‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 106 sur 295 · CHAP. XII. — LES REDDES DES PRISONS 29I · texte numérisé non relu

CHAP. XII. — LES REDDES DES PRISONS 29I

Les avocats et les procureurs étant entrés à leur tour, Vaudiencier appelait les prisonniers suivant Tordre de la redde ; le président les interrogeait sur Tépoque ^t les causes de leur détention, recueillait les avis et prononçait Tarrêt. Si le mot sinistre maneat se trouvait «n marge du rapport des gens du roi, la Cour ne statuait pas sur l'élargissement, parce que les chambres assemblées en avaient déjà délibéré, à moins qu'il n'y eût une •cause nouvelle de mise en liberté.

Tous les prisonniers ainsi interpellés, le geôlier et le guichetier sortaient: le premier président demandait alors aux prisonniers s'ils avaient à formuler des plaintes contre le geôlier, si ce dernier enfreignait les règlements, s'il négligeait de donner des vivres à ceux qui étaient trop pauvres pour manger à sa table, s'ils manquaient de confesseur, si le service divin se célébrait les dimanches et les fêtes et s'ils ne recevaient aucun mauvais traitement.

Sur l'ordre du premier président, le geôlier rentrait ; en cas de plaintes légitimes contre lui, on le punissait sur-le-champ d'une amende ou de la prison. S'il n'y avait pas de plaintes, le premier président lui demandait un rapport sur les prisonniers, et la Cour statuait.

Avant de partir, le premier président n'oubliait pas d'enjoindre au geôlier d'accomplir strictement ses devoirs et d'exécuter fidèlement les règlements, sans user de rigueur envers les prisonniers, mais sans mollesse et sans crainte. Il s'adressait ensuite aux prisonniers, les exhortant à supporter courageusement leur infortune, à mettre leur confiance en Dieu, à le prier d'inspirer leurs juges de leur faire grâce et miséricorde s'ils étaient cou-

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