‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 140 sur 295 · CHAP. XVI. — LE CONSEILLER FRANÇOIS DE LA GARIE 40 F · texte numérisé non relu

CHAP. XVI. — LE CONSEILLER FRANÇOIS DE LA GARIE 40 F

rompu les barrières. La reine mère et lechancelier de THôpital obtinrent, du roi, une nouvelle déclaration; datée du mois de septembre, abritant sous sa clémence les assemblées et les prises d'armes des protestsmts, et prescrivant la révocation des décisions prises contre eux ainsi que la restitution de leurs biens. Le roi leur ouvrait aussi les portes des prisons, à la condition de rentrer dans la religion de leurs pères; il ne livrait à la justice que les chefs des séditions et les profanateurs des églises.

Le Parlement s'émut de cette déclaration ; de leur côté, les huissiers se refusaient à la signifier à la Cour. La femme d'un protestant emprisonné, la déclaration royale à la main, la présenta elle-même au Parlement ; Tavocat général soutint que la religion du prince avait été surprise. Les procédures suivirent leur cours et, trois jours après, deux avocats eurent la tête tranchée.

Une seconde déclaration du roi, datée de Rouen, du 9 novembre, confirma les pardons de la première, avec injonction au Parlement de suspendre les procédures €t de renvoyer au sénéchal la connaissance des crimes et délits commis par les protestants. Une troisième déclaration royale, adressée au sénéchal de Toulouse, suivit de près les deux autres et eut, dans le ton, plus de hauteur et de fermeté.

Le Parlement députa vers le roi le conseiller François de la Garde, porteur d'une apologie et de très humbles remontrances, exposant, en détail, l'état du ressort, le mauvais effet produit sur les catholiques par les déclarations royales, et sollicitant le payement des gages de la Cour appauvrie au service du roi. Le roi répondit

froidement qu*il persistait à pardonner aux protestants qui reviendraient à leur ancienne religion. Les conseillers, interdits de leurs fonctions, reçurent des lettres patentes, du 22 octobre, qui les rétablissaient sur leurs sièges ; le Parlement mécontent ajourna à la Saint-Martin cette cérémonie. A la Saint-Martin, le procureur général s'opposa au rétablissement des proscrits et en appela au roi et à son Conseil privé. Le Parlement célébra, au mois de mai i563, l'anniversaire de la < Délivrance > : le registre dit que : € la Cour n'est entrée, à

< cause de la procession générale, faite ledit jour, pour

< rendre grâces à Dieu, de ce que, il y a un an, les sédi- € tieux rebelles, étant de la nouvelle secte, avoient avec

< armes envahi la maison de ville, et auraient, par bon € et prompt secours, été chassés hors icelle ville de Tou- «louse... en laquelle procession la Cour est allée en € corps. >

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