‹ Histoire du pape Léon xiiChapitre 23 sur 37 · mSTCHRE M · texte numérisé non relu

mSTCHRE M

• Alorsla cérémonie intérieure commençaé Après la bénédiction y donnée du haut de là loggia j le Pape «entra dans sa portantine pour retourner a -sa;yoiturev II fit, avant de partir, quelques fiOmplimens gracieux au corps diplomatique, et i;:«toui«tta.à soà palais avec le même cérémonial, a|i milieu des mêmes cris de joie du. peuple.

^ A cette époque, M. le vicomte de Chateaubeiand quitta le ministère des affaires étrangères, et^ en attendant qu^un autre ministre fût nommé, M^ le comte de Villèle fut désigné pour remplir V intérim. M. deChateaubriandfut vivement regretté , comme ayant été un desconseillers les plus courageux de la noble gueiTed^JEspagne. La première dépêche du nouveau ministre ayant annonL que, ce changement tenant à des circonstances intérieures, ilvn^auroit aucune influence sur la politique extérieure du gouvernement du roi, le Pape dit à ses affidés qu^il y avoit lieud^espérer que la France ne s^éloigneroit pas de la direction suivie jusqu^alors. Tous ces changeniens de ministère, si rares dans les autres }>ays de TËurope, et si communs en Erance, jettent toujours a Rome quelque inquiétude dans les affaires. La lettre du 4 JUÎ1I9 dont nous avons parlé plus haut, avoit été écrite secrètement et pour le roi seul ; peut-être, après avoir été communiquée,

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quelque temps, après 1^ >^o juin,; seulement a M» •detfChiateaulH'ian^v allpit-cille ètre^ soumise à une, partie; 4umîpistèxe, qui n'en aproit pas eoçoire. eu .oonnois^ance. Le Pape iémoignoit à cet ;égai*4,4€;f . ûiqiwtudes ; ' mais personne, à Borne; pasmejpo^ le cardinal délia Somaglia, ne Gonnoî^soit rien du -contenu de cette lettre. ■ lies AOi^yeJles. de la montagne où les bri-* gands . s'étqient retirés^ devenoient constamment ;n}ai^yfusesu he Pape jjiigea à propos d^appeler à^Rome le. cardinal Pallolta, et de lui demander. sa. démission de lésrat à Ferentino.. Ce^cardina^ s^attachoit principalement à maintenjjr eur.paix les routes que Ton pouvoit, en effet, fréquenter à Tordinaire ; mais il ne portoit pas V ou ne pouvoit pas porter les mêmes soins àlasuireîUance. des autres parties de sa juridic^ Uon. Peutrêtre n^avorit-il pas assez de troupes ; peut-être falloit-il commencer, .comme il le faisoît, par étouffer les plaintes du corps diplomatique^ qui assailloient le secrétaire d^Ëtat de ses notes, à propos de Farrestation de tant de voyageurs étrangers, dépouillés, il y avoit quelque temps encore, et jetés brutalement Juccia a terra (t). .

(i) On appelle faccia à terra [visage à terre) , l'ordre que les voleurs donnent aux voyageurs, après les avoir fait descendre de Toiture, ^de se coucher sur la route, la figure par terre. Quand ils sont ainsi places, de manière à ne pouvoir rien voir ni rîen connoî-»

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Le Pape^ étoit' mécontent de son légat/ et il avoit raison en quelques points; mais il faut convenir que Pentre^rise étoit difficile, surtout pour un prêtre, quand il s^agislsoit de rigueurs. Quoi quHl en soit, le Pape demanda au Cardinal Pallotta sa démission ; celui-ci essaya de la refuser. Le Pape envoya chez lui les- cardinaux Pacca et de Gregorio : le caractètHî dé douceur et de fermeté qui distingue ces" deux cardinaux étoit Élit pour décider le cai^dinjpil Pallotta, qui donna enfin sa démission, devenue nécessaire. On prit en même temps des mesures de prudence pour que les attaques des brigands, commandés par te célèbre Massarone, fussent 'repoussées avec intelligence et bmt accord entre les autorités , non-seulement sur les grandes routes, mais partout ou Massaroûe enverroit le plus infime dé ses lieutenâns^

Rome n'entretenoit- que des relations de bon voisinage avec la Toscane. Le Pape eut le malheur d^apprendre la mort du grand-duc : ce prince, éprouvé par de longs malheurs, étoit

tre de ce qui se passe, un voleur met à chacune des yiclimes ainsi couchées, un pied sur le cou et un canon de fusil dans Voreille, prêt à faire feu si Ton veut se relever. Les autres Toleors brisent les malles et en enlèvent ce qui leur plaît. Le pillage terminé, les voleurs se retirent , en fixant le nombre de minutes peuilant lesquelles il faut ainsi rester couche sur la route après le départ de ces rudes visiteurs.

chéri de ses sujets, dont il fut si long-temps séparé, et qui Tavoient vu revenir en lui prodiguant tant de témoignages de joie et de bonheur. . Nous avons parlé, dans V Histoire de Pie VU y de la question de la haquenée entre le gouvernement pos^tifical et le roi de Naples. On commençoit à s^occuper de ce débat. Le roi Ferdinand crut à propos d^envoyer à . Rome son confesseur, le père Porta da Cunéo, de rOrdre des Capycins, évêque de Thermopolis, pour engager le gouvernement de Rome à se désister définitivement de cette demande; le Pape crut devoir, à son tour, envoyer àlNapiles le père Ladovico da Frascati, également Capucin, son ancien ami, pour demander au roi des explications plus étendues. On disoit que la négodiatioB ne portoit plus sur le tribut de la haquenée, exigé tous les ans , mais sur la reconiioissance du droit et du fait la première année de chaque pontificat nouveau.

Il ne faut pas se lasser de répéter que Rome est le lieu où s^entassent les affaires dû monde \ celles du Levant occupent incessamment la Propagande, cette institution si utile, que Ton espé* Foit voir gouvernécet perfectionnée par le cardinal Consalvi. Un des moyens les plus surs pour la France d^obtenir du crédit à Rome, c^est d^nsister auprès de la Porte pourqu^elle*

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protège on au moins ne persécute jlâs ses sujets catholiques^ Des lettres de Mi le comte de Beaurepaire, chargé d'affaires, relatires à cette mter^ vention, ayant été communiqué^if au secfétaii'e d'Etat) il répondit que ' cette communication avoit excité vivement la reconnoissance d^ membres de la Propagai^e , et que le nonce , Monsignor Macchi^ en témoigneroit au roi toute la satisfaction du Saint Père. > . ^

Quelques ministres étrangers résidant' à Rome, tout en manifestant avec plus^de jusûce une sorte de respect pour les actes du goÉxvcnr^ nement pontifical , cherchoient cq^nduK ton* jours à les contrôler ^ et iLse préscbta une circonstance bien simple, qui fut presque la cause d^une querelle et d^explications sans doute trop vives. La petite république de Saint- Marin avoit ses dissensions particulières. Un parti vouloit, disoit-on, que le territoire de la république fut réuni à FEtat pontifical; un parti plus nombreux vouloit garder son indépendance. Le dernier avoit désiré envoyer à Rome une députation pour offrir ses respects au Saint Père , à Foccasion *de son a vén^onent au trône; le Saint Père refusa d^admettre cette députation, en- donnant pour motif qu^elleé toit composée d^individus nés ses propres sujets, et qu^il ne .désiroit voir pour députés que des

individus sujets directs de la république. Le Pape, qui. étoijt un diplomate consciencieux, et qui s^étoit trouré à Paris au commencement de la Restauration, disoit : a Vous ne pouvez » pas comparer cette situation a celle où Ton i> s^est trouvé en France, quand tant de villes » vouloient féliciter leur roi, et qu^elles nom- M moient, à cet effet, des individus nés dans » leur sein, mais domiciliés à Paris. De même, )) à Vienne, il peut j avoir, dans un cas sem-» ]> blable ou à peu près, des députa tions de )i Hongrois, de Bohèmes, de Transylvains, » habitant momentanément la capitale. Ici il )> existe une différence ; c^est un pays indépen- » dant qui veut nous féliciter. INous trouvons » ces hommages très*sérieux ; il faut que les » personnes chargées de ce soin appartiennent )> au pays indépendant qui les envoie. »

Rien n^étoit plus sage , rien n'^annbnçoit plus dans le souverain la connoissance du droit public. QuMl étoit ridicule de dire qu^un Pondfe^ dont Pavénement étoit si récent, alloit recommencer la. tentative d'^Albéroni, légat à Ra-^ venne^ sous Clément XII ! Ce cardinal , sous divers prétextes, cherchoit à envahir le sol de la république pour le réunir aux Etats du Saint Siège; mais Clément XII, dans un esprit de droiture et de justice, avoit cassé les actes d'Al-

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béroni. Des malint^fitiaDBés répandoknt ^ussi que le cardinal délia Somaglia, né à Barme, étoit filleul d^Albéroni , et que le fiilleul vouloit ce que n^avoit pu obtenir le parrain^ La vérité étoit que le cardinal Albéroni avoit en^et tenu sur les fonts de baptême le jeune délia Somaglia, fils d^un seigneiurde Parme ; mais ce filleul étoit âgé de plus ^e quatre-vingts ans* Il avoit de la sagesse, de la mesure, dans Fesprit, et la situation de TEuropene permettoit pas fin seul ébranlement, même celui de la république de Saint-Mariu. Les brouillons, quels qu^ils aient été, ne réussirent pas dans leurs projets* Le marquis Onofrio, sujet direct de la république, nouvellement député par ce gouvernement, obtint d^être admis auprès du Saint Père pour le féliciter. M. Onofrio étoit parent de Joseph Onofrio, qui appuyoit le capitaine de la république, Giangi, lorsque, appelé par les agens d^ Albéroni pour prêter serment entre leurs mains, ce capitaine parla ainsi : a Le premier » octobre, j^ai prêté serment à mon légitime n prince y la république de Saint-Marin; je M confirme aujourd'hui , et je renouvelle ce » premier serment. »

On avoit déjà écrit en Russie, en Prusse, même en Angleterre. Ces émissaires secrets, qui sont partout, accusoient le Saint Siège d'ofièn-

séries traités éxislans ; mais ii est certain, diaprés ce que disoit le cardinal della Somaglia , que Ton n^avoit jamais entendu offenser Tindépendance de Saint-Marin, et que toutes les difficultés sur ce point furent aplanies à la satisfaction réciproque du gouvernement pontifical et de celui de la république.

Les personnes qui, dans cette circonstance, animées du désir d^mpêcher Feffet des calomnies ridicules lancées de toutes parts, s^entremirent avec succès pour amener à bien cette petite négociation, furent M. le chevalier Italinski, ministre de Russie, le chargé d^affaires de France, qui eut sur ce sujetnne longueconversation avec le Pape, ensuite le prince Doria. La république, en remerciement de ces bons soins, envoya à ces trois personnes un diplôme de patricien de Saint-Marin inscrit sur le livre d^or. Le roi de France ne voulut pas qu'pn plaisantât en sa présence de cet acte de gratitude^ et il autorisa spécialement son chargé d^afikires à accepter ce témoignage d^affection de la république, la plus petite, mais la plus sage, la plus solide, et qui a obtenu le bonheur de survivre à des sœurs plus puissantes, par sa

prudence, son désintéressement, et, il faut le dire aussi, par une situation exceptionnelle qui rend ce gouvernement calme, et le voit impér

rissable depuis l^an 520. En effet, sur sa montagne, appelée par Strabon Acer Mans ou 7itanusy il est fier d'aune existence de treize siècles, et de son fondateur, un pauvre maçbn, qui s^étoit fait ermite dans ce lieu alors solitaire (i).

(i) La ville de Saint-Mariii fut fondée par un macoa qiii a^étant fait ermite, en 5ao, s'étoit acquis une grande réputation de sainteté, et avoit obtenu d'une dame nommée Félicité, la propriété du lieu où il s'étoit retiré. Un grand nombre de personnes étaut venues successivement Vj visiter, il s'en étoit formé peu à peu un petit i)ourg soumis aux Exarques. L'an tioo, cette réunion d'habitans acheta le château de Penna rosia, qui est à peu de distance, et en 1170, celui de Casola. A Fépoque où l'on publia lé traité de Constance, en 11 83, les habitans se constituèrent en république, comme tant d'autres viUes d'Italie, et se gouvernèrent sagement , sans quitter la montagne et en évitant d'adopter les mœurs des villes. En 1460, le Pape Pie II leur fit demander des secours. La fourmi quelquefois peut être utile. La république se déclara en faveur du Pontife, contre Malatesta, quilepersécutoit, et , à la fin de la guerre, reçut en récompense les quatre petits cbâieaux à» ^SerravaUe, de Faéiano, de Mongiardinoy ainsi que le village de Piegt/io. Ce fut là l'apogée de la plus grande splendeur de cet Etat. Aujourd'hui il s'est volontairement réduit à ses anciennes limites, tant à celles des premiers successeurs du maçon ermite en Sio, qu'à celles des acquisitions faites en 1 1 00 et 1 170:1e territoire actuel n'a pas phis de deux lieues d'étendue, sur lesquelles sont dispersés six mille habitans. Un livre d'or contient les noms des patriciens nationaux et des patriciens étrangers, au nombre desquels on lit le nom de Louis XIV, ce que l'on a soin de dire à tous les patriciens nouveaux. L'inscrîption sur le livre d'or donnoit autrefois des privilèges pour entrer dans l'ordre de Malte. Le seul embarras que Saint-Marin éprouve quelquefois, est la privation du sel; les habitans s'en approvisionnent à Venise, où le

Le corps diplomatique vit alors avec regret le départ de M. le comte Barbaroux, ministre de S. M. le roi de Sardaigne : Son Excellence étoit appelée dans son pays à des fonctions honorables, qu^elle remplit encore aujourd'hui. Elle s'étoit rendue digne de Testime universelle par Taménité de ses manières, par son tact juste, réfléchi, et avoit terminé d'importantes affaires de religion avec la Cour romaine i^Un autre membre du corps diplomatique, 'M. le baron de Réden, à la même date changea de résidence. Ce ministrede Hanovreétoit un homme respectable qui s'étoit acquis une grande considération par son esprit de politesse et de^ conciliation : il se irouvoit en plusieurs circonstances Tin termediaire entre Rome et TAngleterre, qui n^avoit pas de ministre dans cette ville. Il traitoit, au nom de son gouvernement, avec une inteUigence des formalités catholiques, que ne possèdent pas

gouyemement autrichien les traite avec bienveillance. Bonaparte, dans ses guerres d'Italie, a £iit demander au gouyemement de Saint-Marin la pei^ission d'étendre le passage de l'armée trançaiae sur le territoire de la république. £lle a donné cette permission , et Tenyoyé son Marineêe , qui l'appoirtoit , a été accueilli par Bonaparte ayec beaucoup d'égards. Dans la guerre de ]a dernière réyohition de Naples, le général Frimont, commandant en chef l'armée autrichienne, a fisiit aussi demander cette permission et l'a obtenue. Une partie des habitans de la ville étoit descendue pour voir défilet les troupes, qui rendirent à vingt soldats' tous les honbeari mflitaiMs.

toujours les ministres protestans, et il obtenoit dans les discussions v des arantages remarquables, dus également à son bon sens et aux généreuses intentions des ministres de Sa Sainteté. Souvent, cependant, il recevoit de sa cour allemande des ordres très-rigoureux, qui, dans ses mains ^ se convertissoient en communications affectueuses et réservées, propres à amener le succès^complet de sa mission.

Au moment de la mort de la duchesse de Devonshire, il étôit resté à la tête de la direction d^une souscription pour faire graver deux médailles en rhonneur du cardinal ConsalvL Vsiffluence des souscripteurs ayant mis M. de Réden à même de trouver à faire pour ses comptes une économie très-considérable, il avoit demandé au Pape, au nom de ses souscripteurs, la permission d^envoyer placer un buste de marbre, représentant le cai^dinal, dans Téglise du Panthéon, qui étoit son titre cardinalice. Sa Sainteté, vivement émue de ce procédé, ordonna qu^on adressât à M. de Réden une lettre remplie d^obligeance et de gratitude, contenant aussi Téloge le plus flatteur pour le cardinal Consalvi. En même temps,, le cardinal délia Somaglia, qui étoit en cette occasion Finterprète du Saint Père, et qui montroit dans les moindres affaires un caractère tout-à*

fait aimable de prévoyance el de politesse, joignoit à ce témoignage de la bienveillance de Sa Sainteté, des assurances très-nobles de ses propres regrets et de son admiration pour un prédécesseur si cher à Rome et à FEurope.

M. de Kéden avoit résidé d^abord à Rastadt, ensuite à Berlin ; mais il s'^étoit éloigné de M. de Haugwist , à Foccasion de quelques prédictions d^n esprit sage qui se sont vérifiées malheureusement pour la Prusse. La réintégration de M. de Réden dans le poste important de Berlin, fut regardée comme une réparation et une récompense.

Ce fut alors que monsignor Sala, depuis cardinal, écrivit à M. Adrien Le Clère, à Paris, la lettre suivante :

« Monsieur, ayant déjà eu lé plaisir de vous annoncer que notre Saint Père le Pape vous accordoit le titre de son. imprimeur, je suis chargé d'une nouvelle commis- 8ion> qui, je n*en dbute pas, remplira votre cœur de reconnoissance. Sa Sainteté, voulant vous donner une preuve de- sa bonté paternelle, vous a destiné un chapelet de cornalines, orné de médailles en camée, béiii par hii, et enrichi d'indulgences. Il vous accordé en même temps sa bénédiction apostolique, ainsi qu'à toute Votre famille. »

Cette lettre étoit datée de Rome, le 28 juin 18249 jour de la saint Pierre, et elle combla de joieunefamillepieuseetsincèrementcatholique.

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