VI. a
La résistance
des Parlements
continue
de gêner
et d'indisposer
e gouvernement
de Louis XV,
qui cherche
comment
il les pourra
réduire.
plus en plus difficiles, le gouvernement songeait toujours comment il les pourrait réduire. Ou sait tous ces lits de justice , où Louis XV fit, en sa présence, copier sur les registres des édits que le Parlement de Paris n'avait pas voulu enregistrer de bon gré. Ces cérémonies, fréquentes maintenant, et auxquelles les magistrats étaient tenus d'assister , les relevaient , au fond , au lieu de les abaisser, comme l'avait prétendu la cour. Car, enfin, l'enregistrement des lois, aux Parlements, était donc indispensable , puisque , pour l'obtenir , on employait ce solennel appareil de force et de contrainte; et la nécessité de l'enregistrement reconnue, que pouvaient valoir les enregistrements faits sans délibération , ou plutôt contre les délibérations des magistrats1 ?
Les gouverneurs, les porteurs d'ordres allaient
1 M Walckenaèr, Nouvelle Continuation de U abrégé chronoloçiq** du président Uénault. Remarques particulières à la suite du règne de Louis XV ', tom. VI , p. 176 et suiv. — Alors fût publié un écrit intitulé : Lettre sur les Lits de justice ( in-12, 46 p. , 18 août 17a€.) L'auteur y démontre que les Lits de justice , ou séances royales, imaginées anciennement , comme un moyen, pour les rois, de consulter les Parlements , et de s'éclairer de ce que les membres de ces cours souveraines pourraient dire , à haute voix et librement, au monarque , sur ses édits , sont devenus des actes de puissance absolue , des scènes muettes , où les magistrats opinent toot bas , inutilement , sans que leurs votes influent en rien sur le résultat» et ne sont point entendus du roi , qui n'est Tenu là que pour le» contraindre , et non pour les écouter.
souvent aussi, dans les Parlements des provinces, donner des parodies de ces lits de justice ; les scènes de ce genre , jouées à Rouen , par les ducs de Luxembourg, d'Harcourt, et par le marquis de Fougère , ne sont pas de celles qu'on oublie ; nous y en verrons d'autres encore. L'histoire, enfin, a dénoncé toutes les tentatives faites sous ce règne, pour changer la constitution des Parlements ; les translations de celui de Paris à Montargis, à Pontoise ; les arrestations de plusieurs de ses membres; les exils, la hardiesse qu'eut le régent de supprimer* en 1720, vingt-six membres du Parlement de Bretagne, choisis en jardinant, dans cette compagnie qui avait déplu1. A mesure que le règne de Louis XV avançait, les idées d'absolutisme progressant dans le cabinet, et les Parlements devenant de plus en plus incommodes, les voies de fait contre eux allaient se multipliant toujours. Une chambre royale j créée en novembre 1753 pour remplacer le Parlement de Paris, n'avait guère duré. Mais cette tentative et bien d'autres semblables trahissaient le secret du cabinet de Versailles. Ne pouvant plus endurer les Parlements, le gouvernement cherchait comment il parviendrait à les détruire, et ce qu'il leur pourrait substituer. Après la c/iambre royale, qui n'avait pu tenir, il songea au grand
» Mémoires du duc de Saint-Simon , t. XVUIt ch. 10 ( édit. in-8°, de 1829. )