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/,05! PARI.l'MKXT DR NoRMAXOIK.
ilc Foii/aincs-Miirtfl cl de (ii'i/loii. Avorli des complols ourdis par ces brouillons , le duc de Mayenne l'avait einoyé pour en laire la justice. » R.ponse digne Lcs réponscs du doycu Rassent de Bapaume à l'a-
(lu doyen . ■ i > / i . i- '. • . '
Kassent niu'al, moderecs , calmes et diiines, étaient peremp- <i<- B;i|);ninie loi ics , suitout Doui' la j ustlficalion delà compa'!;nie.
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(le l'ainiiai. Une amiée de l'Union lui envoyant demander les moyens d'achever la défaite de l'ennemi ^ le Parlement avait-il failli en excitant des hommes de guerre à voler où les ap])elait l'honneur? S'il en était résulté du bruit dans la ville , c'est que tout le monde aurait voulu cjuela victoiredemeurat auxsoldalsdel'Union. Pendant l'absence de l'amiral , le Parlement avait tout fait pour le repos de la ville, jusqu'à envoyer ses membres en personne à la garde des portes ; pour le bien du pays, jusqu'à écrire à plusieurs gentilshommes et capitaines d'aller au secours de Bernai ; mais la prise de cette ville avait devancé tontes les prévisions. La présence de l'amiral à Rouen, et son assistance dans le Parlement étaient très nécessaires « pour faire cesser le peu de respect et obéissance faicte et preslèe a la justice par plusieurs, principalement depuis ces troubles ; pour monstrer aussy à ung chacun le respect et obéissance qui y estoient deùs , spécialement à ce Parlement, siège de la justice souveraine de la province , et faire congnoistre runyon et correspondance de la Justice avec la force et les armes ; l'ung ne pouvant
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subsister sa?is l'autre. Le Parlement ( continuat-il ) , vous offre toute assistance , conseil , union , s' asscûrant que vous aussy tiendrez la main à la manutenlion (t obéissance de la justice : cela est plus nécessaire que jamais , veu la callamité du temps , et le dérèglement du siècle. Des grandes compagnyes comme ccsle-cy (disait le doyen en finissant) , on ne peut ny doibt entrer en soupçon; car y eust-il dans leur sein quelques oppinions particulières esgarées j il est impossible qu elles ne soyent pas ramenées par les bons et prudents advis des autres. A grand' peine peut-il advenir que j, en si grand nombre , il ne se trouve tousjours quelques verttieulxet prudentz personnages j pour ramener et réduire les autres à la raison et bonne roye. » Notables paroles où, àl'insu peut-être de celui môme qui les avait proférées , perçait déjà la désillusion de ces magistrats , et était prédit leur prochain retour au devoir, à la fidélité, à une solennelle reconnaissance de l'autorité royale , dont ils s'étaient séparés naguère à leur grande honte ainsi qu'à leur grand dommage. « Dans leur égarement même (comme le remarque Montesquieu ) , ces Ordres ne soupiroient qu'après les lois et leur devoir, et retardoient la fougue et l'impétuosité des factieux , plus qu'ils ne pouvoient la servir ' . «
' Montesquieu , Esprit dps Lois, livre v, cli.ip. il.
404 l'ARLEMllNT DE N(H',MAM)Ii:.
Niions, Yillars , reprciianl la ])arole , ne put plus , celte
la parole, fo'S , (lissimuler sa pensée. Récemment, chez le
trahit sa haiiin . • t»- i i i t i / •/#
rtsajaiousio serficnt-major Jiigards de la l.onde , « le coiisrillvr pour Fontainrs- M urtcl dc Bolbcc , purlunt de Fonta'mes-Marlel son
Martel. ;
neveu j avait este si e/f route (/ne de faire comparaison des services de ce goitilhonune à l' encontre des services de Itiy Villars. Je ne ptiys souffrir ( dit l'amiral en colère), e/ue tclz propos et langages se tiennc)it de moy j reu ce f/"c J'ay faict cy-derant... Je voulais parler icy du général seulement , et non du • ~ particulier ; toules^oh, le particulier estant lié arec le général, J'ay deû en dire aussy quelque chose. Le Parlement sçayt comme les sieurs de Fontaines- Martel et de Grillon se sont establiz ; de quelles cruaultéz ilz usent ; pour moy, je ne le puys endurer; et là où je les trouveray , je leur feray tel traictement que aux ennemys , les tenant pires que les ennemys, veu les actes qu'ilz font , et s'ingérant de faire la guerre sans estre advouéz de M. le duc de Mayenne. « Puis il sortit du palais en colère ' .
Yiuais Dans cette violente bourrasque, il était tombé '
veut chasser \,\qj^ dcs picrrcs RU jardin du conseiller-clerc Monde Rouen r •>
le conseiller cliv , et même si grosses, crue celui-ci, ne pouvant
clerc Michel "^ f . ^ , , . . .p ,
de Monchy plus feindre , avait pris la parole , et s'était justifie i de son mieux , sans toutefois persuader Villars , qui
' Rfg. srcr. , l.Sjiiin 1."j03.
parut ne le voir ni l'entendre, mais, pour cela, ne J'en tenait pas quitte. — A deux jours de là, Monchy, revenant de Saint-Ouen, où l'avait mandé Villars, entra dans la grand'chambre , pale, indigne, outré à l'excès contre l'amiral, qui venait de lui enjoindre de quitter la ville. En vain Moncliy lui avait demandé des explications sur un ordre si rigoureux , et s'était épuisé en apologies de sa conduite, ii Pour voslrc asscûrance j, avait dit Yillars, j'ay résolu r/uc vous partirez de Rouen y et vous enjoins d'ainsy le faire ; et j si vous résistez ^ M. de Mayenne m'en fera raison \ » A grand'peine lui Efforts laissait-on quatre jours pour régler ses allau'es. ren- pour déterminer dant ces quatre jours, Monchy ne quitta point le .^e,ubr"sTr palais, où il n'était plus question, maintenant, que «» cause, et
à le protéger
de cette affaire ; et là il n'oubliait rien pour amener contre viiiars. le Parlement à prendre en main sa cause. Combien cette compagnie , humiliée, sentait cruellement, aujourd'hui, à quel degré d'abaissement sa rébellion l'avait fait descendre! Ces magistrats, eu possession, de tout temps, de n'être jugés que parleurs pairs, quelque crime qu'on leur pût imputer, allaient donc, désormais, au premier signe d'un gouverneur quinteux, se voir précipiter de leurs sièges, chassés de la ville , interdits enfin de ces fonctions indépendantes, inamovibles et sa-
' Rfg. secr. du Parlement , séant à Rouen , 18 juin 1593.
4(){i rAKJ.i'MKXT ni-: Normandie.
crées, dont jusqu'alors na arrêt solejinel avail pu seul les dépouiller, et encore, dans des cas Ijien rares, qu'avaient déduis des lois fondamentales, qu'on n'aj)|)liqnait guère! Monchy avait tout espéré de ce sentiment qu'éprouvait sa compagnie , et qui, s'exaltant , pouvait l'exciter à quelque maniieslation courageuse. Dans plusieurs assemblées générales, qui se tinrent au palais à ce sujet, il en revenait toujours à sa dignitc de conseiller an Parlement j, «dignité très considérable (disait-il) principalement en cet interrègne , auquel les cours de Parlement debvoient avoir une grande auctorité. » (lette autorité, les cours souveraines Favaient-elles toujours? Mieux c[u'un autre , il aurait pu répondre, lui qui naguère avait fait arrêter en plein Parlement sept de ses collègues, et les avait menés lui-même aux prisons du Yieux-Palais ! « La rigueur de cet ordre d'exil qu'on ose m'intimer (continuait-il), importe grandement à l'aucthorilé de la court. Le Parlement doibt conserver ses membres soubz sa protection et saulve-garde. Il importe beaucoup, pour le bien de la justice, et la liberté que doibvent avoir les conseillers en l'exercice de leurs charges, de ne laisser usurper telles dominations sur les cours de Parlement, par les gouverneurs et lieutenants-généraux de province. Le service que j'ay faict en ceste ville pour le bien du party de la saincte Unyon m'y debvoit avoir acquis une seûre demeure , tant s'en
failli que j'en deiisse estre expulsé! Si M. l'admirai prétend que je suis coulpable de quelque menée ou praticque contre son auctorilé ou celle de M. le duc de Mayenne, qn'il me dénonce au Parlement , au lieu de me condamner luy seul sans congnoissance de cause. Il ne peut estre mon juge, ny me bannir de ceste compagnie, luy qui me debvroit donner tout support et faveur contre mes ennemys, puis quej'ay tantaydé , par mes services, à conserver Rouen à ce sainct party , moy sans qui il n'y commandcroit pas. C'est l'office du Parlement d'interposer son auctorité vers M. l'admirai, aûn qu'il ne face ceste entreprise sur la dignité et privilège des conseillers en la court. J'attends les ordres du Parlement, prest à luy obéir en toutes choses , mesme à hasarder ma personne pour la conservation de r auctorité et dignité de la compagnie. » Ainsi ce prêtre intrépide voulait résister, quoi qu'il lui en pût advenir, et adjurait le Parlement de lui venir en aide ! . . . • .
Que devait faire cette cour ainsi outragée dans l'un des siens , ainsi interpellée par ce membre insulté , si non prendre , sur l'heure , en main sa défense, aller reprocher énergiquement à Yillars une entreprise inouïe jusqu'à ce jour dans l'histoire des Parlements timide, et qui n'a de France; se montrer inamovible, sacrée, immuable , indépendante , à ce gouverneur insolent et brutal, qui, lui, pouvait être dépossédé comme Ta-
Faiblessc du Parlement
ligueur ,
en cette rencontre;
il tente une démarche
aucun succès.
4()« rAlîLEMEAT ])K NOR.M AAJ)I£.
vanes, comme D'Epcrnon , comme tant d'autres qui raA'aienl devancé dans la province ; proclamer hautement des règles saintes, que cet homme de guerre ignorait assurément , et devant lesquelles se fût peut-être humilié son orgueil ; se presser autour de ce membre , qu'après tout on ne voulait exclure du Parlement qu'en haine de démarches faites par les ordres du Parlement lui-même; protester, avec toute l'autorité des lois, contre un attentat si scandaleux, et annoncer, enfin, qu'avec le conseiller De Monchy , tous les autres membres du Parlement, insultés en sa personne , allaient descendre aussi de leurs sièges, et cesser un ministère sans dignité et sans liberté ! Quand on les voit, au lieu de cela, hasarder, en hésitant, une demi-démarche timide, on conjecture aisément quel en sera le succès. Villars, sans presque les écouter, leur dit, avec humeur, « qu'il fault que le sieur de Monchy parte de Rouen, et aille à Paris trouver le duc de Mayenne; que là il entendra les causes de son exil , les quelles luy admirai ne pouvoit déclarer, encore qu'il y en eust plusieurs ; qu'après l'avoir oy, M. le duc de Mayenne le pourra renvoyer à Rouen , s'il vooyt que bon soit ; que^ pour le bien et asseùrance de tous, il vault mieulx que Irais ou f/ualre sortent, pour conserver les aidtres. « C'était donc à dire qu'après Monchy, Yillars allait encore chasser ceux de la compagnie qui auraient eu le malheur de lui déplaire !
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Moncliv , voyant ces magistrats indignés de tant de despotisme, am'ait voulu les pousser à quelque effort. « Il n'est raisonnable (disait-il) que je sois distraict et évoqué de ce Parlement; à vous seuls ^ Messieurs, il appartient de congnoistre des causes criminelles que l'on peut intenter contre moy. Ce Parlement ne doibt estre suspect au duc de Mavenne; on ne peut luy oster la cognoissance des accusations intentées contre moy; je ne vouldrois que, sur le subject de ma personne, on fist telle brèche aux privilèges de la court de Parlement, que d'évocquer les causes concernant l'honneur de ses membres, sur un mot delà bouche d'un lieutenantgénéral. Le commandement f/ui m'a esté faict de partir ^ est de conséquence et préjudiciable à la liberté et auctorité de la justice. Il me semble que la court se doibt opposer vertueusement à ce que l'ouverture ne soit faicte de permettre telle puissance aux gourerneurs, de faire desemparer un coîiseiller de la court
par son seul commaïidement Néanmoins, si la
court ne peult empescher la rigueur de ce commandement, à cause des forces de l' admirai , et à cause de la licence des armes qui s'est aggrandie par-dessus la justice, je sçay qu'il me fault prendre en patience ceste rigueur dont l'on use contre moy , et me souvenir de ce commandement de Nostre-Seigneur : « Quand vous sciiez persécutez dans une ville j réfugiez-vous dans une aultre » , maxiine
à L'usage de ceuix que persécutent les tyrans ; et sainct Bazile l'a ainsy interprétée. Je ne veulx , toutes foys, recongnoistre ceste qualité à M. l'admirai; seulement, je désireroys qti'il hiy plenst modérer et tempérer son commandement par la justice et la raison. » Monchy voulait déterminer le Parlement à une démarche nouvelle. Villars, à la demande de la compagnie, retirant l'injonction faite à Monchy de quitter la ville, ce magistrat, toutefois, serait parti , mais avec un congé du Parlement , pour aller à Paris conférer avec le duc de Mayenne ; et Yillars, par impossible, repoussant cette ouverture, le Parlement devait lui déclarer « que , au cas où il vouldroit continuer de faire de semblables commandements , la court estoit délibérée de ne le plus endurer; que phistost ses membres quitteroient l'exercice de leurs charges , ne les pouvant plus faire avec leur honneur et liberté de leurs consciences , sous la rigueur de tels commandements. » — Mais exciter ces magistrats à tenter près de Yillars quelque chose de hardi, c'était perdre le temps. Monchy, exhortant la compagnie à une démarche nécessaire pour elle au moins autant que pour lui, n'en put obtenir qu'une réponse honteuse , cri de détresse de la magistrature opprimée et avilie. « La court ( lui dit le doyen Rassent ) est trh marrie qu'elle n'a pu faire davantage pour vous; nutis elle vous prie de considérer l'im-
puissance que a,, de présent j, la compagnie. » Cette réponse du Parlement à un de ses membres opprimé , et implorant son appui, avait été, le croira-t-on , consignée au long sur les registres! En l'y retrouvant, à quelques années de là, les magistrats, pris de honte, la voulaient efl'acer; et on bâtonna la feuille, mais avec une encre pfde qui, s'altérant bientôt, laissa reparaître l'aveu honteux de l'état de faiblesse et d'abaissement on leur rébellion les avait précipités ! Au reste , toutes ces assemblées du Palais , si retenues et si humbles qu'elles fussent, déplaisaient beaucoup à Yillars , qui, à la fin , envoya un écuyer signifier à Monchy l'ordre exprès de sortir de Rouen, f/<///s les vingt-quatre heures. Une restait plus que de faire saisir par ses archers, dans la grand'chambre , et jeter hors des portes de la ville un conseiller de Parlement, grand archidiacre de la métropole , né d'une des plus nobles et plus illustres familles du royaume ! Heureusement, en désespoir de cause, le Parlement avait écrit au duc de Mayenne , le suppliant « de voulloir conserver la compagnie en son auctorité, privilèges, franchises, et libertéz, tant en général que particulier , et ne permettre que aucun des conseillers de la court en. feust mys hors, sans congnoissance de cause, la quelle appartenoit aux cours de Parlement seulement, par leur establissement et ordonnance ; aultrement l'appréhension de tel
exemple empescheroit la liberté des opplnions et jugements. »
La réponse du prince arriva, comme le conseiller Monchy , harcelé par Yillars , allait sortir de Rouen , ou en être expulsé par voie de fait. Chose merveilleuse ! Et l'ordre d'exil intimé à Monchy , et tontes les scènes du palais n'avaient été connues de Mayenne que par les lettres du Parlement et par celles de Monchy hii-méme ! Le prince , bien, marry , en écrivait à l'amiral , « pour qu'il eust à luy expliquer ses procédez. » — « Si vous-mesme ( écrivait-il à Monchy) pouviez vous acheminer icy, pour m'informer plus particulièrement de ce qui est intervenu , ce seroit fort à propos pour vostre contentement; car vous me trouverez aussy disposé à vous protéger que vous le sçauriez désirer et que vous le méritez , pour l'alfection que vous portez au bien de ceste cause. » Ces mots : Vostre très affcctuvDic et parfaict amy ^ terminaient la lettre, et achevaient de cicatriser des plaies tout à l'heure encore si saignantes. Dues sans doute au crédit du cardinal de Pellevé, oncle de Monchy, ces lettres venaient sauver au Parlement un affi-ont sanglant que, quelquesminutesplus tard, il allaitsubir. Sans, maintenant, s'inquiéter de Yillars ni de ses tyranniques injonctions, désormais sans valeur, Monchy , priant le Parlement de lui accorder un congé j non plus en vertu des ordres de l'amiral , mais
HENRI TH. 4i;j
pour condescendre au vœu du lieutenant-général de l'état royal et couronne de France, congé Im fut donné « pour aller trouver Monseigneur le duc de Mayenne, suivant la rou/hmté d'iceiiiy\ » — Ainsi finit cette affaire qui, depuis une semaine, mettait le Parlement en émoi. — Insoluble mystère pour tous, hormis pour Yillars , qui, dès ce tempslà, en secrets pourparlers avec les agents de Henri IV, et songeant à sacrifier la Ligue, qui l'avait élevé ' , dégoûtait et éloignait les meneurs exaltés et incorrigibles du parti, qui auraient pu pénétrer et déconcerter ses desseins.
Beg. sficr. du Parlement, séant à Rouen , 2G juin l.")93. lieg. secr. du Parlement , séant à Caen, 24 mars 1594.