CH. XII. — PEINES CONTRE LES HUISSIERS
derrière lui, en la première enceinte, sur le bureau portatif du greffier criminel, le premier huissier à ses côtés, et les avocats, les procureurs et les parties dans la première enceinte du barreau. Les garde-sacs entraient au moment où la Cour se rendait aux délibérations en chambre du conseil et prenaient la place des greffiers audienciers ; l'audience reprise, ils sortaient et laissaient la place libre aux audienciers.
Parfois, la grand* chambre tenait ses audiences privées à la chambre du conseil. Là, les conseillers présidant l'audience pouvaient s'asseoir sur le siège du premier président. La Tourneile ne tenait jamais ses audiences privées à la chambre criminelle, mais en celle du bureau où se tenaient aussi les audiences privées pendant les vacations.
Les parlementaires et les greffiers montraient souvent plus d'exactitude que les huissiers à ces audiences privées. Il arriva plus d'une fois que, par la faute des procureurs indolents à prévenir les huissiers, aucun d'eux ne se trouva au Palais pour appeler les cartels; force fut à la Cour de les faire appeler par les greffiers et de condamner les huissiers à 3 livres d'amende et de les menacer de suspension de leurs fonctions. Elle usait de plus de sévérité envers les procureurs absents, en les condamnant à des amendes de lo à 25 livres et à des suspensions de leur office. L'absence d'un procureur étant un motif de cassation d'un arrôt, la Cour n'entendait pas qu'on violât les règles à ce sujet.
C'est que les heures des audiences étaient matinales au Parlement de Toulouse; tous les jours, hiver ou été, il fallait se rendre au Palais à six heures du matin, pour
entendre la messe du chapelain de la Cour. La Rocheflavin a raconté comment on stimulait le zèle des conseillers attardés qui se raillaient du registre des pointes et de la suppression des gages. On ordonna à tous les membres du Parlement d'entrer par la grande porte de la salle d'audience et on ferma à clé la petite porte s'ouvrant du côté de la cour du Palais, afin que les jeunes conseillers des enqui^tes qui s'attardaient eussent à rougir de voir sur leurs sièges les présidents et les vieux conseillers.
La chambre des requêtes se distinguait des autres par son origine, sa composition et sa compétence ; elle siégeait avec deux présidents, douze conseillers et deux conseillers honoraires et formait une sorte de juridiction inférieure au milieu de cette Cour souveraine. Son nom lui venait de son origine : elle avait succédé aux maîtres des requêtes de l'hôtel du roi qui recevaient et jugeaient, aux premiers siècles de la monarchie, les plaintes des officiers du Palais. Elle avait ses gens du roi et statuait sur certaines questions féodales, sur les causes possessoires, mixtes ou personnelles des officiers de la couronne, des chevaliers du Saint-Esprit, des conseillers du conseil d'État ou privé, des maîtres des requêtes ordinaires et des secrétaires des rois ou des princes, et sur les procès nombreux des plaideurs ayant lettres de commiltimus et recherchant ardemment cette juridiction qui enlevait les parties, grâce à ces lettres, à leurs juges naturels.
La chambre des requêtes eut à soutenir bien des luttes pour avoir droit de séance à certaines audiences du Parlement. Dans un procès entre un président et un