INTRODUCTION XV
un jour, je publierai un recueil de pièces justificatives avec les noms de tous les Parlementaires ; j'ai presque toujours fondu, dans mon récit, les noms des annalistes, de§ historiens et des choniqueurs auxquels j'ai emprunté leurs impressions et leurs souvenirs. J'en ai emprunté enfin à un savant et doux esprit qui vient de s'éteindre brusquement, en nous mettant tous en deuil, et dont l'éloge se trouve dans ce vers du poète Ménandre : c II € aima de la même inclination et du même souci, la « science, les lettres et le bien public. > Sans lui,je veux dire sans M. le président Sacase, qui ne s'est jamais lassé de m'aider et de m'encourager, je me serais peutêtre égaré dans cette histoire qui remonte aux premiers siècles chrétiens et qui s'achève à Tabolition des Parlements et au pied des échafauds de la Révolution.
Quand on a vécu plusieurs années avec ces lointaines générations de Parlementaires, on finit par croire que nous sommes, par-dessus tout, un peuple judiciaire, ayant mieux qu'un autre la jalouse passion du droit et de la loi. A ce spectacle de tant d'agitations, de secousses et de retours inouïs, de malheurs et de fortune, on entrevoit encore cette vérité que les révolutions passent sur la tête des magistrats, en les atteignant quelquefois, sans qu'ils aient jamais désespéré du jour des réparations. Les hommes disparaissent, les monarchies et les démocraties tombent, les réformes impures s'affaissent d'elles-mêmes : seule, la grande et véritable justice ne meurt pas.
En dehors de ces consolantes espérances, je ne puis