‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 130 sur 295 · CHAP. XV. — DÉSORDRES A TOULOUSE · texte numérisé non relu

CHAP. XV. — DÉSORDRES A TOULOUSE

mère flottait des châtiments qui précipitaient les protestants aux révoltes, à la clémence qui les poussait aux entreprises téméraires. L'édît de juillet 1 56 1, portant amnistie générale envers les calvinistes, servit de barrière aux deux partis. La connaissance du crime d'hérésie était maintenue aux évêques ; les infrac lions au repos public, livrées au bras séculier, ne pouvaient être punies que de Texil.

C'est pénétrer dans la vie et Tâme même du Parlement, que de ressaisir sa pensée dans la vérification des édits des rois. En enregistrant cet édit de I56i, qui fut le premier pas dans la voie de la clémence, le Parlement de Toulouse ne l'acceptait pas sans défiance : Lu et publié « pour en jouir par provision et jusqu'à ce qu'il en soit « autrement ordonné, sous les modifications contenues c aux registres, faites le i3 septembre i56o, sur la pu- € blication d'un édit de Romorantin, à la concurrence € d'appel comme d'abus et aussi d'autres lettres de dé* c claration du 6 août et sauf à pourvoir à la satisfaction c et réparation des démolitions es églises et couvents, « croix, images, reliques, réintégration des religieux vio- € lemmeat exploités d'icelles et couvents. »

Le conseiller Thomas de Forest, très docte et très dévot, au rapport de Pierre Guilbert, essaya vainement d'entraver les prédications protestantes. L'espagnolJean Cornère, cordelier apostat, dont les œuvres théologiques venaient d'être brûlées à Paris, au parvis Notre-Dame, monta dans les chaires ou sur les tertres des carrefours et prêcha la réforme, en appelant aux armes les hommes de bonne volonté. Le ministre Barelles qui prêchait avec lui s'écriait aussi que du fer seul dépendait le salut, et

qu'il ne fallait plus aller au prêche, sans trois cents arquebusiers. A sa voix, la foule grossit, et on décide qu'on demandera du secours aux villes voisines et q\i*on disséminera les combattants dans les maisons protestantes. Il en arriva surtout du comté de Foix qui demandèrent la bataille pour le lendemain, en entendant la lecture d'une lettre enflammée de Théodore de Bèze aux églises réformées de Toulouse, d'Albi, de Montauban et de Castres.

Les deux capitouls Auzat et Mondinat en informèrent le Parlement, en lui disant audacieusement qu'ils ne se fiaient plus à lui, et que les protestants n'entendaient poser les armes, que lorsque les garnisons auraient vidé les églises. Le Parlement, dédaignant ces outrages, leur commanda d'exhorter les rebelles au calme et à la modération.

Les protestants renversèrent les autels de bien des églises converties en temples. Les gens du roi s'en plaignirent à la régente et au roi de Navarre : un avocat apporta leurs doléances à la régente qui interdisait aux magistrats des Cours souveraines de se rendre à Paris, sans permission expresse du roi. Ces plaintes, souvent renouvelées, lui déplaisaient ; en les écartant, elle espérait les entraver et leur imposer silence.

Les désordres s'aggravaient en Languedoc où le vicomte de Joyeuse et le comte de Crussol ne pouvaient les maîtriser et les éteindre. Les plaintes du Parlement devenant plus pressantes et plus amères, le gouvernement se décida à faire marcher Antoine de Lomagne sur Toulouse, afin d'y ramener la paix avec ses gens d'armes et de prêter mainforte au Parlement. A cette nouvelle,

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