‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 13 sur 217 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

effet des esclaves aux états généraux, au grand parlement, ou états généraux de France, en i3o2 et en i355?

Ces commissaires enquêteurs, qui firent bientôt corps avec le nouveau parlement , forcèrent , par leur mérite et par leur science , le monarque à leur confier cet important ministère, et les barons juges à former leur opinion sur leur avis.

Ceux qui ont prétendu que la juridiction appelée parlement , s'assemblant deux fois par an pour rendre la justice, était une continuation des anciens parlemens de France , paraissent être tombés dans une erreur volontaire, qui n'est fondée que sur une équivoque.

Les pairs barons, qui assistaient aux vrais parlemens, aux états généraux, y venaient par le droit de leur naissance et de leurs fiefs ; le roi ne pouvait les en empécber; ils venaient joindre leur puissance à la sienne, et étaient bien éloignés de recevoir des gages pour venir décider de leurs propres intérêts au champ de mars et au champ de mai. Mais dans le nouveau parlement judiciaire, dans cette cour qui succéda aux parloirs du roi , aux conseils du roi , les conseillers recevaient cinq sous parisis chaque jour. Ils exerçaient une commission passagère ; et très souvent ceux qui avaient siégé à Pâques n'étaient plus juges à la Toussaint.

a8 HISTOIRE DU PARLEMENT DE PARIS.'

(i32o) Philippe-le-Long ne voulut plus que les évêques eussent le droit de siéger dans ce tribunal , et c'est une nouvelle preuve que le nouveau parlement n'avait rien des anciens que le nom : car si c'eût été un vrai parlement de la nation , ce qui est impossible, le roi n'aurait pu en exclure les évéques, qui, depuis Pépin, étaient en possession d'assister de droit à ces assemblées.

En un mot, un tribunal érigé pour juger les affaires contentieuses ne ressemble pas plus aux états généraux , aux comices , aux anciens parlemens de la nation entière, qu'un préteur de Strasbourg ne ressemble aux préteurs de la république romaine , ou qu'un consul de la juridiction consulaire ne ressemble aux consuls de Rome.

Le même Philippe-le-Bel établit, comme on a vu , un parlement à Toulouse pour le pays de la langue de oc , comme il en avait établi un pour la langue de oui. Peut-on dire que ces juridictions représentaient le corps de la nation française ? Il est vrai que le parlement de Toulouse n'eut pas lieu de long-temps : malgré l'ordonnance du roi , on ne trouva point assez d'argent pour payer les conseillers.

Il y avait déjà à Toulouse une chambre de parlement ou parloir, sous le comte de Poitiers, frère de saint Louis ; nouvelle preuve que les mêmes noms ne signifient pas les mêmes choses. Ces

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