‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 112 sur 295 · CH. XIV. — LA CHAMBRE DES REQUÊTES SUPPRIMEE · texte numérisé non relu

CH. XIV. — LA CHAMBRE DES REQUÊTES SUPPRIMEE

projet de réduire les charges à leur ancien nombre et renouvela la défense de recevoir, dans les Parlements, des magistrats avant l'âge de trente ans. Ce terme paraissait long à une jeunesse ambitieuse et impétueuse ; mais, au Palais, les vieux magistrats écartaient d'une main hautaine les hommes jeunes, sans savoir et sans expérience. Les avocats et le peuple aimaient d'ailleurs à voir, aux audiences, des barbes blanches sur les robes rouges, de même que le vieux Beaumanoir se plaisait à admirer les barbes grises sur les cuirasses aux jours de bataille.

Le roi, cédant aux vœux des Etats et du roi de Navarre, supprima la chambre des requêtes instituée par François P^ au Parlement de Toulouse. Le Parlement résista et ne se soumit qu'après trois lettres de jussion. Le roi songea, un moment, à supprimer aussi la place de second avocat général, vacante à la mort de Jean d'Olive, et le syndic des Etats le poussait à cette mesure nécessitée, c'est lui qui le disait dans un long mémoire, par la paresse qu'engendrent la multitude des juges et le fardeau des dépenses du Trésor. Ces doléances se perdirent au travers des rumeurs confuses de la Cour du Louvre: c'est le fils aîné du premier président de Mansencal qui remplaça Jean d'Olive.

Au mois de septembre, les grands jours se tiennent au Puy, sous la présidence du président de Sarta, assisté des conseillers du Gabre, du Ferrier, de la Garde, de Nupces, de Rességuier, Daffis, de Teula, de Malras, Guérin d' Alzon, Seguier et Golfin. On y jugea surtout les procès relatifs à l'état des églises et à la discipline des monastères, dans les sénéchaussées de Beaucaire et du

Rouergue et les bailliages du Velay, du Gévaudan et du Vivarais. Le bras séculier venait en aide aux monastères et aux églises pour resserrer les liens flottants de la règle ; il n'oubliait pas de frapper, autour de lui, de rudes coups sur les calvinistes fougueux de ces contrées.

En rentrant à Toulouse, les magistrats des grands jours y retrouvèrent la peste, qui désola le pays pendant deux années. Le Parlement resta à Toulouse, en laissant aux magistrats effrayés par le fléau la liberté de sortir de la ville. Aucun d'eux ne déserta la cité alarmée et abandonnée. Les marchands et les voyageurs qui la traversaient subissaient de cruels traitements à leur arrivée dans les autres villes de la province ; il fallut que le Parlement menaçât les populations de ces cités inhumaines du bannissement, delà confiscation des biens, des galères et du fouet. Afin d'attirer les étrangers et de ramener à Toulouse le commerce appauvri et languissant, il vérifia l'édit qui accordait une foire chaque année et un marché par semaine au faubourg Saint- Cyprien. Les impôts continuaient à peser sur la ville. Le président des enquêtes, Jean de Bernuy, trouvant que les capitouls puisaient trop largement dans sa gran'de fortune, déclina la juridiction du Parlement dans ses procès avec eux, et obtint une évocation au Grand Conseil. Certaines pièces ayant disparu, le Parlement s'en prit à Jean de Bernuy et le suspendit de ses fonctions. Le roi lui rendit sa charge de président en le privant de quelques mois de gages et renvoya la contestation de la famille Bernuy et des capitouls à la sagesse du Parlement.

Il donna au Parlement une éclatante preuve de sa con-

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