‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 118 sur 295 · CH. XIV. — LIGUE CONTRE LES NOUVELLES CHARGES · texte numérisé non relu

CH. XIV. — LIGUE CONTRE LES NOUVELLES CHARGES

ordres du roi. Il ne sMnspirait que de rhonneur et des intérêts de la justice. Henri II d'ailleurs ne Ten blâmait pas ; il lui écrivait un jour de se mettre sur ses gardes, quand il s'agirait de gr&ces à lui surprises par les artifices et les importunités des hommes jdressés à tromper les rois. La seule création de deux offices de président en faveur des deux conseillers Antoine de Paulo et Antoine de Mal ras ne souffrit aucun retard. Il n'en fut pas ainsi de la création d'un office de second procureur général, autrefois supprimé, accordé à Martin Durand. Ni des lettres patentes, ni des lettres de jussion apportées par un maître des requêtes, ni les colères du maître des requêtes ne prévalurent contre les résistances du Parlement qui renvoya cette aflfaire au roi, afin qu'il en ordonnât selon son bon plaisir. Le roi donna tort au maître des requêtes et abolit cette charge arrachée à sa n^ain par la vanité d'un ambitieux.

Quand il se reposait des affaires de la guerre, le roi se retournait vers les choses de la justice et de la religion. Il manda au premier président de sévir contre les progrès de la réforme avec toute la rigueur des lois. € Vous savez assez que la chose que nous avons tou- € jours plus désirée est d'extirper et déraciner de notre € royaume la malheureuse et damnée secte hérétique, et € n*aurez oublié combien de fois et de quelle affection € nous vous avons recommandé la justice et punition de « ceux qui en seraient tachés, afin d'essayer, par ce € moyen, d'en nettoyer notre royaume. En quoi, quelque € devoir que vous ayez fait, nous ne voyons toutefois € aucun amendement, mais au contraire que les dites € ftectes s'augmentent et se fortifient de plus en plus à

€ notre grand regret Nous vous mandons et ordon-

€ nons que vous ayez à procéder encore plus soigneuse- € ment et diligemment que jamais contre ceux qui s*j € trouveront chargés et prendre en mains, chacun de € vous, l'extirpation de cette vermine. >

Cette lettre fut accueillie par les cris de réprobation des réformés.

Les protestants ne se contentaient plus de chanter, dans Tombre, les psaumes français traduits par Clément Marot ; les plus violents s* attaquaient aux églises, abattaient les croix, déchiraient les images et profanaient les statues de la vierge et des saints, aux portes des maisons et aux carrefours de Toulouse. Le peuple en était irrité ; le Parlement assista à une procession générale ordonnée en expiation de ces sacrilèges. Les bûchers et les échafauds donnaient aux persécutés les exaltations du martyre ; loin de les effrayer, ils jetaient dans leur ànîe plus de frémissements et plus de haines. Sur ce chemin du supplice, on rencontre le cordelier Marcié dont les sermons dans le Rouergue semblèrent toucher à Thérésie, les deux inquisiteurs Remond du Luc, conseillers en la sénéchaussée d'Agen, et Richard, leur vicaire, accusés d'hérésie et de sodomie et François d'Augy, revenu de Genève, qui cria au milieu des flammes : c Courage, mes frères, je vois les cieux ouverts et le fils de Dieu s'apprêtant à me recevoir! > A leur suite, on vit paraître Jean Joéry , des plaines d'Albi, et un petit enfant, son serviteur, qui chantèrent des psaumes dans le feu jusqu'à leur dernier soupir, Pierre Serre, du diocèse du Couserans, dont la mort arracha des larmes au peuple et aux juges eux-mêmes.

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