‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 110 sur 295 · CHAP. XIII. — LA BASOCHE · texte numérisé non relu

CHAP. XIII. — LA BASOCHE

de fleurs. C'était la baillée des roses de la Basoche. On ne sait pas bien si, dans celte poétique ville de Toulouse, illustrée par Clémence Isaure, la Basoche a joué des mystères, des moralités, des farces ou des sotties. On sait seulement qu'un arrêt du Parlement défendit un jour aux clercs, sous peine d'être fouettés par la ville, de jouer des farces injurieuses, et enjoignit à leur roi, avant de les jouer, de les soumettre au sénéchal. L'arrêt menaçait les clercs d'église d'une prison perpétuelle, si le guet les trouvait mêlés à ces grossières comédies. On ne saurait dire de la Basoche de Toulouse ce que Clément Marot disait de celle de Paris, qu'elle faisait la splendeur de la capitale ; on peut croire, sans exagérer l'influence des clercs de Toulouse sur les lettres de leur pays, qu'ils eurent leur part dans la renaissance littéraire de leur temps. Ils eurent, du moins, autant de renommée que les clercs des Basoches de Paris, de Dijon, de Grenoble et de Bordeaux.

Le Parlement laissait plaider et chanter les clercs, mais il punissait leurs folles équipées et leurs émeutes. C'est ainsi qu'il leur défendit de faire des charivaris. Les Basoches voulant passer outre, leur roi se vit saisir au^ corps et enfermer à la conciergerie du Palais. Cette royauté frivole vieillissait et pâlissait d'année en année : elle n'était guère qu'une ombre; son prestige s'évanouissait et son éclat s'éteignait dans le dédain, l'abandon et la misère. En plein Parlement, un roi de la Basoche allait être souffleté par un procureur en 1720, un autre devait expirer dans une prison. Pourtant, malgré l'édit de Henri III, abolissant le titre de roi de la Basoche qui lui déplaisait, parce qu'il entendait porter seul ce titre

de roi dans son royaume, la Basoche de Toulouse garda son roi. On verra, plus tard, cette royauté aimable et bruyante, qui avait duré cinq cents ans, disparaître avec la royauté française dans le naufrage de la Révolution.

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