LEO PP. XII
• Cette lettre fut remise au roi lui-même; vers le 20 juin. •
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CHAPIIHE xviir.
examen de la lettre du papljs a louis xtni. lb^gabdinal rivarola a ravënne. le caboinal pallotta a fsrshtino< maladie du cardinal sevéroli. pub^icatiok b*ui^'6nvra6ë du pere anp08si.' prise de possession de saint-iean-]>e<-Latràn. incident qui TROITBLE l*ordrb etabli dans là fribûne diplomatique. 11. de yillelb,
MINISTRE PAR INTÉIl/m DES AFFAIRES éfRANOÏftES.XB CARDINAL PALLO'tTA EST RAPPELÉ. MOJLT DU /&EAND-DOC
DE TOSCANE. NÉGOCIATIONS POUR LE TRIBUT -BE LA-Kft* QUENÉE QOE'PATOIT LA COUR DE NAPLES. LA FRANCE PRO- TEGE A CONSTANTINOPLE LES SUJETS DE SA AAUTESSB, t QUI PROFESSENT LA RELIGION CATHOLIQUE. FAITS* BELA* TIFS A. LA RÉPUBLIQUE 'DE SAINT-MA'RIll. INFORMATIONS SUR CETTE REPUBLIQUE. ROME REGRETTE LE COMTE DE BARBAROUX, MINISTRE DE SARDAIGNE y QUE SON SOUVB* RAIN APPELLE A DE PLUS HAUTES FONCTIONS. ÉLOGE BU COMTE DÉ BARBAROUX ET DIT BARON DE REDÉN^ MINISTRE DE HANOVRE. |.E PAPE CONFIRME LE TITRE D'UfPRIMEUR PONTIFICAL DONNE A H. LE CLÈRE, ET LUI ENVOIE UN CHA'PELET DE CORNALINES OI^NÉ DE MÉDAILLES.
Il est inutile de dire combien cette lettre est remarquable. On peut croire y voir les traces d^une ingérence tout-à-fait venue de Paris; il y
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a, si Ton yeul , des désignations , des rivaux montrés au doigt. Les sentimens qu^y a ajoutés le Pape sont, surtout à la fin, ceux d^un Pontife zélé pour Ia religion. Souvent ce sont aussi les parolei^ qu'^employoït Pie VU ; mais la partie de la lettre où il est question du choix d^autres collaborateurs, parut à quelques esprits préoécupés une sorte dHnsulte. On s^attachoit surtout à dire qu^une telle démarche n^avoit pas été provoquée ; quelques-uns des faits n^étoient pas exacts : le gouvernement n^attendoit aucmié attaque; Louis XVIII, pour les yeux chirvoyans, étoit dans un étaf de santé qu^il falloit ménager. Il est vrai que Paris , ^n tout temps, centre à la fois et gouffre d'^affaires particulières, s^ôcctipe moins chaque jour de Ja santé du souverain, que Rome, ville un peu oisive, soumise à une autorité élective, et dont un condave vient agiter les passions et les espérances. Nous verrons quelle impression cette lettre produisit sur le roi. Dans ses souffrances, il oublia qu^il avoit écrit à Léon XII ces prc^res paroles : <( Animé (voyez page 107) des )> mêmes intentions que leâ rois, mes prédéces- M seurs, je me plais à déclarer à Votre Sainteté, n qu^n ma qualité de fils aine de FEglise, je n regarde comme un devoir de justifier ce titre »»- gicmieax,' que j^ai reçu avec la couronne. >»
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M. de Chate^iubriand étoit encore ministre { mais ce pe sera pas lui qui rédigera la réponse* J^ai lieu de soupçonner qu'il ne connut pas surle-champ la lettre au moment ou elle arriva^ et que, s^il la connut, il ne préparoît pas une réplique hostile.
Nous nous contenterons de dire en ce mo-»
ment que renvoi de cette lettre pouvoit être différé, et que d^ailleurselle contenoit des détaiU sur les lois portées aux chambres, sur la rédqor tiondes rentes et la septennalité, questions politiques qui n^avoienj pas une place natmrelle et obligée dans une représentation adresséeaunom de la religion. Disons aussi que les question» ne sont traitées qu^incidemment, et pour pi*pi>ver que le gouvernement est puiss$int quand il le veut être. » . ,
Nous r.etournons à notre récit.
Le Pape pouvoit réprendre ses promenades et accorder ses audiences sans se fatiguer. On s'^occupa des préparatifs pour la grande fête. du Possesso de Saint-Jean-de-Latran , fête qui complète et régularise les premiers actes 4^im Pontificat. -
Pendant que Ton disposoit à cet effet tout ce qui étoit conyen«7ble, trois principaux sujets d^observation occupoient la ville die Rome.
On devoit envoyer à Ravenne M. le cardinal
Rivarola', et le charger de rechercher les x^iuses d^une agitation qui tolirmentoit? ce pays. Oïl s'étoit décidé à faire partir ie cardinal Pallottà pour Ferentino ; on lui enjoignit d^emptoyer les moyens les plus rigoureux pour détruire les asiles des brigands , et l'endre la paix aux grandes routes quHls continnoienL d'infestëri Enfin le cardinal Sévéroliy qui exerçoit une ii|»> fluence secrète sur le Pape, venoit de tomber dangereusement malade^
Les lettres et les Tapp<>t*ts de Ravefme annoncèrent bieâtôt qite le cardinafl itivarola y avoit été aoèueilH avec la plus profonde véttéralàoBi lls^étoitexprimé,' dans ses proclamations let dans ses discours, d^une manière tout à la Ibis ferhve et affectueuse* On pensoit que si les cardinaux légats, ses yoisins,<quipouvoient voir son arrivée avec quelque mécontentement, parôe quHl étoit revêtu du droit d'empiéter sur leurs attribu** tions, ne venoient pas à contrarier sels opérations, on avoit le droit d'espérer que cette mission '^obtiendroit le ^iccès qu'en attendoit Sa Sainteté. Ce ne devoit pas être un succès en apparence fort brillant, maïs il pouvoit être fcn-t utile. *
MaHieureusement, pendant ce temps-là, le cardind Pallotta avoit publié une proclamation que IV^frihipn pidË>lique n'approuvoit pas a
Komev et il s^étoit livré à des actes de singukrité qui déplaisoient beaucoup aa Saint Père. Ufîitaisé depeconnoitre que le cardinal PaUotta ne réussiroit pas complètement dans son entreprise : nn ordre de' Léon XII soumit toutes les opérations decette Eminence à la secrétaûrerie d^Etat, et, dès ce moment, on put présumer que les dispositions seroient plus sages et plus efficaces.
La santé du cardin^tl SévéroK, grand .protecteur du cardinal PaUotta, continuoit de devenir inquiétante ; les médecins ne conservoient aucune espérance. Cette situation nouvelle, et surtout rimpossibilité ou se trouvoit ce cardi* Bal d^adresser au Pape des remontrances ( droit dont il avoit usé parfôis avec quelque excès), laissoit croke que le gouvernement alloit devenir plus calme et plus conforme aux vieilles maximes de temporisation convenable.
Le père Anfossi, maître du Sacré Palais ^ venoit de publier, sans se soumettre à la censure préalable, un ouvrage ou, lui qui étoit le suprême censeur, s^exprimoit en termes extraordinaires sur des décisions prises par Pie Vil, relativement aux biens nationaux des divers pays où s^étoit étendue la domination française. Le tribunal de la pénitencerie, qui avoit distribué très-souvent des resçriljs opposés
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a la. doctrine da père Anfossi, et qui validoit par des explications positives les dédbiration»
du Pape précédent,. témoigna assez vivenietot set désapprobation d^une publication qui liuMk dû être^ disoit<*-on, combinée aupi»*ayaiit avec dii^ férens dicastères. ^
Le parti favorable à liéon' XII dans le condave sembloit défendre la^ cause du père Anfossl» Le Pape cherchoit^à éclairer ceux qui s^égaroient dans ces questionarsi épineuses; on voyoit bien* qu^il lui falloit conquérir, pas à pas, Fautoritè qui lui étoit contestée, et réprimer ceuk qui avoient pu conseiller d^écrire la dernière lettre à Louis XVni.
Le i3 juin étoit fixé pour le jour de la prise de possession de Saint- Jean--de-Latran. Le Pape, qui ne pouvoit pas monter à cheval^ s*y étoit rendu en voiture ; le reste du cérémonial fut suivi avec une ponctualité remarquable. Les Romains applaudissoient souvent Sa Sain<« teté sur son passage^ et elle eut lieu d^être contente djestémoignages de joie que lui montroit une fouie de peuple accourue de tous les fiiubourgs de la capitale et des environs. On le félicitoit d^avoir abandonné une partie des revenus attribués à ses propres dépenses, et de nourrir tous lesjours douze, pauvres dans son palais.
Le corps diplomatique avoit été invité tout
enûétrk ila^oéréîBohie^ ainsi qoe le jeune duc de firaninirickv amvé à JRome la Teille ^et qui aUoit passer Téié à Naples (i.)« ii'!IV)iii Jelofonde avoitremarqué que dans les deibiera; temps -du rè^fnedeJPie VII, sa santé étoit affoiblie. A toutes les cérémdtiies, il pa-
iniatoît> piiasque : toujours en prières, et rarement ses regards s^élevoient sur la foole qui Venyironnôitv excepté, dans les hiomens où il domiait la bénédietîon ;* ensuite il semble que dans^'les. pontificats décroissans, personne ne Teut to faire le désapprobateur des autres. Il étoit ï'ésùlté de ees circonstances que, dans les
^ (ij.Qe prince, qiû s'appelle Charles, né le ^o octobre 1804» avoit été élevé 9oti& I9 totelle du priûce de Galles, régent , et depuis roi de la Grande-Bretagne sons le nom de Georges lY. n suc^ cédoit à son. pète le dn6 Ppédéric-GnUlaume, tué à la bataille de Waterloo^ le 16 juin iSi5, et il a¥Q(t pris les rênes du gpuYerncnient le 3o octobre i8:%3< Eu id3o, il a quitté le duché de Brunswick , par suite de troubles qui ont éclaté le 7 septembre. Le !»£K^nil t83€, ht' diète germanique a porté eontie hii an décret d'une gi^aode séyérité, à la suite duquel il yit . ai^joiird'hui dans l'étranger. C'est son frère, le duc Guillaume, qui gouyerne maintenant à sa place'. On lit, dans les almanachs, que cette snbstitntîoir «en lieu par suite d'arrangemens de fîonille. QvaBd U: s'agit de droits positifs ainsi perdus> il est à regretter que l'Ëuippe ne connoisse pas mieux les faits. Dans la sage Allemagne, de. pareils phiicès, qui hitéressent la question de la légitimité, quel que soit le manquement du prince repoussé, ne deTroient pas être jug^ en quelque sorte à huis clos, à moins qu'oj; n'ait obtenu le consentement formel du prince, et qu'il ne se montre partout satisfait des (firangemens de fantUte.
processions, où Ton admet beaucoup de domestiques, et dans lesfonctiom où les curieux insatiables s^amoncèienfrautour de Tautel, on poùToit . remarquer quelque inattention , des négligences de maintien, des conversatiotis déplaigéês, enfin un commencement de désordre qu^^il falloit &ire «esser, surtout en présence de tant d^étrangers disposés souvent à* chercher lesroccasions de raconter des faits nuisibles à Fintérêt de la religion. Lors de Tavétiement de Léon XII, on avoit dit quMl étoit doué de la bonne vue d^un chasseur, que du haut de son trône, ou de la sedia gestatoria\, il verrait tout, et qu'il falloit prendre garde d^attirer son attention, parce qu^âlferoit réprimander quiconque commeltroit une inadvertance. A la cérémonie ànPossesso, dirent les malins de Rome, le Pape entra aussi en possession de son droit de regard^ et, en effet, il arriva un incident qui étonna toute Tassistance ; mais, cette fois, ce fut un étranger, un membre du corps diplomatique, un homme trop, poli, trop effrayé de la dignité de sa représentation, qui fut le coupable.
Près du trône du Pape, on avoit élevé uno tribune pour les ministres des diverses puissances; contre Fusage ordinaire, elle étoit trèspetite, et ne pouvoit contenir sur le devant que le corps diplomatique bien compté, sans que la
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foule ordfaiaire des étrangers de distînctioii pi&l y prendre place. Aucune estrade particoUère n'^avoit été constmite pour le doc de Bnraswidc; Lprsqu^a|^ès les cérémonies imposantes qui ont lieu (0ms le pcHrtiqne de la basilique^ et qui ont fait dire tant de choses extraordinaires et pnériles par quelques éoriYains calvinistes, à propos de la sedm de porphyre ^ pTorenant d'aune salle de bains aùtiques, le Pape monta sur son trône dans Féglise, le corps diploma-^ tique^ aysmt en tête M. le chevalier de Vai^s^ ministre d^Espagne, s^avâqça, pour 5e placer dans sa tribune ; on marchoit suivant Tordre convenu au congrès de Vienne, c''est-nà*-dire on prenoit rang suivant la date de la re-* mise des lettres de créances , sans autre dis* tinction entre les ministres catholiques €t les ministres protestans. M. le baron de Keden^ en«r voyé de Hanovre, conduisant le duc de Brunswick, le. fit monter avec lui dans la tribune. Après les ministres, venoient les chaînés d^affaires« Le premier, suivant Tordre convenu, étoit un consul de Portugal, bombardé chargé d'affaires^ diroit Saint-Simon, dans un moment où le comte de Funchal, ambassadeur de Sa Majesté Très-Fidèle, avoit emmené avec lui sa légation entière. Ce consul, fort excellent homme, M. de Gréhon, étoit peu familiarisé
avec 'les usages, quoiqu'ils s^appliquent aussi au corps consulaire ; il sa voit seulement qu^ilue devait point passer avant un ministre plénipo^ tentiaire^ On ne lui en avoitpas encolle appris davantage; il s^étoit peut-être imaginé que la scii^ure diplomatique se bomoit là dans les-cé^ rémanies • Naturellement, il kissoit passer lé baron ide Reden et le diic de Brunswick et quelques chargés d^affîdres anciens ; niais le duc étoît suivi de six ou sept chambellans ou aides-* dercamp qui ne vouloient -pas quitter leur Altesse. Cette invasion de jeunes et brilla&s militaires remplissoit la tribune, et les autres diargés d'affaires, celui de France et d^Au«» triche^ attendoient que l'envoyé de Portugal prit SQu rang , ce quHl ne pensoit pas à faire tant que le cortège entier du duo de Brunswick n^avoit pas défilé. Alors le chargé d^afl&ires de France dit tout bas à ^on collègue le Portugais : « Puisque. Sa Majesté Très-tFidèle a la » goutte apparemment, je prends mon rang ; n et il traversa toute la petite armée du duc pour aller se placer nonloki de lui. £n ce moment arrivoitua maître des cérémonies qui, sur un signe d'un de ses chefs, venoit rétablir les lois déli*^ cates de Télâquette, et inviter les jeunes offi-^ ciers à laisser passer le reste du corps diploma-^ tique, et à se placer sur Fescalier de la tribune.