‹ Histoire du pape Léon xiiChapitre 28 sur 37 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

SITUATION RESPECTIVE DE LEON XII ET DE LOUIS XVIII. LE PAPE VA ENTENDRE UNE MISSION A UN BALCON DU PALAIS DU CHEVALIER ITALINSKT. LE PAPE MANIFESTE DE NOU- VEAU SES SENTIMENS DE BIENVEILLANCE POUR LA FRANCE. MESSE CÉLÉBRÉE EN l'hONNEUR DE PIE VII. FÊTE DE SAINT LOUIS. LE PAPE VIENT PRIER A l' AUTEL DU SAINT ROI.

Le Pape, rempli de reconnoissance pour plusieurs cardinaux qui Tavoient servi avec tant de dévouement, persuadé comme eux que les calculs politiques avoient trop dominé quelquefois dans les affaires de Rome , et qu^il étoit temps de revenir à une conduite plus ferme en ce qui concemoitles intérêts religieux souvent oubliés devant Texigence des intérêts politiques, recevoit avec plaisir les informations qui pouvoient Finstruire et le fortifier dans son plan, sinon d^une sorte de restauration religieuse (on nVn étoit pas là tout-à-faity etlepériln^étoit pas si imminent), au moins dans un projet d^aider partout avec efficacité le retour de la pensée catholique. Le

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Pape voyoit amoncelés sur son bureau les avis , les plaintes, les réclamations, les dénonciations, les informations accusatrices, et il gémissoit sous le poids dû fardeau dont on Favoit contraint de se charger. Ne balançons pas à dire qu^on Favoit sollicité, de Rome et de Paris, à la résistance, peut-être à Fattaque. U est certain que jusqu^au 4 j^î^^ ^ n'^avoit témoigûé aucune disposition à satisfaire ces mécontens. Croyons un Pontife si vrai, si franc, si courageux (les hommes courageux n^altèrent jamais la vérité). De lui-même, peut-être, au milieu de ses transes de douleur, il avoit écrit au roi ; le Pape avoit cherché, en homme d^esprit, en homme habile, à toucher le roi, à le convaincre de la nécessité d^une marche plus vive, d^une manifestation de volonté plus assurée. Avouons cependant toujours qu^il avoit fait mal de ne pas consulter un de ses cardinaux, même un de ceux qui ne Favoient pas porté sur la chaire de saint Pierre ! Le Pape croyoit le roi en désaccord avec son frère Charles; mais le comte d^ Artois entroit librement au conseil ; s'il s^en abstenoit, il y étoit appelé avec cordialité. Le comte d^ Artois connoissoit les intentions, les moindres actions, les projets réparateurs de M. de ViUèle, et il les approuvoit. Dans le moment où la famille royale ne formoit qu^un vœu, survient une lettre où

Ton semble -attaquer ce ministère qui ne déplaît à personne dans le château des Tuileries, ce ministère si universellement soutenu, ce minis^ tère qui n^avoit d^ènnepiis que les libéraux. 11 méditoit un grand acte de consolidation éminemment monarchique et national, un acte qui rétablissoit la confiance dans les relations des propriétaires entre eux, lin acte qui ne pouvoit blesser que quiconque ne savoit pas ce que peuvent dans un grand royaume le respect poiur la droiture, la morale et la justice pour tbusf un acte qui favorisoit par ses restitutions impré* vues, même des libéraux, des agitateurs, appelés aussi par suite des spoliations exercées sur leurs parens, à s^asseoir, comme les émigrés fidèles^ à la table du banquet; et, dans un tel moment, tombe comme un coup de foudre un reproche qui cause la surprise la plus inattendue. Léon XII n!étoit instruit d^aucune dé ces circonstances , ce qui peut diminuer le tort dWojlr ainsi écrit au roi. Tous les jours les souverainày pensoit le Saint Père, peuvent se dire^ peuvent^ s^écrire de pareilles confidences: le mal se Ifouve dans la situation où Léon XII étoit contraint de vitre. Après avoir écrit , il dit^ il dut dire, à une seule personne, peut-être, qû^il avoit fait line telle démarche ;. peut-être i^pondit-il, ce Pontife harassé de tourmens,

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peut«^U*e répondit-^il à des ^ngenees de palais, plus impérieuses que jamais, et qui bravoient le cardinal délia Somaglia ; peut-être répôndit-U par. une communication seulement verbale de Tingérence qu^il aroit cru permise pour le bien de TEglise. Voici venir les conséquences. Les amis de Rome écrivirent aux amis de Paris ; un archevêque , déjà célèbre par la vivacité de ses opinions en ce genre^ cvnfi devoir tfppuyer le Saint Père. Alors le roi, le comle d^Artois, M. de Viilèle et le ministère, se virent attaqués une seconde fois quand ils étoient discrets depuis plus^^un mois (la lettre, partie de Rome le 4 juin, avoit été remise vers le 20 ), et ils furent t>bligés de penser à la résistance.

Il fiit résolu qu^on adresseroit une l^tre âu Pape. Nous voyons que cette lettre étoit rédigée parle ministère } elle est en quelques points peu conforme au langage pesé du ministre des affaires étrangères. Quoique raisonnable et facile à excuser dans le fond, elle pouvoit cependadt allumer une sourde guerre, au moins i^jeuir nos ennemis. On voit que Louis XVIII pensa ainsi : ses grâces, ses manières envers le nonce, semblent mettre le roi. hors de laqueslioB. Il restoit Rome, qu^il falloit apaiser» Le chargé d^afiaires suivit la marche simple et connue des relations régulières, et le bon esprit du cardinal,

aveccela peut-être bien aise de trouyer en* défaut un maître aussi habile que Léon XII, acheva de tout disposer k une issue heureuse. Rome eût voulu ti^avoir pas écrit sa lettre ; Paris ne povH voit retirer la sienne. Ni à Rome, ni à Paris, on ne pensoit à aigrir la blessure : d\m côté on re^ grettoit le coup ; de Tautre on regrettoit la riposte; Ajoutons que le chargé d^afiàires se souvint probablement de ce passage de Fhis-^ toire dà maréchal de Villars. Ce général avoit lancé ses troupes sur Tennemi : tout alloit bien ; mais le maréchal voit ' revenir ses batailloni en désordre. Il ne peut ordonner qu^un raUie-^ ment à quelque distance; En se retirant, il rencontre un tertre assez élevé , s^ porte au gidop pour voir quel étoit le degré dé vigueur dePénnemi daps la poursuite; ilap^çoitque Fennemi aussi est en déroute, et que lé premier champ de bataille étoit vide ; une terreur pa-^ nique avoit saisi les deux armées. Vilkrs s^écrié qiie Fennemi se retire, et parvient à arrêter la ftntie des siens. *— Dans notre question, chacun vcMloit'la paix après avoir déclaré la guerre; la Messure fut guérie, et le fils aîné de FEglise M fS^Ucità de la bonne intelligence rétablie avec Miitèt*e.

' Lés dônséquencés immédiate furent cellesci ; le mmistère^pprit que les rpis de Fi^i^te

ne signent pas sans regret des lettres sévères adressées au Père commun des fid,èlesy et Léon XII commença à gouverner lui-même. Il écouta moins les zelanti, que Gonsalvl disoit si bien passés en France; et Vindemnitéj ce grand acte de réparation j s^achemina vers son but avec la magnificence nécessaire pour assurer sa durée, la leçon qu^elle donnoit aux nations, et sa tutélaire et perpétuelle efficacité.

On avoit continué de faire des missions sur les places de Rome, et elles ofiroient toujours un grand concours de peuple; il fut alors convenu que le jour de PAssomption le Pape cloroit les missions sur la place Navone.

A peu près dans le même instant , le roi nomma M. le baron de Damas ministre des affaires étrangères, et Ton préparoit à Rome, malgré le Pape, quelques complications qui pouvoient apporter du retai^d dans les affaires. On eut lieu de penser que M. Italinskj avoit appris de Paris, par M. Pozzo di Borgo, quMLexistoit un état de froideur entre Rome et le cabinet des Tuileries . La paix étoit rétablie ; jnais les autres cours ne le savoient pas. Singulier effet d^une politique qui n^a pas de bases fermes et décidées ! On approuvoit à Pétranger la résistance du. roi écrivant des lettres de mécontentement, et Ton s^apprêtoit à profiter, du mécontentement pour

établir une influencé contraire aujt intérêts dé la France. On ajoutoit à toutes ces suppositions de guerre secrète entre Rome et Paris, qu'ail seroit utile, comme si cela eût été possible, de succéder au crédit de la France. Se rapprocher avec plus dHntimité d^un gouvernement auprès duquel la Russie entretenoit beaucoup de relations concernant les catholiques de Varsovie et de la Lithuanie , c^étoit une idée raisonnable et toujours utile ; mais croire que par cette voie on remplaceroit dans le cœur de Léon XII, dans les dispositions du cardinal délia Somaglia, une puissance presque toute catholique^ (Fun seul morceauy . comme disoit un Russe, mu par un sentiment ipal déguisé de dépit, cela n^étoit pas un projet qui pût réussir. Le Pape étoit porté,* p;^r une affinité particulière, à aimer les Bourbons et les Français, quelle que fôt leur réponse à ses remontrances ; une réponse un peu irrévérente étoit devenue le signal de la propre indépendance du Pape. Le cardinal délia Somagiia, dont il y avoit lieu, à cette occasion, de rechercher les antécédens, étoit ce qu^on pouvoit appeler positivement Uii royaliste français ; il avoit fait faire à ses frais un somptueux tableau qui représentoit Tapothéosé de Louis XVI, et il ne se cachoit pas de son respect pour les Bourbons de Parme,

ne HISTOIBE [1834]

dont il étoit le sojet. Si Rome àvoit pu rester blessée de la mrprise de Louis XVIII, Rome avoit caché ^on ressentiment, et elle étoit trop jneuse pour ne pas le réprimer dans un de ces momens de clémence qui descendent de Dieu sur ceux qui le représentent ici bas. Ainsi c^étoit vouloir profiter d^une querelle a! amis pour enyenimer leurs débats, sans espérance fondée d^en profiter. D^ailleurs, s^atiaquer à des hommes d^esprit, de sens^ de religion, à des hommes qui savent ce quilils. veulent, qui le veulent toujours, et qui ne se laissent emporter par aucune imprudence dans la ligne des. devoirs que PEvangile leur a tracés, et dont ils ne peuvent s^écarter jamais, c^est une entreprise insensée, surtout quand on sait bien ce qu^on veut soi-même, et que Ton n^agit pas pour remplacer, par son propre catholicisme, celui des autres. Du reste, la bonne amitié de M. le chevalier Italiasky fut agréable au Saint Père et a son ministre : elle fut accueillie ayec caresses ; mais peut-être, sans que M. Italinsky s^en doutât, elle fut dirigée par la Com^ romaine elle-même vers ^s intérêts bien entendus et le. succès de la divine mission qu^elIe est appelée tôt ou tard à remplir, et qu^elle remplira in&illiblement.

Il étoit sagace observateur, quoique peu délicat dans le choix d^une de ses expressions que

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leo^excuaepaSycediplomalequi disoit: « Rome eslinvulnérable sur le dogme; quant aax affaires qui ne sont pas de dogme, et qu^on appelle politiques^ Rome est* le seul pay(i où on ne fasse jamaisune sottise à fond. »

J'ai ;su de M. le cardinal délia Somaglia quMl âYoit élé^ après y avoir bien pensé, le principal imHeilrdans les faits qm vont être rapportés. Croyoil^il m<Hus que le Pape, si bon, si tendre, à la solidité de la paix rétablie?

M. Italinsky, le 7 août, à la même hmire à la-quelle la poste me remettoit la lettre du roi au SaijitPère, s^étoit présenté chez le Pape, et lui avojt dit entre autres choses , qu^il rinvitoit à venir entendre, des appartemens qu^il occiipûit 9» palais PamphUi, place. Navone, les exercices des mijssions; le Pape, après en aroir entretenu 5011 mioisbre, armi accepté la proposition.

En effet, le dimanche i5, Léon XII 6e rendit^ col treno cU cùtà^ chez M « Italind&y, qui ?^Woit invité personne du corps diplomatique. 5a Sainteté entendit la mission des fenêtres 4u cabinet particulier du ministre, d^où, héias! il* $oFtoit souvent une fonde de critiques iyontte les missions et les catéchismes que Ton faisoit assidûment alors sous les fenêtres de cette légation. On avoit observé, dès les premiers Jours, qu'elle faisoil fermer toutes les fenêli-es

du palais. Après^la mission, Sa Sainteté alla se placer sur un trône, en face da même palais, d^où elle donna sa bénédiction à une foule immense de peuple rassemblé depuis plusieurs heures dans ce local. *

Il est difficile de décrire Feffet que produisit cette cérémonie imprévue. On ne peut pas assister à une scène plus touchante, et les Romainset les étrangers (i), qui étoient en grand nombre, donnèrent au Pape mille preuves d^enthousiasme et de reconnoissance.

Cependant on entendit, dans la société la plus élevée, blâmer cette présence du Pape aux fenêtres d^un ministre professant un autre culte, et qui avoit voulu Sa Sainteté pour lui tout seul; Ton disoit que si Consalvi eût fait faire un acte pareil au Pape Pie VII, on ne Fauroit jamais . pardonné ni à Fun ni à Tautre. Léon XII ne disoit pas s^il étoit ou il n^étoit pas le moteur dans les faits dont tout Rome avoit été témoin.

On ajoutoit que le cardinal delta Somaglia figuroit coqime personne principale dans cette conjoncture remarquable ; il passoit du trône du Pape au fauteuil de M. Italinsky, et il paroissoit, devant plus de quinze mille spec-

( ! ) Je me rappelle ici cette spirituelle' épi thète doni^ée par M. Nodari à la fréquence des étrangers qui abondent à Rome, ce âurifenm çtfierorumfrequeniiam.yy^oduif^ 20.

tateurs, le conseiller de cette démarche.

Le chargé d^afiaires de France pat, à cette époque, partager jusqu^à un certain point les préventions générales ; mais il s^en repent aujourd'hui. Au grand .jour des événemens qui ont suivi, on reconnoît qu'il pou voit y avoir pour le moment quelque chose de très-sage et de très-à-propos dans cette visite à M. le chevalier Italinsky ; c'étoit sans doute une visite à la Pologne, et Tesprit conservateur et prévoyant se trouve là certainement avec sa douceur, sa mansuétude, sans avoir rien perdu de sa dignité et de sa force.

Quoi .qu'il en >soit, le. Pape montra bientôt que son cœur n'étoit pas fermé à la France. Le même jour où M. Italinsky jfoisoit admirer à Sa Sainteté des dessins représentant la place Navone dans les deux sens, le Pape, aux fenêtres du palais Pamp(hili, ayant à sa gauche le ministre russe, et le Pape sur son trône, en face du même palais, et le même ministre recevant à genoux la bénédiction pontificale , comme il le faisoit constamment avec nous dans la tribtuie diplomatique, le même jour où cet agent poUtique déclaroit que les dessins alloieni être envoyés à l'empereur Alexandre avec prière de hâter son voyage à Rome, Léon XII eut à prendre une détermination, relativement à

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kl fête de la saint Louis , <|ui est ordinai^ renient vne des bdles solennitéd de Rome.

Je savois que Ton pouToit accabler' le Père commun, même de quelques importnnilés dans les intérêts de ses en&ns; en conséquence, j'^avois écrit au cardinal deUa Somaglia un UUet caressant^ tel qu^il les aimoit : œ biUet tappeloit à Son Eminence que la saint Louis approchoit, qu^îl étoit d^usagie, quand il ne se troovoit à Rome qu^un agent du roi de France d^an caractère inférieur à celui d^ambassadeur, que cet agent choisit lui-même un csfrdinal ^^il prioit de représenter Tambassadeur. dans le sanctuaire, et de remercier MM« les cardinaux a leur départ, rajoutois un petit détail un pi^a renouvelé de œ quWoit fait M. le duc de Làval, à propos du dîner où il avoit dà recevoir les quatre princes royaux (/^. pag« 199)^ >

(c Votre Eminence, estdoyen du Sacré Cotise; le Saint Père vous a confié les fonctions de secrétaire d^Etat^ On ne sauroit accumuler trop de dignités et de distinctions sur une tète aussi respectable que la vôtre ; voulez«-vous «acore être Fambassadeur de France a la fêle de Sttint Louis ? i> .

Le cardinal, après en avoir demandé promptement la permission au Saint Père , itvoit accepté cette preuve d^attochement

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et cet hoQueur avec la joie la plus entière.

£i^ eontinumit ce récit, je dirai encore qu^oa découvrit en ce moment quel a voit été le principal sujet de Tenlretien secret de M. Italias^y avec la Pape, le 7 août (f^. p. 327). Le ilûnist|*eavoitfaitàSa Sainteté des offres deprotediçu contre tout chagrin qui on "ûoudroit don^ nen au Saùit Père. Il n^est pas possible qu^un Pontife aussi religieux , aussi habile, aussi tendre que Léon XII, n^ait pas dit à ce sujet quelques paroles sur la réunion des deux ^Uses*. La grande vertu de Thomme d^Etat, aprèsla prudence, est Fart de saisir les à^propos. Mien ne convenoit plus, en cette circonstance, q^ji^un regret exprimé noblement, surtout devant un vieillard vénérable , encore jaloux de plaire^ affectueux, Grecde<Corfou, ce qui n^est pas la même nuance que celle de Grec de Russie.! On peut croire que cette supposition de cOrpmunications relatives à ce grand TV/ocirqui, im jour, quoi qu^on en dise, doit s^effectuer, a quelque chose de fondé. M. Italinsky ne craignit pas aliors de causer avec le chargé d^affaii*es de Sardaigne, M. le marquis de Croza, sur les points qui séparent les croyances catholique et russe ;; cette conversation dura assez long-temps . M., de Croza chercha plusieurs fois à la rompre pour savoir sLelie étoit Peffet du hasard ou le

résultat d'ane intention positive; M. Italinsky, se trouvant d'^ailleurs a son aise avec lé représentant d'^un pays qui, dans les pacifications récentes de 181 5, a voit beaucoup dû à Tinter-ventioB de la Russie^ revenoit toujours à ses propositions, et les développoit avec beaucoup dHnstruction et une espèce d^habilelé préparée. Finalement cette conversation eut, aux yeux du marquis de Croza, Pair d^un entretien qu^on voidoit exprès, pour qu^il fût répété; ce, qui n^avoit pas manqué.

Le 20 août on célébra une messe de Requiem en rhonneur de Pie VU, décédé le même jour, en i823« Lesouvenir de ce grand Pontife régndt dans tous les cœurs. Iln^y eut cependant à la cérémonie que vingt-trois cardinaux : il est vrai que plusieurs étoient absens, et résidoient dans leurs légations . Le Pape ne fut pas en état de descendre de ses stppartemeiis. On sut à ce sujet qu^il avoit mal passé la nuit, et qu-'il s^étoit appliqué lui-même, le matin, des ventouses : Léon XII étoit souvent son propre médecin. Il suivoit, trop téméraii*ement, les préceptes d^un livre rédigé par le docteur heroy^ que notre Faculté, en France, avoit condamné, avec raison, comme dangereux. Les cardinaux remarquèrent à la messe, que les membres du corps diplomatique, pour la plupart, n^ étoient pas venus;

il ne s^ présenta que les chargés d^affaireâ de Portugal, de France «t de Sardaigne.

La fête de la saint Louis alloit être célébrée ; le cardinal délia Somaglia , créé ambassadeur de> France, envoyoit les invitations. On ignoroit si le Pape pourroit y assister suivant sa promesse : malade depuis le i 9 août, il étoit difficile quHl.fût rétabli le 25. D- ailleurs, après la cérémonie de k place Navone, il étoit convenable pour le Pape et pour son ministre, dans une ville soumise, mais pieuse, et où les scrupules de Fopinion sont fort respectés, de ramener Fattention sur des cérémonies sans reproche, et de ne pas refuser à la France, que tout le monde aimoit, qùoiqu^avec des motifs différens (il y a à Rome la France des zelantiet mêmelà France des libérau](), de ne pas dénier à la France un honneur que lui avoient toujours accordé les deux prédécesseurs de Léon XII.

On a voit pris des mesures pour que le Pape trouvât les choses dans Tétat prescrit par une bulle- quUl avoit publiée à Toccasion des visites apostoUques de Tannée sainte. A. cet égard, on peut dire que Féglise de Saint-Louis fut laprer naière dans Rome où.les réparations se trouvèrent faites complètement aux termes des ordres de Sa. Sainteté.

Cependant une petite satire de Pasquin arer-

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lit lesFramçsûs^.que IVm critiquoit la Teslanra^ lion de la statue de Chidrlemagne qui est placée à droite de la porte de Té^lise, en peodaiit à saiint Louis, qui est de Pautre côté; la satire disoit que le prince s^étoit hissé voler son épée, et que le monde lui était tombé ^ ia main, En effeè, dans les temps de rérokiticHi) il y avoit vingt-six àns^ on avoit^moiilécetle statue } on lui avoit arraché le glaive dont elle étoit armée, et Ton avoit brisé le globe surmoatè d'une croix, qu'elle portoit dans la main gauoh^'

LWchitecte .aysmt eonfié imprudemomat le soin 4e ce raccord à un sculpteur qui n^etoit n Frapçais, ni sujet de I9 maison de Boinrbon, pîen n^avoit été prêt la veille du. jour de la fête, et Ton venoit d^abattre un échafaudage qui c»« choit la statue, pour Texposer sans bras, conséquemment sans le glaive et le 'globe, qui fàisoient le sujet de cette satire^ du reste assez spirituelle.

La statue de la reine Blanche étoit encore telle, qu^après un nettoyage on pouvoit en ad^ mirer le dessin et le travail, qui sont de si bon goût.

On avoit porté Vattention jusqu^aux bornes de porphyre rose, qui sont Fobjet de Fenvie universelle, qu^on a tant de fois voidu enlever, et que la jalousie nationale a toujours défenfioes :

LlfiS^i , BU PAPE LÉOK XII. 335^

ce sont des tronçons fort élevés d^anciennes colonnes de Fun des plus beaux temples de Rome. Il n'y a probablement, dans Tunivers catholique, que notre Eglise de SainX-Louis qui ait, en avant <jLe ses. portes, des bornes de porphyre^

Le Ps^pe vint prier à Fautel du saint roi, et se montra très-saiisfait de tous les ^oins qu^on avoit pris pour le recevoir avec magnificence.

Là il ra^entretint du Jubilé avec un esprit de détermination tout-à-fait courageux ; il me sembloit que par sa bouche le gouvernement Pontifical d|soit comme Vologèse. « Si cunctatione deliquifViriuie corrigum^nu Si f ai perdu par la temporisation, je compenserai par le courage. >» (Toc. ann. XV, 2.)

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