‹ Histoire du Parlement de Normandie (volume 4)Chapitre 7 sur 21 · r '1"^ ce · texte numérisé non relu

r '1"^ ce

tage que les premiers; et, quand on ht ce lameux formulaire formulaire de la Ligue, envoyé de Paris, la repu- de serment. gnance , l'horreur même des magistrats fidèles que

' Reg. (Ir rhàtel-de-ville de Boiien yTMésnav 1,")80.

300 PARLKMEN'T DE NORMANDIE.

l'on sommait de le jurer el d'y souscrire, n'a rien, assurément, qui puisse exciter la surprise. Les premières clauses pouvaient passer encore. C'étaient de Jurandes promesses « à Dieu, à sa i;loricuse mère, anges, saincts et sainctes de paradis, de vivre et mourir dans la religion calholicpic , apostolique et romaine, de tout sacrifier, mesme la vie, pour la défendre; de s'employer au soulagement du peuple » , qu'il avait bien fallu flatter en lui persuadant qu'on avait souci de sa misère. Mais qu'était-ce que cette protection promise « aux

princes uni s j, et à tous les ligueurs envers et contre

tous, sans aucini excepter j cet engagement de résister, jusqu'à l'extrémité, à l'eflbrt et à l'intention de ceulx cjui avoient violé la foy publique, rompu l'édict de la réunion , franchises et libertés des Estais du royaulme, parle massacre et emprisonnement commis à Blois , d'en poursuivre la justice par toutes voyes, tant contre les auteurs, coulpables et adhérents , que ceulx qui les assisteroient ou favoriseroient cy-après'. » Qu'était cet acte, autre chose qu'une solennelle profession de révolte et Comment (Je régicidc ? Chosc merveiUeusc ! Au Parlement de

ce formulaire

avait été signé Paris, travaillé de longue main, et intimidé par

au Parlement i,. t ,. ■, ' • i . . i

de Paris ' uicarceralion de ses présidents et de ses anciens,

' chronologie nmeiKi ire , de Palma Cayct, livre i. — C(>llr< tioii J'etitot , première série , tome XXXIX , pages 44 et suivantes.

il s'élait trouvé jusqu'à cent-vingt-six membres pour souscrire un pareil acte , et le jurer sur les saints évangiles. « Aucuns mesme (on l'a vu) , l'avoient signé de leur sang '. » A Rouen , malgré les impérieuses instances des Péricard, desMoncby, et de plusieurs de leurs adhérents , le Parlement de Normandie s'opiniutrait toujours à repousser un acte si séditieux. A Paris, non moins qu'à Rouen, les Leduc

de Mayenne

ligueurs en frémissaient, craignant, si cette résis- vient à Rouen, tance durait, les conséquences graves qui en pou- contraindre vaient résulter pour la sainte cause. Mais Mayenne, 'ePa'ipment

■>■ *' ' il souscrire

si lent pour l'ordinaire , arriva tout-à-coup à Rouen, au formulaire

, ^ . «^'e la Ligue,

avant même qu on y eût eu avis de sa venue. et à en jurer

«I 1, 1 IT* 1' .•■. robservalion.

Alors on dut comprendre que la Ligue 1 emportait, n se rend exprès et que force allait êlre d'accepter son svmbole. Le aupaïais,

-•■ J •' et assiste :i cette

prince, dit noire Journal (rédigé par un ligueur), «cine

/- 1 • 1 ' • 1 I 1 '^'^ violence.

« tut reçeu avec grande joye et desirde tout le peuple, ( 28 février iss;).) excepté des hérétiques et des politiques ". » Le comte de Chaligny l'avait suivi, avec quelques autres meneurs de la Ligue. Ce furent, d'abord, d'interminables processions par la ville , où assistaient, en grande pompe, le duc et tous les siens. «La plus part du peuple, tant grands que petits, marchoienl les pi C(U iiuch » , ainsi que nombre de

' chronologie novenaire , livre i. — Collection Pelitot , première série , tome XXXIX , page 44 et suivantes.

' Journal manuscrit déjà cité.

300 PARLEMENT DE NoP.MANDIE.

chanoines cl de cliapolains; Monchy, \o fanioiix Monchy, conscillrr-cleic , odH-iait '. Puis, à son loLir, le palais oui la visite du prince ; car c'élail pour le Parlement, surfout, que Mayenne était venu. Il entra dans la p^iand'chambre , le lundi 28 février, connue l'audience allait (inir. 11 ('tait fort accompagné; et on vit , tout d'abord, rpi'il ne quiltei'ait le palais qu'après que tous auraient enfin juré et signé le fameux formulaire. La chose n'alla pas toute seule. Beaucoup s'en voulaient défendre, sans se soucier de la présence du })rince rel)elle. Pour lui. il ne parlait guère , et laissait faire Péricard et Monchy, qui, à la véi'ité , ne s'épargnaient pas en une si pressante conjonc- M;issacioiio<itiix lure. 1 1 v avai t à pciuc rjuinze jours, des scènes hora Toulouse. riblcs S étaient passées à jonlouse, excitées par la

Les ligueurs t . • l •• i a, tt • m

menacent LignG , qui uc voulait plus reconnaître Henri 111. d'uniiaitement j^^ Parlement de Languedoc étant en séance , les

semblable *-

lesmeiubies meueurs l'étaient allés sommer de prononcer la

du Parlement 1,1, 1 t^ i> /

de Rouen , dccheaucedu monarque. Lt comme 1 avocat ge-

ciui ne signeront ' t n PC • • i • '-i.tv

pasie formulaire nei'al Dailis , ainsi que le premier président Dudei Union. pauti , résistaicut énergiquement à un si grand attentat, la multitude exaspérée, se ruant sur ces deux magistrats, comme ils sortaient du palais, les avait jetés dans les prisons ; puis , la sédition crois-

' lirq. cap. E-rl. rmhom., '>j cl 2C, février li8!l.

iiE.Mii m.

saut toujours, Daffis et Diiranti avaient été mis en pièces par ces cannibales '.

La nouvelle de cet affreux massacre s'était répandue en nu instant dans tout le royaume , et y avait jeté l'épouvante. Les meneurs de Rouen , le croirat-on , ne rougirent pas d'exploiter cette atrocité de leur parti , pour, au moyen de la peur , assurer plus promptement son triomphe. Au palais, en présence du duc de Mavenne , dans ce vif et lonu; débat entre les magistrats fidèles et les magistrats ligueurs , ces derniers, Monchy entr'autres, et Péricard (deux chanoines, deux prêtres) , et avec eux le séditieux maître des requêtes Bauquemare de Bourdenij parlaient « de menaces de mort , invoquoienl, alléguoicnt l'exemple de Tlioloze. Hz usoient des plus risoureuses et séditieuses haran2;ues , menaçant leurs collègues de la cruaulté en laquelle ilz alléguoient faulsement que le peuple vouloitprorumpre contre le Parlement et contre ses membres, jus- gcnéreuses

, , / y . •'•,,11, de quelques-uns.

ques a les saccager et les faire mourir j s ilz n adheroyent et se joignoient à la Ligue". » Ces raisons n'étaient pas sans poids ; le récit des fureurs de Toulouse faisait tant de peur ! et, dans Rouen aussi , il v avait un si «irand nombre d'hommes résolus et

Df'tressp

dts magistrats

nenacés,

violentés.

Protestations

' Histoire gcnémle de Languedoc , j>ar \'aissctEe . livre XL! , 5,5 3.) et 3f). — De Tliou , livre xcxv.

- Rcg. secr. du Parlement , séant à Caen , 9.1 juillet l.")89.

pivls à toiil ! Que faire d'ailloiirs? n Notis voyions totil espoir hors ( disail depuis un de ces magistrats fidèles )j Jioiis voyions /'onr/oriic du roy et du Parlement s'esteindre peu à peu ; la liberté des hommes de bien engagée , la menace de mort, que l'on FAisoiT , PAR l'exemple DE Ïholose ' ! » Après que les timides et les indécis eurent signé , les plus opposés commencèrent à balancer , sentant combien serait inutile une plus longue résistance, et combien, d'ailleurs, serait nulle iinc^ adhésion donnée dans de telles conjonctures, V.n signant, toutefois , ils protestaient encore. « Je vivray catholique, apostolique et romain (s'écria Miromesnil ), MAIS sALLVE LA féallté AU DUC'; » c'était à dire à Henri 111, le duché appartenant à nos rois, depuis la réunion de la Normandie à la couronne^. — Le grand Coufumier de la province avait dit que, « aulcun , en Norme ndie , ne peut avoir hommage , d'aultre , fors saulve la féaullé auduc'' » ;et ( disait-il encore ailleurs) , « cil qui faict hommage doit dire àcelluy qui le reçoit, ces parolles: « Jederiensvostre

' Reg. secr. du Parlement , séant à Cacii , ô juillet 1, )!)().

* Même registre.

2 « Le duc de Noniiendie ou le prince est cil qui tient la seigneurie de tout le duché, de quoy !e roy de France a ores Ja seigneurie et la dignité, avec les aultrcs honneurs que Dieu luy a donnez. » Grand Constuniier du pays et duché de Normendie , titre xii: ! « Du Duc. »

^ Le (irand Cnusluniicr du pays et duclic de Normendie, titre vi « De Jusficcnient. »

m; MU III. 305

liomme à vous porter foy contre tous, sailve la FÉAiLTÉ AU DUC DE Normexdie'. » Or, n'otait-ce pas au roi de Fiance qu'appartenait, maintenant, la seigneurie et la dignité du duché ? Tous , alors ^ en Normandie , savaient par cœur ces axiomes. Miromesnil , en un mot , venait de faire hautement , en présence de Mayenne , profession publique de fidélité et de dévoCiment à son roi. Trois conseillers, De Civile, Prévôt de Cocherel etTouslain de Frontebosc , osèrent dire la même chose après lui. A Monchy » '^ Péricard , qui tenaient la feuille des seings j ils faisaient honte du rôle odieux qu'eux, prêtres , n'avaient pas rougi d'accepter dans ces scènes de violence. « Par vos entreprises (leur disaient-ils), nos estats nous sont inutiles; pour jws biens y les prenne qui vouldra. — Tout ce que vous faictes ( disait un autre ) ne tend qu'à l'évcrsion de cest Estât; vous serez cause de sa ruyne'. » — « Patience ! ( répondaient Péricard et Monchy, non ajîparemment sans beaucoup rougir ) , patience ! on remédiera à tout. » Ces magistrats, intimidés, signaient donc enfin , « mais par force et ayant le coulteau à la gorge ^ » , comme plus tard ils le surent bien dire, désavouant ces signatures extorquées , les

' Grand Coiistumier de Normendie , titre xxix : > De teneiire par hommage. »

* Reg. secr. du Parlement , séant à Caen , 21 fiHrier 1594. ^ Reg. secr. du Parlement , séant à Caen , 'i ani'it 1589.

3(>r, l'ARI.KMKM DK NOI'.MANDIE.

mainteiianl luillca et faictcs à peine de la mort y par contraincte j et pour fiiyr ati péril de leur rye, « par force et craincte d'estre saecagez et inys à mort ^ comme les lijiiieiirs en menaçoient tous ceulx qu'ilz trouveroyent réiïactaires à leurs pernicieux et damjmables desseings' ; en un mot , par forces et \ impressions auxquelles ntil komme, si constant qu'il feust j )i'eust jamais pu résister'. » C'est ce que dirent quelques-uns de ces magistrats violentés; et on reconnaît ici le langage des lois romaines^. Morne, si les signatures de quelques-uns eussent été attentivement regardées , on y aurait remarqué des particularités propres à constater la violence à laquelle ces magistrats fidèles cédaient en gémissant ! Le séditieux formulaire, envoyé de Paris , contenant quatre articles, il y en eut qui, autour de leur seing, osèrent écrire qu'ils signaient ^OMr le premier article seulement (c'esl-à-dire pour celui qui concernaitla religion catholique , apostolique et romaine ) , et non pour le dernier article ' , manifeste de régicide , nous l'avons vu tout à l'heure. Dans le paraphe de la signature du conseiller Bouchart, on aurait pu lir(^ le mot latin: Vi ^ employé ici

' Reg. sccr. du Parlciucitt , s;';iiit à Caen , 21 jiiillcl 1589.

' Même rcjiislrc.

^ I.ep. G , Digcst. ' Quod inen'is caiisd >> , liv. iv , tit. II.

' firg. srer. du Purlriiirut , siMixt à (^.acji , 7 juillet ft i août l,i89.

HENRI m.

pour témoi<j;ner éternellement de la violence à laquelle on avaitcédé ' . « Hz vouloient ainsi dénionstrer (disaient-ils) qu'ilz avoyent tousjours devant les yeulx la fidélité au roy. » I.'avocat du roi Thomas de Verdun s'en expliqua de vive voix et bien haut. Mayenne était là (les registres en font foi ), s'interrogeant apparemment lui-môme sur la durée d'un pouvoir qui commençait sous de si étranges auspices.

Cependant , tout n'était pas fini , et il semble que Les membres

V A././. ,x, . , A,... du Parlement

cette scène eut ete mcomplete, si on ny eut jouit som contraints le sacrilège; car, ODmment qualifier autrement riejmei,

o ' ' 1 la main

la cérémonie que l'on fit d'apporter là le livre des surieUvre

, ^ '- des Evangiles ,

Evan2;iles , et de contraindre tous ces magistrats, leur adhésion

,, V i> 1 • ri • ■"! lormnlaire

1 un après 1 autre, de jurer a haute voix, sur ce qu'ils venaient saint li^'re , ce qu'ils venaient de signer tout designer par à l'heure? Le président Le Jumel de Lisores , qui présidait cette triste scène , tenait le livre des évangiles, ou, pour mieux dire , un grand tableau où était écrit l'évangile de saint Jean , et figurée l'image de Jésus crucifié. Présidents, conseillers, gens du roi, greffiers en chef, vinrent, tour à tour, la main sur ce livre , jurer aussi librement qu'ils avaient signé. Quelques-uns avaient voulu s'en défendre , et murmurèrent hautement « disant qu'il n'avoit pas esté décidé qu'on toucheroit le

force.

Beg. secr. du Parlement , st'ant à Caen , 27 juillet Iô89.

l'ARl.F.MENÏ ni: NOiniANDIK.

Le duc

de Mayenne

retourne

au palais,

( -2 mars 1580. )

tableau. » Mais, sur ce dernier point , comme sur tous les autres , il fallut céder à la force. Il va sans dire qu'on sut bien Ironver les magistrats qui «'talent demeurés chez eux ' , alléguant une maladie véritable ou fausse; des hommes de guerre leur portaient la feuille des seings; tout le monde eut sa part de ces violences et de ces angoisses. Le formulaire signé , et tous les serments prêtés , Mayenne sortit de la grand'chambre , honteux, sans doute , du rôle qu'il venait d'y jouer. Le peuple, qui, pendant cette longue scène, avait tout fait retentir de vociférations et de menaces, applaudit avec transport quand il vit le prince rebelle descendre les degrés du Palais. Ce fut la fin de cette triste journée , qu'en devaient suivre de non moins fâcheuses pour tout ce qui , dans cette ville, aimait encore le devoir et l'honneur.

A Notre-Dame , nombre de chanoines et chapelains se refusèrent long-temps ( qu'on le sache ) , à des engagements semblables que la Ligue exigeait d'eux , et que chaque jour on les sommait de souscrire. Mais Péricard et Monchy n'étaient pas hommes à plus ménager leurs collègues de l'église que ceux du palais. Au Chapitre, comme au Parlement , et les mêmes moyens aidants , furent données, à la fin, des signatures , et prêtés des ser-

' Beg. xpcr. du Parlement , S(^ant /i Caen , 9 septomhi'e l.">89.

nients de même valeur que les premiers '. Mayenne était toujours à Rouen , assistant à des services funèbres pour les victimes de Blois " ; à des processions qui le rendaient de plus en plus populaire. Il retourna au Palais le deux mars ; le maître des requêtes Leboucher de Dampierre , député du conseil général de l'Union établi à Paris , accompagnait le prince , et présenta aux chambres assemblées une sorte de loi en six articles , œuvre récente de ce conseil , assez violente , et qu'il fallut bien , toutefois, accueillir encore . cette loi étant signée Cliarles de Lorraine , et Charles de Lorraine étant là. On osa cependant y apporter quelques réserves , et décider, entr'autres choses, que « ce qui auroit esté délibéré dans le conseil général de l'Lnyon , à Paris , concernant la Normandie , seroit envoyé au Parlement à Rouen , poury estre vérifié et enregistré, si besoin estoit^. «

A deux jours de là , Mayenne eut plus de con- i-e duc

V l'TT^ 1 1 -ir-ii 1 •! / • II » p • de Mayenne,

lentement a 1 notel-de-Ville , ou il était aile taire étantà Rouen,

aussi reconnaître ce conseil général , qu'il exaltait ;, ^nè assemblée

aujourd'hui , sauf à l'anéantir plus tard. Là , le /g^rHôtei-

peuple seul étant juge , la chose passa avec toute de-viUe.

* ^ . . . . Enthousiasme

faveur et de grands cris de joie. Tous jurèrent la qu'y excite

sa présence.

( 4 mars I5S9. )

' Reg. capit. Eccles rothoni. , 19 mai lô89. " Reg. capit. Eccles. rothoni. . 3 mars lôS'J. ' Reg. Rapports civils , 2 mars l.)8!).

MO rAULK.Ml-NT DK NoKMANDIi;.

même obéissance aux actes que ferait ce conciliabule. « qu'aux ordonnances, mandements et arrestz du conseil d'Estat et privé, et expéditions ordinaires du <;rand sceau'. »

KiabiisMincnt Mais il fallait que Rouen , aussi, eut son conseil

à Rouen j ijtt •

d'un conseil uc I IJnion , en correspondance continuelle avec jour la province. *^ premier, et toujours prêt a en recevoir le mot d'ordre. Péricard , Moncby , Bauquemare , La Mailleraie, Pierrecourt , l\égnault du Pont, étaient des hommes tels qu'il les fallait pour composer ce conseil provincial. Mayenne les avait désignés, leur adjoignant quelques autres énergumènes, dignes, à tous égards, de leur être associés ; les frères Séquart, par exemple, Bigards deLalonde, le curé de Saint-Yivien , le pénitencier Dadré , celui qui s'était montré si hardi , l'année précédente ^ avec le duc d'Epernon , et d'autres encore. La multitude , en entendant des noms si chers , ne pouvait contenir ses transports. Un conseil si bien composé fut , à l'heure même , « auctorisé par tout le peuple , qui jura de luy rendre tout debvoir et obéissance. » Il était institué «pour la seùreté et conservation de la religion et de l'Estat en la province de Normandie— et devoit obéir à tout ce qui seroit arresté et résolu au conseil général ele l'IInyon estai) ly à Paris " Le manoir abbatial de Saint-Ouen lui

' Reg. de ihntel-de-villc de Rouen, 4 mars 1589.

niiMU m.

était donné pour tenir ses séances. Peu d'instants après que ce conseil était formé , et le peuple étant toujours assemblé à l'hôtel de ville , Dampierre , revenant du Palais , où il était allé présenter cet establisscment du conseil de L'Unyon j, rapportait au peuple un laconique arrêt du Parlement, rendu les chambres assemblées , qui « auctorisoit le dict establisscment du conseil, selon sa forme et teneur'. » Le Parlement était sous le joug maintenant ; cette Cour souveraine, si libre jusque là , et si puissante, venait d'abdiquer, de se donner des maîtres, et des maîtres impérieux, absolus, dont la tyrannie devait lui peser long-temps.

Sur la motion faite , au nom du peuple , par le curé de Saint-Patrice , cette grande assemblée de l'hôtel commun , où était la ville tout entière , finit par une scène d'enthousiasme qu'avait préparée le fougueux curé de Saint-Patrice, Martin Hébert, qui devait se montrer, dans la suite, aussi résolu sur les champs de bataille qu'il avait été entreprenant dans les assemblées populaires. Cette fois encore , « advoué de tout le peuple , » il exposa la nécessité « d'avoir un grand prince pour gouverneur au pays de Normandie, où on avoit tousjours veu commander le premier fils de France, ou le premier prince du sang. Or, après avoir délibéré

Le Parlement approuve , forcément ,

la formation du conseil provincial de rUiiion.

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