HE MU III
excuse au Parlement , qui , bien bas , lui faisait quelques représentations sur ces violences envers un de ses membres , Jean de la Faye en était quitte pour répondre que «le conseiller Sédille estoit mal affectionné au party de l'Unyon , et avoit esté mis prisonnyer pour ceste cause; qu'il n' avoit faict ses Pasqucs ceste année , et que l'on ne debvoit rien pardonner aux suspects de ce party'. »
Ce Parlement, on le pense bien , se montrait sou- Démonstrations vent au peuple dans l'exercice des pratiques du ca- duPaiiement tholicisme. Ce n'était plus assez pour lui, mainte- ligueur.
^ ^ Ses visites
nant , que les messes quotidiennes de la chapelle du à la chapelle
... . , de Ste-Brigite.
palais. Des religieuses Augustines, d'Angleterre, étaient venues s'établiràRouen, dans une maison de la rue Saint-Lô, tout près du palais; et, comme elles étaient plus ligueuses encore que toutes les autres religieuses de la ville , le Parlement les goûtait fort ; et on le voyait souvent aller en corps à leur église, surtout dans les conjonctures importantes, et, lorsqu'il avait rendu ou allait rendre quelque arrêt plus séditieux et plus emporté qu'à l'ordinaire " . la multitude, bouche béante, les regardait passer; et, à ce spectacle, il lui semblait, en elle-même, qu'en France on n'était chrétien que d'hier. Mais ce
' Reg. secr. , 23 avril 1591. -
2 Gollia Christiana , tome XI , colon. 133. — Reg. du Parlement ligueur , 2.3 octobre l.">91 , et alibi, passim.
344 PARLEMENT DK NOKMANDIE.
Le cardinal futbioii aiilic chosG cjuaiul elle vit reconnaître pour
de Boiirl)on ,
arciievcque l'OY (Ic Fnincc son archovcqiio le cardinal de Bourleconnu ro i ^on. Qucls qii'aicnt été , au fond , les vrais sentipar la Ligue jucntset lessccicts dcsseins de ce prélat; qu'il eût obéi à une ambition insensée, ou qu'il eût voulu seulement, en altendaiit l'heure marquée pour la reconnaissance de Henri de Navarre son neveu , tenir la place pour la maison de Bourbon ^ comme on veut qu'il l'ait dit lui-même' ; soit enfin que, de la part de la Ligue, ce fût là « un jeu d'Ebroïn, pour commencer la translation de la royauté, et pour intei-rompre le droit de succession . par un prétexte , en faveur de celuy qui auroit le plus de puissance dans l'Estat ' » , le clergé et la multitude surtout n'y entendaient pas finesse, et ne manquèrent pas de prendre cette royauté fort au sérieux. Henri III étant à peine mort, on voit le chapitre de Rouen envoyer en hâte un exprès vers son archevêque , à présent roy de France , faire poser soubz le crucifix,, h. l'entrée du chœur, dans Notre-Dame, les armories de Monseigneur le cardinal^ à présent roy de France^. Cette compagnie correspond activement « avec Monseigneur le cardinal archevesque de Rouen, à présent rov de France, détenu prison-
' Chronologie noveruiire , de Palma Cayct , collcct. Pctitot , première série , tome XL , pages 77 , 78.
^ Le Laboureur , Additions aux Mémoires de Caslcluau , liv. iv.
' Beg. atpifiil. F.ccles. rothom. , 1(î août 1589.
est reconnu a nié à Rouen
rlement
nyer à maies aises ' . » Le prétendu roi n'était pas en- ce roi
, ^ . I /* < T> *'*'^ reco
core proclame, toutelois , et ne le tut a nouen etproci que le l/t décembre 1589. Ce jour-là, au Parle- p^,. ','^ p^X ment, le duc d'Ainna/cj pair de France, y estant , '',s"""- ,
' (14 aec. J589. )
fut rendu nn solennel arrot, qui enjoignait à tous de reconnaître « pour naturel et légitime roy de France et souverain seigneur, Charles , \'e'«e ^^ ^^ nom, de luy prester la fidélité et obéissance deue par tous bons et loyaux subjectz; de s'employer, de tout leur pouvoir , pour le délivrer de la captivité en la quelle sa Majesté estoit détenue. » — Désormais , les arrêts seront rendus en son nom. Ce nom sera gravé sur la monnaie , ainsi que sa figure, et la couronne royale de France^. Tout cela, au reste, n'est que pour la montre. A Paris , dans l'arrêt de reconnaissance de Charles X, une clause a été glissée, par laquelle « demeure, cependant, en son entier, force et vertu , le tiltre et pouvoir attribuez au seigneur duc de Mayenne, pour le continuer et en user jusques à la pleine et entière délivrance de
' Reg. capitul. Eccles. rothoin. , 10 octobre 1589.
On conserve, au cabinet des médailles, à Paris, des pièces de monnaie à l'effiiçie du cardinal, roi de la Ligue. Un côté offre l'effigie du prélat , portant une couronne royale sur sa calotte de cardinal ; sur l'autre est une couronne. Autour de l'effigie , on lit : Cnrolus decimus , Francorum rex. Autour delà couronne : Jvita, et jus in a/mis. — Il existe une autre pièce , dont le revers offre les attributs de la royauté , réunis à ceux du sacerdoce ; on y lit ces mots : Régale sacerdotiitm.
- Reg. du Parlement ligueur , 14 décembre 1689.
346 l'ARLEMEM DE NORMANDIE.
sa Majesté. » (îclto clause ne manque pas d'elle suggérée au Parlement de Normandie ; et il l'insère aussi dans son arrêt, sous la dictée du duc d'Aumale , qui est venu à Rouen tout exprès , et s'est même rendu à cet effet au palais. Le mot de r^jestlà pour éblouir la multitude; et Mayenne sera désormais un peu plus maître qu'auparavant*. A quelques mois de là , le vieux pontife meurt en prison, comme on y avait bien compté. Mais, avec son nom , on a quelque temps amusé le monde. A Notre-Dame de Rouen, est célébré en grande pompe « le service de feu de noble mémoire le roy Charles, diziesme de ce nom, archevesque de Rouen". » C'en est assez sur cette royauté chimérique et sur ce monarque éphémère.
Le inaicinis Lc Parlement ligueur, instrument toujours docile
*. ^^''^' des séditieux conseils de l'Union, continuait de
et ses gens , '
d'intelligence procéder à outrance contre ceux qui tentaient de
avec des
hahitants réduirc la ville sous l'autorité légitime. Et comment
de Rouen , . . . , i • i
s'emparent CCS magistrats , qui avaient envoyé au supplice les du château, serviteui's de Henri III, souverain catholique, au-
el tentent ' -l
de se rendre raiciit-ils épargné ceux de Henri de Navarre , prince de la ville. liugucuot ! Lc marquis dAlegre, si odieusement
(Février 1500.) ,|vi i i i i' • . i nr i.
célèbre, plus tard , pari assassinat de Montmorency du Hallot, crime qui le jeta dans les bras de la Ligue , s'était bien montré d'abord pour la cause
' Chronologie noi'en. de Pnlma Cayet, collection Petitot , l'*" .«Jérie, tome XXX1\ , p. lUb , 327.
^ Beg. cdpititl. Ecries, rothonuig. , ''i mai l,)(tn.
HKMII Iir. ;j47
royale, doiiL il était l'un des plus aitleuts zélateurs. De son fort château de Blainville , situé à quatre lieues de Rouen , il courait chaque jour la campagne , avec nombre de gens armés , pillant , rançonnant, emprisonnant les ligueurs; il n'était bruit alors que de ses excursions dévastatrices '. Le Parlement ligueur était souvent occupé à écouter les plaintes amères de ses membres , de son doyen Rassent deBapaume, entr'autres, dont le marquis avait ravagé les domaines;" et le chapitre avait à écouter aussi les plaintes , non moins vives , des chanoines ligueurs, que D'Alègre avait détroussés et jetés dans les prisons de son redouté manoir. Son nom , dans ces temps-là, paraît à chaque page presque de leurs registres^. Ce seigneur était fort ambitieux, et ces scènes de maraudage et de picorée ne l'avançant guère , en février 1590 , il se mit en tête de rendre à Henri IV un plus signalé service. Après avoir long-temps inquiété Rouen et ses environs, il s'en prit tout-à-coup au château de cette ville, bâti en 1205, par Philippe-Auguste, très fort encore au moment de cette attaque, et dont la possession semblait le devoir rendre maître de la ville. Enfin, le 21 février 1590 , ses troupes étaient parvenues à s'y introduire , favorisées , à la vérité , par des capitaines et des soldats de la place , avec qui D'Alègre s'était ménagé, de longue
' Reg. , 9 décembre 1589, cl bc.iucoup d'autres.
■ Reg. 28 avril , 2'J août l J9o. ' Rfg. cap., 0, 19 mais 1591.
main , des intelligences. De là, les assaillants tinrent quelque temps la ville en échec. Dans Rouen, pendant vingt-quatre heures, l'alarme fut grande, et on put croire un instant que le rogne de la Ligue y allait finir. Mais, par malheur pour la cause royale , le chevalier d'Aumale , qui se trouvait là, faisant en hâte un appel aux ligueurs, criant chaleureusement aux arnirs ! et électrisant les enfants de la ville par son exemple , on les vit mars cher résolument à sa suite contre le château ,
traînant avec eux huit pièces de canon , qui ne cessèrent do le battre jusqu'au lendemain midi environ. Déjà une hrocho notable y avait été pratiquée , et les assiégeants allaient monter à l'escalade , lorsque les troupes de D'Alègre demandant à capituler , on consentit à les laisser aller, la vie Le Parlement sauvo '. Quaut aux compliccs de la ville et du châ-
condamne -pu i ^ ■•■ , •
à mort plusieurs toau , il iour avait lallu se rendre a discrétion ; on la 51 .m s j^^ ^ij^ joter dans les cachots de la conciera;erie ;
lie rvoiien, •' o '
complices pj j^^, Parlement , leur procès ne dura i2;uore. Dès
du m;ir(|uis ^ ''
d'Aiégre. le 23, Ic Capitaine du château (Jean-Louis), un autre capitaine (Pierre du Roussel , àxi Lacavc) , Godefroy Ury, Jean- Alexandre , \\n orfèvre, aussi nommé Jean-Louis, «convaincus du crime de lèsemajesté, de ccmspiration contre la vi/lc de Rouen;
' G. Vnldorv, Discours dit sirge de Rouen. — De Thon , liv. xcvilf. — Reg. de rhôtel-de-ville et du Parlement, 20 février 1 J90. — Chronologie novenaire , de P. Cayet, ami. 1590. — Reg. capit. Eccles. rothoni., '.îG février <.')!1().
iiExni m. 359
d'avoir trahy et vendu le chasteau , et iceluy livré entre les mains des herctir/urs j furent traisnéz en chemise , testes et pieds nuds , sur des claies , depuis la conciei'gerie du Palais jusqu'au Yieux-Marchc,»où les attendaientcinq potences. Une sixième avait été dressée, au haut de laquelle fut hissé le cadavre de René Le Franc , complice des cinq autres , et condamné comme eux, mais trouvé mort le matin, dans son cachot; soit qu'il se fût tné luimême, soit, comme l'insinue Yaldory, que sa mort eût été avancée par quelque ennemi de la Ligue. Au reste , sauf le capitaine Jean-Louis, ce n'étaient encore là que les agents subalternes du complot, et non les pr'uicipaiiLv conducteurs de l'aj]'inre , toujours habiles à se soustraire aux recherches. Le danger passé, on se hâta de démanteler, du côté de la ville, un château si redoutable , d'où les ennemis pouvaient réussir une autre fois à la dominer et à s'en rendre maîtres. Pour lui aussi c'était un arrêt de mort. Dès 1591 , « ilestoit du tout presque ruyué. ' » Cette démolition continua, d'année en année; des rues ont été percées, et des maisons se sont élevées sur une partie de l'immense emplacement qu'il occupait naguère ; et il n'en reste plus aujourd'hui que deux tours, dont une, fort basse , est déjà presque en ruine ".
■ Discours du siège de Rouen , par G. Valdory , folio 4. " C'était la tour Bigot ; elle a été rasée dans les derniers mois do l'année 1<S3;>.
350 PARLIIMENT DE NORMANDIE.
Sage et prise A uii ail de là, lo cliàlcau de Elainville, demcuro
du cliàlcau , • 1' 4 i\ 1 • • 1 •
(le Biaiiiviiie <^*Li iiiarquis G Alcgrc , (le jour en jour plus incom- |.ar les ligueurs, j^^^çj^ pQ^j, Roueu ct ses alcntours , fut assiégé en
règle , et pris par les troupes combinées de Yillars et de Tavanes. C'est un l'ait militaire qui semble ne nous jioint regarder; et, si nous en parlons, c'est que cette prise fut due en grande partie au Parlement de Rouen , dont les elforts , pendant toute une nuit , pour pourvoir à l'approvisionnement des troupes , à leur solde ainsi qu'à celle des pionniers , dont les soins, en un mot, pour assurer cette réduction si ardemment désirée par la ville , surpassent tout ce qu'on saurait imaginer. ' Aucun écrivain n'a jamais parlé de cette expédition , pas môme celui qui l'avait dirigée, le vicomte de Tavanes , dans ses Mémoires^ entrepris, au reste, plutôt pour faire connaître les actions de son père que les siennes propres.
Le vicomte de Tavanes , gouverneur de Rouen , pour un temps' ( disaient ses lettres de provision ) ,
Despotisme (lu vicomte de Ta va ne
commandant (^tait en mésintelligence déclarée avec Brancas de
à Rouen.
Yillars , commandant au Havre , qui , lui enviant ce beau gouvernement, ne cessait de lui chercher querelle , pour le dégoûter et se mettre à sa place. Le Parlement négociait avec ces deux hommes de
' Reg. dit Pdilcinent ct de lltàtel-de-ville de Rouen, mars l,')9l. ^ Lettres patentes du 17 mars l.'>90, em-eiiistrc-es par lo Pai^Mueiit Ijoueur , le 2(i mars.
guerre, pour les amener à se supporter l'un l'autre ; et cette cour y avait grand intérêt , ne craignant rien davantage que d'avoir pour gouverneur, à Rouen, Yillars, dont la hauteur et l'humeur despotique et fière lui étaient bien connues. Ce n'est pas que cette compagnie n'eût eu rien à souffrir de ïavanes, fort enclin aussi à la domination absolue et à l'arbitraire. Carde qui, d'ailleurs, ce Parlement rebelle et ravalé n'essuyait-il pas maintenant les dédains et les outrages? Ainsi, malgré toutce que cette cour avait pu Tavanes dire, une élection d'échevins, faite à l'hôtel de ville, *^^" ^'''^^•^'"
une élection
avec plus de solennité peut-être qu'aucune autre d'échevins, faiie
^ , . ,,.,>. , régulièrement.
dont on eut memoue , une élection laite après plusieurs remises , après les semonces ordinaires , et à laquelle, enfin , avait pris part la ville presque tout entière , cette élection , si régulière , fut cassée par Tavanes, en haine du choix fait d'Adam Des Hommets et de Jean Faucon , qui ne lui étaient point agréables. C'est qu'aussi tous les habitants s'étaient entendus pour nommer deux citoyens modérés, lorsque le duc de Mayenne leur avait fait dire , huit jours à l'avance, « qu'il falloit nommer des hommes zéléz en la religion , et qu' aultrement il ne le pourroit souffrir ' . « Quelle apparence , après cela, d'aller élire des hommes sages? « Ceste élection ( disait Tavanes) est désagréable au peuple,»
' Res;. (le rimtel-de-viUe , I" juillet 16'J0.
3r,2 PARLEMENT DE NORMANDIE.
(dont elle étail l'ouvrage.) En vain, alors, s'écria-t-on « que c'estoit enfreindre les droictz et prévillcges de la ville. » Dans une simple assemblée des vingt-quatre, de quelques hommes delà milice bourgeoise et de procureurs et praticiens apostés , sans que le peuple eût été convoqué ou averti , une élection nouvelle, un simulacre d'élection eut lieu dans le sens qu'avait marqué Tavanes. On laissa le procureur syndic de la commuue « protester que ceste esleclion, présentement laicte contre les formes accoustumées, et au préjudice de l'eslection solemnelle de la veille, ne préjudicieroit aux droictz et prérogatives deues , et usances , de tout temps et ancienneté , gardées en la maison commune de Roueu ' ; » sauf à violer encore une autre fois, et toutes les règles et toutes les lois, si le bon plaisir le voulait ainsi. Il y avait eu des membres du Parlement mal menés dans celte affaire.
Tavanes, au reste, ne les ménageait i^-uère davantage au palais. Ces magistrats, malgré leur complaisance , poussée bien loin , ce semble , n'en faisant point encore assez à son gré , il leur reprochait, en toutes rencontres, « de faire du masle la femelle y et de la femelle le masle , de se mousirer femmes et non pas hommes, pour la conservation de la religion et de la ville '. » Attaquant, sans les
' Reg. de rhàtel-dc-villc de Rouen, 10 juillet. I.)90. " Reg. sccr. dit PaHeiiient ligueur, Tî avril I j91.
IIK.MII IJI. 35.]
nommer , ceux de la compagnie qu'il savait ne l'aimer pas ; il les traitail de hroni/lons , et leur prodiguait des outrages.
Chaque jour, d'ailleurs, c'étaient , de sa part , de nouvelles arrestations arbitraires , au mépris des formes et des règles de la justice; et le Parlement , souvent en instance auprès de lui , pour le ramener aux voies légales, se vovait tous les jours éconduit '.
Bigards delà Londe , sergcnl-major de Rouen ^ Despotisme
r 1 t . • . t en r . • . .\ dusersent-major
( c clait alors un oitice tort mi portant j , ne se cou- Bi-ards traignait pas davantage avec une compagnie qui, de la Londe. depuis qu'elle avait trahi son devoir, semblait destinée à n'essuyer plus que des mépris. Pour nous borner à un fait entre tant d'autres , le 23 mai 1591, jour de l'Ascension, le chapitre de Notre- Dame de Rouen , en vertu du célèbre privilège de Saint-Ronufi?ij ayant désigné, pour lei^er la fierté ^ Jacques Pollart, qui venait de tuer involontairement son père, on avait cru, au Parlement, ne devoir délivrer ce j^risonnier au chapitre, que par provision , à cause , sans doute, de la juste horreur qu'inspire l'idée d'un si déplorable meurtre, même arrivé par cas fortuit, comme l'était celui imputé à Pollart, et qu'il avouait, la ville entière en ayant été témoin. Au chapitre , on s'était récrié fort
• Reg. secr., V juin 1 J'Jl.
;j54 PARLEMKXT DK NORMANDIK.
contre colle driivrance prorhoirc. La journée se passa en pourparlers entre le Parlement , qui défendait sa clause , et le chapitre , qui voulait qu'elle fût réformée. En vain les magistrats l'expliquaient dans un sens spécieux , (pii semblait devoir contenter l'église. Les chanoines, au lieu de se rendre, s'échaullant toujouis davantage , voulaient que Pollarl leur l'ut délivré pureuîent et simplement; (lullrniiiiit ih n'csloicul dclihcrcz aller eu la procession. En un mol , ni messe , ni cérémonie , ni levée de la fierté , jusqu'à ce que ces mots : Par provision, eussent été bilfés de l'arrêt. Cependant, tous ces retards avaient indisposé le peuple , répandu , depuis le matin, dans les rues, sur les places, impatient de voir une céiémonie qui lui était chère , indiii:né de cette résistance au clergé, qui avait alors tant d'empire. Et, puis Jacques Pollart , l'élu du chapilre , enfant de Rouen , l'un des cent quatre ar(pi(djusiers , était aussi l'élu de la ville, qui n'avait jamais vu sans déplaisir accorder le privilège à des prétendants venus des autres provinces. Que fut-ce donc quand on apprit que ' la fierté n'allait point être levée cette année, qu'il n'y aurait point de messe , point de procession , et qu'après avoir défendu de sonner les cloches , signal ordinaire de la délivrance du prisonnier et du départ de la procession solennelle, les cinquante chanoines de Notre-Dame venaient d'entrer au
HENRI Iir. ;5,,,-,
chœur, pour y chanter Tierce, Sexte , None et Yèpres ? « Le peuple ( disent les Chroniques ) estoit grandement osmeu, etquasv prest à sédition. « Le peuple, enlendez-vous? lui, niaitre à Rouen , il y avait peu de temps encore, et qui ne l'avait point oublié ! Le peuple, idolâtre des pompes de la ficrtc , et qui ne s'en pouvait lasser ! De nouveau, donc , une multitude échauft'ée vociférait dans les avenues du palais, criant contre les magistrats , maudissant leurs scrupules ; et une sédition allait éclater peut-être , lorsque tout-à-coup un bruit immense retentissant dans la cité, accueilli aussitôt par d'universelles acclamations de joie et mille cris confus , vint tout faire oublier en un instant. Toutes les cloches de Notre-Dame sonnant dans les tours, Georgcs-d' Amboise par-dessus toutes les autres , avec elles , les innombrables cloches de toutes les églises, de tous les monastères de Rouen ; la procession allait sortir; on allait voir Pollart , l'enfant de la ville , une couronne blanche sur la tête , lever, à la Yieille-Tour , la châsse révérée Bipartis de Saint-Romain. C'est cru'en peu d'instants il t'^^' '" i'""i'e,cii
i >■ plein chapitre,
s'était passé bien des choses à l'église , ainsi qu'au '"'"ute ft signe
la promesse de
palais ; et , au milieu de tous ces transports de joie, faire corriger,
IDI 1. I 1 •,. A, ^l'• T PAÎl FORCE
le Parlement seul ne devait pas être a 1 aise. Le „,, autrement, sergent-maior Bigards delà Londe , soit qu'il ""=<'"^» ''"?="-
o -f <D ' j. lenient ligueur,
protégeât Pollart , soit qu'il voulût prévenir une «pii vivait déplu
, aux chanoines.
émeute . que tout, au reste . permettait de craindre