‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 175 sur 217 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

Le régent n'avait pas pesé ces inconvéniens , puisqu'il n'était pas même assez instruit pour relever les mépi'ises du parlement. Ce corps ne dit point ce qu'il devait dire, et le régent ne répondit point ce qu'il devait répondre.

Le parlement ne se contenta pas de cette réponse; les murmures de presque tous les gens sensés contre Law l'aigrissaient, et quelques uns de ses membres étaient animés par la faction de la duchesse du Maine, du cardinal de Polignac, et de quelques autres mécontens.

Le lendemain, les chambres assemblées, au nombre de cent soixante et cinq membres, rendirent un arrêt par lequel elles défendirent d'obéir à l'édit du roi.

Le régent se contenta de casser cet arrêt , comme attentatoire à l'autorité royale, et de poster deux compagnies des gardes à l'hôtel de la Monnaie. Il souffrit même encore qu'une députation du parlement vînt faire des remontrances à la personne du roi. Sept présidens et trente -deux conseillers allèrent au Louvre. On croyait que cette marche animerait le peuple; mais personne ne s'assembla seulement pour les voir passer.

Paris n'était occupé que du jeu des actions auquel Law le fesait jouer; et la^opulace, qui croyait réellement faire un gain lorsqu'on lui disait que quatre francs en valaient six, s'empressait à l'hôtel

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des Monnaies, et laissait le parlement aller faire au roi des remontrances inutiles.

Law, qui avait réuni à la banque la compagnie d'Occident , y réunit encore la ferme du tabac qui lui valait beaucoup.

I.e parlement osa défendre aux receveurs des deniers royaux de porter l'argent à la banque. Il renouvela ses anciens arrêts contre les étrangers employés dans les finances de l'état. Enfin il décréta d'ajournement personnelle sieur Law, et ensuite de prise de corps.

(26 auguste 1 7 1 8) Le duc d'Orléans prit alors le parti de faire tenir au roi un lit de justice au palais des Tuileries. La maison du roi prit les armes, et entoura le Louvre. Il fut ordonné au parlement d'arriver à pied et en robes rouges. Ce lit de justice fut mémorable : on commença par faire enregistrer les lettres patentes du garde des sceaux, que le parlement n'avait pas voulu jusque là recevoir. M. d'Argenson ouvrit ensuite la séance par un discours dont voici les paroles les plus remarquables :

« Il semble même qu'il a porté ( le parlement ) « ses entreprises jusqu'à prétendre que le roi ne (c peut rien sans l'aveu de son parlement, et que a son parlement n'a pas besoin de l'ordre et du con- « sentement de sa majesté pour ordonner ce qu'il (î lui plaît.

« Ainsi, le parlement pouvant tout sans le roi,

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