‹ Histoire du Pape Urbaith IV et de son temps, 1185-1264Chapitre 34 sur 42 · I . Itato sUiges et bdla retundere oileos · texte numérisé non relu

I . Itato sUiges et bdla retundere oileos

SieilÛB rffiaiD, qaod malt Uota Uilit,

El Grncos servare fldem, oooamioe lolo

Peosans ; ooosolail qaid facerel super bis.

Ad regale geaaa Francorum, calbolicuuique,

Dolciler iofleiiicor pieUle gemeos.

Magoifitio Carolo comili, booilate probalo,

Sicilia regoum oondilkme dedîl.

TnoDORici» ViLuoobous, in VUà Vrbani IV, ap. Pap. Mamon.

courage avaient déjà éclaté au loin; et, de toutes les tètes royales qui ne portaient pas encore le diadème, aucune n'y semblait plus naturellement destinée que la sienne. Aussi le pape Urbain lY, dans un consistoire ténu, en 1263, à Viterbe, déclara-t-il que, de tous les princes catholiques, le comte d'Anjou était le seul qui put servir efTicacement la liberté de l'Église, menacée par l'hérétique Hanfred. Les membres du sacré Collège connaissaient l'illustre naissance, l'ambition chevaleresque, les talents militaires du frère de saint Louis : tous applaudirent au choix du Souverain-Pontife^

Albert de Parme, successivement chapelain d'Innocent lY, secrétaire d'Alexandre lY, nonce apostolique d'Urbain lY, semblait destiné à accomplir le changement de dynastie dans l'Italie méridionale. Yenu déjà en France, vers 1251, au re* tour d'outre-mer de Charles d'Anjou, il avait sondé ce prince, en l'absence du roi, son frère; de là , tl s'était rendu, dans le même but, auprès de Richard, comte de Cornouailles. Ce dernier avait refusé le trône de Sicile, soit comme frère d'Isabelle, deuxième femme de Henri de Souabe, alors vivant, soit qu'il se trouvât offensé des conditions imposées à l'offre du pape , soit plutôt à cause de ses vues sur le sceptre impérial. Le légat s'adressa enfin, l'an 12S6, à Edmond, second fils du roi d'Angleterre, qui accepta cette marque de haute bienveillance; mais Alexandre lY, menacé plus vivement par Hanfred, révoqua le don de la couronne de Sicile fait au prince anglais. Puis, après avoir consulté un grand nombre de cardinaux et de prélats, il l'offrit de nouveau à Charles, comte d'Anjou et de Provence. D'ailleurs, on ne devait plus compter sur le roi d'Angleterre.

Henri III avait fatigué son parlement par de continuelles

1. Cùm Urbaoas ferocieutem iu (lies Manfrcdom «Ique Ecclesiani iusecUatem, ac Saracenos aadaciâ etscclere invatescere \o ApuliA videret, cardioaliani, trcbiepisooporani et episcoporum syDodum coegil, ac Manfredi sceleribos expositis, ex patram coasilio, Carolom Siciliae regem desiguavit eâ lege, ut EGcle« siamabboslium suorum iojuriU viodicarei, reguamque armis lyraooo dcriperel... Annal, eccletioil. Ratnald., lom. XIV.

demandes de subsides. Les barons anglais ayaient commence par railler son insistance; ils avaient fini par s'en irriter; la croisade de Sicile n'avait pas été un des moindres mobiles de leur insarrection. Tandis que le Saint-Siège attendait en vain, depuis deux ans, qu'un seul soldat, couvert de fer, ou un seul messager, chargé d'or, arrivât en Italie, du fond des Iles-Britanniques , Henri et tous les princes de sa famille , vaincus dans la bataille de Lewes, venaient de tomber entre les mains de Simon de Hontfort, comte deLeicester, chef de l'aristocratie triomphante. Il n'y avait plus à traiter avec des prisonniers , ni de couronne à offrir à un prince qui s'était laissé dépouiller de la sienne. Il fallait pourtant prendre un parti. Le péril devenait de plus en plus imminent. Les Sarrasins de Hanfred étaient aux portes de Rome. Il n'y avait pas de temps à perdre. Urbain lY déclara donc Edmond d'Angleterre déchu par le fart d'inutilité évidente et d'impuissance prouvée, avec injonction à Henri III de ne plus penser au trône de Sicile pour son fils ; surtout de ne point mettre obstacle aux non- Teaux desseins du Souverain-Pontife sur un royaume dont le Saint Siège avait, disait-il, le droit de disposer à son gré ^ Cette négociation ardue fut confiée à l'un des membres les pluséminents du clergé, Barthélemi Pignatelli, archevêque de Cosenza, illustre par son origine, par ses talents, l'ennemi irréconciliable de Manfred , comme il l'avait été de Fré- 1 déric II. Henri III et Edmond , son fils, alors engagés dans | la guerre civile par suite de leur refus d'exécuter les provi- \ êionsd'Oxforty cédèrent aux représentations du légat apos- > toliqne. Ils renoncèrent sans difficulté à tous les droits transmis | par Alexandre lY sur le royaume de Naples et de Sicile, droits \ qu'ils étaient d'ailleurs dans l'impuissance de faire valoir. Urbain lY reconnut cette condescendance par un appui direct contre les barons rebelles ^.

i . Qaià erg6 liberam est oobb et ipsi ecclesia de prsdicto regoo Sicilia dis- '

pooere et juiià Dostram beDcptacilam ordinare cooditiones... Urbani 1 V brève ad Henricum III regetn Angliœ, apud Lunig, codex diplomaiicus, lom. II.

2. Le^f it Urbaaas Caseotiauai archiepiscopam ad Ludo? icum Fraoeomoi et Heoritani Angloniiii rcges. âtmaUs eecUtiaU. Hatnalo., loin. XiV.

430 URbÂlN IV

c Lorsque nous avon^ la les Tolumes des annales ecclé* t sîastiqnes et déroulé avec une attention vigilante les regestes c des pontifes romains nos prédécesseurs, écril-il à Henri III, f nous avons été frappé des œuvres de votre sincère dévotion, de t la rectitude de votre jugement et de la pureté de votre foi. c De même que certains astres brillent d*un vif éclat dans TËt glise de Dieu et que de grands luminaires s'y distinguent des t autres par leur splendeur : ainsi en est-il de vos mérites, c Tous êtes, en effet, comme le publie la renommée, et nous c sommes loin de l'ignorer, vous êtes zélé pour la propagac tion de la foi catholique, ardent pour la défense de la Hc berlé de l'Eglise, bienveillant et généreux pour la construcc tion des églises et des autres lieux de piété, large et mac gnîQque dans vos faveurs envers le clergé tant régulier t que séculier, stable et fervent dans votre promptitude à c obéir à l'Eglise romaine. Vous êtes réellement digne de couc 1er des jours heureux et tranquilles sous la main tutélaire c de Dieu et la protection du Siège apostolique ^ i

HenrillI sortait de maladie, lorsque toutes les horreurs de la guerre civile précipitèrent le royaume dans un abîme où faillirent s'ensevelir, avec le roi, le nom et la nation d'Angleterre. Ces commotions politiques le déterminèrent à une renonciation formelle au trône des Deux-Siciles. Dès que le bruit du mouvement insurrectionnel de la Grande-Bretagne parvint à la cour poniiQcale, Urbain lY s'empressa de raffermir le courage de l'infortuné monarque et de l'assurer de son sympathique concours pour le rétablissement de la concorde.

f Mettez votre confiance dans le Seigneur, lui dit-il, et c complezsursa toute puissance. Nousen avons respoir,comme c votre conduite lui est agréable , il convertira vos ennemis c à la paix. Celui qui met un frein à la fureur des flots ne c permettra pas que la tempête qui vous menace en ce mo-

I. Bùm «ODalhim romto» ecelesi» volaiiiiiM legimat, eC pradeeessonin Bostroram regeslt pootificum Tigili tttcntiooe refolTlmas eiinU otiqBè laa •locera én¥imM «peni. Âimai, eeeUtUM., RAfiuLO., loeo eitolo.

f ment, vous et les vôtres, continue i agiter votre royaume; < il fera succéder aax nuages du temps présent une douce c sérénité... i Urbain lY ne crut pas pouvoir confier à un négociateur plus habile et plus persuasif que Guillaume, son chapelain, archidiacre de Paris, cette lettre toute amicale accompagnée d'instructions relatives à la pacification du pays^.

Du château de Windsor, l'archevêque Pignatelli devait aller à la cour de Yincennes, avec ordre de demander au roi de France une coopération active, ou du moins une neutralité bienveillante, dans la réalisation du plan d'Drbain IV. De là, il se rendrait en Provence, auprès du comte d'Anjou, pour lui communiquer les intentions du pape et lui demander s'il consentait à régner sur le royaume de Naples et de Sicile. Dans le cas où le prince accepterait les propositions, le légat avait ordre de presser l'expédition contre l'usurpateur Manfred.

Il fallait, avant tout, s'assurer Tassenliment de saint Louis, alors l'arbitre suprême des destinées politiques de l'Europe. Mais il répugnait à ce royal régulateur de l'opinion publique d'accueillir, pour lui-même et pour ses fils, toute proposition d'un établissement dynastique en Sicile ; il ne s'en cachait pas : ff J'ai refusé, disait-il, cette couronne pour le comte d'Artois, f ensuite pour nos trois fils cadets. Elle appartient de droit h f Conradin ou i Edmond. » L'archevêque de Cosenza insista avec plus de force; il montra le désintéressement d'Edmond, il fit valoir les droits de l'Eglise bien supérieurs à ceux de Conradin. A cette époque, le principe de l'hérédité souveraine était encore mal établi partout ailleurs qu'en France. Il se présentait toujours entouré d'une foule de restrictions prises dans le régime féodal. Par exemple, il était généralement reconnu que le droit de succession au trêne pouvait être soumis à plusieurs causes légitimes de déchéance : l'hérésie prouvée, constatée, notoire, était de ce nombre. Aussi Pignatelli

4. Cl verô primùm Aoglicêram torbiraiii nimor id aolim pootificiiai •fllaiit, moi Crbaout Heorioo apostolicêin operam ad sedaodoB eidutoa ta* multiia delulit, ereiitqae ad coosuntiam.. AnnaUs eccUiiast., Ratnal»., Ioco citato.

m URBAIN IV

rappela-t-il la sentence de culpabilité prononcée par les Pères dQ concile de Lyon contre Frédéric; elle enveloppait tonte la race de ce flls deBarberousse; elle proclamait de la manière la plus formelle la déposition de Conrad lY et de ses descendants.

En invoquant cette autorité, le légat Imposa silence au roi, toutefois sans le rassurer entièrement. Les scrupules de saint Louis étaient fondés moins sur les droits méconnus de Conradin que sur ceux d'Edmond. Sans doute il laissa échapper quelques paroles de tendre commisération pour ce jeune prince infortuné; mais l'argument qui contribuait le plus à l'hésitation de Louis IX, c'était la première investiture accordée à Edmond, second flls du roi d'Angleterre : il craignait de de* venir usurpateur sous le titre de conquérant. Pour lever toute dilBculté, Urbain IV écrivit à son notaire apostolique, Albert de Parme ^ :

< Nous avons reçu vos lettres où, entre autres choses, nous t avons vu que notre très-cher flls en Jésus-Christ, l'illustre c roi de France, prête une oreille crédule aux discours artifi-

< cieux de personnages intéressés à le détourner de contric buer au succès de votre mission auprès de lui. Ils cherchent € à lui persuader que Conradin, petit-fils de l'ex-empereur

< Frédéric II, est l'héritier légitime du royaume de Naples;et c que dans toiis les cas, si les droits de cet enfant n'existent c plus, le trône appartient à Edmond d'Angleterre. Ainsi donc, c malgré sa conviction personnelle de la félicité de l'Eglise c romaine et de l'honneur du Siège apostolique, si son frère

< monte sur le trône des Deux-Siciles; bien qu'il reconnaisse

c dans cette élévation les moyens de secourir les chrétiens de

f la Terre-Sainte et l'empereur de Constantinople , selon son

c ardent désir, il hésite néanmoins, sous prétexte qu'il n'est

f pas licite de s'emparer du bien d'autrui. Certes, il aurait

c pleinement raison, si les conseillers disaient vrai.

4. Cùm verè Sicilia regnom Francis deferrel Albertos oancius, S. Lodovicos eoios p«ri88ima consdeotit ne miaîmam quidam labecalam scienler pati poleral Qoooallain senait religioaam oùm aliqua injoaliti» speciea sobesset Siciliam admiitere. . Annalis ecciesiasl. Ratnald., Ioco cilato.

c Nous offrons i Diea le saoriace de nos loatnges, à Dien € qai lient sous sa main le cœar de tous les rois. Noas lai c rendons grftce de diriger l'ftme du sonverain de la France c dans une lelle pnreM de senliments. Mais ce monarqoe trèsc chrétien ne doit-il pas^ i cet égard, s'en rapporter i nous c et i nos frères les cardinaux? Il doit, sans Tombre d'un c doute, croire que, considéré par nous comme le flis atné de « rÊglise et comme notre enfant de prédilection, nous nous « garderions bien d'exposer sa vertueuse renommée i la méi disance et au scandale; nous ne voudrions pas, pour tout < au monde, mettre en péril sa personne que nous entourons c d'une affection toute particulière, ni le salut de son âme « confiée i notre sollicitude toute paternelle. Qu*il songe donc 4 que notre détermination a été mûrement réfléchie. Qu'il c pense combien nous et nos frères tenons i conserver nos « consciences pures devant la divine Majesté; mais nous le c savons de science certaine : rien de ce que nous entreprec nous n'est au préjudice de Conradin, d'Edmond ou d'aucun c autre prince ^ •

Les négociations de l'archevêque Pignatelli aupr^ de Charles d'Aiyou se trouvaient d'une natuœ moins délicate : les mêmes scrupules n'arrêtèrent point le trère de Louis IX. Tous deux, il est vrai, professaient un entier dévouement, un profond respect pour la religion catholique; mais tous deux tendaient au même but par des voies différentes ; et leur foi, bien qu'également vive, prenait.commechez tous les hommes, la teinte de leur caractère. Saint Louis, essentiellement attaché i l'intérêt du pays, à la gloire du trône, à Tbonneur du sang ro;al, subordonnait, même dans sa conduite politique, tous ces nobles motif? i la considération du salut éternel. Comme son auguste frère, Charles d'Anjou recherchait la grandeur de sa maison et la dignité de la France, mais avec passion ; il voulait

1. Laadal UrbiBiif Albcttom, slmUa cl îodoilriMi ad •rfcosodoni SMCii LttdoYici aoiniQD, famqoe reliaMMMiii eicalieodan cooiolisM ; dêlqoe iaparia, al irarutam cspium pronoYcai... AfmaUi eeeUiioH. RâTHâLa., lom. XIV, aon. IMS.

le triomphe du catholicisme, mais un triomphe éclatant, dominateur, arraché, s'il le fallait, par le glaive. Il aspirait même à devenir le chevalier de l'Eglise; et, au besoin, TeKécuteur de ses hautes œuvres. Entre ces deux types de la vieille royauté française, il n*y avait de commun que la chasteté, la franchise, le courage militaire, le respect de la foi donnée.

Les ouvertures faites à Charles d'Anjou pouvaient donc réaliser les rêves de ce futur conquérant de Titalie, qui, dévoré de Tambition de régner, était encore poussé vers ce but par Béatrix, sa femme. Cette princesse de Provence, disent les chroniqueurs, brûlait du désir de porter, comme ses trois sœurs, les reines de France, d'Allemagne ol d'Angleterre, la couronne impériale ou royale. On raconte qu'un jour, elle se vit forcée de s'asseoir sur un escabeau, à leurs pieds, pendant la messe de l'Epiphanie célébrée dans l'église abbatiale de Saint-Denis. Rentrée toute en larmes dans ses appartoraenls, elle nt partager au comte son mari le violent dépit qui s'empara d'elle; et depuis, elle ne cessa de l'engager à accepter la couronne offerte. Vraie ou fausse, cette anecdote d'origine italienne ne semble avoir été imaginée que peur mettre une reine de France au-dessous d'une reine de Sicile. Si Béatrix avait été si 'préoccupée du titre royal, Charles ne pouvait-il pas prendre celui de roi d'Arles qu'il a constamment dédaigné? Son épouse elle-même n'avait-elle pas refusé la main de Conrad, roi des Romains? Il est possible que la comtesse en ait éprouvé plus lard quelque regret; mais ce serait une erreur de chercher dans les vaniteuses suggestions d'une femme la cause déterminante de l'acceptation de Charles d'Anjou.

Si Louis IX regardait celte investiture comme entachée d'injustice et comme menaçante pour le repos de son royaume, la reine Marguerite, de son celé, monirait une vive opposition aux vues ambitieuses de l'aventureux filsde Frauce. De tous les Etats secondaires en Europe, aucun n'était plus convoité que le comté de Provence. Son heureuse situation sur la Méditerranée, dans le voisinage de l'Espagne et de l'Ita-

lie, la sûreté de ses porls, la richesse de son commerce, le nombre cl la civilisation de ses habitants, faisaient de ce simple comté un Etat égal ou même supérieur à des royaumes. Jalouse, dit-on, d'avoir yu passer sur la télé de sa sœur cadette l'héritage de ce beau pays, profondément affligée surtout des malheurs d'une contrée où elle avait des aiïections particulières, Marguerite, plus provençale que française, avait demandé et obtenu en son nom, le i juillet 1258, la cession des droits du roi de France sur les comtés de la Provence et de Forcalquier, sur les villes d'Avignon, d'Arles, de Marseille, pour les transmettre à celui de ses llls qu'elle désignerait ellemême.

La réputation universelle de haute équité, acquise à Louis IX par ses actes de justice comme par la publication de ses ordonnances, avait mis le comble à son influence, non-seulement sur les simples gens du peuple , mais encore sur les grands vassaux de la couronne et sur les membres de sa propre famille. Urbain lY déplorait depuis quelque temps les dissensions survenues entre la reine de France et le comte d'Anjou ; il craignait qu'elles ne fussent un obstacle à la réalisation de ses projets d'investiture. Il recommanda au pieux monarque de ne négliger aucun moyen de persuasion ou d'autorité pour rétablir l'harmonie entre le beau-frère et la bellesœur. Le royal arbitre employa , dans cette mission de confiance, les archevêques d'Embrun et de Narbonne, dont il connaissait l'intégrité et les lumières. Il écrivit au pape pour le prier de lui permettre de retenir en France ces deux éminents prélats, afin de poursuivre par leur intermédiaire, l'apaisement des querelles de Marguerite et de Charles^

c Assurément, lui répondit Urbain IV, dans un bref du f mois de novembre 1262, l'Eglise romaine a toujours souhaité

1. LodovicQS incumbebat ad sopieodam ioter axorem ac fratrem Andegaria et ProvfDCÎJ) comiUm cootroversiam, ad qaam dirimeodam Gbrcduneosem e^ Narboocnst^iD archirpUcopos adhibueral ; qoi cùm ab Urbano essent excili, ab eo flagiiarat, ot io Galliis agerc pro discordiâ illâ conciliendâ pormUlereL Sed poQliffx eicasavil lese sibi ooa licere.. idinal. eeciesiasl. RATNALD.,loGocilato.

c de voir voire royaume Irès-chrëtien et très-renommé Jouir f des sereines douceurs d'une paix continuelle; en véritable f mère, elle s'est appliquée sans cesse à en détourner les nuac ges des troubles civils, à en arracher radicalement les c germes des discordes religieuses, cl à répandre abondam-

< ment dans son sein les semences de la concorde, afln qu'il c produisit les fruits délicieux d'un calme profond et inaltéc rable. Car, s'il est un royaume où l'Eglise, affligée et fatic guée par les déchirements de presque toutes les nations de c la terre, puisse se reposer à l'aise et respirer les parfums de c la paix, très-cher fils, c'est le vôtre ; il s'est Tait constamment f son auxiliaire inébranlable dans les jours de péril et de

< persécution ; il a toujours enfanté les princes catholiques f les plus remarquables par la vivacité de leur foi et par l'arf deurde leur piété.

f Sans doute, les pontifes romiins, nos prédécesseurs, ont t travaillé soigneusement à la conservation de la paix dans € votre royaume; cependant, comme nous avons pris naisf sance dans son sein, nous sommes tout naturellement porté f plus qu'eux à contribuer, en temps opportun, à sa gloire et c à son bonheur. Nous brûlons si ardemment du désir de pro- « curer votre exaltation et celle de vos héritiers que, en cas c de nécessité, nous exposerions volontiers notre personne aux • travaux cl aux dépenses, pour assurer le salut et la prospéf rite de vos Etais. Mais les orages, qui se forment de toutes f parts contre l'Eglise, nous obligent à retenir près de nous les f hommes dignes et capables de nous aider efficacement dans « le gouvernement de la barque de Pierre au milieu des tem f pèles perpétuelles de la mer de ce monde; et les archevêques i d'Embrun et de Narbonne sont du nombre de ceux que nous

< avons choisis ; nous devons mettre en leurs mains le glaive f à deux tranchants pour châtier les peuples prévaricateurs, et « des lampes ardentes pour scruter la cité du Seigneur. >

Urbain IV termine cette lettre pleine de sentiments d'estime et d'amitié pour saint Louis, en lui disant qu'il trouvera dans

son entourage d'autres personnages dont la prudence, la piètë,

la science et le courage, admirés de tous, pourront concourir ;

à remettre en bonne intelligence la reine, de France et le comte

d'Anjou. Comme l'année suivante, les démêles n'étaient pas

encore assoupis, le pape écrivit à la reine Marguerite :

f Vous n'ignorez pas, lui dit-il, les sentiments de prédilecc tion de l'Eglise pour la glorieuse maison de France, senti-

< ments qui, pour diverses causes, sont plus profonds et plus

< vifs en nous qu'en nos prédécesseurs. Eh! bien, nous avons c jugé à propos d'offrir le royaume de Sicile, fief de l'Eglise f romaine, à votre illustre époux, notre très-cher fils en f Jésus-Christ. Ce prince très-chrétien a répondu à notre c offre selon les inspirations de sa piété, mais non pas selon

< les vœux de notre cœur. Entre toutes les vexations qui c tourmentent l'Eglise et qui rabreuvcut d'amertume, il n'en c est pas, pour nous, de plus grave ni de plus poignante, que c de voir le royaume de Napics désolé par un usurpateur, c Pour remédier à ce triste état de choses, nous avons tourné c nos regards vers le puissant roi des Franks, principal tuteur c de la liberté ecclésiastique; nous désirions obtenir pour c champion, sinon l'un de ses flls, du moins son frère.

c \o\\à pourquoi, d'après son consentement, nous avons c entamé des négociations avec le comte de Provence et d'Anc jou. Nous espérons que ce comte, touché des afflictions de f l'Eglise et des nôtres, n'épargnera rien pour npus être utile

< dans la défense des droits du Saint-Siège; et de peur que le c désaccord, qui existe entre vous et lui, n'empêche ou ne c retarde le succès de l'a (Taire, nous prions instamment votre

< Sérénité royale, nous l'avertissons de considérer sérieuse-

< ment combien le conflit en question, déjà si dispendieux pour c elle-même, peut agiter les cœurs et troubler les esprits, c Nous l'exhortons à songer qu'il n'est guère possible d'être c en paix avec Dieu, si l'on ne l'est pas avec soi-même et avec t les autres. Tâchez donc de vous réconcilier avec le comte c d'une manière solide et durable, afin qu'unis par les liens

c d'un amour mutuel, vous augmentiez réciproquement la c somme de votre bonheur et de votre iranquillitë ^ »

Le roi et la reine finirent par soumettre leurs lumières à cel* les du Pontife suprême; mais Louis IX, comme chef de la maison de France, voulut savoir à quelles conditions la coqronne do Sicile était offerte à son frère, le comte d'Anjou. Ces conditions étaient au nombre de trente cinq ; elles reposaient tout entières sur ce principe, que le futur roi de Sicile se constiiuerail, pour lui et pour ses successeurs, rhommc-lige du pape, et lui prêterait serment en celte qualité, comme à son seigneur suzerain. Il ne recevrait qu'àcettcconJilionsculemeni, et après avoir accompli ce devoir, Tinvcstiture du royaume, tant au-delà qu'en deçà du Phare de Messine.

Voici en substance les autres articles proposés à Charles d'Anjou par Albert de Parme, notaire apostolique :

Pour évilor touto contestation Ix^rritoriale , Urbain IV commença par détorniinor los domuines respectifs de TEtat pontifical et du Royaume sicilien. En conséquence, le projet d'investiture déclarait réunie au patrimoine de saint Pierre la terre de Labour, avec une portion des Principautés Ultérieure et Citérieure. La nouvelle frontière était définie par une ligne qui partait de Ceprano et de Rocca d'Arce, rejoignait les sources du Sarno et suivait cette rivière jusqu'à la mer. Le cours supéiieur du Vulturne marquait au sud delà chaîne prhicii)ale de TApennin la limite nouvelle qui, avec Bénévent et toute la vallée Gaudinc, comprenait Gaète, Fondi, Capoue, Sora, le Mont- Cassin, San-Germano, Averse, Acerra, Noia, Avellino, enfin Naples avec ses iles : Iscliia, Capri et Procida. C'étaient les conditions proposées, au nom d'Alexinidre IV, par Octiivien, cardinal-diacre de Sainte-Marie in Via Latâ, alors légat apostolique en Sicile, à Manfred, jadis prince de Tarente. D'après ce plan, le nouveau royaume, bande longue et étroite , n'étiût plus composé que des Abruzzes, du comté de Molise, de la Basiliciite, de la Capitanate, des Terres de Bari et d'Otrante, des Calabres et de la Sicile proprement dite.

Le royaume, ainsi géograjibiquement constitué, ne serait inféodé

'l. I*robont Urbaui Hueras, qaas ad rogiuaDi Fraucoruni bcrip.<>ily quibus ro*' g8vit,caiii Carolo paceni couciliarel, ul laboraali licclosiieupiluUri |io»&ei... Annales ccUsiaU., RaynaLD. aun. t2GI.

' aux descendants du comte d'Anjou et de Provence qu'en ligne de succession immédiatement directe ; de telle sorte que son fils aîné lui succéderait de droit ; mais que, dans le cas où celui-ci mourrait sans enfants, le frère du défunt, quoiqu'issu du même père, ne pourrait succéder que moyennant une nouvelle investiture ; ce qui remet, tait sans cesse en question le droit héréditaire des descendants de Charles d'Anjou, et, à chaque, mutation collatérale, l'abandonnait à la décision de la cour de Rome. Urbain IV ne faisait aucune mention de la succession féminine ; il laissait cette éventualité dans le vague.

Le Saint-Siège percevrait un tribut annuel de deux mille onces d'or, tribut qui devait être acquitté régulièrement, à la fête de saint Pierre, partout où résiderait le Pontife romain, sous peine d'evcommuniciition. Le comte d'Anjou devait [uiyer, en outre, en plusieurs termes, une somme de cinquante mille livres sterling. Il devait présenter, tous les trois ans , un palefroi blanc , beau et bon , en signe de vasselagc.

Comme Ui'))ain IV mettait beaucoup de prix a régler d'une manière invariable l'i^ffectif des forces uiilitaires, il lixa au chiffre de trois cents chevaliers bien équipés et armés, ayant chacun quatre chevaux au moins, le nombre des soldats qui devaient servir pendant trois mois dans les troupes pontiticalis, aux frais du roi ou de ses héritiers. Kn ras de nécessité, l'armée de terre jwurrait être remplacée par une armée navale, moyennant la taxe voulue et une compensation préalable.

Dès que le nouveau roi aurait pris possession de la terre apuUenne, il serait tenu de réunir en parlement tous les hommes libres de ses états : comtes, chevaliers ou bourgeois; et là, il leur ferait jurer de lui retirer leur foi, de lui refuser obéissance, s'il venait à enfreindre un seul des engagements contractés avec le Saint-Siège. En cas de déchéance prononcée contre le roi par ses sujets, le pape deviendrait do plein droit, non pas le suzerain, mais le souverain direct du royaume.

Pour prévenir Taccroissement de la puissance du roi de Sicile, et pour rendre imitossible la réunion de plusieurs sceptres dans la même main, Urbain IV posa les conditions suivantes :

Si le roi de Sicih^ devient, soit empereur, soit roi d'.Mlemagne, soit s(»ignour de Lombardie et de Toscane, il doit renoncer aux Etats qu'il tient en fief de l'Eglise. Toutefois, dans ce cas, il pourra faire

passer la cauronne de Sidlc à son lUs, pourvu qu'il rémancîpe et ne conserve aucun droit sur lui.

Quant aux conditions qui regardent les ailaires ecclésiastMiues, voici les plus remarquables : tous les biens, meubles et immeubles, qax ont été 6té aux paroisses et aux membres du ekrgé régulier et séculier, leur seront restitués en chaque lieu, à mesure que le nouveau roi en prendra possession.

Les éleetiens des églises cathédrales et autres seront entièrement libres, sans demander le consentement du roi, ni avant ni après.

La juridiction ecclésiastique sera conservée intégralement, avec liberté d'aUer poursuivre les appellations au Saint-Siège.

Les édits de Frédéric 11, de Conrad lY, et de Manfred, seront révoqués comme contraires à la liberté ecclésiastique.

Les clercs ne pourront être justiciables des juges séculiers, ni au civil, ni au criminel, ni chargés de tailles ou de collectes.

Le roi ne percevra ni régale ni autre droit sur les églises vacantes, et n'en tirera aucun profit.

En ce qui concerne la nation, les nobles, comtes, barons, chevaliers, et tous les autres habitants du royaume jouiront de la même liberté et des mêmes privilèges «qu'ils avaient au temps de Guillaume H, roi de Sicile.

Le roi rappellera tous les bannis du parti guelfe, quelle que soiA leur condition; il leur restituera pleinement leurs droits et leurs propriétés.

Il ne contractera aucune alliance avec un empereur, un roi, un prince, un baron, musuhna», chrétien ou grec, ni aucune ligue avec une province, une cité, une comauine, ou toute autre locaUèé, au pré* judke de TEglise romaine.

Il rendra, selon son pouvoir, la liberté à tous les prisonniers et à tous tes 6tî^^, romains, toscans, lombards, qui sont retenus dnas le royaume de Sicile et ses dépendances.

Enfin le comte d'Anjou s'obligerait à passer les Alpes à ht tèteée trois cents archers et de mille chevaliers , chacun avec ime lance fournie de quatre hommes au moins, à envaliir le royaume de Naples dans un délai de trois mois, à nooins qu'il ne fut retenu en Italie par les événements de la guerre. Si Charles d'Anjou , arrêté par une longue maladie ou surpris par la mort, ne pouvait accomplir les clauses du traité, le pape aurait la faculté d'awiulei' la concession du

ET S0« TBKPS. Ut

royaume skâtteiTt par écrit ow sans éerit , atee fa/m dés eardînwix ou sans leur avis, à moins fu*!!: ne se renoonlre, pe«r remplacer te eomte ou ses héritiers^ «ae personne capoMe de suppléer à leur ah^ sence et jugée teUe par le Saint Siège*.

Urbain IT n'eut pas i craindre de Charles d'Anjou la délicatesse tintorée de saint Louis. Le comte n'éprouva aacun scrapale et ne conçut aucnn doole sur la tégUimité des propositions qui lui étaieii faites par le légal apeatoli^oe. Il rocoooaissaii pleiiieB»i le droii du pape sur le rojanne féodal des Deux • Stcîles comiM suzerain, et sur ki dynastie hérétique des Slauffen eoBMie ebef ée la reifpgîM. CTesl an Béflie titre qu'if jogeail également èfoitaMes la dépossessron de la maison de Sonabe et te transfert de sa dépouille à one autre race. Dans He second de ces actes, if ne voyait que la conséquence nécessaire du premier. Les maiiimes de droit public alors en rigueur jusiiflaienC d'ailleurs 1^ persuasion du frère de saint Louis rclatrvement h la juridiction temporelle de la papauté sur les souverains de l'Europe catholique. C'était donc sans Iiésitaiion, sans trouble, avec une gratitude véritable, qu'il acceptait la couronne de Sicile, objet secret de ses plus ardentes convoitises. Mais il ne la voulait pas i des conditions repoussées parManfred lui-même. Charles de Fran^ ce» plus fier encore et à plus |nste litre que le kAtaid sonabe, ne voulait le trdne qn'aui cmidiliMa atipslées paf les r^is Normande, avee 1» mémm tnAèpeadaMe el um égale étendre de territoire. Aina» la nègeeiatiM fut arrMèe dès fe dèboff.

Charles dédieira péremptoirement qu'il ne consentirait à aucun démembrement du royaume. De toutes les cessions territoriales que demandait Urbain IV, il ne hii concéda que la ville de Benévent, ancien domaine du Saint-Siège .Pour ce qui est de la convocation d'un parlement décennal, la détermination du comte d'Anjou ftit plus prompte encore et plus explicite. Se soumettre à une enquête de ses vassaux, les cons-

I. Isia sont eoodilioofa super ofgotio regoî Sieitis et lotios... ad coonoia Icviann» ramiM Ectkim^ eicqMâ lenl Mérite Mooliii , DobiK vini C«olo AmifsavMBas PpsfiMiBeooHii, oiiewisoÉa... Epiiêoi. Vrbtmi iV, apod d. Edni, MâaTifor, ?1h««fiiinif noviM onaMlolomiii , loab 11, M**.

tituer juges de sa fidélité envers VËglise, c'était s'exposer à des révoltes perpétuelles et rendre impossible rétablissement d'un gouvernement régulier. De concert avec saint Louis, le comte d'Anjou déclara que ni son frère, ni lui, ne pouvaient adhérer à cette humiliante mesure. « Le roi et ses conseillers, disait-il, se sont sentis gravement « oflensés de sa seule énonciation. De pareilles réserves peuvent être « prises contre des contumaces, contre des hérétiques, mais contre des « chrétiens fidèles, jamais ! i> Quant à l'ordre de succession , Charles voulait que sa descendance féminine y fut appelée à défaut de sa postérité masculine. Passionné pour la gloire de la France et pour la puissance de sa maison, il rêvait l'établissement d'une dynastie capétienne au sud de l'Italie. Pour multiplier dans l'avenir les chances de cette fondation , il demanda qu'en cas de disparition de toute 3a lignée, son frère Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, fut admis à le remplacer, soit par lui-même , soit par ses descendants , suivant les mêmes règles et sous les mêmes obligations. A défaut du* comte de Poitiers et de sa postérité, le ti^ne serait substitué à Jean , comte de Xevers , second (ils de IjOuîs IX et neveu de Charles d'Anjou *.

On fut quelques semaines avant de pouvoir s'entendre; mais Urbain IV, qui prévoyait les diflicultés du prince, avait eu soin de joindre au jirojet d'investiture une série de modifications qui devaient en manifester l'esprit. Alin de satisfaire Charles sur les trois points principaux, il renonçii d'aboixl à démembrer le royaume en faveur du Saint-Siège ; il ne réclama que Bénévent et sa banlieue , avec le droit de prendre des bois dans les forets roj-ales , IM)ur la reconstruction de cette ville ruinée par tant de vicissitudes et de guerres. Seulement il exigea qu'on portât le cens de deux mille onces à dix mille , et que Charles s'engageât à le faire payer partout où il plairait à la Chambre apostolique de le percevoir. Le comte demanda que le lieu de paiement demeurât fixé , une fois pour toutes, dans une place de sûreté. <i Quel moyen, disait-il, de « courir après la papauté qui campait on mille lieux divers, trans- « |K)rtant ses tabernacles de Viterbe à Orviéto, d'Orviéto à Pérouse? « N'était-ce pas exposer le trésor vagabond à être dévalisé sur ces

I. Isia suai modificaïkmes rooditionam .. EpisMa Urbani IV ad Alàerium. Thesaurtu novus anecdotorum, oprra Edmuodi MiiiTèNSci Clrsioi DoEàND , lom. II , pag 10.

«( grands chemins? » Malgré ces objections, le pape maintint la clause telle qu'elle avait été dictée ; seulement , le cens de dix mille onces d'or, poids romain, fut abaissé plus tard à huit mille.

Quant au serment public imposé au nouveau monarque entre les mains de ses sujets , Urbain IV sentit la nécessité de calmer Tindignation que cette exigence avait causée au comte et au roi luimémo. II affirma qu'il n'avait pensé qu'à honorer davantage le prince, en le chargeant de recevoir lui-même et de transmettre au Souverain Pontife les sennents de fidélité que les habitants lui doivent comme à leur suzerain. Malgré ce prudent commentaire, il fallut abandonner absolument cette clause du projet d'investiture , se contenter de l'hommage plein et libre que Charles d'Anjou devait prêter au Saint-Siège jiour tous les Etats spécifiés dans la bulle, et exiger qu'il fut renouvelé d'année en année entre les mains du pape ou de son légat *,

L'ordre de succession proposé par Charles d'Anjou fut admis par Uii)ain IV, toutefois avec les restrictions suivantes :

Si le monarque sicilien est élu empereur et que son fils aîné ait atteint ITige de dix-huit ans, celui-ci entrera sur-le-champ dans le gouvernement de la Sicile ; mais s'il est au-dessous de cet Age, l'administration du royaume appartiendra, pendant sa minorité, à des tuteurs nommés par le pape.

A défaut du fils de l'empereur élu, sa fille héritera du royaume de Sicile ; mais elle ne jwurra épouser ni un empereur, ni un roi de Lombardie, sous peine de perdre immédiatement tous ses droits. Cependant le mari de l'héritière, en renonçant à l'Empire, peut garder les Etats ipie sa femme aurait reçus en fief du Saint-Siège.

A défaut d'héritiers directs de l'empereur élu, ses héritiers en ligne collat(M*ale lui succéderont aux conditions acceptées ]>ar lui-même.

Telles étaient les clauses fondamentales de cette importante tran-

i . OliiD cùoi le ad dileclum filium nobilem viram Carolum Andega? ia ac Provincia; comilrm pro nogotib regiii Sicil as duiiuius desiinaoduiD, quamilaiii libi apo&tuik'afii iradidiaius lilt^ram , conliiicniein qu6d si conitngfrec dirtum negoiium senindùm roodilioncs libi iradiias, inier mmaiiam Kcclesiam ri cuindeiD coaiiieiu coosaminari, lalilcr sripcr |)flitio»ibus in râdrm coQtenlis litteré, qoas propirr boc dicius cornes prr suos nobis porreierai Duotios iniendcbanius , auciore Domino condrscendcro votis ejus, quèd proptcrrà non conlingeret diclaoi oegoiiam iinpcdiri... EpiiUA. Vrtané IV ad Albcrtam, D. MAarùiB, lococitato, pag. 33.

Ml URBAIN tV

saction. Restaient encore quelques points à régler ; voici les principaux :

Charles d'Aïqou se soumettait aux censures ecclésiatiques, et consentait à ce que ses Etats fussent placés sous Vinterdit, dans le cas oit il n'observerait pas exactement les conditions du traité. Mais Urbain IV ne proposait que six mois de délai. Charles demandait qu'en raA»sence du roi ou de son successeur, le terme accordé pour eomparaîlre fot prolongé de six autres mois. Le pape y consentit en considération de ce que, à cette époque d'entreprises lointaines, les futurs rois de Sicile pourraient, au moment de la citation, se trouver au delà des mers, dans les parties les plus reculées de TOrient ou de rOccident.

Sur les immunités ecclésiastiques, Charles d'Ai^ou établit en prittc^ que les clercs resteraientexempts de toute juridiction civile, sauf les cas de jurisprudence féodale. Un clerc, personnellement possesseur d'un fief, serait, pour ce fief, justiciable de la cour du roi.

Dans le cas où, comme il en avait le dessein, le comte conduirait lui-même son armée en Italie il voulait qu'Urbain IV s'en rapportât à son zèle, à sondévouement, à son bon vouloir, sur le nombre et la qualité des troupes. Toutefois, il consentait à ce que, dans l'hypothèse où il ne conduirait pas lui-même l'armée en Italie, le pape stipulât le nombre d'hommes et de chevaux, mais d'une manière approximative et générale : qu'on mît, par exemple, en bloc, mille chevalJbrs avec quatre mille chevaux ^

Urbain IV accéda à tous ces changements ; il offrait en outre, si l'afTaire du royaume de Siette était menée à bonne fin, les décimes ecclésiastiques de France, de Provence, des diocèses de Lyon, Vienne, EnAnm, BèsMiçon et Tarentaîse; elles seraient données au frère du roi, s'il l'exigeait, pendant trMsans.

Une crobaée, pour laquelle seraient réservées les indulgences accordées aux croisades en Terre-Sainte, devait être prèchéc, au nord et au sud des Alpes, contre Manfî*ed et les Sarrasins de Lucera.

En aucun temps, le Saint-Siège ne permettra que Conradin, ou tout autre descendant de Frédéric H, obtienne l'Empire.

Manfied et ses adhérents seront frappés d'anathèmc, et la dé-

I. Nuper nolifs qmiiidani scripsisti cedalsni lots litteri:» miercluMa. Kpiêtola Vrbani IV ad Aiberium. D, M Mlèiw , loco cilalo , psg. 35.

chéanœ sera prononcée contre tout prince qui oserait soutenir le bâtard de Frédéric, après Tinvestiture donnée au comte d'Anjou.

Enfin les possessions de Charles, placées sous la protection du Saint-Siège, ne pourront être endommagées en rien, sous peine d'excommunication ^ .

Dans cette Dégocialion qui dura près de deux ans, Urbain déploya beaucoup de souplesse, ei surtout une connaissance aussi prëmaturéequ*approfondie des formes diplomatiques. Les dépêches de Charles d'Anjou révèlent aussi une finesse, une prudence, une fermeté, un esprit pratique, dont il faut attribuer une large part i saint Louis; puisque les propositions du pape et les réponses du comte ont été délibérées en conseil par le roi, par les hauts barons et par l'élite des jurisconsultes français.

Louis IX avait montré quelque penchant pour le prince de Tarente; mais ces dispositions bienveillantes tendaient i s'évanouir par les efforts multipliés du légat apostolique. Aussi Baudouin, empereur détrôné de Constantinople, crut-il devoir en prévenir Manfred qu'il appelle son ami, et qu'il surnomme très-excellent seigneur, par la grâce de Dieu, illustre roi de Sicile* :

c Nous arrivons d'Espagne en France, lui dit -il; U, c nous avons appris les graves imputations portées contre c votre Excellence; nous ne voulons pas vous les laisser ignot rcr. Des lettres pontificales déclarent au roi que les efforts, c tentés pour vous ramener dans le giron de l'Ëglise, demeut rent infructueux par votre faute; elles vous accusent d'user f defraudeetdemauvaisvouloirdanslespropositionsconctlianc les qui vous ^ont faites pour le bien général delà chrétienté, i Nouscombattons,detatttnotreponyoir,ia fâcheuse impression

1 . EpiUoîa Vrbani I V ad Merlum aponotteœ tedU nolarhm. d. Um-

TCNf,plg. 21.

2. EuclleniismBo Deaioo Umâitào Dei graiil ifgi Sîcilis ittasln, anico Stto, qaèm plurimùn diiiseodo , Bàlduiout eâdem graiil iopcnlorroaMoiM 8rai|Kv aagusliis, satolfiD el prosperiUlis oqoiIduoiu iDcremenluoi... EpUMiH BalduM ad Manftedum. D. MAnàm» Tlknamrui nom» wueéotormm^ loa. Il , pag. SI.

que ces griefs ont produite. Le moment est venu d'envoyer au roi et à la reine de France un agent fldèlc chargé de solliciter la paix en votre nom. Si, comme nous le pensons, vous êtes Inculpé faussement, n'hésitez pas à demander une enquête^ si, au contraire, les faits sont réels, déclarez-vous prêt à réparer vos torts, en vous conformant aux sages décisions du roi.

€ Nous ne saurions trop vous recommander de faire tout ce qui dépendra de vous, pour rentrer en paix avec TEglise romaine. Nous vous en prions, pour votre honneur et dans votre intérêt, évitez les suites désastreuses que celle aiïaire aurait infailliblement, s'il ne plaisait pas à la divine Providence d'y mettre un terme; surtout, ne perdez pas nn instant; agissez avant que les choses s'aggravent, et pendant notre séjour à Paris. La mission de votre délégué devra être celée aux yeux de tous; c'est au duc de Bourgogne qu*il vous faudra l'adresser; et tons deux, nous lui donnerons les conseils dont il aura besoin. En outre, nous sommes d'avis qu'il vous sera utile de communiquer vos intentions à Jean deyalencienne8,seigneur de Cayphas, qui vous est sincèrerement dévoué. Enfin, nous avons la confiance que vous vous conduirez dans cette négociation de manière à mériter les louanges des hommes et les bénédictions de Dieu. »

Alors régnait sur Rimini, ville murée de l'Etat ecclésiastique, prés de l'embouchure de la Harecchia,unc noble famille italienne issue de la maison des comtes de Carpagna. Elle avait pour chef un seigneur de Verruchio ou Ycrnoulo, surnommé Malatesta ; les Guelfes de Bologne le choisirent pour combattre les Gibelins de la Romagne. Fidèle à sa mission, le podenat établit de dislance en distance, sur toutes les routes du diocèse de Rimini, des corps de gardes pour intercepter les correspondances des partisans de Manfrcd entre la Sicile et la Toscane ou la Lombardie, et réciproquement. Le courrier de l'empereur Baudoin, arrêté par la sentinelle de l'un de ces postes, remit les dépêches dont il était porteur à Malatesta qui les envoya

au pape. Urbain IV vit alors qu'il n'y avait plus à hésiter; il pressa son légat Pignatelli d'activer la négociation. Ce prélat, ancien professeur de décrétâtes à l'Université de Naples, convenait parfaitement au but que le Souverain Pontife voulait atteindre : il était animé d'un zélé à toute épreuve, il s'exprimait avec facilité, comprenait avec promptitude. Urbain lY lui avait confié des lettres pour les plus hauts personnages de France et d'Angleterre, ainsi que pour les supérieurs des Ordres mendiants.

La négociation allait aboutir, lors que le pape apprit, avec un étonnement aussi vif que douloureux, que le comte d'Anjou avait été nommé sénateur de Rome. Les Romains, depuis la mort de Brancaleone d'Andalo, étaient gouvernés par des notables nommés Buoni Uomini. Dès le mois d*août 4263, par ordre de ces magistrats, le peuple, selon la coutume, avait été assemblé en parlement, au son des cloches et au cri des hérauts, sur la grande place du Capiiole. Les greffiers du sacrépalais avaient demandé au peuple-roi s'il lui plaisait d'élire Charles pour sénateur; la foule avait répondu par une acclamation unanime : c Cela nous plait! » Alors, les notables se démirent de leur autorité municipale en faveur de l'élu du peuple. Le comte d'Anjou se trouva investi de la véritable souveraineté à Rome; il exerça dorénavant par lui-même ou par ses vicaires tous les droits de haute et basse justice.

Le Saint-Siège avait toujours redouté l'accroissement de la dignité sénatoriale. On a vu la lutte d'Innocent IV cl d'Alexandre IV contre le dictateur Brancaleone. Ici le péril était plus grand : le sénateur n'était plus un homme isolé, d'une condition privée; mais un prince puissant, un fils de France, bientôt roi de Naples. La situation d'Urbain IV devenait d'autant plus embarrassante que la réunion du pouvoir impérial et de la royauté sicilienne pouvait se reproduire sous une autre forme plus dangereuse encore, puisqu'elle s'était préparéedans Rome, au sein même de la ville pontificale dont le pape était exclu. U*ailleursil n'était pas impossible qu'un prinoe illustre devenu

4M subain cv

séartefr, fairrlitt à tmin son liiretiérMiUire. CéUM pour la prëpoodéranoe des yaf^es mie rivalilè plus redoolabie, pour leur dommlion tempomlle, no obsude plos iiisiiniiontable f ne l'kigéraaoe des esperears d'Occident ^ui traversaieai Rmiie ei ne s'y flitiest jamais ^ .

Peir ditonrMT ce Muveao pérM« Urbain lY se hâta d'écrire à SM nonoei AM^ert de Parme : c Nous ignorons encore si l'élection est faite à vie on poor on temps déterminé. Qaoiqa'il en soit, nous conseillons au comte d'Anjou, avec raffection sincèreqne nous avons pour loi dans le Sei^^or, d'accepter le gouyemement de Rome, et nous souhaitons que ce soit pour la louange et la gloire du divin Nom. Noua espérons , avec une entière confiance en la force du Roi suprême , que cette magistrature sera fmir le prince angevin un iiiotif de po«r8uivfe avoc phis d'ardeur Taffaire du rovanme des Deux-Sîciles et de laneœr plus facilement abonne fin.

t Mais, comme le domaine ée la ville et l'élection d'un sénateur appartienoeat de plein droit à l'Église romaine, nous ne soufEriroiis jamais que, même le plus dévoné i nousel à l*Êglise, rtlienne l'administration de Rome i perpétuité. C'est pourquoi nous recommandons à Charles d'Anjou de ne prendre le gouvernement que poor autant de temps qu'il nous plaira et de nous le remettre à la première sommation. S'il avait juré au syndic communal de garder la dignité de sénateur pendant toute sa vie, nous vous conférons, en vertu de notre aatorilé apostolique, le pouvoir de l'absoudre de son serment.

< Nous voulons par là empêcher qu'on porte préjudice i l'Ëglise romaine et montrer qu'il n'est point dans notre intention de faire injure à notre très<cher fils en Jésus-Christ

t. Dùin verô coui ProTiueis alqae Andegivic comîle de coodiiiooibut néiuoàeaàm m Hlan Sidlift agiuretar, RoauiQi Gvolain arbis seMtoreoi

oreavcre : qua ft» ooa iUi sedi a^«to!iaB grau extiiii, qaoé evoealM Romm ilcrit priocipilNis, pooliliciiiii najesUt laimiiMiefida 8iMiMiUK|ue ipsoniin ia

wfae aaciorilas labefacUoda fcnalorii iMijuimodi polentia timtfcUir. AnnaUt

êcclm, RâVHAM, Mm. XIY, tno. ISM.

c Richard, roi des Romains. Nous lai avons défendu d'accep- € ter le sénatorial à perpétuité. Si nous accordions ce privic lège au comte d'Anjou, le prince de Cornouailles nous le c reprocherait comme un outrage à sa personne. Tâchez donc « de persuader avec discrétion à Charles d'agir, en ces conc jonclures, avec sollicitude, vigilance et attention; il y va

< de son propre intérêt aussi bien que de celui de l'Église .

< car il pourrait arriver que la puissance sénatoriale passât en c d'autres mains^ >

Urbain IV ne voulut pas prendre une détermination déflnilive sans consulter le Sacré-Collëge. Les cardinaux, d'une voix unanime, déclarèrent que,sous peine d'excommunication, Charles d'Anjou devait s'engager à se démettre de la dignité de sénateur dès qu'il en serait requis. Le pape transmit cette décision immédiatement à son légat en France, avec invitation d'obtenir du comte la promesse formelle de consacrer tous ses efforts à restaurer l'autorité pontificale à Rome. « Nos frères c sont d'accord avec nous pour reconnaître qu'on ne saurait

< permettre, sans un grave dommage pour l'Église romaine et c sans danger pour notre liberté personnelle, que le comte c d'Anjou, et même un autre moins puissant, obtienne à vie ou c pour un long temps la dignité de sénateur. S'il devenait

< roi de Sicile, alors il dépendrait assurément de sa volonté c de déprimer la puissance du pontife romain, du moins en ce * qui concerne le temporel , et de porter le trouble, souvent t mémo, dans les chose* spirituelles. Nous avons donc délibéré f en conseil, qu'il faudrait suspendre les négociations pour le € royaume de Naplcs, si nos volontés élaienl méconnues par € le comte d'Anjou ; nous ne voulons pas, en évitant Scylla, € tomber dans le gouffre de Charybde -.

é, Inicllcxinius quod illi twoi hoinincs, qui urbcm ad prssciis regpic, ipsiubque slituin reformare dtcantar, dileciam filium nobileni virum Caroluni AndcgaviiB ac Proviacis comiteni in jipiialoreiii ipsios urbis, Tel dooiioum elcgcruot; utnim aulcm ad cerluin lompus, Tel pcrpcluù ad vilam suaniad ejubdeiD urbis clegeriul rrgimeii igooramus... EpUlola Urbatii IV ad Alberlum, D. ftlARiiNK, Thésaurus notouM anecdoiorum , lom. Il, pag. ?6.

2. Noviiaa sopenreoieoi de scoalorîA potestate dilcclo filio Carolo à civibaa

4$ft

Albert de Parme devait s'adjoindre Pignaielli, archevêque de Gozenza, et s'enlcndre avec Jean de Monciaco, chapelain papal, afln d'agir plus efficacement sur le comte d'Anjou et le faire souscrire à la formule suivante : c II ne conserverait la

< dignité sénatoriale que trois ans, ou tout au plus cinq ans; c il promettrait, par serment, que pendant ce laps de temps, c s'il conquérait le royaume des DeuxSiciles en entier ou en c majeure partie, il se démettrait du sénalorial à la première « réquisition du Souverain Pontife. Il jurerait d'observer poncc tuellement ces clauses : s'il y était infidèle, non-seulement f il se rendrait coupable de parjure, mais il encourrail parce c seul fait -la sentence d'excommunication, et tous ses do- € maines demeureraient interdits. S'il soutenait la sentence

< pendant un mois, il serait par le fait même privé du droit € de sénateur. S'il s'obstinait à le garder encore, ou par luî-

< même, ou par procureur, il serait aussi, par ce seul fait, déc chu des droits qu'il aurait acquis sur la monarchie sicilienne. € Urbain IV exigeait, en outre, que Charles d'Anjou, renon-

< çant à la dignité sénatoriale, agit de bonne foi pour que t celte dignité retournât à la disposition du Souverain Poniife t et de l'Eglise romaine. Pendant l'exercice de ses fonctions € de sénateur, le comte devait prendre garde de ne rien cntref prendre contre les droits du Sainl-Siége ou contre la liberté f ecclésiastique. S'il lui arrivait de causer quelque préjudice c sous ce rapport, il serait tenu de le réparer sans délai. >

Les avis étaient très partagés dans le Sacré Collège. Quelques cardinaux représentèrent au pape qu'il y avait peu d'espoir de plier le comte d'Anjou à des précautions si rigoureuses. Ce parti, lié avec le prince, lui savait une fierté plus haute encore que son ambition; il ne voulait pas qu'on lui fit des propositions inadmissibles. Urbain IV, péniblement affecté de cette divergence d'opinions, rédigea nn mémorandum qui débute

romaois obUté , et per cumdem comilem aceepiatâ . cautione libi nos prcatiiâ quam tu nosli , non mediocriler omoiucn , sed aliqooram graviùs oostrorum leligit corda fralran. EpiHohi Vrbani IV, D. Mabtânb , loco citalo, pag. 30.

par des parolescmpreintesd'une sainte tristesse : « Le prophète c Jérémie affirmait que les maux de ce monde venaient de c l'Aquilon, nous affirmons, nous, qu'ils viennent nonsenle- « ment de l'Aquilon, mais de l'usurpateur de la Sicile, de cet « homme pervers qui corrompt les peuples par ses richesses, • déchire le patrimoine de saint Pierre et nous sépare violemc ment du reste des fidèles en fermant les chemins qui conc duisent auprès de notre résidence ; il conteste notre auc torité apostolique; il ose braver lés censures de TËglise; < et, en voyant son audace impunie, ceux qui tremblaient dec vaut l'excommunication apprennent à la mépriser. Pour re- « médier autant que possible à tant de calamités, nous somt mes forcé de tolérer certaines choses...* »

En eiïet, sans reconnaître le droit du peuple romain au choix d'un sénateur, Urbain lY sanctionna lui-même l'élection de Charles d'Anjou, pour cette fois seulement, sans conséquence pour l'avenir, toute réserve faite des prérogatives du Siège apostolique. Ensuite il fat décidé, dans le Collège des cardinaux, qu'on se contenterait d'exiger du comte le serment verbal de ne conserver le poste de sénateur qu'autant que cela conviendrait au pape régnant. Le rang du notaire apostolique, Albert de Parme, ne parut pas suffisant pour recevoir cette promesse. Simon de Brie, cardinal-prétre du titre de Sainte- Cécile, homme d'une prudence consommée, d'une dextérité ^ toute épreuve, fut chargé de cette fonction importante. Dans le même temps, Albert de Parme, également rompu aux affaires, partit directement pour la Provence, avec l'instruction secrète de ne pas se montrer trop facile; mais, cependant, de ne rien porter à l'extrême et de laisser toujours la voie ouverte à la négociation, quelle que fût la réponse de Charles d'Anjou. Surtout, il fut enjoint au cardinal de Sainte-Cécile de ne pas rompre le traité relatif à la couronne de Naples, avant d'en avoir référé au Saint-Siège. Charles ne fit aucune objection; il jura de ne point garder le sénatoriat contre le gré du Saint- Père et envoya sur le champ à Rome un gentilhomme pro-

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