‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 143 sur 295 · CHAP. XVII. — RÉSISTANCE DES CONSEILLERS 4O · texte numérisé non relu

CHAP. XVII. — RÉSISTANCE DES CONSEILLERS 4O

contenant les vrais principes de la doctrine catholique.

Le 10 mai i563, Je cardinal, ayant célébré une messe solennelle dans la chapelle du Palais, donna lecture de ce serment : c Nous, souscrits, présidents, maîtres des € requêtes, conseillers, avocats généraux et procureurs € généraux du roi, greffiers, notaires, secrétaires de la € Cour du Parlement de Toulouse, croyons et confes- € sons, avec vérité et sincérité de cœur, le contenu des « articles dessus écrits, approuvés par les lettres paten- € tés du feu roi François P' que Dieu absolve. En cette € foi, voulons vivre et mourir et promettons à Dieu, à « sa glorieuse mère, à ses anges et à tous les saints et € saintes, garder et observer, et ainsi jurons et promet- € tons. » A la suite de ce serment on trouve, sur les registres, les signatures du premier président Daffis et du cardinal d'Armagnac ; celles de Paulo, Latomy, Barthélem3% Reynier, Boyer, de Molinier, du Solier, d'Alzon, Hébrard, du Tournoër, Coignard, Forest, Fabry, Papns, Donald, de Lauselergie, d*Aussonne, d'Arjac. Boisson, de Gargas, Bruet, de Guilhemette, d'Ouvrier, de Nupces, de Murel, Ambes, de Montfort, Richard, de Prohenques, du Luc, de Lagarde, Rudelle, d'Anticamareta, d*Hautpoul, Ben;»!', Vezian, de la Chassagne de Salluste, Rangouse, de Sabatier, Burnet, Sabateri, Mansencal, Hellet, Durand, La Mamye, Laissac et Lacroix.

Les conseillers interdits se refusèrent à prêter ce serment, les arrêts du conseil ne les obligeant qu'au serment ordinaire de la Saint-Martin. Un maître des requêtes arriva de Paris, avec pouvoir de terminer ces divisions par la stricte exécution des arrêts du conseil*

Le peuple irrité tira, sur le maître des requêtes, des coups d*arquebuse, au moment où il s*acheminait vers le Palais. Les choses, loin de s'apaiser, s'envenimèrent. Enfin, après bien des procédures du Parlement et du maître des requêtes, des lettres du roi dispensèrent les magistrats interdits de la profession de foi réglée en Sorbonne. Quand ils reparurent au Parlement, la Cour persista à leur demander le serment de Sorbonne; sur leur refus, elle donna ordre au greffier d'en tenir acte. Ceux-là furent plus tard récusés dans les affaires où la religion était intéressée. Les chancelants et les timides se soumirent ; c'est le 3i août i563, qu'ils remontèrent sur leurs sièges; on se promit une amitié ssuis nuages. Les nuages allaient revenir.

Les anciens proscrits exigeaient une plus éclatante réparation et réclamaient, du Parlement, la cassation des procédures instruites contre eux. Le premier président en informa le roi, en le suppliant d'épargner au Parlement cette humiliation d'où sortiraient de nouvelles et dangereuses discordes. Le roi repoussa les prétentions des proscrits; mais la reine Catherine envoya des commissaires dans les provinces, porteurs de paroles de réconciliation et d*apaisement. Un de ces commissaires, s' étant rendu à Toulouse, voulut siéger aux audiences du Parlement. Le Parlement ne voulut pas lui accorder cet honneur.

Les arrêts du conseil inclinaient vers les réparations ; ils cassaient l'arrêt de flétrissure des capitouls de i562, supprimaient l'histoire passionnée de la conjuration des Huguenots par Georges Bosquet et interdisaient la procession du 17 mai, ordonnée parle Parlement, en sou-

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