avoir de la peine à contenir les lieutenans do cardinal Consàlvi, quijse présentoient poulr recueillir ion. héritage d^habileté et d^influende^ Enfin, il devoit arriver peut-être, qu^enlre une minorité'assez forte pour maintenir vigoureusement une exclusion^ et une majorité qui rentrelroit dans les vues.aipcijennea de respect pour les cours ^ et qui éprùUveroit toujolirs ufaé secrète affection pour la France ^ le roi de cet heut^ux pays tintla balance avec assez de bon« heur, pour que le telanûe modéré qu^il yoi:doity qù^il étott maître de chobir à neuf dans les

[1824] BU PAPE htXfff XII. 195

rangs de ce p)arti , réunît oette fois leâ stifirageiï derunanimitédiiSacréGoUëge. . ' '

Bizan:e situation ! (m dif oit presque iââoleni débats! préoccupation impie ! -Lé Pape est vivant, et, moins les . vêtes, les scrutins et les accèssij vous procédez à un choix i^oûvèérâi! Qaelle est cette manie de constikiire, d^^életèi^ un cofnclaVe à vide? Qui 'vous si dit y impru-^ deos, la volonté de Dieu? Quelle est votre mission, profanes? Les hommes doués dé doîiH rage succombent quelquefois .aux' douleurs plùlis fortesque Fénergie de leur caractèk*e;'quelquéfois aussi la volonté dé vivre Soutient la vigtfetir de Pâme; mais tout le monde vouléit deviber/què le Pape mourroit. • Ses amis ebûore'né mon*^ ^ troiant qu'aune contenante désespérée ; toqs se rappeloient les paroles -par lesquelles le Poiïtife ani^onçoit en septembre' ravénementprochsrin ' de Pie VIIL N^arriva-l-il pas aussi une lettlre du cardinal de la Fare , datée des provinces dtt midi de la France, portant que le gouverne*^ ment roj^ le retenoit dans- le* midi, pour qù^il n'^eùt plus que la moitié du chemin à -faire, si le conclave, de voit s^ouvrir! Les idées- d^ambi-^ tion quiVétoient établies dans toutes les tètes,' régnoient plus que jamais : ntx seul Jardinai* étoit mort ; pas un seul cardinal nouveau n^avoie été tf éé.. Dans ces conjonctures, tout lé

196 fltâTOIRE [t824]

monde - ayoit tort f on pouvoit dire^ eii même temps, TU Firoportance. de.la cpiestion*^ que perâoiuié-n'étoit coupable.

•Le printemps vint .jeter sa dîversipi^ -dans tpus ces calculs : il commençoit à développer Spn influence réparatrice ; la santé du' Pape avoit cbutin^ié de se forUfier.* Plus sûr de son tempsy de son CQurage, il entretenoitmème des correspondances particulières qui n^étoient pas réguliè;r<emeqt cojihue^ de s^n secrétaire d^Etat, ou -plutôt iVrecevoit àes lettres de divers pays, ou il croyoil voir que sa politique n^étoit pas suivije,«eC il adressoît des réponses quMl jugeôit convenables. La personne quiltemplôyoit, et, quoi.qu^on en' .ait dit, qliMl aVoit droit dVmployer à de tels devoirs, étoit ce mêmesecré- , taire du cardinal Consalvi , qui , témoin des < scènes, de Paris, avoit versé des Jai'ines.en entendaQtde si vifs reprpÈhe^, auxquelis le prélat n'avoit répondu qu^ia véc la plus héroïque r-ésignation.

Le choix d^un tel confident , qui àvoit vu de près rhnmiliation du rival suscité à Consalvi par. d^autres conseillers de Pie VIL honorera éternellement Léon XII. En aimant, en chérissant, en recherchant les hommes vertueux, tendres, sensibles, comme Tancien secrétaire de Consalvi, Tauguste Pontife manifestoit assez

tout ce que son aiue renfermoit de sentimens de générosité, de clémence et de conkjânce dans le parti cpiUl avoît pris de pardonner, et alors aussi ilprouvoit soô tact et sa pré'Vision, enintiroduisant dans une telle intimité un. serviteur que Consalvi avoit jugé digne d^une ccHifiance flatteuse, et qui étoit,^n effet, et qui estencorei un de ces homraeô laborieux, dévouêsif quesouis tous les règnes il iaut intèrro^fer, parce quMLs savent garder les s^c?*ets de l'Etat, et.sont prêts, au besoin, à en in&truire TautQrité, qui Mccède à Tautori té précédente. . .

198 HISTOIRE [lgi4]

. CIÏAPITRÈ XVI.

lA NtQPfiB ««f' HOMB veut' VOIR' LE PAPE. LEd PRINCES «OJAU» PE PRUSSE^ DE IJAYIERE ET 4>E& PAT&-BAS.. Xf

BUINCEFILS DE GUSTAVE lY^ ROI ]^E »vkff%. LE DUC OS

"if • , ' ' ' •

- l.A.V>L REÇOIT CES QUATRE PRINCES BANS tJN. BAN^OET

DIPLqWaTIQCÉ. QUESTION d'eTIQDETTE. ENCYCLIQUE BU

PAPE. n. *S*ÉL£VE CONTRE LE TOLÉRANTISKE. BREP RE-*

'IaTIF aux j'ésUITES. .LE PAPE LEUR ACCORDE UNE RENtB

DE DOU2E MILLE ECUS ROMAINS. INFORMATIONS SUR LES DIVERS JUBlLESi PI^ÉC^DENS^ DEPUIS LE PREMltf», 'toUS BONIFACE VIII , jusqu'à CELUI DE 1775.

Le peuple de Rpme, à qui on disoit que le Pape allok mieux, vouloit le voir et le féliciter ; cette curiosité naturelle chez des sujets .fidèles^ étoit partagée par tous les étrangers qui âf* fluoient à Rome, .^n ce moment il s^y. trôuvoit quatre princes royaux.:- le prince.royal dé Suède, fils de Gustave IV; le prince royal de Pi^sse, fils du roi Frédéric Guillaume III ; le prince royal de Bavière, fils du roi Maximilien P', et le prince royal des Pays-Bas, fils du roi Guillaume. I". On annonça que le 19 avril, jour de Pâques, le Pape seroit en état de donner la bénédiction^ du

[IgM] DU PAPE LÉO» XII. »99

haut dé la loge du Quiritial , de celle-^à même dV)ù le cardinal Fabrice Ritflo atoit annoncé ie gûutJUum magnum j et qui nWoit pas* été ou-*

verte depiiid*

Les princes ne manquèrent pas d^assister à cette cérémotii^. • . • •

- Dans cette pirconstance ^ le diic de I^valse tira très-convenablement d'une position trè^ difficile i 11 aV<)it voulu Yeccrvoir chez Ipi les quatre* princes ; alors on agita plusieuriï questions : inviterà-^H^n à dmer les* «(rois fils des rois actuels , ef, dabs ce cas , invîtera-t-on

aussi celui^ dont le jpèré a été frappé par la violence des révolutions ? Si l'op invite les quatre princes, quelle sera rétiquette pour respiefcter les rangs ? Le succ^seûr de Gustave Vasa , roi en iS^S, auBa*t-il une des principales places? Le reste peut être réglé par Phistoire y* suivant les dates . d'à vénemens ' au titre royal, et les Princes de Prusse, de Bavièi'e étde Hollande', se souvenant des années 1700 , 1 806 et 1814, connpissent IWdre dans lequel ilsdoivent sVvancer; mais il tïIj a qiie ^eux places d^hcmneur à peu pvès égales atiprès d'^un aml>assadenr. Le duc de Laval ne iut pas arrêté long-fiemps dans sai* délibération; il inventa une fictiop fort spirituelle (il y a tant de fictions danS'la vie !): Du-resle^ le duc siappuya sur un

âOO JUSTOIRE [18t4]

des grands droits du Çatkplicisme. .Le Pape est un sçuveraip à part; nous'ayoas.vu qu^U e^i Je père .flas:{^*ippes (^t4^ rois. Ce souveram lasl noin.H]é par le collège des cardinaux.; le^doj«& des cardinaux, quand il es^minisire.d^s.aii&ires étrangères, réunit les .dejmc principaux tkre^ qpi. appeKent les. hoi^màges de \ tout . l^ôte Ésctteilli à Rome,l.e,cardinâl;delIa,Somaglia, «loyén du $ac€é GoU^'^ et i^ui^re dest affaires étrangères, sera invité^ en v^tu 4^ sa : double titulatiire , il .d^yiendra , ce joçnrlà ; ^QuJemeut, \m autre maître de là ri^aison daiiçJep^Qis.diH Roi tirès^hrétien, du fils aîp4 .de V^gUse. A/ la droite et a la gauche du* cairdinal deUa Somaglia sojH dofic deuip émii2en.tes places dt^hoaiaeDlrc; Tan^bassadeiir- retiendra auprès dg lui ie$; deux autres princes r^V&însi,..ceilui qu0:le loaaU^eiiria pris pour .yicUme, ne sera pas le moins J\oaorablement traité p|ir. le représentant* d^une. nation si long-temps alliéè^^ de* ïa Suède*, Lès prînce/s royaux de Prusse, de Bavière et de Holknde, hommes d^esprit, applaudirent à :1a délicatesse de Tambassad^ur (surtout l^e prince.de Prusse, qui étoit de fait le ^ecq/2^ ancien) aveci<uuei^ô— blesse et une^légânçe qui excitèrent une admi^ ration générale; Troi^ des prinCes dont nous parlons sontaujourd^'hui rois; le quatrième a eu aussi la douleur de perdre son père ; mais il

[18Ȏ} OU PAPB UBON XII. Ml

SL^est pasuionté sur., son" trône, et il attend^^ieureuàemèiat au -sem d'un inaltérable boiiheUr domestique , ce qrfeii définitive ordonnera la Providence. Nous ajouterons à présent que, lorsque daiisla vieille société de RomjS on rencontre une persoiiqe embarrassée dani^ une aflfaire ^neuse*. on^lui dit *: « Faites-vous ra^ conter J^histoife'^'d^Sijuatre princes rQyaiix du duc de Laiml pendant Son ambassade, w

Avec la santé dû Pape étoit revenu cet aplour iqaltérable. du devoir pontifical ,^1^^ Léon XII comptenoit a^ec tamt de dévouement. ; . *.

Le 3 mai 1624)* parut- TEncycliqùe 'que les Papes doivent publier à leur ïivénemcnt'au pontificat. Us adressent alors une exhortation à tous .les patriarches, primats, archevêques et éyêques de la Catholicité"; cette pièce, est écrite

dans'ttn latin très-pur. , • ' . *

. «t Véttérables Frères, saliit et bénédfction. apostolique. • . ,

» Dès que nous fûmes appelé au sômniet du haut Pontifical, nouff commençâmes par nous écrier aussitôt avec Saint Léon-le-Grapd : « Seigneur, j'ai enlefldu » votre voix et j'ai craint. J'ai tônsidéré Vos ftjuvre«,-et » j'ai été saisi 4'efFroi. *Quoi en effet déplus extriaordi- » haii^ et. de pliis redoutable que \e travail- pour la >» foiblesse, l'élévation pour celui qui est dans l'abais^ M seiiient, les dignités pour celuiqui ne* les mérite point! » et cependant nous ne désëspéVons point" et nous ne

SOS HtSTOIRE Çl'm]

» |i«r4onf pas courage, parte cfue nous ne pvétfmneBs 9 P9S de nous, mais de eelui qi|i opèi« m. mm (t)/>i '

» Ainsi, ps^rloit par modestie ce.Pontife qpi'piàiie saiiroit jamais asisez louer; him» nous, c'est- aVeç yérité que 'nous hqus appliquons ces paroles et que nous faisons cet ayeii.

. .» Nbui soujiaitons ardemment, vénérables Frères, ¥0us eotjpetenir hfplué'promptement portable'^ et Vous ï'i^évoiler les sentimens <}e notre .touv, toms» qui' êtes notre couronne et notre joie^ eX qui, nous aimons à le croire, trouvei^ aussi vot^e joie et vptre couronne dans les troupeaux qtii vous ont été confiés.. Mais tantôt les importans travaux de notre charge apostolique, tantôt surjx>ut les douleurs d'une lon^é -nftladie, néùs <mt ff^èclàé jusqu'ici, à notre. grand regret, bêlas! de satisfaire; à nos dçsirs* Cependant le Dieu xit^ en miséricordes, le Dieu qui nou^ a donné dç vouloir, nous donne aujourd'hui de réaliser nos intentions. Toutefois, le silence que nous avons été forcé de garder jusqu'à ce .jour n'a pas été tout-à-fait sans consplafion; (car celui qui .console les hiimbles, nous a ooosoié.par yotr4^ dévouement, par votre attachement et par votre zèle pojur nous,, sentimens dans lesquels nous reconnoissQns'bien les avantages 4e l'unité chrétienne; de sorte que notre joie s'ac^roissoit sans cesse , et que pous* rendions de plus en plus à Dieu des atctions de grâces. En conséquence, nous vous adressons cette lettre comme une preuve, de notre affection, afin de vpus ^xciter davantage à courir dans les voies -des di-

vinsconounandeniens, et à combattra'ave&plus de cou-

(i) Serm, m, de naiali ip$ius habit, in aVinivers. qtsumptionis su'œ tid.summiPontificis mimus» Bd, Boll.

[i«S4] DU PAPE LÉOS XII. iOS

ragodan» les combats du Seigneur (1), d'où ilariiT>arà que la sollicitude du Pasteur se glorifiera des pFOgtès 4u troupeau..

ipTqus n'igBoreapa^qu0'Fapdtre Pierire.(2)â enseigné

les évêques |^ur ces paroles t « Paîssex avec prévoyance

» votre troupeau, non paiv ipree, mais spontanément » selon Dieu; non par l'appât d'un gain'faonteux) mais » volontairement ; non comme dominant in clerUiinai% » de cœur, faisant la forme du troupeau. »

» Tous apprenez dairen^^it par là ^uèl |[enre de conduite vous est proposé,* de quellj^ vertus voti)» deve2 de plus en .plus enrichis .votre ame ; de*qite11é' écience abondante* il vous faut orner ' votre esprit; et quels fruits de fôété et d'amour 'vous devez non-seule-^ ment produire, mais eiioore comnriîuniqu^er à vos peu-* pies. C'est ainsi.que vou^ atteindrez lé but de votre mi-* nistère, que de cœur devenus la- forme dô votre troupeau, et donnant aux uns le lait, et aux autrearune nourriture i^lide, non-seulement vous formerez vos ouailfes à la bonne doctrine, mais vous ferez en .sorte^ par vos-(Bi|vres et vos exemples, qu'elles' passent ici bas une vie tranquille en Jésus4]|lirtst, et qu'elles ac^ quièrent avec vous la béi^titude éternelle,' seloÀ ces| paroles du même chef, des Apôtres,- « et lorsque lé prinee^ des Pasteurs paroûra, vous rempottérez une couronne de gloire qui ne se flétrira jamais ^'vt ' ' •

» Nous désirerions 'vous rappeler en détail ces salu-^ taires considérations ; mais nous n'effleurerons que plu-' sieurs points, devant ensuite noi^s étendre plus longuement sur les.sujéts les plus^iinportatis, selon que lede-

(\ ) Ad prœKandum fortiùs prœïia Domini, (2) Ep. I, cap. V.

204 HISTOIRE [lSi4]

viAodeiaiiécessité des temps déplorables où ^ousTÎyops. , » L'Apôtre, en écrivant à Timothée-: « ^^e vmu hate^ point trop (Timposer les maiûs.à qui que ce joêt, m nous a enseigné avec cpiaUe sage pr^cai^ion et avec quel 'examen sérieux il faut éWVer aux. Ordres mii^ears et sur» totit aux Ordres: sacj^éni quant au choix des Pastçùrs à établir dflins voà. diocèses. poUrie soin des âmes, et, quant àcequi.negarde les^séminaires, Te jConciie de.Trente^l) a donné des règles qu)~ ont été ensuite éclairctes par nos pi^édéotesseuirs, mais tcmt cela Tousesife tellement fiobnu qu'il n'^t pas besoin de nous y arrêter, pins -loiig^temps. . .'. • . /

« l^ous savez encore,. vénérables Frères, combien il importe que vous résidiez exactemént^n per^nnedans vqis diocèseis ; c'est une :obligati6n que vous ayez ccm«trac.tée en .ter tu de votre .ministère, coinmeôèi le voit par, plusieurs décrets des- comoiles, . et perr lés^'.ccknstitup tion» apeistpliques que le^int.ccMicile-de Trente. (2) a confirmées en ce^ termes: :« Puisqu'il a été ordonné de » précept^e divin à toiis ceux qui sont chargés dû soin » des. âmes, de; connoUre leurs ouailles, d'pffrir pour u .elles. le s^nt i$acrifi.ce, de. les nourrir par la prédican tion de la parole 4ivii^e, par Tadministration des San criejaiens et par- l'exemple de' toutes 'les bonnes* œu-

» vines, de donner une attention toute paternelle . aux » pauvres et aux autres personnes qui sont dans l'afflic- ». tion et le, malheur, devoirsque ne peuvent nullement » accomplir ceux qui ne yeillentpas à la^aixle de leurs v» tro.Mpeajdx^ mais, qui les .désertent comme font les 9 mercenajir^s> le saintconcile les engage et les exhorte

(i) Sess, xxm, cap. xviii.

(2) Sess, xxiii, de RefoitH», cap. i.

[1824] DU PAPE LÉON XU. JW

» à se ressourenir des préceptesi'di^kis; à se rendre k » forme de leiii^ troupeaux, à nourrir et à guider leuts » oufdUés dans la justice et dans la vérité: » '

Léon XII continue d'insistei: sur les devoirs imposes aux évêquès pour' la résidence et les visites pastorales. C^est aux éVêques et non à leurs minist^e^ qii^a été confié le soin de leurs troupeaux.LePape cite cette excellente maxime de saint Léon-le-^rand (i) : « Dans la lutte » contre les ennemis de l'Eglise, on ne remporté » pas une* victoire si heureuse, *qu'à la suite des » triomphes il ne survienne des combats re- I» naissans. » Le Pontife rappelle ce^te étincelle de saint Jérôme (2)^ qui d'abord. paroi^ à peine, et devient uqe flamme quijend à consumer les villes^ les for êts^ des régions entières.

tt II est une secte, qui certainement ne vous est pas inconnue^ qui, s'àrrogeant â tort le nom de philôsophi-^ qiie, a ranimé de leurs cendres les phalanges dispersées de presque toutes ,les erreurs. Cette secte^ couverte au dehors des apparences, flatteuses, de la piété et de la libéralité, professe lé tolérah(ùme, car c'est ainsi qu'on là nomme^ ou \!mdiff4retttisme, et l'étend non-seulen^ent aux affaires civiles^ dont iious ne. parlons point/ mais méine^à celles de la religion, en enseignant ^e Dieu a donné à tout homme une entière liberté; de sorte 'que chacun peuf , sans dafnger pour son. salut, embrasser et

(i) S. Lcot S€rm,\y deiiatali ipsius, (a) în epist. ad Gai, , lib. m, cap. v.

iea HISTOIRE 'tm(\

adopter la s^ecte et UôiKnicm qui lui sonnent MÛvant son )i^ement privé. . . QUe dirai-je encore ? l'iniquité de nos ennemis' s'est tellement accrue, que, outre le déluge de livres pernicieux et contraires à là foi, elle va jusqu'à ce point de faire tourner i^u détriipeht de la religion les Saintes. Ecritures, 'qui nous ont été données d'en haut pour Fédification générale. , '

» Vous n'ignores pas, vénérables Frères, qu'une sodéte vulgairement dite Biblique se répand audacieusement par toute la terre, et qu'au mépris des traditions des- Saints Itères et cdntre.le.câèbre décret dn condle de Trente (1), elle tend, de toutes ses forces, et par tous les moyens, à traduire ou plutôtà corjrompreles Saintes Ecritures, 'dans les langues vulgaires de toutes- les nations; ce qui donne un juste sujet de crainte qu'il n'en arrive dans toutes les, autres traductions, comme dans celles qui sont dé^à connues, savoir : <« Qu'on y trouve, par une mauvaise interprétation, au lien dé l'EvjEuigile du Christ, l'Evangile de* l'homme^ V)u,- ce qui-.es} pire^ l'Evangile du démon (2). »

i> Plusieurs de no^ prédécesseurs' ont fait des- lois pour détourner ces fléau:^. Pie YII, de^sainte mémoire, a .envoyé deux -brefs, l'un à Ignace, archevêque ' de Gnesne, l'autre à Stanislas, archevêque de Mdhilow. Dans ces brefs on trouve des témoignages tirés, tant des Divines Ecritures que dé la tradition, et rédigés avec Soin et sagesse, pour montrer .combien cette invention subtile est nuisible à lài foi et à la morale. »

Ici TËDCjclique attaque ceux qui, dans les coifumencemens de rEgli^e^ lui ont été contraires ^

(i) Sess, iv , de edit, et tisu sacrorum Librorum. {'i) S, Hier, in cap, i, episi, cul GalaU

[1834] DU PAPE l£ON Xn. 207

qui ont persécuté TEglise, elle qui honore dans le successeur, Pierre, dont, la dignité ne peut défaillir, pas même dans un héritier indigne (i).

« Pour vous, vénérables Frères, ne perdez pas eouy rage. De toutes parts, et nous* l'avouons encore avec s^dnt Augustin, de toutes parts mugissent autour de nous les eaux du déluge, ç'est-à-.diré' la, m'ultiplibité des doctrines; nous .ne sommes ^pas dans le déluge, mais il nous envirobne ; ses eaux. nous pressent, mais ne nous envahissent pas -, elles iious poursuivent, mais ne noua engloutissent point.

» Nous vous* exhortons donc de nouveau à ne .point laisser s'abattre votre courage ; vous aurez pour vous, et nous l'attendons avec conâance dans le Seigneur, la puissance des princes, séculiers, qui, comnie le proiivent là raison et réxpérience, défendent leur propre cause en défendant celle de Tautorité de l'Eglise ; car jamais tl ne sera possible qu'on rende à César ce qui est à César, si l'on ne rend à Dieu ce qui ^est à l)ieu. Vous aurez encore pour vôuj»« afin de parler avec saint Léon,

tous les bons offices de votre ministère envers voua

tous. Dans vos traverses, vos dc^utes et toutes vos nicessitéà, ayez *recours à ç^ siège apostolique ; car Dieu, selon- saint Augustin, a placé la'doctrine de vérité dans la chaire d'unité.

n Enfin, nous vbus en coàjurons par la miséricorde du Seigneur, aidez-nous de vos vœux et de vos prières, afi^ que l'esprit de la gr^ce demeure en nous, et que vous ne flottiez pas dans vos jugemens ; que celui qui vous a donné le goût de l'union des sentimens, fasse

(i) 5. Lûo, serai* m, de nat, ejusdem.

pour le bien compiun.de la paix, que tous les jpurs de notre vie, préparé au service du Seigneur, et disposé à you's prêter l'appui de iiotre ministère, noiji^ puissions adresser avec confianee cette prière au Seigneur : « Père » saint, conservez dans votre nom ceupt que vous m'ait vez donnés (1). », Comme gagé de notre con'fîàpce et

de notre amôucs nous vous énvojo^s dé tout notre

cœur, la béùédictiqn apostolique, à- vous et à votre trou- ÇJBau. ; • *

»; Donné à Rome^ prèâ Saintè-Màrie-Majeure, le 5 mai de l'an 1824^ de notre Pontificat le premier.

' leo pp. xn. î. ,

La TfiâkdÎB du Pape n^atoit'pâstoiltHàr-fàit arrêté les travaux*; eljè n'en avoit., à ce (fû!*i\ paroit , suspendu que la publication. Lé 17 du même jiipis de mai, le Saint Bëre rendit public i}n bref relatif aux Jéiftiites.;DaAs' ce bpef , qui commence ainsi : ^ Cîtm mub'a m urbéy » le Pontife rappelle que la fondation du collège romain fut due , dans Torigirie , à M iDiinificencè de Grégoire XIII , et aii zèle dé saint Ignace iie Loyola; .que le Pape confirma ce collège aux élèves réguliers, de la Compagnie de Jésus, et qu'elle s^acquitta h'eureusemënt de ce soin tant qu'elle subsista. Pie VU ^ qui rétablit ce collège le 7 août 1814» eut principalement en vue rinstrùclion de la jeunesse, et le Pontifié règnaqt déclàroit qu'il savpit que

(1} s, Leo, serm. i, de nat, tpsius et Joann. Evang,, cap. xvii.

son prédécesseur avoit le projet de rappeler la Société dans le collège romain. *Èn effet , au mois dé mai 1821 , ce Pontife avoit dit au cardinal délia Genga que telle étoit son in* tention, et qu^en raison de cette détermination, il confioit à son Ëminence la direciioi} spirituelle de ce collège. Sa Sainteté Léon XII s^étant occupée depuis du ni<ème projet, entendoit lui donner une exécution prompte. En conséquence, le Pontife cédoit et assignoit à perpétuité à la Compagnie ' de Jésus et à son général , le Père Louis Fortis , le coUège romain , avec Péglise de Saint-Ignace , Foratoire coiïtigu', dlt'du Père Caravita , Ip musée, qui malhém^usement ' se trou voit dépouillé dMne partie d^ ses anciennes richesses, la bibliothèque, Tobservatoire et tout ce qui ^n.d^ pendoit. Les Jésuites dévoient tenir des classes dans le collège, comme ils Fàvoient fait jusquVn 1 773 , il y âvoit' à peu près cinquante-un ans ^ et le Pape vouloit qu^on j ajoutât seulement une chaire d^éloquence sacrée, et une chaire de physique et de chimie. .

« Nous recommandons y disoit le Saint Père, que, d'aprèa le zèle |>our la religion dont il convient que les P^res soient animés, et conformément au but de la Société, qui est de travailler au salut des âmes, nonseulement ils s'efforcent d'instruire dans les lettres les

tiO HISTOIRE [imi]

jeunes gens qui leur sont confies, -mais qu'ib les forment aux exercices de piété dans les.congrégs^tions établies, et qu'ils donnent aussi des soins aux autred fidèles dans l'oratoire de'Carayita. »

Sa Sainteté accordoit aux Pères douze mille écus romains qui leur seroieqt payés annuellemeiit par le Trésor , à dater du mpis d^octobre suivant. Le Pape maintenoit les droits et les privilèges du collège pour cpnférer le bbnnet de docteur es ^ arts et en théologie , çt pour agrégé à la Congrégation de F Annonciation de la -sainte Vierge, dite Prima -Primariaé Les Jésuites dévoient publier , suivant Foccasion , les observations astronomiques , et les 'autres observations qu^ils croirpieni; utiles

aux lettres.

M. le cardinal Pacica étoit chargé de mettre les Pères en possession du collège dans le mois d'^octobre , afin quMis pussent commencer leurs leçons en novembre , sous . les auspices de U sainte Vierge et des autres saints. Sa Saintelé avoit 'de plus résolu d^èriger iin collège pour la Noblesse et de le confier aux Jésuites» £i£e donnoit, à cet effet «, une maison de campagne a Tivoli, qui avoit été bâtie pour Fanciei^ collège des nobles. Le Saint Père finissoit par adresser des vœux au Ciel pour que ceux qu'ail

'mi] DU PAPE LÉON XIÏ. 211

(diargeoit d^une fonction aussi difficile s^en acpiitlassent di^ement. Le bref finissoit ainsi :

« Donné à Rome , près Sainl-Pierre , sous [^anneau du Pêcheur, le 17 mai de l'an I824, ie notre pontificat le premier. »

Ce document étoit signé par le cardinal Albani , secrétaire des brefs , que nous avons vu Hiccéder en cette qualité au cardinal Consal vi (1 ) .

Le zèle infatigable de Léon XII ne connoissoitplus de repos. Sa Sainteté revoyoit tous les jours , corrigeoitr étendoit le bref qu'acné alloit publier pour annoncer le jubilé de Tannée 1825, et Pouverture de la porte sainte. Il ne sera pas inutile de donner ici quelques explications ppui* rappeler acu lecteur ce qu^il à. appris dans Phistoïre, refativcment à la célébration de ces mémorables solennités.

Le premier Jubilé eut lieu sous Boniface VIII . En 1297 et en 1298, des avis répandus dans ^Oute PEnrope annonçoient que le premier our du siècle nouveau , beaucoup dé chrétiens

(1) Dans ce bref, les Jésaites sont ainsi' qaalifiiés à propos du 4illi&ge romaiji : Viri clarissimi qui mortan sanctiiatfi, digftUatum plendore ac doctrinœ laiide prœstantex^ ex ep ariiuin optimarutu iùmicilio in rei et sacrœ et publicœ vtiîitdtem prœfulscre, ce Ces lOfn'mes très-distÎDgués qui, recommanJables par la sainteté de leurs mœurs^ la splendeur des dignités, le mérite de la science, trayaillant dans ce domicile des beaux-arts, ont brillé iwiirlavaulage de lackose sacrée et publique. »

se disposoient à visitera la basilique de Saint- Pierre. En eflFet, le premier jour du siècle, en i3oo, à minuit précis, une multitude de peuple inonda les l'ues dé Rome, s'^achemîna vers la basilique vaticane ( on sait que ce jnVtoit pas celle d^aujourd^hui, qui est construite sur les fondations de Panciei^ne); et à FouvertUre du temple, cette foule se précipita vers les autels. Boniface déclara qu'ail seroit convenable qu^une pareille réunion eût lieu touslescent ans, etqu^on rappelât Juhilè. Les savans du temps^ quoique les théologiens, avec raison, n^aimassent pas de tels rapprechemens indignes des grandeurs de la religion, disoient que le noniln-e cent étoit sacré chez les anciens : Platon vouloir que les âmes dussent se purifier tous les cent ans ; Homère {Iliad. liv. xiv) parle des cent franges [fimbriœ) qui entouroient la célèbre ceinture; les Géans avoient cent mains. Le plus magnifique des sacrifices étoit celui de cefit bœuÊ. Mais abandonnons ces citations* profanes.

Dieu lui-même avoit prescrit à son peuple la célébration d'une fête semi-séculaire appelée /i£^{?^,long-temps avant la fondation de Rome ; car les fêtes séculaires de Rome ne furent instituées que Tan de la république 245, et Fan du monde 325,o. Selon quelques auteurs, Tinstitution divine du Jubilé date de Fan 225q

et les Juifs célébrèrent le pfemrer, Fan 2609.

On. assure que le mot jubilé dérive du mot jobel^ qui signifie en hébreu trompette ^ parce que IW convoquoit le peuple au son de la trompette. D^autres font dériver ce nom dû mot johaly qui signifie -germer; alors on auroit voulu désigner ainsi cette institution pour marquer que le Pontife en attendoit des fruits sacrés. Galmet velit que Tétymologie dérive du mot jobil^ qui signifie appeler^ reconduire.

Quoi qu^il en soit, toutes ces pieuses idées, tous ces religieux souvenirs fermentoient aux approches.de Tan i3oo» L^on assuroit de toutes parts que le premier jour du nouveau siècle, on verroit quelque chose d^extraol*dinaire , et que déjà, le premier jour du siècle précédent, on avoit réuni les fidèles pou» leur distribuer des secours spirituels.

Le Pontife, à qui rien» de ce qui se passoit n^étdit inconnu , vouliit , après une 'profonde méditation, rassembler des vieillards quj pussent confirmer une tradition portant , qu''après le cours de cent années,, on étoit dans Tusage de dispenser une indulgence plénière à tout le inonde catholique. On trouva en eftet des hommes âgés, qui purent rendre témoignage de ce quHls avoient entendu dire dans les Com^ mencemens du siècle passé, et qui déclarèrent

savoir par leurs pères que le premier jour de Fan 1200, il avoit été accordé une indulgence très-étendue aux pèlerins de passage et aux habitans de Rome. Le souverain Pontife; ayant ainsi appris que ce que la tradition iàisoit croire étoit vrai, assembla -en consistoire les cardinaux,. et rendit la bulle apôstofique, sous la date du m février i3oo, commençant par ces mots ; cf Apud mnctum Petrum pontificatûs nostri anno VI} elle fut publiée le 22 du mén^e mois (jour consacré à la cbaire d^Antioche du prince des apôtres), au milieu des acclamations d^un peuple immense. Sylvestre, 3^w**taire du Pape, envoya une circulaire adre '^sée à tous les fidèles-, pour inviter ceux qui le pourroient, à faire le voyage de Rome, afin de gagner les ii^dulgenoes à un nouveau Jubilé, Jean Villani, historien très-instruit, et Tun des pèlerins de cette époque,. rapporte que pendant le cours de ce Jubilé, il y eut, outre le peuple romain, deux cent mille pèlerins, sans comprendre ceux qu^on trouvoit en voyage, soit en venant à Rome, soit en en partant. Plusieurs prélats de France et d'*Italie y assistèrent; des abbés, des. princes d^ Allemagne, y accoururent aussi, entre autres Geoffroi XXIX, abbé d^un riche monastère, et Pierlieb, abbé de Spanheini. Charles de Valois, frère de Philippe-

le-Bel, roi de France , vint également à Rome avec sa seconde femme , Catherine , nièce de Tempereur des Grecs, Beaudoin-le-Jeune. On compte encore au nombre des pèlerins, Charles- Martel f roi de Hongrie ^ qui de Rome passa à Naples , où il mourut.

. Pour empêcher que le peuple , qui se serroit vers le pont de la Mole jidrienne^ en allant à Saint-Pierre, ne fût écrasé par la p^sse^ on établit une doi&op en planches dans le milieu du pont même ; on passoit d'un côté pour aller à Saint-PierrCj, et de Fautre quand on en reve- Doit.

Dante, dans son poème, a expliqué ce fait^n vers qui font bien comprendre la prudence de ia police de ces temps^là •

Corne i Romaa per Tesêrcàe moliû JJanno del GiuhbUeo, super lo ponte Hanno apassarla génie modo îolto,

Chfi dalV un lato tutti hanno lafronte Verso*! castello e vanno a son Piettv :

Dali* altra sponda vanno verso'l monte.

tnfem», cane, xviii.

« Gomme les pèlerins qui, lorsque l'année du Jubilé a réuni un grand nombre d'ames pieuses à Rome, traversent le pont dans un ordre sagement presciit ; d'un tôté passent ceux qui s'atancentversie château et vont

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visiter Saint*Pierre ; de Tauli-e, paroissent ceux qai vont vers Monte Giardano. »

( Traduction de Dante, Emfèr^ tome u ^ in-Sa ; Paris^ Didot, 1828. )

Boniface avoit ordonné que le -Jubilé seroit célébré tous les cent ans, conformément à Tancien usage des Juifs. Clément VI, en 134^, ordonna que le. Jubilé eût lieu tous les cinquante ans, parce que la plupart 4es hommes roouroient sans avoir pu voir un Jubilé. Depuis le jour.de Noël 1349^ jusqu^au jour de Pâques, on compta à. Rome un million et deux cent mille pèlerips. Urbain VI, par sa bulle d^ril i386, déclara que le Jubilé ou V Année sainte^ seroit célébré tous les trente-trois ans (l^âge de Notre- Seigneur). Sous Sixte IV^ il j eut un Jubilé ep 1475, et Ton commença à reconnoîlre quUl y en auroit quatre par siècle. En iôoo, Alexandre VI introduisit Tusage de commencer le "Jubilé par Touverture de la Porte Sainte ^ cVst-à-dire d^une porte latérale qui resteroit mlirée d'*un Jubilé à Fautrç. Sous Clément VII, il y eut un Jubilé en i525, et successivement sous d'^autres Papes, en i55o, iSyS, 1600. Celui de 1625 eut lieu sous Urbain VIII. Innocent X ouvrit celui de i65o, Clément X celui de 1676. Le Jubilé de 1700 fut ouvert par Innocent XII, et fermé par Clément XI. Benoît Xlll ouvrit le

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Jubilé de 17:26; le 17 mars 1749, Benoil XIV proclama le Jubilé de 1760. En 1774» le jour derAsceusion , Clément XIV annonça le Jubilé de 1775.

Après la publication de la bulle Saîutis nostrœ auctor^ pour Tappel au Jubilé, les premiers soins de Clément XIV se portèrent sur le rétablissement dé Tordre dans la capitale; il prescrivit €tn conséquence des missions publiques, qui eurent lieu, depuis le 3i juillet jusqu^aù i5 août de la même année, 1774» sur les places principales de^ Ronie , lés places Navone , Scossa Cavallo^ Barberini et Sç^inte-Marie in Tvastei^ere. Il y assista lui-même |iltisieurs fois pour FédificaCion des fidèles ; il dotina les commandemens les plus précis pour que lë^ églises fussent réparées,, nettoyées et blanchies, afin qu^elles inspirassent le plus religieux recueillement à ceux qui viendroient les visiter,

D^autres missions et d^autres pieux exercices étoient donnés dans difterentes églises ; mais le Souverain Pontife étant mort^ le 22 septembre 1774^ il appartenoit à son successeur de donner ►uite aux opérations concernant le Jubilé pù- :>lié par Clément XIV,

Eii effet, les cardinaux étant entrés en conclave clans les premiers jom'sd^octobre, le i5 février ^775, ils proclamèrent souverain Pontife le

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cardinal Jeaa-Ange Braschi de Césène, qui prit le nom de Pie VI.

. Une des premières sollicitudes du Pontife nouveau, fut celle d^ouvrir le Jubilé. Le 26 février eut lieu la première cérémonie, à laquelle assistoient Charles-Théodore, électeur palatin; Maximilien, archiduc d^Autriche, frère de Fempcreur Joseph II; le duc de Glocester, frère du roi d^ Angleterre , et le margrave d^Anspach el de Bareuth, neveu du grand Frédéric.

Le concours à ce Jubilé fut extraordinaire On peut connoître approximativement le nombre des pèlerins qui y vinrent, en se représentant le nombre de ceux qui furent logés g=^ f nourris pendant trois jours à Thôpital de La Trinité^es-Pèlerins , où Ton reçut, durainat toute Tannée, cent onze mille cent douze indk— ^ vidus.

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