lofidoa bic coluber xiiaoia semioal ioter
luto civet; lis io atri%|ae viget.
Has balNiit primé varias Flortalia partes , Gibellioa prior , altéra Guelfa fait.
Ecdesiam Guelfa ootrit palris, imperiumque Geliellioorain pars scelerala oimis.
l'oUolal bine bamis» incendia, farla, rapios; Partibns ilalicis nnio nulla fuit.
TiBpDomco» Yall. in vUd Urtani IV, ap. Masson.
184 JACQUES PÂNTÂLÉON
voala pouvoir résider à Rome, près de ces catacombes où reposeni, pieusement entourées des emblèmes de leurs victoires, les reliques des généreux confesseurs de la foi ; il aurait puisé de la force dans la visite de ces vastes souterrains où les chrétiens des premiers siècles s'ensevelissaient vivants pour sauver leur dignité d'homme et la liberté de leur conscience, et d'où, après trois cents ans de persécution.. Dieu iit sortir une société nouvelle, jeune, vigoureuse, épurée par le creuset des souffrances; il aurait retrempé son courage dans la contemplation de ces lourdes chaînes, de ces chevalets, de ces pointes aïgues, de ces ongles de fer, de tous les instruments de supplice employés jadis à torturer les victimes; il se serait préparé au martyre par la vue de ce Colysée et de ces arènes où le peuple-roi battait des mains au spectacle de tendres enfants» de jeunes vierges , de faibles femmes , de frêles vieillards jetés aux bétes, dévorés par les lions et les tigres; puis, la croix plantée au front du Capitole comme le signe du triomphe du christianisme sur le paganisme; la statue de saint Pierre, prince des apôtres, dominant la colonne de Trajan; le temple élevé en Thonneur de Marie, mère du vrai Dieu, sur les ruines du palais de ce Dioclétien qui se vantait, dans une fastueuse inscription, d'avoir effacé pour jamais le nom chrétien de dessus la terre ; Jésus-Christ, vainqueur de la mort et réparateur de la vie, trônant au Panthéon comme un juge sur le tribunal d'où il foudroie les dieux du mensonge, de l'erreur et de la volupté; tous ces glorieux monuments auraient été les dignes témoins de son héroïsme à soutenir les combats du Seigneur.
Aussiétait-cererscefoyerdu catholicisme que se dirigeaient toutes ses affections et tous ses désirs. Mais Rome n'avait pas changé; elle se montrait ce qu'elle fut presque toujours, hostile à ses pontifes, rebelle à leur gouvernement, ingrate envers leurs bienfaits^. Urbain IV eut le sort des papes ses prédécesseurs que vénéra toute la terre et que ritalic persécuta ; il put entreprendre de grandes ciK)ses, s'occuper des intérêts de tout TuniverSy et il ne pjrvint pas à asseoir à Rome son autorité sur
des bases solides. Il ne crut pas devoir non plus demeurer à Vilerbe. Celte ville, où les Gibelins soufflaieni ic feu de la dis* corde, semblait, par sa constante fldëlilé à la cause pontificale et par ses Tories murailles flanquées de hautes tours, offrir un asile sûr aux Vicaires de Jësus-Christ. Hais Urbain IV préprévoyait l'époque où l'état des esprits ne lui permettrait pas d'y prolonger son séjour. Au moment de son départ, il reçut les députés des évéquesde la Norwëge; ils venaient implorer son appui contre les Tar tares.
Ces barbares, qui semblaient nés pour la désolation de l'humanité, inondaient tous les pays qui s'étendent depuis la mer Caspienne jusqu'à la mer Glaciale ; l'Europe entière allait subir leur joug; on ordonnait partout des prières et des jeûnes. Innocent IV avait même envoyé des Dominicains et des Franciscains auprès de ces peuples sauvages pour les engager à cesser leur incursions et à embrasser la religion civilisatrice de Jésus- Christ. Alexandre IV, alarmé des progrès continuels de ces hordes ravageuses que l'on regardait à cette époque comme )c fléau de Dieu, avait écrit auxempcreursetaux rois, aux prélats et aux abbés, de penser aux moyens de résister à ce torrent dévastateur qui menaçait toute la chrétienté. Comme les circonstances empêchaient la convocation d*un concile général, il avait enjoint i tous les métropolitains de tenir des synodes provinciaux pour décider quel contingent de troupes chaque nation fournirait contre lesBarbarcs, quelles contributions d'argent seraient prélevéessur le dergéet sur le peuple. Tous les royaumes catholiques devaientenvoyer àla cour papale des représentants pour s'entendre avec elle sur le concile que chacun se proposait d'assembler. C*était en 1261, dans Toctavedc la féto des bienheureux apdtres Pierre et Paul. Ia^s députés norwégiens arrivèrent pendant la vacance du Saint Siège, après la mort d'Alexandre IV. (iCs cardinaux, qui se trouvaient aux piiscs avec les plus graves préoccupations, ne purent donner satisfaction aux messagers qui s'en retournèrent sans réponse. Mais, dès que les prélats de la Norwôgc currnl appris l'exaltation d'Urbain IV, il lui adressèrent une députation. Le
nouveau pontife, entièrement absorbé par d'immenses sollicitudes et des soins multipliés, répondit à l'archevêque de Nidrosie, aux évéques de Bergen, d'Alloen, d'Orcaden et de Stavanger, qu'au moment de prendre en main les rênes du gouvernement de l'Eglise, il lui était impossible d'assister les chrétientés septentrionales contre les Tarlares; il les engagea fortement à s'adresser aux princes voisins pour en obtenir des secours eflicaces<.
De Yiterbe, Urbain lY transporta sa cour à Orvieto. Les ha* bitants l'accueillirent avec la joie la plus vive et les respects les plus enthousiastes. Sa présence ranima dans cette antique cité la vie et les travaux. A la pensée des guerres et des dissensions, sans cesse renaissantes au-delà des Alpes, on se représente naturellement l'état des républiques italiennes comme bien malheureux. Il ne parait pourtant pas qu'il en fût ainsi. Les chroniques locales nous parlent, au contraire, de la nécessité où toutes les villes se trouvaient, à cette époque, d'élargir l'enceinte de leurs murs; on y voyait augmenter la population et la richesse, signes indubitables de force et de prospérité. Dans les annales d'Orviéto, nous lisons qu'en reconnaissance des marques d*attachement dont l'entouraient les Orviétans, Urbain lY orna la ville de somptueux édifices publics et l'enrichit d'un grand nombre de privilèges. Il fit construire de magnifiques appartements pontificaux dans un lieu appelé Soliano, près de Sainte-Marie Prisca. L'historien Ciacconi en visita les ruines au commencement du dix-septième siècle. On attribue encore à Urbain lY la restauration et l'embellissement de l'église cathédrale, du monastère de Saint-Augustin, ainsi que des chapelles abbatiales des dominicains et des franciscains.
Non content de tous ces témoignages d'estime et d'affection
donnés aux habitants d*Orviéto, le pape voulut mettre un
I . EtcepH per bec tempora Urbinas Nidrosienrâ archiepûcopi , alioraiiHiue aepleoiriolMiium prasutum oratores, qui ipsom de subsidio in Norvegià cootra Tartaroa comparaodo ccrtiorem feccniot... Annales eccUêiasiiei^ Ratn&ld^ t. XIV. aon. Itet.
terme à une sédition qui, depuis plusieurs années, les armait les uns contre les autres. Son influence étouffa cette guerre civile allumée par les deux principales familles de la noblesse orviétane, celle des Honaldcschi et celle des Philippe. Semblables aux descendants d'Atrée, une haine profonde allait les diviser sans retour. Déjà ils s'étaient livrés à de cruelles vengeances , à de sanglantes représailles ; car, en ces temps où le désordre, protégé par la féodalité, se produisait impunément, tête haute, à côté d'une autorité toujours contestée, souvent faible et chancelante, il arrivait fréquemment de chercher dans le tranchant de l'épée ce qui manquait à la justice d'une cause. Aussi toutes les victimes de cette loi brutale du plus fort en appelaient- elles au tribunal du Souverain Pontife, dont la juridiction, sanctionnée par les siècles, était acceptée de tous. C'est ce que firent les bourgeois qui avaient à souffrir de la querelle des patriciens ; ils soumirent les griefs des deux factions au pape qui rétablit la paix.
Urbain IV s'occupa ensuite de faire rentrer l'Église romaine dans la possession intégrale des biens qui lui avaient été enlevés par des aventuriers ou qui avaient été distraits de son terriioire par des usurpateurs. L'aristocratie dominait dans Rome. C'était l'ennemie la plus dangereuse de la papauté; elle seule entretenait l'agitation du petit peuple , afin de s'en faire un intrument contre le gouvernement pontifical. Elle se cantonnait dans les places de guerre et se retranchait derrière les fortes positions, afin de pouvoir mieux attaquer l'autorité centrale. Urbain lY voyait avec peine les domaines de l'Eglise en des mains étrangères. Dépositaire et conservateur de ce patrimoine sacré , il joignit les exhortations les plus pressantes aux formalités rigoureuses de la justice pour recouvrer les portions qui en avaient été détachées; il employa contre les récalcitrants, non-seulement les foudres ecclésiastiques,mais encore les armes matérielles.
Renaud- le- Rouge, neveu d'Alexandre IV , avait acheté de quelques nobles les riches terres de Trévi, de Caslel- Fiorenlino et de la Vallée de saint Pierre. Urbain IV rentra
18i JACQUES PÂNTALÉON
eo possession de tous ces beaux domaines. Il arracha aaii maîDs de la noblesse oupide el rapace le château-fort de Chtesa. Il recouvra, sar Pierre de Vico, la Marche avec ses superbes dépendances. Il reprit, sur Jacques de Bicque, VWe de la Marche et Tlle Bizontine où il bâtit une forteresse qui, de son nom, fut appelée f^rian^a. Pandulphe de Viterbe tenait en gage le château de Valentano; le pape le lui racheta moyennant deux mille livres; il fit restituer à l'église les terres des Arnulphes dont les habitants de Spolète se croyaient légitimes propriétaires parce que, disaient-ils, le légal Renier les leur avait données, il rentra aussi dans les duchés de Spolète et de Castro, dans les villes de Bléda, de Montefiascone , d'Aquapendente, dans les places de Peroculi, d*Arsi, de Miranda , de Semproniano.
Après avoir rétabli presqu'enlièrement dans son intégrité le territoire pontifical, Urbain IV combla le déficit du trésor public, ruiné par des guerres dispendieuses. Il remboursa cinquante mille marcs slcrlings aux banquiers de Sienne et de Florence, et obtint une réduction considérable sur les anciens a rrérages. Il proposa aux commerçants de Home de s'acquitter totalement à leur égard; ils ne voulurent pas tomber d'accord sur le mode de paiement, et leurs créances ae furent point soldées. Il retira des cngagistes plusieurs seigneuries ecclésiastiques: il en annula les donations que des intrigants avalent extorquées à ses prédécesseurs K
Urbain IV se défia des témoignages de vénération que lut donnait l'Italie centrale. Il craignit des revers, des embû* ches, quelqu'émeute populaire, et prit toutes les mesures que
i» MofMidenses ei Philippenscs urbis procercs, bello civili intcr bc labotaoles, in concordiam redcgil, cl dùia viiit, cam conservavit. Urbeiu hibi, el Ecctesix romaDd: fi IrtidSiiuani, variis, publicis, prtvati!K]uc aidificiis, niullis tleni privilpgiis ciorna\îl. A rundanictitb nobilcs sdcH pontilicias tn locoqui dkebalar Solianum, propè saiiciam Mariam Priscam, quaruui adhiic piriclea sapcrsuot , «dificavit. Kilruiit ccrlcsiani, cl nionas>lcriuni boucli Augu:>liiM, eccle^ias vcro prasdicalorum et minorum rrs*i(uit, (tampliticiiut
Viltç cl tes peslœ ponlificum txmaHorum cl cardinalium, aueloribus Alphonso Cucconio, Francisco Cabrera, Ami»rka YicTORetLO|«loai. !« pag. 715.
la prudence pouvait lai suggérer. H releva les fortifications de h Marche d'Aocône et de la Capilanate où les lieutenanls de l'implacable Hanfred avaient causé beaucoup de dégâts ; il arma les postes les plus utiles à la sûreté publique, tels que la citadelle de Trebia, les lies du lac de Bolséna^ les tours de Hontcflascone , et plusieurs autres châteaux, pour imprimer la crainte à des populations turbulentes et les obliger à respecter la puissance du Saint-Siège.
Par un contraste étrange, cette puissance, qui dominait alors toutes les autres, était elle-même menacée dans son existence; on la voyait presque toujours opprimée ou exilée, lanlôl par% les prétentions suzeraines des empereurs d'Allemagne, qui s'obstinaient à considérer Rome comme un fiel de TEmpire, tantôt par les passions démocratiques qui travaillaient toutes les villes de l'Italie aTm de rétablir le vieux système républicain, et de rendre à Rome son ancienne suprématie en Occident. Ces périls inspiraient de l'inquiétude à Urbain IV. Des pensées sombres venaient l'importuner; il se disait par moments: c Serait-il possible que la métropole du catholicisme devint la capitale des persécuteurs de la papauté? Leur sera- t-il donné de prévaloir contre son immortelle destinée, de la métamorphoser à leur image, et d'y effacer l'empreinte auguste de tous les âges chrétiens? Les dotations sacrées, dont plusieurs remontent au siècle de Constantin , seront-elles la proie des Césars allemands ou des petits tyran.> d'Italie? Cette multitude d'édiflces religieux, cette population de temples, qui caractérisentsi bien la ville pontificale, passera-t-cllc sous la juridiction d'impies couronnés? Les papes fugitifs de leur capitale ou prisonniers des empereurs auront-ils toujours la douleur de voir TËglise romaine vouée à la proscription ou à la servitude? >
Sous l'impulsion de ces craintes qui l'obsédaient» Urbain IV s*était efforcé de reconquérir les anciens patrimoines de saint Pierre. Il savait que rétablissement définitif et providentiel de la puissance territoriale des papes n'était pas la suite d'une de ces révolutions subites et passagères qui étonnent
490 JACQUES PÂNTÂLÊON
le monde par la rapidité de leur marche. La leclore aUentive de Thisloire lui montrait, au contraire, les Etats de TEgUse insensiblement formés par un concours de circonstances toutà-fait indépendantes delà volonté des pontifes romains, circonstances dont ils eussent vainement essayé d'arrêter Tinfluence, et dont ils n'eussent même pu empêcher le résultat naturel, sans compromettre également les intérêts de la religion et de lasociëté^
Avant Constantin, dans les premiers siècles, l'Eglise romaine n'avait ni souveraineté, ni seigneuries temporelles, mais Seulement des biens très-considérables qu'elle tenait de la pieuse générosité des chrétiens, et qui servaient à l'exercice de sa souveraineté spirituelle. Toutefois, les papes avaient, comme tous les évêques de l'Empire, reçu de la législation impériale une part importante dans l'administration civile. Ils devaient naturellement, par leur position même,, acquérir sous ce rapport, la plus grande influence. Celte influence fut augmentée par la triste situation où se trouva l'empire d'Occident et surtout par la translation du siège de Constantin des bords du Tibre aux rives du Bosphore. Elle s'agrandit encore par les donations territoriales des princes et des nations catholiques. Les papes furent par là mis en état de venir au secours des nécessiteux, non-seulement à Rome, mais dans toutes les parties de la chrétienté; de sorte que si jamais le principe que les biens de l'Eglise sont le patrimoine des pauvres, eut réellement son application, ce fut surtout au temps de saint Grégoire-le -Grand , un des plus parfaits modèles de la charité pontificale.
De plus, les biens de l'Église donnèrent aux papes les moyens de défendre le pays contre l'ennemi du dehors. On sait quel fut, après les invasions, le lamentable état des cités italiennes. Désolées pendant deux cents ans par les Huns, par les Goths, par les Vandales, par les Lombards, abandonnées
t. TaiODOBicusVALL:coLORM, tnHIil Lrbani n\ apud Pap. Masson, foiio nf'fU.
ÉLU PAPE. «9i
de leurs anciens maîtres et réduites an désespoir, elles Coarnèreot d'an commun accord leurs regards vers l'autorité tntélaire du Saint-Siège qui, seule « pouvait leur servir d'asile et de rempart. L'intervention publique des papes n'était pas moins nécessaire aux exarques eux-mêmes qui, de Ra venue , bon gré mal gré, étaient obligés de l'implorer sans cesse, tantôt pour subvenir aux frais de l'administration dans les provinces, tantôt pour apaiser les populations irritées, tantôt pour négocier avec les Lombards.
En même temps, les papes entrevirent clairement que leur puissance ne suffirait pas à la longue pour assurer tout à' la fois le salut de l'Italie, l'indépendance de l'Occident, la conservation de la catholicité toute entière. Ils comprirent le concx)urs énergique et dévoué que devait leur apporter la plus vaillante épée qui fut alors en Europe. Grégoire III s'adressa dans ce sens à Charles Martel, qui comprimait au Nord, avec un rare courage, les païens de l'Allemagne, et qui présentait, au Midi, une barrière formidable contre les musulmans. La mort du pape suspendit les négociations entamées avec la France. Zacharie, successeur de Grégoire, obtint de Liutprand, roi des Lombards, la restitution des villes de l'Exarcat, rétablit l'autorité de l'exarque, et par conséquent celle de l'empereur grec, dont l'exarque n'était que le représentant. Toutefois c'était à lui seul, non à l'empereur de Byzance, que le barbare avait fait la restitution; tant il était avéré que les Vicaires du Christ, par la force des choses, par la reconnaissance des peuples, étaient véritablement souverains en Italie, avant même que les Franks eussent fondé sur des titres positifs la rojaulé temporelle de la papauté.
Finalement, la domination lombarde semblait, sous le roi Astolphe, devoir s'étendre sur toute la Péninsule. Les empereursGrecs étaient dans l'impuissance de fournir aucunsecours, lorsque Etienne 11 se rendit personnellement en France et appela Pépin à la délivrance de Rome assiégée par les Lombards. Pépin détU les envahisseurs dans deux campagnes et publia le
192 JACQUES PANTALÉpN
fameux document par lequel il s'engageait solennellement à faire rendre au pape les villes et territoires usurpés depuis Liutprand. En vain l'empereur de Constantinople envoya-t-ii à Pépin des ambassadeurs afin de réclamer pour son propre compte les provinces conquises. Pépin répondit que ce n'était pas pour les Grecs, mais pour saint Pierre, que les Franks avaient versé leur sang. Ghariemagne acheva magnifiquement l'œuvre commencée par son père; il retendit encore par ses victoires sur les Lombards, et la consolida par rentière destruction de leur monarchie en 773. C'est ainsi que la double institution du pouvoir temporel et du do» maine territorial des papes, si providentiellement préparée de loin, entra dans le droit public des nations et prit, parmi les nouvelles monarchies occidentales substituées à l'unité politique du monJe ancien, ce rang élevé qui, sans porter ombrage aux autres souverainetés, répondait suffisamment aux desseins de Dieu sur l'Eglise et sur l'humanité.
UnporUBee det eardinm 4aDt le f ouvenMmeDt dt l'ÉfliM. — Urbain IV faH deoi pronoiioM de cardlnani, l'aiie au mol» de décembre itti, Tautre an noif de mai 4903. -> Notice biographique sur chacun dea nouYeanx membre* dn Sacré-Colléce.— Urbain IV iraYallle acUvement à réformer plnslenn«bufl , à terminer diten conllita et à ponnroir aux aiéget épiKopaux tacanlt.
Le cardinalat, depuis le développement qu'a pris la souveraine autorité des successeurs de saint Pierre, n'est plus une institution propre à TÉglise de Rome considérée comme diocèse particulier, ainsi qu'il l'était dans les premiers siècles du christianisme. Il n'est plus une institution italienne, comme il le fut pour diverses raisons au commencement du Hoyen«Age, alors que, limité au nombre de douze, quinze, ou vingt-quatre mei(ibres,le Sacré-Collége était à peu près exclusivement composé d'Italiens , ou si les cardinaux appartenaient à des nations étrangères, ils quittaient leurs pays pour former habituellement la cour pontificale. Encore bien moins n'est- il pas une institution dépendante de tel ou tel Ëlat, comme il arriva pendant le séjour des papes à Avignon, où presque tous les cardinaux étaient français. Avec les relations oflBcielles qui s'établirent enire le Saint-Siège et les divers Étals de la chrétienté avec les saintes et salutaires influences que répandit en tous lieux l'action des pontifes romains, avec ces liens si étroits qui unissent à la chaire du Prince des ap()tres tout le corps épiscopal et les difTérenis degrés de la hiérarchie en y entretenant la vie par d'incessantes communications de cqnseils et de lumières, le cardinalat est ce qu'il doit élre : une institution catholique, universelle comme l'Église, à laquelle il est identifié et dont il constitue le sénat permanent.
Et certes, si le Vicaire de Jésus-Christ a la direction suprême dans tout le domaine de la chrétienté, si les cardinaux sont ses confidents, ses coopérateurs dans le gouvernement général de l'Église, on comprend combien il est naturel et logique devoir
194 URBAIN \y
agréger aa Sacré-Collége des hommes de toutes les langues et de tous les climats, dès qu'ils possèdent, dans un degré supérieur, la science du dogme et de la discipline, la sainteté de la vie, la pratique des affaires, les qualités convenables ou même nécessaires à un prince de l'Église. Si, d'autre part, il est juste et rationnel que quelques uns des cardinaux étrangers résident à Rome» auprès du Saint-Père, pour faire servir à l'administration de l'Église universelle la connaissance spéciale qu'ils ont des personnes et des choses de leurs pays, il importe aussi que d'autres, en plus grand nombre, occupent des évéchés et des sièges métropolitains dans leurs contrées natales; soit pour honorer la nation qui leur a donné le jour; soit parce que la dignité dont ils sont revêtus, imprimant plus de force à l'influence sacerdotale, ils peuvent agir avec plus de succès pour raccroissement et le soutien de la Religion ; soit enfln parce que l'harmonie des symboles et l'ensemble des signes exté" rieurs font d'autant mieux ressortir l'unité admirable de l'Ê* glise au milieu de la diversité des langues et des nations.
Urbain iy,avec sa haute intelligence, avait compris combien il était avantageux de puiser les éléments constitutifs du Sacré- Collége dans tousies principaux États de l'Europe catholique ; et, pour contribuer à la réalisation graduelle de ce plan, il s'occupa d'augmenter le nombre des cardinaux. On distinguait, alors, comme aujourd'hui, les cardinaux-évêques, les cardinaux-prêtres et les cardinaux-diacres. L'origine de cette classiflcation remonte aux premiers temps du christianisme.
Rome était primitivement divisée, par rapport aux soins des pauvres, en sept régions : à chacune d'elles était préposé un diacre rëgionnalre ou archidiacre élu par le souverain pontiro avec le consentement du clergé et du peuple. Mais, dans le deuxième siècle, on établit autant de régions de pauvres qu'il y avait de quartiers au point de vue civil ; or, il y en avait, dès l'empereur Auguste, quatorze ; on doubla donc le nombre des archidiacres; on en institua encore quatre nommés palatins, avec des bénéûces spéciaux, pour le service du pape
à la basilique de SainMean-de-Latran. On sait que le titre de cardinal, équivalant dans l'ancienne langae à celui de principal, fat attribaë à chacun d'eux.
De plus, chaque église paroissiale de Rome, et il y en avait déjà vingt-cinq vers le commencement du sixième siècle, possédait, en outre d'autres clercs d'un ordre plus ou moins élevé, un curé titulaire. On donnait à ces églises principales le nom de cardinalistes, pour les distinguer des autres églises secondaires. Elles formaient, en quelque sorte, avec les églises sta.tionales, la classe de la noblesse dans la hiérarchie des édifices religieux de la ville éternelle. De là vient que le prêtre, préposé à ces églises pourvues d'un titre fixe, s'appelait prétrecardinal.
Enfin, depuis le neuvième siècle, à certains grands jours de fête, les sept évéques suffragants des environs de Rome, c'està-dire les évéques d'Ostie, deRufina, de Porto, d'AIbano , de Tivoli ou Tusculum, de Sabina, de Preneste ou Palestrina furent appelés pour célébrer les ofiSces divins en l'absence ou même en présence du pape dans la cathédrale de Saint-Jeande-Latran, et dans les quatre églises patriarcales de Saint- Pierre, de Saint-Paul, de Sainte-Marie-Majeure et de Saint- Laurent-hors-les-Murs. Ces évéques suburbicaires , ainsi nommés parce que les villes dont ils étaient les premiers pasteurs se trouvaient aux portes de Rome, reçurent aussi le titre de cardinaux.
La dignité des cardinaux, la plus élevée après la dignité papale, s'accrut avec la puissance des souverains pontifes, surtout à partir du moment où l'élection des successeurs de saint Pierre resta uniquement entre leurs mains. Les droits que confère leur rang ecclésiastique sont ou des droits administratifs, ou des privilèges religieux, ou des prérogatives d'honneur.
Les cardinaux exercent leurs droits administratif, ou in
pleno^ dans les consistoires, sous la présidenee personnelle du
pape, ou peiidant la vacance du Saini*Siége, ou dans des con-
196 URBAIN lY
grégations, on comme présidents des coars de justice, on dans les autres branches de la curie romaine.
Les pri?ilëges ecclésiastiques reconnus de droit commun aux cardinaux consistent en ce qu'ils ont voix consultative et dëlibërative dans les conciles généraux; il exercent la juridiction quasi -épiscopale sur les églises dont ils sont titulaires, même quand ils ne sont que cardinaux-prêtres ou diacres. Ils sont revêtus de tous les insignes ëpiscopaux, de la mitre, de la crosse; ils dispensent dans tous les cas réservés aux évêques, distribuent la bénédiction solennelle, tandis que les évêques ne peuvent bénir en leur présence qu'avec leur permission ; ils ofTicient pontificalement ; les cardinaux qui sont prêtres peuvent donner la tonsure et les ordres mineurs aux candidats de leurs églises respectives; enfln toutes les constitutions, réserves et censures papales, quelque générales qu'elles soient, ne les concernent qu'autant que les résolutions seraient en leur faveur, ou qu'elles auraient été rendues avec le concours de tout le Sacré-CoIIégc, ou du moins d'après te conseil de la majorité des cardinaux, ou lorsqu'elles désignent expressément les préljfts investis de la dignité cardinaliste.
Comme prérogatives d'honneur, outre leur rang qui est le premier après celui du pape, et leur inviolabilité tellement garantie qu'une voie de fait à leur égard serait considérée comme un crime de lèse-majesté, les cardinaux ont le titre d'Eminence que leur attribua Urbain YIII pour le^ mettre de niveau avec les princes ecclésiastiquesdu Saint-Empire romain; ils portent le manteau de pourpre que leur accorda Paul 11, et le chapeau rouge qu'Innocent IV donna aux cardinaux légats.
Le nombre des cardinaux, définitivement flxé à soixantedix par Sixte V, a varié dans la suite des siècles : celui des cardinaux-évêques fut réduit à six, par la réunion des évêchés de Porto et de Rufina ; celui des cardinaux-prêtres fut porté à quarante cinq sous Léon X, à cinquante sous Pie Y; celui des cardinaux-diacres ne s'éleva qu'au chiffre de quatorze, en y comprenant les Palatins.
Au moment où Urbain IV prit possession du trône apostoli-
que, le collège des cardinaax ne se composait que de neuf membres. Le nouveau pape fil en quelques mois deux promotions : la première au mois de décembre 1261, la seconde au mois de mai 1262. Il partagea ses faveurs entre la France et l'Italie. Ces deux nations chrétiennes et sympathiques semblent nées pour se prêter mutuellement appui dans l'accomplissement de leur mission providentielle. L'une, foyer toujours ardent de mouvement et d'initiative» a besoin d'être retenue et guidée dans sa fougue et son activité par la modération prudente et la sage lenteur de Rome; l'antre, centre principal où de toutes les extrémités de la terre viennent aboutir tous les rayons de la catholicité, a besoin du prosèlyti?me français pour amener les peuples dans sa sphère d'attraction; elle a. besoin de son intelligence prompte et hardie comme aussi de sa puissante et valeureuse épée pour la défendre contre ses ennemis spirituels et temporels. Urbain IV saisit parfaitement ces rapports harmoniques qui unissent comme deux sœurs ces nobles races occidentales. Son premier choix tomba sur quatre italiens et trois français; le second, sur quatre français et trois italiens^
La création des cardinaux appartientexclusivement au pape; elle se fait avec d'anciennes cérémonies traditionnelles. Le Souverain Pontife proclame en consistoire secret les noms de ceux qu'il veut élever au cardinalat, ou déclare qu'il en réserve un ou plusieurs in petio^ c'est-à-dire que leur nomination, arrêtée dans son esprit, ne sera manifestée que plus lard. Il interroge, pour la forme, les membres du Sacré- Collège, par ces paroles : quid vobis videtur ? Le décret de nomination est immédiatement publié hors du consistoire.
I. Sanè, cum klem dominos Urtnoos eMDdem romanaai Ecclteiam vidcret salis in numéro ciirdimlium dimiouium, volens defecium hujus modi rcparare, ni Urbsmis oomine L'rbaoilatem in vcrbo el opère demoosirarel, duas ordina- Uones, aoam in decemtiri, aliam in maii mensibos, fecil; io qnibus, per cardinales quatnordecim ordinaïkmes, osleodil bujus modi numéro, mjslioè qnod per eosdero cardioalfs ei prxceptorum Irgis et quatuor CYangeliorum doctrinâ fidelimn cordilNis deberel el inseri ei inserta fideliler custodtri... Trkodoiucos Yaixiooloris, in vUd Vrbani, apod Papir. Massoh, folio 221.
19a URBAIN IV
Si le nouveau cardinal habite Rome, il se rend sans pompe au palais apostolique pour reœvoir la barette et la moseitedes mains du pape, à qui il est présenté par un des anciens cardinaux; puis il retourne à sa demeure en grand apparat. Jusqu'à ce qu'il ait reçu les insignes de sa dignité, il doit ne s'occuper d'aucune affaire, éviter même de recevoir la visite des jcardinaux, à moins que ce ne soit par un induit spécial du Saint- Père.
Le consistoire public est ordinairement indiqué pour le jeudi, le samedi et le mardi d'après la première solennité. Leurs Eminences y assistent en cape violette; il rendent leurs hommages ordinaires au pape. Les nouveaux élus s'approchent à leur tour, et prennent rang, tète nue, après le dernier cardinal-prélre. Le Saint-Père leur rappelle l'excellence et les graves obligations de leur nouvelle dignité; ensuite, il les admet au baiser du pied, de la main et de la bouche. Quand ils ont aussi donné le baiser de paix aux autres cardinaux, ils viennent s'agenouiller, chacun à leur tour, devant le pape, qui leur donne le chapeau rouge, garni de glands pendants : f à c la gloire du Dieu tout puissant et à l'honneur du Saintc Siège apostolique, dit-il, recevez cet insigne du cardinalat ; c il marque qu'au péril de votre vie, et fallut-il verser votre c sang, vous devez, pour l'exaltation de la sainte foi, pour la c paix du peuple chrétien, pour l'accroissement et la stabilité c de l'Église, vous montrer intrépide au nom du Père, et du c Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il. >
Les nouveaux membres du Sacré-Collège prêtent ensuite serment de fidélité.
Dans un prochain consistoire, le pape leur ferme la bouche par ces paroles : t Nous vous fermons la bouche pour vous c dter le pouvoir de donner votre avis dans les consistoires, c les congrégations ou les autres fonctions des cardinaux. » Ils sortent alors, et, soit dans la même séance consisteriale, soit dans une autre, le pape, de l'avis même du Sacré- Collège, leur ouvre la bouche : • nous vous ouvrons la Ikhi-
ET SON TBMPS. in
€ che, leur (lU*il, pour vous donner le pouvoir d'émettre votre c avis dans les consistoires, les congrégations et les autres « fonctions cardinalices. 1 Enfln, agenouillés devant sa sainteté, ils reçoivent l'anneau, saphir enchâssé d'or, et le titre presbytéral ou la diaconie qui leur est assignée. < A la gloire du « Dieu tout-puissant , dit le Saint-Pére, des saints apôtres c Pierre et Paul, et de saint N., nous vous confions l'église c de S. N. avec son clergé, son peuple et ses chapelles, dans c la même forme qu'elle a été confiée aux cardinaux qui • l'ont possédée. »
Si les cardinaux ne sont pas à Rome, la lettre d'avis de la secrélairerie d'Êlat est envoyée à chacun par un garde-noble du Saint-Père, qui présente en même temps la calotte ronge. Le nouveau cardinal reçoit à part, du secrétaire de la congregatioh des cérémonies, une courte instruction qui lui apprend quels sont les habits dont il peut faire usage, et l'avertit d'in-* former de sa promotion les souverains.
On lui transmet la barette par le camérier d'honneur de sa Sainteté ; en cette circonstance, l'envoyé prend le litre d'ablégat. Si l'ablégat est à Rome, il fait visite à tout le Sacré-Collége et reçoit ses instructions de la sécretairerie de la congrégation des cérémonies. S'il n'est pas à Rome, les instructions lui sont envoyées à destination.
Le cardinal secrétaire expédie le bref, appelé missivo^ qui se lit publiquement à la présentation de la barette au nouveau cardinal. La sécretairerie des brefs ad principes se charge de celui qu'on adresse au souverain dans les États duquel demeure le nouveau dignitaire. L'ablégat ne doit le. communiquer que selon les règles particulières i chaque cour.
Si le cardinal habite dans la résidence du souverain, l'ablégat prie ce dernier, au nom du Saint-Père, de vouloir bien honorer la cérémonie en donnant lui-même la barette. Dans le cas contraire, l'ablégat, après avoir présenté le bref au souverain et fait les visites convenables, continue son voyage pour exécuter sa commission. 11 doit, dans le voisinage
de la ville ou le cardinal a son domicile» iroaver une voilure poar le conduire au logement qu'on lui a préparé. La cérémonie commence par une messe solennelle. Un cardinal, s'il y en a un dans la même ville, ou un évéque, ou enfin l'ablégal lui-même, remeiau nouveau cardinal le hret missive, et, lecture faite de la missive, il lui présente, dans un bassin, la barette que le cardinal se place lui-même sur la tête.
Toutes ces formalités, prescrites par lo cérémonial romain,, et qui, d'ailleurs, ne touchent point à la substance du cardinalat, n'étaient pas encore aussi nettement déterminées au temps d'Urbain IV. La splendeur du cardmalat n'en était pas moins portée très- haut, à celte époque, par les constitutions des souverains pontifes et par la déférence des princes temporels. 11 suffira d'esquisser le rêle aussi brillant que solide rempli dans les événements politiques et dans les affaires religieuses de leur siècle par les cardinaux de la création d'Urbain IV, pour donner une idée de l'éminente position sociale que leur conférait leur dignité, la plus élevée dans rËglise après celle du Vicaire de Jésus-Christ.
(îUT DE Foulques, ou Guido Fulcodi, ou Gui-le-Qros, cardinal-évèque de Sabine , fut un des plus célèbres de la première pro> motion. H naquit à Saint-Gilles-sur-le-Rh6ne, en Languedoc. D*abord sénéchal de Beaucaire, il se comporta en brave chevalier. Son père, chancelier de Raymond VII, comte de Toulouse, avait fini ses jours au fond d'une chartreuse ; sa mère, que le ciel favorisait de grâces particulières, lui fit quitter la carrière des armes pour Tétude des lois. Il devint avocat, et le fameux jurisconsulte Durand le proclama le flambeau du droit. 11 eût plusieurs enfants; mais, à la mort de sa vertueuse épouse, il embrassa Tétat ecclésiastique et fut successivement chanoine, archidiacre du Puy-en-\elaye, évéque de cette ville, archevêque de Narbonne, cardinal de Sainte-Sabine, légat en Angleterre, et pape sous le nom de Clément IV. La protection et Tamitié de Louis IX, qu'U avait servi avec beaucoup d'inteUigence et de zèle dans diverses circonstances importantes, lui valurent de passer rapidement de Tépée et de la robe à la pourpre et à la tiare. Les splendeurs du trône pontifical ne changèrent point ses mœurs austères et désin-
ET SON TEMPS. Mi
téressées : il ne portait jam^iis de toile, ne mangeait jamais de viande, dormait sur la dure. Il exigea les mêmes pratiques sévères de ses filles et de ses parents.
Ennemi de toute espèce de népotisme, il écrivit, i>eu après son élection, à son neveu Pierre-le-Gros : « Bien des gens se réjouissent « de mon élévation ; quant à moi, je n'y trouve qu'un moUf de c crainte et de larmes , car je sens toute Ténormité d*une charge « pareille. Cette élévation ne doit être pour toi qu'un motif de plus t pour t'humilier. Je défends absolument à toi, à ton frère, à tous « nos parents, de me visiter sans mon ordre formel ; vous n'éprou> « venez que de la honte et de la déception, si vous vouliez enfreinc dre ma défense. Ne cherchez pas à marier plus avantageusement c votre sœur par les espérances qu'on fondrait sur moi ; car je ne c ratifierais pas un tel mariage et je ne pourrais rien faire en sa fait veur. Si elle épouse un simple chevalier, je lui donnerai trois cents c livres tournois. Si vous aspirez plus haut, n'attendez pas une obol^ c de moi. Mon élévation ne doit enorgueillir aucun des nôtres. Que t Mabille et Cécile prennent les maris qu'elles auraient obtenus si t j'étais resté dans la simple cléricature. Dis à Gélie qu'elle ne se c charge de recommandations pour personne : elles seraient inutic les aux solliciteurs et nuisibles à elle-même. Quand on lui offrira c des présents à ce sujet, qu'elle les refuse, si elle veut avoir mes c bonnes grâces. Salue ta mère et tes frères. Je ne t'écris pas avec t la bulle, mais avec le sceau du pêcheur... i> Il n'accorda, en effet, à ses filles , que ce qu'il leur aurait donné, s'il était resté dans sa condition première; aussi les aspirants se retirèrent, et les jeunes filles prirent le voile dans l'abbaye de Saint-Sauveur de Nismes.
Un de ses neveux cumulait trois bénéfices; iU'obligea à en résigner deux; il disait à ceux qui intercédaient en faveur de son neveu dé(>ossédé : c Ce n'est pas à la chaire et au sang, mais à Dieu qu'il faut
< que j'obéisse. Un bénéfice suffit à un ecclésiastique. S'il no veut c abandonner le superflu, il perdra tout. » Guido Fulcodi ne s'était résigné qu'avec peine à accepter le souverain pontificat, et il avait subi dès le principe l'amertume de sa position ; car il n'avait pu arriver à Pérouse que déguisé en mendiant. Il affectionnait Louis IX comme le modèle accompli des rois catholiques; aussi, lui écrivait-il dès son exaltation : t II me fut doux autrefois de
< vous appeler mon maître ; rien n'était plus vrai. Depuis mon éléva-
iM UR3AIN IV
c tion, je vous nomme mon fils ; rien n'est plus tendre ; et la doueeur « de ce nom exprime seule tout mon attachement pour vous. » Ces sentiments affectueux n'empêchèrent pas le pontife de résister plus d'une fois aux demandes de son royal ami. « Par égard pour vous « et pour moi, mon fils, ditril un jour, ne regardez pas comme < honteux quelque refus, vous qui avez lu qu'un apôtre même en » essuya trois du Sauveur. » En souvenir de la France et des six années passées au manoir de Vincennes, dans V intimité do saint Louis, Clément IV chargea le champ d'or de ses armoiries de six fleurs de lys d'azur.
Raoul de Grosparmi, cardinal cvèque d'Albano, vit le jour au village de Périers, entre Caen et la Délivrance. Il eut pour père Jean, seigneur de Chevrières, au diocèse de Màcon, et pour mère, Marie, fille du comte de Baugiuc. Sa famille se fondit, à la fin du seizième siècle, dans la maison de Pelle vé. Il entra dans l'état ecclésiastique, oii rappelaient sa science et sa piété. Il devint successivement chanoine de Bayeux , trésorier de Saint-Frambaud de Senlis, puis doyen de Saint-Martin de Tours. En 1253, Louis IX, qui connaissait son rare mérite, le nomma chancelier et garde des sceaux de France. En 1259, l'éminent fonctionnaire promu à l'évèché d'Evreux, fut sacré le 19 Octobre, en présence du roi, de Simon de Montfort, du comte de Leicester, du comte d'Eu, de plusieurs archevêques, évèques et autres personnages de distinction. L'année suivante, il fit un voyage à Rome, où ses qualités furent appréciées d'Alexandre IV qui traça de lui un grand éloge dans une lettre qu'il écrivait à saint Louis. Quatre ans après sa promotion au cardinalat, il couronnait, le jour de TEpiphanie, en 1265, roi et reine de Sicile, Charles, comte de Provence et d'Anjou, et Béatrix, sa femme, dans la basilique de Constantin à Rome. Après ce couronnement, il accompagnait le roi Charles qui avait pris les armes pour combattre Manfred, usurpateur de la couronne sicilienne. En 1266, au mois de septembre, il consacrait, en présence du pape, l'église de Sainte-Claire d'Assise et souscrivait à la bulle pontificale qui confirmait les anciens privilèges de l'abbaye de Saint-Cybar d'Angoulême.
Peu après, il fiit envoyé, en qualité de légat, par Clément IV, successeur d'Urbain, pour travailler à la rétbrmation du clergé, et pour accorder des indulgences aux croisés qui devaient accompagner
ET SON TEHPS. 203
Louis IX. Du hftut d'Hne estrade érigée sur une place de Vile, où étaient accourus les gentilshommes de province, il prononça un discours sur les malheurs de la Terre sainte. La description qu'il fit des tortures endurées par nos frères d'Orient émut vivement la multitude; et des gens du peuple demandaient aussi à se joindre aux chevaliers qui déjà avaient pris la croix. En 1270, le 14 mars, Louis et ses trois fils ; son neveu , Rohert d'Artois ; Amaury de Rochefoucauld, grand commandeur du Temple, se rendirent avec une foule de barons au monastère de Saint-Denis, pour y prendre la glorieuse oriflamme. Raoul de Grosparmi, cardinal-légat, remit au royal pèlerin le bourdon, Técharpe et l'escarcelle ; puis il le suivit dans son expédition d'outre-mer, en qualité de chapelain. Tous les jours, il célébrait l'office divin à berd du navire qui portait Louis IX. On conservait Thostie dans des custodes fort riches, soit en verre laboré d'or, ou en émail ciselé en œuvre, soit en bois sculpté, ouvrages bysantins d'un éclat inaltérable. Après les avoir couvertes d'un voile précieux , on les plaçait sur un autel dont le tabernacle renfermait un grand nombre de reliques et autour duquel couchaient les clercs. Là, se gardaient aussi les ornements de diverses étoffes et de couleurs variées : les crosses en cuivre travaillé, incrustées de pierres fines ou en ivoire, montées en vermeil , et les livres des Evangiles», renfermés dans des étuis d'or ou d'argent, ornés de pierreries. Au mois d'août de l'année 1270, devant Tunis, saint Louis atteint de la peste touchait à sa dernière heure. On courut chez le cardinal légat pour qu'il vint en grande hâte administrer le fils aine de l'Église. Raoul de Grosparmi, aimé du monarque comme de tous les croisés, était lui-même agonisant. Le fléau ne faisait que grandir, et tout ce qu'il dévorait ne pouvait l'apaiser. Le jeudi 7 août, le saint prâat mourut en invoquant le Seigneur Dieu des armées, en le suppliant de bénir le pieux et vaillant chef de la croisade, et d'avoir pitié des chrétiens qui s'étaient armés pour la cause de la Religion. Mais Dieu a des secrets impénétrables, et il ne faut pas murmurer, quand il semble ne pas écouter les prières des saints.
SiMÉON ou Simon de Montesiucc, chanoine de Padoue , aussi remarquable par la beauté de ses traits que par la noblesse de son origine, était regardé dans toute l'Italie comme un prodige de science et de vertu. On lit dans le Chronicon du moine Patavinus : « Que
ft la divine Providence Tavait orné d'une grande variété de connais- « sances et de mœurs pleines de grâce et de douceur. » Aussi les papes Urbain IV et Clément IV Tenvoyèrent-ils prêcher dans TOmbrie, TÉtrurie, la Vénétie et la Gaule cisalpine, contre Manfred, le farouche envahisseur du royaume des Deux-Sidles. Son éloquence entraînante obtint des subsides considérables en faveur des champions de la papauté. Il mourut cardinal-prètre du titre de Saint- Sylvestre.
Simon de Brie, né à Mainpaincicn, hameau de la commune d'Andrezel, était ainsi appelé du nom de la province où il reçut le jour. Ce prélat, si longtemps nonce en France, et qui, en cette qualité, prit une part si^active à la négociation relative à l'établissement de Charles d'Anjou sur le trône de Naples, avait été chanoine et trésorier de Saint-Martin de Tours. Ce souvenir l'engagea à s'imposer le nom de ce thaumaturge de la Gaule mérovingienne. Il résista à son élection jusqu'à faire déchirer son manteau, quand on voulut le revêtir des ornements pontificaux. Les Français firent de son couronnement une fête nationale. Charles d'Anjou et ses chevaliers y assistèrent armés de pied en cap, et portant, par-dessus leur armure, des robes en soie de Venise tramées d'or. Le nouveau papC) enflammé d'un vif amour pour la vérité et la justice, signala son règne par plusieurs actes de sévérité. Il frappa d'anathèmes Michel Paléologue , comme fauteur de l'ancien schisme et de l'hérésie des Grecs; il lança les foudres de l'excommunication sur Pierre III, roi d'Aragon, usurpateurde la Sicile après le massacre des Vêpres siciliennes, dont ce prince avait été le promoteur. Il alla même jusqu'à publier une croisade contre lui. et le priva, non-seulifment de la Sicile, mais encore de l'Aragon , qu'il donna à Philippe-le-Hardi , roi de France , pour un de ses flls, qui ne tarda point à faire valoir militairement cette donation. Charles d'Anjou s'applaudissait sans doute d'avoir un pape d*origine française et favorable à ses intérêts. Aussi le voyait-on assidûment à la cour |K)ntificale. II lui eût mieux valu d'avoir un pape qui n*eût point pour lui d'affection particulière, mais qui lui remontrât paternellement son devoir de roi et l'obligeât de visiter avec plus de vigilance son royaume de Naples , pour prévenir le mécontentement des peuples, en réformant les criants abus de ses officiers. Le comte d'Anjou se serait , pour le moins , épargné Thor-
reur des Vêpres siciliennes et la perte de sa couronne. Pour réparer ce désastre, le pape et le roi firent d*inutiles efforts.
Geoffroi d^Alatri , natif d'une petite ville de la campagne romaine, cardinal-diacre du titre de Saint-Georges in Velatro, se distingua surtout par ses pieuses largesses ; il a fondé et doté une église qu'il consacra sous le vocable de saint Etienne, le protomartyr du Christianisme. Au seuil de cette église , si Ton en croit le chroniqueur Ciaconius, on lisait sur une tablette de marbre Tins, cription qui annonce cette bonne œuvre. Il fut emporté par la peste en 1287.
Jacques Savelm ou Sabelu, cardinal-diacre de Sainte-Marie m Cosmedino, fils du sénateur Lucas, un des membres de la hsute aristocratie italienne, avait étudié quelque temps à Paris. Il était devenu chanoine de Ch&lons-sur-Marne ; et, après avoir rempli diverses charges avec succès, il avait été créé cardinal par Urbain lY. Sa force d'âme et la vigueur de son caractère le firent élire à Funanimité pape sous le nom d'Honorius IV. Il était tellement perclus de la goutte qu'il était souvent obligé de s'asseoir et de se servir d'instruments pour pouvoir célébrer la messe. Rodolphe de Hasbourg, roi des Romains, lui avait annoncé son dessein de se rendre à Rome pour s'y faire couronner ; toutefois, il ne réalisa pas son projet , probablement parce que les tristes expériences de son prédécesseur lui inspiraient la crainte de s'affaiblir en Italie ; mais il promit au pape de s'intéresser au sort des héritiers du défunt Charles 1er, roi de Sicile. Ce dévouement le porta à prier Rodolphe de maintenir pour l'avenir les taxes imposées au clergé des diocèses de Liège, Metz, Verdun et Bàle, et de les employer à la croisade contre Pierre d'Aragon. Celui-ci complctementbattuparle roi de France, mourut avant la fin de la guerre. Honorius IV demanda, dans une bulle, à Jacques, second (ils de Pierre, de renoncer au royaume de Sicile et de rabandonnrr au prince Charles de Salerne, retenu prisonnier par Alphonse, nouveau roi d'Aragon. Mais les deux frères s'inquiétèrent peu des ordres du Souverain Pontife; et ils furent tous deux, à plusieurs reprises, frappés de l'excommunication en 1286. Alors le prince Charles, qui aspirait à la liberté, conclut, par l'intervention d'Edouard, roi d'Angleterre, avec Alphonse III, une convention par laquelle le captif renonçait à ses prétentions sur la Sicile en faveur de Jacques. Honorius W, mécontent de ce traité, le rejeta comme nul et
Mi URBAIN \^
impie, parce qu'il avait été eonduavec un exceauiuiDié. Rfomawie ligue générale Âe tou3 les princes catholiques pour combattre Jacques et Alphonse d'Aragon qui furent contraints de signer un tmté humiliant.
En même temps il défendit rËgHse avec énergie contre la république de Florence, ainsi que contre les ducs de Breslau et de Savoie. n engagea Ladislas, roi de Hongrie, à reprendre sa femme qu'il avait répudiée; il l'exhorta fortement à abjurer et à abolir les mœurs paifennes et les usages superstitieux qui existaient encore dans ses États. Pour &ciliter la conversion des Mahométans et la réunion des schis« matiques d'Orient, il mit un louable zële à faire ériger dans l'Université de Paris des chaires d'Arabe et d'autres langues étrangères. Tandis qu'il confirmait l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, ainsi que l'Ordre des Carmélites, transplanté d'Orient, il condamnait le nouvel Ordre mendiant des Frères apostoliques, fondé par le parmesan Gérard Segarelli, à cause de ses opinions contraires à la doctrine du Christ et des Apôtres ; il ordonnait de poursuivre, comme hérétiques, les partisans de cette secte née de la prétention de ramener l'Église à l'idéal de la société chrétienne primitive, malgré l'extension nécessaire de cette société, son développement et ses progrès dans le monde. Il mourut à Rome, le 13 avril 1287, après un pontificat de deux ans, mais actif et glorieux.
Hubert Lombard, cardinal-diacre du titre de Saint-Eustache, natif de la fameuse république de Sienne, sortait de l'opulente famille des comtes d'Elei ; il eut l'honneur d'être neveu de Boémisse, épouse de Guillaume, comte de Toscane ; il ftit même chargé par Urbain IV d'acheter de cette comtesse la ville d'Orvitello, qui convenait beaucoup au Saint-Siège ; mais, en considération du cardipal, son neveu, la généreuse dame fit présent de la charmante cité au pape. Le car. dinal imita les libéralités de son illustre tante ; il légua quatre cents livres à l'Église d'Asti où il avait exercé les fonctions d'archidiacre. Cette donation devait être employée à la construction d'une chapelle ; et pour enrichir ce sanctuaire, il y envoya des parcelles de )a vraie croix, un reliquaire en or et en argent et des vêtements sacrés.
Tels furent les sept cardinaux de ia première création. Ceux de la seconde ne faisaient pas moins honneur au discernement d'Urbain IV.
ET SON TEKPS. m
Hknri db Sozb<» cardinal-évftqae d'Oslie, cPoà lui est Teno le non d'Osiiensiê^ était né dans le Piémont; il accompagna le cardinal Eudea de Montierrat, légat en Angleterre. Le roi le prit en affection et renvoya en cour de Rome pour y solliciter la déposition de révèque de Wincester. Cette mission ne réussit pas; il revint dans sa patiie, où il fut d'abord évèque de Systèron, ensoite archevêque d*Embrun en Dauphiné. Alexandre IV le chargea d*une légation en Lombardie pour s'opposer aux progrès des armes d*Eecelino de Romano. Ce tyran, poussant Forgueil jusqu'à la fi>lie, déclarait publiquement qu'il ferait dans Fltalie septentiionale des actions aussi éclatantes que celles de Charlemagne. Urbain IV, pour recompenser Henri de ses loyaux services, le promut au cardinalat. Ce célèbre canoniste passa pour le plus habile jurisconsulte de son temps. On a de lui une somme du droit canonique et du droit civil appelée communément la Soinme dorée ou Somme d'Ostie; et un Commentaire sur le livre des Becixtales, fait par Tordre d' Alexandre IV. Ces ouvrages, très-estimés , lui valurent le titre de Source et Splendeur du droit,
Amchbr ou An^hijbr Pantaléon, nevue du pape Urbain IV, ftit successivement archidiacre de Laon, chanoine de Paris, cardinalprêtre de Sainte-Praxède et légat dans le royaume de Naples. Il ne se servit de tous ses glorieux titres que pour marcher sur les nobles traces de son oncle. Une des affaires, dont il s'est le plus occupé, a été d'achever l'établissement de la collégiale de Saint-Urbain fondée à Troyes à la place de l'humble habitation de ses ancêtres. Après l'avoir enrichie d'ornements, de vases sacrés, de livres liturgiques et de revenus annuels, il la confia aux soins d'un marguillîer laïc, afm que les douze chanoines fussent moins distraits du service divin par les détails de l'administration temporelle. Comme il avait acquis pour cetto église quelques héritages dépendant des fiefs et arrièrcfiefs, des justices et censivesdu comte de Champagne, Henri, roi de Navan-e, il eut à ce sujet, avec ce prince, de légers démêlés, qu'une transaction termina. Ils convinrent en même temps que la dignité de doyen du chapitre demeurerait élective, que la moitié des prébendes serait conférée par le comte, l'autre par le cardinal neveu pendant toute sa vie ; et, après sa mort , par le Saint-Siège. Clé*ment IV et Grégoire X , les deux premiers succeaseurs d'Urbain IV,
confirmèrent ces conventions et les privilèges de la gothique collégiale. Ancher fit, de plus, bàUr à Troyes une petite église, succursale de la paroisse de Saint- Jean-au-Marché. Il encouragea Thierry ^ de Vaucouleurs à célébrer en vers le pontificat de Jacques Pantaléon. L'histoire générale signale la part qu*il a eue à Tinstallation de Charles d'Anjou sur le trône des Deux-Siciles. Clément IV l'envoya pour procéder, en qualité de légat, avec Raoul de Grosparmi et trois autres cardinaux, au couronnement de ce prince. Ancher souscrivit en 1265 à l'investiture de Charles de France, et, en i277, les lettres de Nicolas III sur la célébration de l'office divin dans l'église du Vatican. 11 était présent lorsque les Bolonais vinrent promettre obéissance à ce pontife. Il mourut à Rome le l«i^ novembre 1286. L'épitaphe , gravée sur son tombeau de marbre blanc, exalte sa candeur, sa droiture, son aversion pour les discordes et son désintéressement ^ .
Gui, bourguignon de naissance, gouvernait l'abbaye de Citeaux. Quelques divisions s'élevèrent relativement au statut primordial de l'Ordre. Urbain FV, consulté à ce sujet, désigna |)our arbitres Nicolas, évèque de Troyes, Etienne, abbé de Marmontier, et GeofTm de Beaujeu, dominicain, confesseur de Saint-Louis. Ensuite il nomma l'abbé de Citeaux cardinal-prètre du titre de Saint-Laurent m Lucina. Dans la lettre qu'il adressa au chapitre général des Cisterciens pour leur faire part de cette promotion, il représente l'élu comme un homme angélique, illustré par les splendeurs de la science et de la vertu, comme une fleur odoriférante, comme un olivier fertile transplanté de l'antique jardin de la religion dans le paradis de délices de l'Église universelle. Clément FV l'envoya, en qualité de légat, dans les pays septentrionaux, avec pouvoir de terminer les différents qui s'était élevés entre le roi de Danemarck et l'archevêque de Lun-