c l'AP.LEMllNT DE ^JOiniANniT
depuis l'niTc't du malin, s'clail rendu au chapitre, où les clianoines, cpiittant le chœur, se hfitèrent d'aller le trouver. 11 arrivait du palais, où il avait nialnuMU" le Parlement, censuré sans ménagement l'arrêt et sa clause restrictive ; si bien dit, enfin, et si l)ien fait , que les magistrats intimidés et l'orcés venaient de lui promettre de rélormer l'arrêt, au chet où il n'avait accordé qu'une délivrance provisoire. Lui, Bigards de la J^onde , en faisait désormais son aflaire ; « il promectoit fitirc faire (uy-vifumCj la cnrrcclion , feust par force , ou auliremknt. » Pesez ces termes, et conjecturez par là en quel respect était le Parlement de la Ligue ! Le chapitre ( chose merveilleuse), paraissant hésiter encore, l^igards de la Londe, saisit une plume, se place à la table de pierre du chapitre, et y écrit, à la hâte, un billet, dont nous avons sous les yeux l'original signé de sa main ; sans quoi nous ne voudrions ni le publier j ni même y croire : « Je promectz ( disait-il ), à messieurs du chappitre de Rouen, fuyre rayer ces motz : par provision ^ qui sont à l'arrest de la court, donné ce jourd'huvpour la délivi-ance de Jaccjues Pollait , prisonnyer. Faict ce jour de l'Ascension , le 23' jour de may 1591. A. de la Londe. » Le moyen, maintenant, pour le Chapitre , de s'en défendre ! La procession était donc sortie de l'église , bannières déployées ; c'était une marche de triomphe. Toutes les humi-
HENRI m.
liations étaient pour le Parlement , qui , dès le lendemain , ne manqua pas d'acquitter la parole de Bigards de la Londe , en déclarant , toutefois , Pollart imlignc de la succession de son père '.
Mortifications poignantes, qui enseignaientcruel- LeParipmcnt
, ,., . , .p et ses membres,
lement a ce corps ce qu il avait gagne en sacriiiant souvent insultés
l'i't'i'*!* ^ I.' ii'i II parles ligueurs
1 autorité legituiie a un parti oppresseur et déloyal 1 Hélas! ce n'était pas le dernier outrage que le Parlement ligueur dut avoir à su])ir ! Il n'y avait personne, maintenant, qui ne se cri'it en droit d'intimer des ordres à ces magistrats déconsidérés et déchus. Un soir, réuni chez le doyen de la compagnie, pour y régler quelques affaires, la maison de ce magistrat était envahie par des capitaines et des bourgeois en si grand nombre , que force fut à la plupart de demeurer dans les cours et dans la rue. Les plus hardis, entrant résolument dans la salle où délibéraient ces magistrats, et, là, prenant effrontément la parole , blâmaient sans ménagement des mesures que le Parlement avait prescrites, en proposaient d'autres en sens contraire, se répandaient en plaintes indécentes, en insolentes menaces , en dénonciations virulentes contre les roya-
' Reg. du Parlement ligueur, 23 et ?4 mai lô&i. — Registres du chapitre de la Cathédrale, à la même date. — Pièces des Archives du départcmeni , relatives au privilège de Saint-Romain.
358 1'AIU,!:MI.M I)K N()KM.\M)11:.
/istcSj conlio les j}(/lili(iitrs ^ domaiHlaiiL impcriousciiKMil (les prosci'iplions. « Les hons honrs^coys cathoUcqurs se scuikIhHsciiI ( disait l'un d'eux) de reoyr eu eesle ville les femmes des absents ; elles y sont bien au nombre de htiiet à neuf eenis ; il fault les faire ruyder ; et , s'il iw plaist à la C(nu't y jwnrreoyr, les eapitaines et bouri^eoys s(Uit bien délibérez , pour le repos de la ville , à les faire sortyr. » Lo Parlomoiit ( il est jusle de le dire ) eul le courage de répondre à CCS insolents « qu'il y seroit pourveu , sm- les cas particuliers, avec congnoissance de cause » ; et il ne craignit j^as de rendre, sur l'heure, un arrêt en ce sens, qu'il lit même ])ublier et alïicber en Ions lieux '. Mais on voit enfin sur quel ton chacun croyait, alors , pouvoir le prendre avec le Parlement delaLiyue. Nous pourrions raconter cenl faits semblables. Nous pourrions montrer ces capil aines , ces bourgeois ligueurs faisant abattre, chaque jour, les maisons des royalistes émigrés, en employant les matériaux à chaulVer leur scorps-de-garde , et, aux reprochesdu Parlement, répondantavec arrogance , eu pleine grand'chambre, u qu'on faisoyl grand cas de r/uelrjues m(/isons appartenant à des royalistes, à des politiques j^ennemys de la saincte unyon' ! » Les registres en sont renqjlis. I^es échcvins à (|ui on or-
' Ncg. sccr. (lu Pdiiement ligueur, avril là91.
' Ixrg. secr. du Purlement tigurur, 9. i jainicr l,VJ2,
HENRI iir.
donnait de démolir plutôt des maisons en ruine sises surlesqiiaisetsur les remparts, répondaient « qailz n'estaient pas des a batteurs de boys ' . » A cette époque, les gouverneurs logent des soldats chez les membres du Parlement , au mépris des antiques privilèges de ce corps , et laissent dire les députés de la compagnie, qui s'en plaignent ". Les membres n'étaient pas mieux traités que le corps, on le peut croire. Un des capitaines de la ville venait, avec ses hommes, faire irruption dans la maison du conseiller De Boisivon, l'accabler d'injures et de menaces, crier « que ces coquins de co?iseillers ne faisaient difficulté de eondiimpner les soldats à estre pendus, encore qu' Hz ne l' eussent mérité ; que, toutes foys, iin'y avoit point de soldat qui ne valust myeulx que le plus homme de bien du Parlement ^. »
Les complots pour rendre Rouen à Henri IV continuaient, toujours malheureux, toujours punis avec une implacable rigueur. Combien toutefois les juges devaient rougir, envoyant si fréquemment se succéder devant eux sur la sellette des hommes moins obligés qu'eux, assurément, envers la couronne, et dont la crainte de l'échafaud n'avait pu refroidir le zèle, l'ardent dévouement au devoir!
Nouveau
complot
pour i-f'iluire
la ville
lie Pvoucn
sous raulorité
loyale.
Arreslations;
supi)lices.
' Reg. secr. du Parlement lif;iieiir, 13 avril 1591. - fieg. secr., IC novembre I.")89, et alibi. ^ Jieg. secr., 14 juillet 1589.
360 PARLEMENT DE NOUMA.NDIE.
A la vérité, on n'était souvent parvenu qu'à arrêter des complices du dedans , convaincus d'avoir voulu livrer quelcpie tour ou quchpie porte , à prix d'argent. Ainsi , en 1591 , le caporal La Frap})e , de la garnison du château fort de Sainte-Catherine, « convaincu de complicité à la conspiration, trahison et entreprise faicles par les ennemys sur cette forteresse , et d'avoir rcçcu argent pour le faire » , avait été pendu au Yieux-Marché , en vertu d'un arrêt du Parlement , et on n'aurait guère plaint, peutêtre, cet homme mû seulement par la soif de l'or, si , avant de le hisser à la potence , on n'eût vu l'exécuteur des hautes-œuvres « le tenailler et pincher d'ung fer chauld par les mamelles. » La France répugnait maintenant davantage à ces atrocités inutiles. Mais le Parlement, las de tant de tentatives répétées , avait voulu effrayer par ces tortiues ceux qui pouvaient machiner encore d'autres complots. Pour encourager, au contraire, les révélations par lesquelles avaient toujours échoué, jusqu'à présent, les entreprises de ce genre , un office de la valeur de 120 écus fut donné par le Parlement au soldat Jacques Vallée , qui avait tout découvert. La tête du caporal supplicié parut , le jour même , au haut d'une est amper elle j sur la tour carrée du château qu'il avait voulu livrer. Cette fois encore, au surplus, des processions sortirent, bannières déployées, comme cela avait déjà eu lieu en des cas sem-
IIEMII III. 3C1
blables'. Cette fois encore, au surplus, «le principal conducteur et payeur du complot s'estoit escbappé » , comme le dit Yaldory avec regret; et il fallut laisser aller cinq ou six autres prisonniers arrêtés avec La Frappe, mais que les juges n'avaient pu convaincre ".
Yillars voulait à tonte force le «rouvernement de ViUais contraint
^ ^ le duc
Rouen , où les meneurs du parti l'appelaient à grands de Mayenne cris . l ant de complots contre cette ville , sans cesse le gouvernement renouvelés, semblaient ne pouvoir être bien réprimés que par un bomme si éneigique; tout annonçait, d'ailleurs, que Rouen serait assiégé bientôt par l'armée royale; et où aurait-on pu trouver ailleurs un gouverneur plus vigilant, un plusbabile et plus hardi capitaine! Mayenne, toutefois, ne se pressait point, malgré les impérieuses instances de Yillars; et ce prince fut bien étonné, un jour, en apprenant que Yillars, parti du Havre, monté sur une galère, et suivi de quinze vaisseaux où se trouvaient environ 1500 soldats, était venu descendre dans une île à la vue de Rouen. A quelle fin? Ce n'était plus un mystère. Arrivé en hâte à R.ouen, au premier mot qu'il avait eu de la marche de Yillars , Mayenne
' Reg. des 14, 17, 18 mai et 17 juin 1591. — Et Discours du siège de Rouen, par Gnillaiime Valdory.
- Discours du siège de Rouen , par G. Valdory.
^ Cl. Groiilart , Voyages en Cour, chapitre m.
.362 rAULKMK.NT Dli ^(»RMA^1)I1•:.
avait voulu parlcmenlcr avec lui et le décider à retourner au Havre; mais, au f>entilhomme déj)uté vers lui pour l'en presser, Villars ne répondit que parles plaintes les plus amères sur les violations des promesses que Mayenne lui avait faites, sur l'ingratitude dont on payait ses services; il avait déclaré enfin cju'il ne partirait point de là qu'on ne lui eût donné le commandement de Rouen et la lieutenance générale au gouvernement de la province. « Si ]\r de Mayenne ne lui accordoit cela, // se rnidroil du party royal. ' » A ce dernier mot, avaient cessé toutes les hésitations de Mayenne. Yillars, reçu à Rouen comme en ville conquise, fut pourvu, sur l'heure, de la charge de lieutenant général au gouvernement de la province, M. de Tarajiess'c/i estant volontairement demis j, assuraient les lellres patentes'. Même, dans l'empressement hâtif que l'on mellait à le contenter, Yillars prêta serment es mcnns de Monseigneur le due de Mayenne, au lieu de l'aller prêter au palais, suivant l'usage ; et force avait été aux magistrats de dévorer ce nouvel Le conseil aflrout, saus uiot dire. Ils allaient avoir désormais à Rouen" ^^ maître plus fâcheux, plus absolu que tous ceux avait fpii l'avaient précédé. Mais , lîar une sorte de com-
cessé d'exister.
Paiticularités
à cet égard.
' Pahiia Cayet, Clironolog. nov., an lô92, coll. Potitot, l"'.st'i'ie,
tomo XLI , |)ai>c' 27.
- Elles sont du 21 juillet 1M)1. Le Paiieuient les enregistra le 2;i dudit mois.
pensalion,ilneseparlailpliisdecetyrannique6Y;;<s^/7 provincial de l'Union , dont le jong avait trop longtemps pesé sur la ville. Tout le monde, presque, avait fini par s'en lasser, au point de ne le pouvoir plus supporter. Ses meneurs n'avaient pas été longtemps d'accord ; et leurs violentes querelles, celles surtout des chanoines Monchy et Péricard , avaient fait bruit dans la province. Les autres membres ne s'entendant guère mieux , ce conseil, ainsi désuni, tomba dans un discrédit qui annonçait sa dissolulion prochaine, un Etat divisé nepouvantlong-temps durer. Dès le mois de juillet 1590, le conseil étant réuni chez De Mouy La Mailleraie , l'un de ses chefs, nombre de bourgeois armés, en grandes troupes ^ réunis sous couleur de faire des patrouilles, étaient allés envahir la maison où ces tvrans délibéraient sur les affaires de la ville , « v avoient faict beaucoup de tumulte , en sorte que les délibérations encommencées avoient esté interrompues, et les assistans au dict conseil contraincts se retirer ^ pour le danger de leurs personnes. » Le capitaine Yaldorv, ardent ligueur ( celui qui plus lard devait écrire le Discours du siège de Rouen par Henri I\ , ayant voulu résister aux assaillants, avait été « blessé, ainsy que plusieurs de sessoldatz , au grand scandale de la ville» ^ disait-on, le lendemai]!, au palais '. LecurédeSaint-
' Beg. secr. du Parlement ligueur, 22 juillet 15Î1!).
Patrice, le croira-t-on , ce Mailin Hébert, qu'en février 1589, nous avons vu si ardent à l'hôtel de ville , proclamer Mayenne fjouverneur de la province, avait joué un grand rôle dans cette expédition contre le conseil de l'Union , et dans cette mêlée avec le capitaine Yaldory. Condamné , pour cela, à des amendes, banni même pour trois ans, de la ville \ il y revint bientôt , quand le conseil de l'Union ne fut plus rien , ce qui ne tarda guère après les scènes de la nuit du 21 juillet. Pendant le siège de Pvouen , il devait , la pertuisane à la main , se signaler dans des sorties par cent prouesses , tuer, de sa main, dix-sept royalistes en un seul jour, et, pour comble de gloire , recevoir les chaleureux éloges de ce capitaine Yaldory, que naguère il avait blessé , et qui ne l'aimait pas ". Quant au conseil de l'Union , à la venue de Yiliars , c'en était déjà fait de lui , ou du moins il ne demeura guère. En 1593, on en parle , au palais, comme d'un fait de l'histoire ancienne. Des commissaires vont inventorier ses registres, et les font apporter au palais dans un coffre, i^our la dcsciKirgc d'anlciins parliciilicrs^. Mayenne, n'avait pu s'arranger long-temps de ces conseillers incommodes, qui l'auraient voulu maî-
' lieg. du 1 1 ni.irs 1591.
^ Discours du siège de Rouen, en lôyi-92, par G. Valdory.
^ Bfg. secr., lit et 21 juillet 1693.
IIEMtl III. 365
Iriser ; et après qu'il eut rompu celui de Paris , ceux de province ne devaient pas long-temps survivre. « Hz devinrent en horreur aux villes de IT nion, à cause de lettres que le duc de Mayenne avoit escriptes contre eux... mesmcs les grands ^ qui y estoient gouverneurs pour l'Union, leur ostèrent, en plusieurs endroits , le maniement dos affaires '. » Ainsi passe la gloire du monde.
On ne sait, au reste, si les quinze ou dix-huit Tyrannie maîtres que le Parunnent avait dans ce conseil , lui avaient pu donner plus d'eml.arras que \illars tout seul, quand il eut été reconnu à Rouen, et qu'il s'v sentit bien à l'aise. A la vérité, les circonstances lui avaient été favorables. Plusieurs complots contre Compioi
,.,,,, I • 1 1 •] \ !• r tics royalistes
la Ville, découverts par lui et iiabilement déjoues, n'avaient pu qu'accroître son crédit et doubler son pouvoir. Je ne parle point d'une loile tentative de Du Rollet, gouverneur du Pont-de-l'Arche pour le roi, sur la5^/r/'^/tv/;?f deRouen , ou château du bout du pont, qu'on avait promis de lui livrer; piège grossier que lui tendait Yillars, et où il \int donner, tète baissée, malgré tout ce que lui avait dit Groulart, au Pont-de-l'Arche , pour le détourner d'une entreprise follement conçue, et qui ne pouvait réussir"'.
' Dialogue du Jldiuuit et du Maheutre ( Satyre Méuippce. )
' Voyages en Cour, de Groulart, chap. 3.— G. Valdory, Discours
du sicge de Rouen. — Chronolog. noienaire, de Paluia Cavet ,
année 1.>'J2, collect. Petitot, 1"-' série, tome XLl.
pour s emparer le la Barbacaiie.
360 l'Ar.LKMT'M Dr: N(»r>MANniE.
Son arrestation , sa détention à la conciergerie
(lu palais, c'clail là , pour la Ligue, un nouveau
Noiivo;iu succès, (lout ^ illai's sul l)ioii tirer avantage. Mais
complot, . I / • • /' r
pour introduiiT imc autrc cutreprisc , plus sérieuse , qui lut tentée
lïnTÏoaenJ ^^ "^^^'^ ^^ jauvier suivant (-ISOS) , pour introduire
p;ir la ]gg troupcs l'ovalcs daiis Rouen, par la porte Cau-
jjorto Cauchoise. i ./ il
(Janvier 1502.) clioisc , fut , pour cc gouvcrncur, une occasion meilleure encore, dont il sut bien profiter pour devenir tout-à-lait maître, et rendre tout rappro- ■ ' chement entre cette ville et lîenri lY impossible
par tout autre que par Yillars lui-même. L'avocat Mauclerc, mêlé sansces.se aux royalistes, dont il feignait, par l'ordre de Yillars, de i^oùter les opinions et de servir les desseins, lui avait révélé ce nouveau complot. Or , c'était lui-même qui en avait suggéré l'idée, et qui avait tout préparé, s'il faut en croire Palma ('ayet, bien informé pour l'ordinaire '. Quoi qu'il en soit, trois des conspirateurs, Je sergent La Fontaine, Cbamp-Huon, procureur au Parlement, Haillier, huissier à la chambre des comptes , les seuls que l'on eût pu prendre, furent mis en jugement sur l'heure; et le peuple put les voir, le jour même , expirer à la potence '.
' Chroiiolog. /lov. , collcct. Pctitot, V .série, t. XLI, p. 30 et 31. — Mémoires de Chéverny, collect. Petitot, 1"" série, tome XXXVI, page 200. — De Tliou , Hist. imiv., livre en. — Mémoires de la Ligue, tome V, pages 98 et 1 1 1 , édition in-'t°.
' lieg. du Parlement , 'i janvier l.iO'?.
Mais ce n'en était pas assez pour les desseins de Anét
-|r.,, rp . • y , . „ • • ,• \ d'intimidation,
Villars. Irois jours après ( le 7 janvier au matin ) , i^,„j|^ ^^^. I lors(ruevint le iour, dans toutes les nies, sur toutes '<^ Paiicnient,
I 1 ■' - ' a la suggestion
' les places, s'élevaient de hautes potences, destinées deviiiars,
I ■•• ■•■ pour terrifier
I à ceux qui oseraient désormais tenter qnekjues ef- les partisans
i ,. 1 • 1 ivT T -r» 1 r '^''' Henri IV.
torts pourle roi de INavarre. J.erariement, pousse, g janvier 1592.)
contraint par ^ illars , l'avait ainsi ordonné , la veille ,
par un arrêt; et cet arrêt est trop curieux pour que Des potences
j f • • ^ T4 1 • dressées dans
I nous ne le tassions pas mieux connaître, rarlui, toutes les rues le Parlement « défendoit à tous, de quelque estât, ^''^''* ^'"'■• dignité et condition qu'ilz fussent, sans nul excepter, de favoriser, en aucune sorte et manière que ce fiist , le parly de Henry de Bourbon, ains de s'en désister incontinent, à peine d'estre pendus et estrangléz. » (l'était donc à dire que , sans avoir trempé dans un complot, et sur le simple soupçon de c[uelque sympathie pour Henri IV, que dis-je? pour avoir été calomnié par des malveillants et d'odieux délateurs tels qu'il y en avait en foule, maintenant, dans la ville, on pouvait se voir saisi sur l'heure et traîné à l'échafaud ! Car, continuait l'arrêt, u monilion générale estoit accordée au procureur-général, pour informer contre tous cenlx (sans excepter aucun) qui favoriseroient le dict Henry de Bourbon et ses adhérents. » Venait ensuite l'article prescrivant l'érection des potences en permanence ; clause fondée sur ce que «les conjurations apportent le plus souvent
la ruyne totale des villes où telles trahisons se commectent. » Aux irvclatcurs des complots était assurée, outre l'impunité au cas où ils auraient été complices, une somme de deux mille cens à prendre sur les fonds de l'Hôtel-de-YiHe. A l'avenir, tous les habitants, réunis, uneibis le mois, dans l'église abbatiale de Saint-Ouen , renouvelleraient le fameux serment prêté naguère à l'Inion, après les barricades de Rouen (en février 1589.) — Tous seraient contraints de l'observer inviolablement , de point en point, à peine de la vie^ sans aucune espérance de Le Parlement, grâcc. Mais, COU! me toutcs ccs prcscriptious u'au-
par son ariét , '
mettait tous raient encore profité au pouvoir de Yillars que
les haliilaiits , , ,, ', • , i ,• ' > • , i
de Rouen P''^' ^'^ tcrrcur qu elles étaient destinées a jeter dans sousiejong j,^ ville, l'arrêt, en venant enfin à des termes plus
de \ illars. '
directs, «enjoignolt expressément à ^f^f/s lesliahitants de Pwuni d'orétr au sieur de Villars . en tout ce ejui leur serait par luy comuunidé pour la conservation de ceste ville ; aux soldats d'obéir promptement aussy à ses mandements, iovi\o\iv&àpeinede la rie ' . » L'arrêt fut publié presque aussitôt que rendu ; on V mit une solennité , réservée, d'ordinaire, pour les traités de paix. Une force armée imposante escortait le lieutenant-général du Bailliage, l'allant faire lire à tous les carrefours. Le premier huissier du Parlement faisait cette lecture, après que cinq
' Hcg. dit l'drlemcnt lic;ttciir, du 7 janvier l,yj2.
HKNRI III.
trompettes, par leurs fanfares, avaient commandé le silence. Cet arrêt, sévère ^ au jugement de De Thou ' ; cruel j au dire de L'Estoile^ , retentît alors d'un bout de la France à l'autre. Par lui, tout, dans Rouen, était désormais à la merci de Yillars ; tout, et d'abord le Parlement même qui l'avait rendu et fait publier avec tant d'appareil.
C'est qu'alors la ville était assiégée par l'armée siège de Rouen