‹ Histoire du pape Léon xiiChapitre 25 sur 37 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

EÉCLAMATIONS CONTRE l'oUYRAGE DU PERE ANFOSSI. CONSIlyÉRATIONS SUR l'iMPORTANCE DE l'iNDEMNITÉa ACCORDER AUX ÉMIGRÉS, l'affaire DE l'OUVRAGE DU PERE ANFOSSI EST TERMINÉE. BILLET DU PAPE AU CARDINAL SÉVEROLI. ON s'occupe du jubilé de 1825. le ROI DE NAPLES FAIT UNE LEVÉE DE DIX MILLE SUISSES. NÉGOCIATIONS ENTRE LE SAINT SIÈGE ET LE PRÉSIDENT d'hAÏTI. MISSION DU COMTE TRONI A MUNICH, RELATIVE A DES BIENS DONNES PAR NAPOLÉON AU PRINCE EUGENE. A PARIS ON s'aGITE AU SUJET DES LIBERTÉS GALLICANES. PLAINTES ADRESSÉES AU CHARGÉ d'affaires DE FRANCE PAR LE CARDINAL DELIA SOMAGLIA. LE PAPE RECOUVRE UNE PARTIE DE SA SANTÉ. CONTINUATION DBS EMBARRAS NÉS A PARIS RELATIVEMENT AUX LIBERTÉS GALLICANES. LETTRE DE M. LE CARDINAL DECLERMONT-TONNERRE A UN DE SES COLLEGUES. AUTRE LETTRE SUR LE MÊME SUJET ADRESSÉE AU MINISTRE DE

l'intérieur.

Paris s'^étoit ému de la publication de Fouvrage du Père Anfossi ; Naples pouvoit porter les mêmes plaintes : on marchoit, diaprés les argumens du Père, dans une voie où FAutriche aussi se seroit inquiétée à bon droit, même pour

les aliénations faites du temps de Joseph IL Les réclamations écrites et verbales arrivoient de toutes parts au cardinal délia Somaglia; en France, un grand ministre, doué^ comme son maître, du génie de la réparation, apprêtoit une mesure la plus haute, la plus sage, la plus morale en ce qui concemoit les indemnités possibles , et ce grand acte d^habileté et de justice pouvoit être compromis, d^abord sHl n'avoit pas été tenu secret, et ensuite si des complications de résistance venoient à en rendre Fexécution plus difficile. Les ennemis de la Restauration ne veulent jamais se souvenir de la sécurité profonde qu^ont introduite dans les transactions^ dans les ventes, dans le mouvement immense des propriétés, les dispositions qui ont éteint cette dénomination funeste de propriétés nationales j opposée à celle de propriétés patrimoniales. Tout cet édifice de bonne foi vraiment libérale , non pas dans le sens de ceux qui ont appelé cette mesure le banquet du milliard^ ce souvenir accordé aux opprimés, pour qui la victoire n^obtenoit pas ses effets naturels, tout ce que cette pensée, dite à Toreille d^un roi intègre, avoit de grand, pouvoit recevoir un contre-coup indirect, quoiqu'^il ne s^agît dans le livre du Père Anfossi que des biens ecclésiastiques, si Rome,

même dans une question différente, sembloit tenir un autre langage que celui qu^elle avoit tenu pour ramener la concorde parmi les habitans de nombreux pays. M. de Villèle ne rendoit pas les biens aux émigrés ; il leur donnoit une indemnité en rentes. Tacitement , cette opération avoit besoin de Tincommutabilité de la vente des biens du clergé, sauf à demander plus tard au roi, qui dans la première opéralion n^auroit été juste qu^à moitié, des fonds libres destinés à TEglise, qu^elle adrainistreroit âeule, sans qu^il fût besoin que quatre-vingts évêqueset trente mille prêtres, après avoir béni et consolé les peuples, tendissent la main, tous tes trimestres, pour demander leur pain à des autorités froides ou chicanières. JJ indemnité avoit en présence les victimes, souvent les hommes qui avoient été directement dépouillés, et, à défaut de ceux-cî, leurs enfans, leurs petits-enfans , leurs neveux ou leurs légataires^ ilsétoientlà, portant encore ou pouvant porter le nom du lieu dont on les avoit chassés, et qu'aune exaltation de fidélité raisonnable etbien naturelle leur avoit fait quitter. Peu de religieux avoient survécu à leurs désastres. Sans qu^on oubliât lesreligieux vivans, les secours les pluspromplsdevoientarriver chez les émigrés qui ne laissoient pas de ressources à tant de familles autrefois opulentes ou aisées.

Vivement touché des représentations qa^on lai avoit adressées , le cardinal délia Somaglia entra, avec tons les intéressés, dans ledétail des circonstances qui avoient précédé la publication de Touvrage du Père Anfossi. Les personnes chargées en sous-ordre d'^examiner le livre , se trouvoient presque toutes subordonnées à ce religieux , qui étoit le censeur théologique de tout ce qu^on publie dans FEtat romain, et peutêtre , ajoutoit le cardinal , n'^ont-ellea pas fait leur devoir.

Un avis adressé albenigno lettore^ et qui avoit été lu attentivement par Tautorité politique chargée à son tour de la seconde censure , por* toit que le livre traitoit de la nullité des contrats faits en ce genre de choses ^ sans le consente-ment et V autorité du Saint Siège apostolique. Malheureusement, on avoit borné là les censures , et , il faut le dire , on n^avoit pAs lu l'ouvrage, quicondamnoit jusqu^aux ventes approuvées par le Saint Siège : finalement , on avoit jugé diaprés Pavis insuffisant qui se trou voit en tète, page 3,

Son Eminence, après avoir pris les ordres du Pape, se plut à déclarer que cet écrit n'^avoit produit aucun effet à Rome , qu'ail ne seroit pas avoué, quUl ne seroit jamais envoyé en France et en Allemagne, qu^ainsi

il ne falloit y attacher aucune importance.

Partant de ce point , le cardinal annonçoit qu'ail ne seroit rien innové dans les dispositions incommutables prises par le Saint Siège, relativement aux biens nationaux , dont la vente en France et ailleurs avoit été déclarée valide.

Ces assurances, données d^un ton de sincérité et d^amitié, méritoient toute confiance. Les promesses du secrétaire d'Etat dévoient être ratifiées par le Saint Père , comme elles le furent en effet et dans les termes les plus explicites.

A ce sujet , on sut que le Pape avoit envoyé au cardinal Sévéroli , toujours malade , un billet ainsi conçu :

« Dans le cas où Votre Eminence aurolt accordé quelque attention et peut-être quelque appui aujj: réflexions du Père Anfossi, qui n'a pas agi d'ailleurs dans l'exercice de ses fonctions, nous prions Votre Eminence de nous dire, si elle-même se voyant Pape, comme, nous le sommes devenu par des circonstances qu'elle connoît si bien, elle auroit approuvé ces réflexions. Votre Eminence, dans notre situation, auroit dit et ordonné de dire ce que le secrétaire d'Etat a répondu en notre nom aux diverses légations, et ce que nous avons répété nous-même dans le but de laisser l'Europe en paix ; car toute l'Europe catholique et l'Europe protestante qui a acquis des sujets catholiques, récriminoient à la fois, et maintenant personne ne se plaindra plus de nous. L'Eglise a tant de maux ! Nous avons à'porter

2«a HISTOIRE [1824]

nos r^;ards ailleurs. L'époque des Jubilés est un temps de concorde universelle. Nous vous sommes attaché de tout notre cœur. »

Ce mot de Jubilé ayoit frappé tons les esprits : « Il faat en finir vile avec ces brigands, s'*écrioit- » on , ou les pèlerins courront de grands dan- » gers. Ils nesont pas tous pauvres, les pèlerins, » il y en a qui ne demandent pas Taumône. »

Aussi Taffaire des brigands, toujours traitée avec une fermeté prudente, laissoit espérer une issue heureuse; Naples, qui ressentoit une partie de cette maladie si douloureuse de FEta t romain , lui apporta en même temps un secours inespéré.

Lorsque les brigands étoient battus sur un point voisin des provinces de Naples, ils s^enfuy oient sur le territoire de cette puissance, où la répression n'^étoi t pas organisée avec autan t de vigueur; puis, à la première apparence de Féloignemenl de la gendarmerie pontificale, ils reparoissoient de nouveau sur le territoire romain. Le cabinet de Naples', dans Tintention de pouvoir à la fois maintenir Tordre dans ses provinces , de se délivrer d^une occupation autrichienne très-coûteuse , et de trouver au besoin un appui fidèle contre des événemens qui pourroient encore survenir à la suite des troubles de 1821 , résolut de £ûre en Suisse une levée de dix mille hom-

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mes. Les conditions du traité étoient très-favorables aux cantons catholiques. Le roi parloit avec une vraie affection des régimens capitules qu'ail attendoit dans ses Etats , il accordoit à ces dix mille compères de Henri If^ le droit de se juger suivant leur code militaire ; il adoptoit le plan tracé dans les actes de capitulation souscrits par la France avec la Suisse, et qui a voient été renouvelés et complétés à Paris en 1818.

Nous avons déjà parlé des avantages qu^une telle mesure assuroitau gouvernement romain, dans sa guerre contre les brigands; il y trouvoit encore un autre bien. Les passages continuels delà troupe autrichienne qui alloit àNaples remptaèer d^autres corps rappelés par la cour de VieMie-f devenoientpour Rome un sujet de dépenses et d^embarpas sans cesse renaissans.

J'^oublierois un derniôt^evoir, si, trop préoccupé des intérêts de la France avec Rome, ou de ceux de Rmàe avec ses sujets, je ne prenois, au point que j^ai atteint, le soin- de mettre à leur place les rapports du Saint Siège avec les catholique» du monde entier, à mesure que leurs vœux se manifestent, et que les fidèles éloignés du centre implorent un acte de bienveillance auprès de celui qui est leur père comme le nôtre.

Le général Inginac, secrétaire de Boyer, président du gouvernement d^Haïli ou Saint-Do^

mingue, avoit écrit à M.^ Poynter, vicaire apostolique à Londres j pour lui annoncer que le président désiroit voir la retîgioia catholique fleurir dans File. Le Saint Père, diaprés une lettre en date de Rome, le 24 juillet, applaudissoit aux vues du président. Ensuite il déclaroit quHl étoit nécessaire que Tarchevêque de.Saint- Domingue se mit en rapport avec le Saint-Siège pour les affaires spirituelles de Pile , et surtout pour la partie qui avoit été privée long*temps de pouvoirs légitimes. Au même moment le cardinal délia Somaglia écrivit à Farchevêque pour lui annoncer que S. S. mettoit provisoirement sous sa juridiction tout le territoire d^Haïti. Le prélat ne pouvant seul suffire k un teriitoire si étendu , demanderoit sans doute àpartager les soins du ministère épiscopal avec des coopérateurs zélés. Sa Sainteté espéroit que le président approuveroit ce projet.

Dans le temps, on prétendit qlie ces lettres étoient apocryphes. Rien cependant de ce qu'acnés contiennent ne mérite d'être contesté : le président avoit raison dans sa demande, et le Pape se montroit soigneux de défendre ses droits.

On a vu que le Pape, étant prélat, avoit rempli k Munich des fonctions diplomatiques : aussi se trouvant dans quelque anxiété , relativement

à une dotation donnée par Napoléon , dans les Marches j à son fils adoptif, le vice-roi, Sa Sainteté eut ridée d^expédier en Bavière M. le comte Troni , son ancien ami , qui lui étoit dévoué , et que Ton connoissoit à Rome comme un homme capable de négocier avec honnêteté et avec talent. M. le comte Troni devoit demander pour FEtat pontifical y les égards que toutes les autres puissances avoient obtenus dans des circonstances semblables. On répondit à Munich que les droits du prince , devenus ceux de sa veuve et de ses enfans , étoient aussi bien établis que ceux 4u Saint Siège sur les provinces de seconda récupéra. Cette réponse offroit quelque chose de vrai, mais étoit exprimée un peu durement. On n'^avoit restitué au Saint Siég^ ses divers états que morceau . à morceau , frusto a frasto , comme disoit Dante. Ce fait, assez violent en luimême, quand ceux qui tenoient le tranchoir^ et qui faisoient ainsi les parts , avoient tous mis de côté pour eux d^énormes profits, et des Etats nouveaux outre les anciens , pouvoit être allégué sans doute , mais il eût été convenable de trouver des termes ditFérens pour défendre sa cause. Car enfin ce qu'ion dénommoit seconda r^CMjo^ra (seconde récupération), eût été plus convenablement appelé seconde justice.

A Rome, une afihire embarrassante doit sou-*

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vent être abandonnée parce qn^il est survenu un nouvel embarras.

Quelques conversations de ministres où de voyageurs venant de France , avoient appris à M. le cardinal secrétaire d^Ëtat qu'^à Paris, on s'^agitoit vivement, relativement aux quatre propositions de FEglise gallicane, et qu'il avoit été fait à ce sujet, dans un journal, une publication qui pouvoit étonner et préoccuper la cour romaine. On verra en effet plus tard que cette cour elle-même devoit recevoir de Paris une communication affligeante; mai.^ cette communication n'étant pas encore arrivée à Rome , il faut suivre avec circonspection Tordre des faits. Le 24 juillet, le secrétaire d'Etat interpella directement le chargé d'affaires de France sur la publication dont il s'agit, et parla ainsi :

« Que veut un de vos ministres? Nous étions dans une si parfaite union! Est-ce que nous allons faire comme avec Bonaparte? Ecoutez ce qui m'est arrivé avec lui, c'est une anecdote sûre. C'étoit en 1809; on nous avoit tous invités au cercle à Saint-Cloud ; il sortit de son cabinet avec le ministre de Prusse qui paroissoit dans une vive agitation , puis il vint à nous , cardinaux, qui étions là en assez grand nombre ; il salua sans parler ceux qu'il connoissoit, il s'arrêta devant moi, me demanda mon nom, et sur ma réponse, s'écria : « Vous êtes le vicaire du Pape : bé bien, monsieur le cardinal, que veulent dire les scommuniche? j'en ai les

poches remplies. Et puis, avez-vous oublié les quatre propositions? je les tiens, moi, pour quatre vérités de foi. >' J'ai répondu alors : « Nous les connoissons, nous, pour des opinions ;, elles ont été improuvées par le Saint Siège, je ne dis pas condamnées, mais improuvées. Ce ne sont pas des vérùés de foi. Je ne dis pas que ce sont des hérésies. Je répète que ce sont des opinions improuvées,, »

M La conversation continua sur l'excommunication, etBonaparte avança que son autorité s'étendoit sur toute la chrétienté, m

Le cardinal dalla Somaglia appela le cardinal Zondadari, et réfuta cette dernière assertion, en faisant déclarer par ce dernier que Ton comptoit dans Funivers environ cent quarante iniUions de catholiques , ce qui étoit loin du nombre alors soumis à Tinfluence de Bonaparte.

« Enûn, ajouta M. le cardinal^ le dimanche d'après il me chercha pour me livrer de nouveau le combat ; mais j'étois absent, et il dit qu'il vouloit me reprendre sur les quatre propositions.

» Aujourd'hui, dit M. le cardinal après s'être recueilli un instant , vous voyez que nous faisons ce que vous voulez ; vous ne sortez jamais d'ici que content ; mais cette publication qui semble ^aire croire que vous exigeai de vos prêtres un serment sur les quatre propositions, nous inquiète. Nous savons l'union avec M. de Tillèle, du ministre qui demande ce serment, nous sa-

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vons que M. de Yillèle a toute la confiance du roi et de Monsieur. Il ne s'agit pas moins que d'ordonner, d'enseigner cette doctrine ; mais Louis XIV avoit retiré les quatre propositions. C'est une de ces querelles qui sont restées sans conséquence ^ et sur lesquelles on peut parler hinc et indè. Chacun est demeuré avec ce qu'il pense. Vous pourriez me répondre là-dessus pendant bien long-temps. Je crois que cela est l'effet de quelque suggestion de politique étrangère, et n'a pas sa source en France. »

Cependant un réquisitoire du procureur du roi, qui sembloit approuver renseignement, arrivoit à Rome*^S'*il fût venu plus tôt, peut-être quelques esprits, peu portés pour la paix , eussent-ils engagé M. de Lamennais à intervenir par un écrit dans cette querelle ; mais ce voyageur étoit parti pour Nàples, et là son intervention, quelle qu^eile eût été, n^auroitpas produit le moindre effet.

La santé du Pape devenoit de jour en jour meilleure. Il avoit sa .yûT/zté 6?^/^, comme disoit le duc de Laval. Léon XII alla visiter les prisons de Rome. Cette marque d'^intérêt pour les prévenus contribuoit à le populariser, et Sa Sainteté , qui n^avoit communiqué à personne son projet de visite , reçut à son retour les témoignages les plus éclatans de la reconnaissance de plusieurs parens des détenus , et du peuple

en général, ^i, par une sorte d'^insiinct dont il ne se rend pas compte dans sa misère , applaudit partout à Fijatérêt que le gouvernement montre pour les prisonniers'.

Tout le bruit qu'on faisoit aux Tuileries étoit causé par la publication d'une lettre faussement attribuée à M. de Quelen, archevêque de Paris, et qui étoit Fouvrage d'un autre archevêque, M. le cardinal de Clermont-Tonnerre. Cette lettre étoit-elle écrite à l'appui de celle qui avoit été adressée au roi par Léon XII le 4 juin ? nous ne pouvons pas, encore une fois, anticiper sur les faits. Mais il esta propos de rappeler le texte de cette lettre du cardinal de Toulouse : il paroît qu'elle étoit une réponse à une demande d'un autre archevêque français , çur une circulaire ministérielle relative aux quatre propositions.

Monseigneur,

« Tous me faites i'iionneur de me demander si j'ai reçu de M. le ministre de l'intérieur une lettre qui demande aux supérieurs et professeurs de nos séminaires leur adhésion à la déclaration de 1682, et vous désirez savoir si j'ai répondu à cette lettre et ce que j'ai répondu. Oui, monseigneur, j'ai reçu comme vous cette missive fort extraordinaire , je l'ai reçue même deux fois, et je n'y ai point fait de réponse. J'ai eu l'honneur d'écrire la même chose à plusieurs de mes

coll^;ues qui m'avoient donné la même marque de confiance que vous.

» Je leur ai fait observer : l** qu'autrefois il n'y avoit que les^professeurs de l'Université qui fussent astreints à cette formalité ; 2° que l'autorité civile n'avoit pas le droit de fixer aux évêques ce qu'ils avoient à prescrire pour l'enseignement dans leurs séminaires ; 3® que la formule d'adhésion envoyée aembloit présenter les quatre articles comme une décision de foi (Napoléon disoit une vérité de foi) ^ ce qui n'est pas, et ce qui nous exposeroit à une censure du Saint Siège ; 4** que cette mesure étoit inconvenante et inadmissible, en ce qu'elle contenoit l'engagement de professer la doctrine des quatre articles , profiteri doctrinam ; elle est ridicule en ce qu'elle exige que Y on professe et que l'on veuille enseigner, profiteri et docerevèlle; b° que cette mesure inutile qui étoit un nouvel attentat aux droits des évêques, déplairoit à la cour de Rome, et étoit aussi impolitique que déplacée dans un temps où un parfait accord régnoit entre Rome et la France.

» J'ajoutois que, sachant avec quelle sagesse le gouvernement évite tout ce qui pour roi t rappeler les discussions dangereuses, je présumois que quelque employé subalterne des bureaux du ministère, provoqué peut-être par quelque canoniste ardent, avoit présenté cette circulaire à la signature du ministre, qui surer ment n'y aura pas fait attention. Ce ne peut être que l'oeuvre d'un esprit brouillon, et ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de la regarder comme non avenue. »

Un autre archevêque, vénérable par son âge, ses vertus et sa doctrine , ayant reçu successive-

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ment les deux lettres du ministre, avoit aussi fàilj le 1 1 juin, la réponse suivante :

MoNSEIGNEUfl,

mYous témoignez êtresurpri^^de ce que, malgré votre demande déjà ancienne, je ne vous ai ^int envoyé la célèbre déclaration die 1682, souscrite par les directeurs et professeurs de mon séminaire. Je ne le pou vois faire, ni même tenter, sans transgresser d'essentielles obli* gâtions. Si avec bien d'autres je me suis trop aisément persuadé qu'en pareille conjoncture, ne point répondre ëtoit le plus convenable, lat droiture d'intention sera mon excuse auprès de Yotre Excellence, à laquelle j'ai l'honneur d'offrir l'hommage de mes sentimens respectueux. »

La première lettre du ministère deFintérieur qu^avoit reçue M. de Clermpnt-Tonnerre, étoit en date du i8 mars i824« On a vu plus haut ce qu^ellé exîgeoiti Une sorte de duplicata de cette même lettre en date du aq mai, arriva ensuite à la même adresse. Peut-être Son Eîninence xivoit-elle transmis ces lettres à Léon XII avant

le4 juin-

Cesr circonstances rendoieùt embarrassantes

les aflFaires que la France deitoit traiter à Rome^

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