‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 22 sur 217 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

magistrats, allèrent, au nom de la ville, demander la protection du roi d'Angleterre, Henri V, qui ravageait alors la France.

Morvilliers, l'un des présidens du parlement, fut député pour prier le nouveau duc, Philippe de Bouroo^ne, de venir dans Paris. La reine Isabelle de Bavière, ennemie dès long-temps de son fils, ne songea plus qu'à le déshériter. Elle profita de l'imbécillité de son mari pour lui faire signer ce fameux traité de Troyes, par lequel Henri V, en épousant Catherine de France, était déclaré roi conjointement avec Charles VI, sous le vain nom de régent, et seul roi après la mort de Charles, qui ne reconnut que lui pour son fils. Et, par le xxix^ article, le roi promettait « de ne faire (f jamais aucun accord avec Charles , soi-disant « dauphin de Vienne, sans l'assentement des trois « états des deux royaumes de France et d' Anglece terre. »

Il faut s'arrêter un moment à cette clause, pour voir qu'en effet les trois états étaient le véritable parlement, puisque l'assemblée des états n'avait point d'autre nom en Angleterre.

Après ce traité, les deux rois et Philippe, duc de Bourgogne, arrivèrent à Paris le i^'' novembre \L\io. On représenta devant eux les mystères de la passion dans les rues. Tous les capitaines des bourgeois vinrent prêter serment entre les

mains du président Morvilliers , de reconnaître le roi d'Angleterre. On convoqua le conseil du roi , les grands officiers de la couronne et les officiers de la chambre du parlement, avec des députés de tous les autres corps , pour juger solennellement le dauphin : on donna même à cette assemblée le nom ai états généraux pour la rendre plus auguste. Philippe de Bourgogne , la duchesse sa mère, Marguerite, duchesse de Guienne, et les princesses ses filles , furent les parties plaignantes.

D'abord l'avocat Rollin, qui fut depuis chancelier de Bourgogne, plaida contre le prince. Jean Larcher, député de l'université, parla après lui avec beaucoup plus d'emportement encore. Pierre Marigni, avocat pour Charles VI, donna ses conclusions , et le chancelier Jean- Le -Clerc promit qu'à l'aide du roi d'Angleterre, régent de France, héritier dudit roi, il serait fait bonne justice.

Les Anglais, malgré tous les troubles qui ont agité leur pays, ayant toujours été plus soigneux que nous de conserver leurs archives, ont trouvé à la tour de Londres l'original de l'arrêt préliminaire qui fut donné dans cette grande assemblée; en voici les articles principaux :

« Ouï aussi notre procureur général, lequel a « prins ses conclusions pertinentes au cas, avec « requêtes et supplications à nous faites par notre

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