CH. XI. — LES DEVOIRS DES GREFFIERS
Le greffier Lacombe ne pouvait oublier les devoirs des greffiers. Je ne saurais mieux faire que de le citer :
€ Us se trouvent à la chambre des manteaux avant € Taudience et suivent Messieurs lorqu'ils y vont pren- « dre leur séance avant l'ouverture des huis, portant « leur robe noire et bonnet carré, avec leur équipage « pour écrire. Ils ne doivent point s asseoir jusqu'à ce € que messieurs les présidents commandent d'ouvrir. € Alors ils s'appliquent à ce qui est de leur fonction, qui € est de retenir, avec toute l'agilité possible, tant les « plaidoyers des procureurs et avocats que les arrêts de € la Cour, à quoi ils doivent vaquer avec une attention « si forte qu'elle ne peut pas souffrir qu'ils soient dis- € traits, le moins du monde, sans qu'il n'y survienne de « préjudice et parce qu'en la grand'chambre, tant le « greffier audiencier civil que le criminel ont droit d'y « écrire chacun aux matières qui lui apppartiennent, il « faut remarquer que lorsque l'un écrit, l'autre se peut « couvrir de son bonnet.
« Après la tenue de l'audience, ils mettent, en leur par- « ticulier, les arrêts au net et portent après le cahier de « l'audience à messieurs les présidents qui l'ont tenue, « pour les voir et corriger s'il y échet, sans le signer, « remettant ainsi toute l'audience à la seule loi des au- « dienciers, de sorte qu'il est bien nécessaire qu'ils « soient d'une probité bien connue et exempte de toute « corruption. Aussi ne trouve-t-on pas que depuis « l'institution du Parlement que la Cour a consigné, « entre les mains des audienciers, ce trésor sacré de < ses arrêts contenant la fortune et Thonneur des par- € ticuliers, qu'il s'en soit trouvé aucun coupable d'une
« aussi grande lâcheté que d*abuser de cette confiance, « et j'ose espérer, avec la grâce de Dieu, que leurs dé- « portements à l'avenir ne donneront pas sujet de chan- € ger cet ordre si avantageux à leur réputation, laquelle « ils conserveront avec autant de jalousie que leurs « devanciers. »
Le greffier Lacombe a oublié de parler du sceau du Parlement : c'était l'écu de France surmonté d'une couronne à neuf fleurons trilobés au-dessus de laquelle s'élevait le buste d'un ange aux ailes éployées. A côté de l'écu, deux buissons fleuris se dressaient chacun sur une montagne. Autour de l'écu on lisait cette légende : Sigillum Francisa Francorum regiSy in palria occilana ordinalum. Le contre-sceau portait un semis de fleur de lys avec la légende : Conlra sigillum régis in pairia occiiana.