‹ Histoire du Pape Urbain, IV, 1185-1264Chapitre 12 sur 32 · Schroeckh, Histoire de l Eglise, tome XXXIII · texte numérisé non relu

Schroeckh, Histoire de l Eglise, tome XXXIII

cette double origine, où se combinaient les éléments du clergé séculier avec ceux du clergé régulier, véritables conditions de stabilité et de progrès, la réunion des divers professeurs de Paris, en dehors des cloîtres où ils avaient d'abord enseigné séparément, constitua la célèbre corporation dont le nom indiqua le but: la propagation de toutes les connaissances divines et humaines».

C'est à l'ombre de la maison épiscopale, dans le cloître de Notre-Dame, que llorissait renseignement principal de la théologie. Après ce grand séminaire de la cathédrale, les plus importantes des écoles avaient été primitivement celles de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor, deux émules de science et de renommée; mais la gloire naissante de saint Dominique et de saint François leur avait donné de redoutables concurrents. Les Ordres mendiants croissaient de toutes parts en nombre et en popularité ; et parmi eux, brillaient au premier rang les Dominicains ou Frères-Prêcheurs. Ces derniers enseignaient la théologie dans l'église Saint-Jacques d'où ils avaient pris le nom de Jacobins. Bientôt, pour satisfaire à la foule envahissante des auditeurs, ils élevèrent une autre chaire de théologie; de là une profonde jalousie dans plusieurs séminaires de l'Université, et la querelle suscitée contre les nouveaux religieux^.

C'était vers l'année 1253. En l'absence de Louis IX, parti pour la croisade d'Egypte où les musulmans et les chrétiens admiraient à l'envi sa bravoure et sa piété, quelques écoliers turbulents avaient été pendus à Paris par les officiers du roi, au mépris de la juridiction ecclésiastique qui seule régissait l'Université. Celle-ci retrancha les Dominicains de soncorps, sous prétexte qu'ilsn'avaient pas fait cause commune avec elle dans les réclamations adresséesau régent du royaume. Une cause plus réelle de cette exclusion fut que des douze chaires de théologie que possédait l'Université, six étaient

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