CHAPITRE H
A l'Époque de la restauration , l'archevêque de tyr est énvôté, a paris, pour complimenter louis xyiii. le cardinal consalti , qui était deja accrédité aupres des sdpveraims réun» dans cette ville ^
XMPjËGHfi l'archevêque DB- CONTINUER SA MISSION. LOUIS XVIII CHERCHE A REPARER LES MAUVAIS EFFETS DE l'opposition de CONSALVl. LE PRELAT RETOURNE EN ITA- LIE DANS UN ÉTAT DE SANTE d'ÉPLORABLE. IL EST CRÉÉ CARDINAL DANS LA PROMOTION DU 8 MARS 1816; PUI^ NOMMÉ ÉVÉQUE DE SINIGAGLIA , ET ENSUITE^ CARDINAL^ VICAIRE. IL REMPLIT CES FONCTIONS A LA SATISFACTION DB PIE VII, ET IL SECONDE LE PAPE DANS SES IDÉE» DE MAN- SUETUDE. LE CARDINAL D£L|^ pENGA EST OBLIGÉ d'aLLEB PRENDRE LES BAINS d'aQUASANTA , PRES DE ROME.
A répoque de là Restauration^ MSF délia Genga fut chargé de remettre à Louis XVIII des lettres de félicitation , au nom dé Pie VIL C^étoit un parti politique peu favorable au cardinal Consalvi ' qui aroit conseillé de donner cette mission à Tarchevêque de Tyf. Il eût peut-être dû Id refuser. Le cardinal Gonsàlvi étoit accrédité auprès de tous lès souverains réunis à Paris. Il faut dire ici , quoique la ré-
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potation de bonne grâce , d^élégance de manières du cardinal doive en souffrir, que cette Eminence traita le prélat deUa Genga avec une sévérité blâmable. Il y eut une scèn.e de vivacité très-répréhensible , où le prélat entendit des paroles si véhémentes, que le semtaire de Consalvi , qui étoit présent ^ fut ému au point de verser des larmes. Le prélat i|e répondît pas un mot à tant de violences ; il devoit répondre plus tard.
Les récriminatiops de Comsalvi a voient çer-
tainement quelque chose de raisonnable* 11 connpissoit le mouvement des affaires. Il les conduisoit de nouveau depuis le commencement de i8i3. Il pouvoit intervenit* effîcaoe-*ment dans toutes les occurrences, décider', de lui-même , beaucoup de questions. Il avoit un nom européen. Déjà les princes lui témoignoient de la déférence; mais avec tous ces avantages, il n^étoit pas dispensé de montrer des égards pour un prélat romain , quoique m, prélat eût été son subordonné ) pour un homme d^Ëtat de son pays qui avdit bien servi , et que sa légation en Bavièrç et quelques danèlés roà il avoit m^ifesté de la présence d^esprit et da la fermeté , rendoien t assurément digne de plus 4e. ménagemens. Enfin Consalvi pouvoit dire noblement : « J^ai poussé Pie VII imprudem-
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» ment dans le précipice; j^ai fait voyager dans » la hante mer nn vieillard qui doit ne se dé- » placer jamais ; oui , mais j^ai remis dans la » voie véritable la barque de saint Pierre. Que » vene£-vous demander ? QuWe?L*vous fait de » mal et de bien pour vous comparer à moi?
» Le Mal peut être Bien , quand il s^en est » suivi nn chef-d^œuvre de talens. Retirezn vous ! JTai conduit à Fabime , mais depuis je » Fai sondée Je connois les profondeurs où M nous ne retomberons plus. Vous guéririez » peut-être le gouvernement pontifical en Fac- Mcusant; je le guérirai en soutenant qu^il a » tcmjours eu raison. LWection , là reconnois- » sance ^ la clémence de Pie VU entendront unies réclamations; je crois que vous devez » vous retirer. »•
A[Nrès une audience de congé, où Louis XVIII, qui possédoit à un si haut degré la science de la pcMlitesse et de la réparation , adoucit une partie des chagrins de M^ délia Genga , ce prélat rettmraa en (Italie plein de tristesse, mais cliip«ié4es bontés du roi. Ce prince avoit plusieurs fois envoyé à Montrouge M. de Périgord, archevêque de Heims, pour demander des nouvelles de Farchevêque de Tyr , tombé malade et retiré dans ee vUlage, à la suite de ses^altercatioBS avec le cardinal Consalvi.
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A la fin d^octobre , ce prélat reprit le chemin de Monticelli. Il remarqua, pendant son voyage, que dans les auberges on fuyoit sa rencontre; Il étoit tellement dévoré par les souffirances , que sa présence paroissoii inspirer de la compassion et de Teffiroi. Ce sentiment-quHl surprenoit chez les autres remplissoit son ame de terreur. Il pen* soit souvent qu'ail étoit bien de se rapprocher de Monticelli , du lieu de sa sépulture. La au moins, au milieu de personnes aimées , connues et at-^ tachées par des bienfaits , il visiteroit le lieu bien mesuré^ où il pourroit reposer en paix , en attendant le jugement du Seignem*. Mais Dieu, . qui ne se tasse jamais d^être bon pour ceux que sa prévision destine à de hautes missions, n'^avoit pas disposé de son serviteur , et ce serviteur verra se manifester souvent cette preuve d^affection que la providence veut bien lui accorder.
En i8i6, M^ délia Genga fut le premicnr cardinal de la nombreuse promotion du 8 mars. Un ami du prélat, Monsignor Vidoni , homme de qualité des Etats de Temperenr d^Aulric^ en Italie, nommé aussi cardinal , étoit recherché dans toutes les sociétés de Rome, où on le voyoîl constamment apporter sa bonne humeur et un esprit très-piquant et très-agréable. Le peuple Faimoit aussi , parce qu^il étoit ridie et bien-
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Êdsant. Les dames étrangères , surtout les dames Anglaises, Favoient prié de leur faire voir la cérémonie de la présentation des insignes de la Pourpre, qui sont apportés par un segreUirio d'u4mhaaciatadn¥^pej et accompagnésd^un discours auquel le nouveau Porporâto répond pour témoigner sa reconnoissance. Ensuite, il remet nn présent plus ou moins riche au prélat délégué à PefiFet d^offrir ces insignes. Il fut convenu que les cardinaux délia Genga et Vidoni recevroienilé se ffretario âAmhasciata dans le même palais, et que des étrangers pourroient assister à la cérémonie. Une grande partie delà noblesse fbl invitée , et le cardinal délia Genga répondît avec tant de dignité , que les assistans , même ceux qui appartenoient à d'autres croyances , le complimentèrent , et rassurèrent de toute la gra* titude que leur inspiroit la complaisance qu^il avoit mise à les. admettre eux et leurs épouses dans une cérémonie dont ordinairement les dames sont exclues.
Pkis tar4 le cardinal délia Genga fut nommé évéqne de Sinigaglia. li gouverna ce diocèse pendant cinq ans ; cependant il ne put jamais y aller résider.
Le célèbre cardinal Litta rémplissoitles fonctions de vicaire de Sa Sainteté. Cette charge, eemme on sait , embrasse Fadministration spi-
ritaelle de Rome. En. 1820, le cardinal délia Genga succéda à cette Eminence. On n^appelle ordinairement à la charge de cardinal-vkaire ^ qu^un membre du Sacré Collège qui se distiiigiie par une piété exacte et éclairée. Il étoit d^ait» leurs archiprêtre de la fiasilique de Sainte* Marie-^Mcgeure ^ et préfet de la congrégation de la Résidence des é véques , et de rinunumté ecclésiastique. .
Quelquefois il s^élève des plaintes contre Fadministration du cardinal-vicaire : celui qui doit veiller particulièrement sur les mcears^ peut rencontrer malgré lui des occasions de déployer une sévérité nécessaire qui blesse' des vanités , qui contrarie des exigences en von^ lant empêcher des fautes ; mais le cardinal délia Genga voyoit tout par lui-même. Il n^em-^ ploy oit auprès de lui que des collaborateurs , hommes de choix , et que recommandoit une probité incorruptible. Dans Texercice de ce mi»nistère si utile en présence d^une grande ville , qui semble n^être pas habitée par elle seule , et qui se voit peuplée*, Fhiver, dans tous ses quartiers, d^une foule d^étrangers Acatholiques plus tourmentés du désir de s^amuser, que de celui de s'instruire, le cardinal manifestoit un esprit de surveillance doux, amical; il arrêtoit d^arvance les manquemens qu^alors il ne
Êilloit plus puBÛr : il conseiUoit, il avertissoit , il secouroit la misère , il affermissoit les vertus pericolantij et par saite des relations <piMl entretenoit feroément avec le corps diplmnatique^ on reconnoissoit riiomme du monde, IHiomme conciliant qui avoit vécu dans les cours : on le reconnoissoit à côté du di^gnitaire-noblera^it et ehrétiennemeùt attaché à sa tâciie : ainsi , après que les formes de la haute société et le soin d^éyiter des scandales et d^épargner des dégoûts à Fadministration de Consalvi tout occupée de plaire, d^attirer et de donner quelquefois à Rome une renommée peut-être plus mondaine qu'absolument régulière ; après que ces formes et ce soin avoient d'abord présidé aux affaires, c'étoit toujours le devoir qui parloit le dernier, et lorsque le Vicaire travailloit, selon son droit, seul avec Pie VII, les témoignages de satisfaction du Pontife se renouveloient avec une constance qui ne s'interrompoit jamais.
Le cardinal délia Genga assistoit à la fête du Roi, le jour de la saint Louis. Un Français, religieux trappiste, essaya de Fentretenir du but de son voyage à Rome; nous avons entendu le cardinal lui répondre d'une voix touchante :
n Mon père , vous venez ici solliciter de nous » de nouvelles rigueurs pour votre Ordre. Vous » ne conqoissez donc pas la mansuétude et la
)> sage raison de la Cour romaine? Jamais je ne M parlerai au Pape de telles sollicitations. »
Il s^agissoit de mortifications sans nécessité qu^oh vouloit imposera des religieuses trappistes en Angleterre.
La santé du carcknal ne pouvoit pas tout-àfeit se rétablir : il prenoit les bains d^Aquasanta près de Sai^t-J^aû-de-Latran ; il eut lieu à Ce sujet de connoitreradministratleur de ces bains^ dont il sera parlé dans cette histoire.
[taaaj du pape leojh xii. 23