‹ Histoire du Pape Urbain, IV, 1185-1264Chapitre 13 sur 32 · Buloeus, Historia Universitatis, tome III · texte numérisé non relu

Buloeus, Historia Universitatis, tome III

occupées déjà par les réguliers et trois par les chanoines de Notre-Dame. Deux ou trois seulement restaient aux membres du clergé séculier. Ces derniers crièrent contre ce qui semblait un empiétement sur leur domaine, et Guillaume de Saint- Amour, organe passionné de leurs plaintes, en fit sortir les plus graves questions touchant les rapports des deux clergés entre eux et avec le Saint-Siège. Il s'agissait aussi dans ce débat de l'autorisation donnée aux frères mendiants de prêcher et de confesser dans tous les diocèses. Ces frères, dès-lors, pouvant échapper à la juridiction des ordinaires, prélats ou simples curés, devenaient leurs émules en autorité et parfois leurs rivaux1.

Les Dominicains en appelèrent donc au pape Innocent IV; ils obtinrent de lui deux mesures préliminaires pour les réconcilier avec leurs adversaires. Ces mesures furent inutiles : l'animositô des deux partis était à son comble quand saint Louis arriva à Paris, vers la fin de 1254. Un concile provincial, composé principalement des prélats de la Champagne, Thomas deBeaumetz, archevêque de Reims; Henri Cornut, archevêque de Sens; Aleaume , évêque de Meaux; Nicolas de Brie, évêque de Troyes, intervint dans le débat pour y faire la part des séculiers et des Ordres mendiants. Il approuva les privilèges pontificaux de ces derniers; mais il crut devoir, pour le bien de la paix, nullement par le motif qu'ils eussent mérité aucun blâme , maintenir l'exclusion des Dominicains. Alexandre IV, renseigné par son conseiller intime Jacques Pantaléon qui, dans sa jeunesse, avait été initié aux péripéties de ces conflits universitaires, cassa en 1256 cette demi-mesure, résultat d'une sentence arbitrale. Il ordonna à l'archevêque de Paris de forcer, par la menace des censures les plus sévères, l'Université à reconnaître tous les droits des Ordres mendiants, et, avec la même énergie, blâma les religieux de les avoir si facilement abdiqués. Le même jour il enjoignit au roi

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