‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 134 sur 295 · CHAP. XVI. — MONTLUC · texte numérisé non relu

CHAP. XVI. — MONTLUC

CoDdé lui promit douze cents hommes levés dans les Cévennes. D'un autre côté, une bande de six cents protestants du pays de Foix pénétrait en ville et menaçait de piller les églises. Les conjurés cherchaient à étouffer ces bruits de guerre et à tromper le Parlement par des ouvertures de paix : les capitouls donnaient secrètement la main aux conjurés.

De son château de Faudoas en Gascogne, le vieux Montluc entendait gronder la révolte. Une lettre de Cahors lui révéla toute la conjuration : elle était ainsi conçue: € Monsieur, m'en revenant de la Cour, je suis € passé à Orléans où j*ai laissé M. le prince de Condé qui € assemble de grandes forces et en a déjà beaucoup. Il y € a un capitoul de Toulouse qui s'en vient à grandes € journées, et pense qu il passera cette nuit ici, lequel a € promis audit seigneur prince de lui rendre, à sa dévo- € tion, le i8 de ce mois, la ville de Toulouse. Ledit capi • € toul s*en est découvert à moi. »

Montluc expédia un courrier au premier président du Parlement qui s empressa de convoquer quelques parlementaires discrets et sûrs, les présidents de Paulo, Daffis, Lathomi et huit conseillers, et de leur communiquer la dépêche de Montluc. Ce conseil privé manda les capitouls, et leur reprocha la trahison ourdie par eux avec les protestants. Ils répudièrent la trahison de leur collègue; le Parlement, où se trouvaient vingt-cinq conseillers de la religion nouvelle, en écrivit au vicomte de Joyeuse, qui parcourait la province, et s'assembla, le II mai i562, pour entendre la lecture des lettres de Montluc devant tous les capitouls appelés par huissiers. Trois capitouls apportèrent un projet de réconciliation

entre les partis ; la ruse et la déloyauté des autres se trahissaient dans leur langage. Le premier président leur dit: € La Cour vous commande, à peine d'être traités € comme criminels de lèse-majesté, de pourvoir efficace- € ment à la sûreté de la ville, de faire sortir, sans délai, « tous les étrangers, de ne rien délibérer sans la partici- € palion des douze adjoints qu*on vous donnera et d*einc pécher la célébration de la cène que les huguenots se € proposent de faire, le jour de la Pentecôte. Le prési- € dent Dufa ir et les conseillers d'Alzon, Dusolicr, Fo- € rest, Papus et Du Bourg iront présider au conseil de € ville dont la garde sera confiée aux capitaines Bazor- € don, Clermont, Montmaur et Trebons. > Le capitoul Hunaud, baron de Lanta, décrété de prise de corps, passa à l'étranger.

Les conjurés, effrayés et désespérant du succès, se réunirent dans la maison de Portai, viguier de Toulouse. Portai, adroit et habile aux expédients et aux ressources, les engageait à rentrer dans Tombre, à ne pas aff'ronter l'arrivée de Montluc et à guetter une occasion meilleure. Le ministre Barelles s'écria que le dieu des armées ne souffrait pas ces lenteurs et ces incertitudes humaines, et qu'il ne lui fallait qu'une heure pour foudroyer ses ennemis et renverser Babylone. L'esprit de vertige s'empare des plus craintifs et des plus sages ; ils coururent, en foule, prendre l'hôtel de ville, les collèges Saint-Martial, Sainte-Catherine et de Périgord, s'assurèrent des portes de Villeneuve et de Matabiau et, à la faveur de la nuit, élevèrent des barricades munies de canons dans les rues voisines du Capitole. Des lettres du Parlement sont expédiées à Montluc, Terride,

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