‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 145 sur 295 · CHAP. XVII. — LIT DK JUSTICE · texte numérisé non relu

CHAP. XVII. — LIT DK JUSTICE

naux de Bourbon et de Guise, et une foule de seigneurs vêtus de drap d'or et de velours. Le Parlement, en robes rouges et mortier, se rendit, à cheval, au couvent des Minimes où logeait le roi, précédé des huissiers en robes écarlates et tenant leurs verges, suivi de quarante avocats, de trente procureurs, des secrétaires de la chancellerie et de la Basoche avec ses robes de taffetas blanc et violet, des régents de Tuniversité et des officiers de la sénéchausàée et du présidial.

L*annaliste Lafaille se complaît à décrire € le lieu joi. -c gnant les murailles » du couvent des Minimes, où logea le roi : € Et à ces fins fut fait un grand pavillon avec trois € galeries ; le pavillon regardait l'orient, Tune des gale- « ries le midi, l'autre le septentrion et celle qui était der- € rière le pavillon, Toccident. Le pavillon était soutenu € par huit colonnes avec leurs arcs garnis de feuilles de

< lierre et de laurier ; pareillement chacune desdites ga-

< leries était soutenue par huit colonnes avec leurs arcs « garnis de feuilles de lierre et de laurier ; pareillement, -c chacune desdites galeries était soutenue par huit € colonnes avec leurs arcs couverts de lierre. Au-des- « sus de ces colonnes, avait été faite une grande salle € avec une cheminée sur le flanc, à cause du poids

< extrême. Ladite salle servant de pavillon avait vue -€ de Forient sur le grand chemin du midi de la ville, et « du septentrion sur le grand chemin de Paris ; les € fenêtres étaient ornées de belles moulures, les gale-

< ries décorées de festons de lierre, de laurier et de cor- « dons d'or, supportant les armoiries du roi et des -c devises. Dans les festons, il y avait .plusieurs son-

< nets. »

On ne saurait oublier ce sonnet à Charles IX :

Comme on voit le soleil, quand joyeux il retourne Sur le printemps verdi pour nous souffler le chaud, Un rayon modéré nous est venu d'en haut, Qui détruit la rigueur dt Phiver qui frissonne

Le pré marécageux heureusement fleuronne Il s'émaille verdi des couleurs qu'il lui faut, La forêt recouvrant l'honneur qui lui défaut D'une vive blancheur sa tète se couronne.

Les oiseaux amoureux regorgonnent leurs chants, Bacchus entre la vigne et Cércs, par les champs, Tapissent de verdeur la terre limoneuse.

Ainsi, notre soleil, notre Charles montrant Ses rayons à Toulouse et dedans elle entrant, La pare, l'embellit de sa présence heureuse.

Après une harangue du capitoul Etienne Duranti, en présence de toutes les compagnies de la ville, le roi prêta serment, sur le missel, de conserver les privilèges et franchises de Toulouse, reçut les clés, se plaça sous le dais porté par huit capitouls et s'avança à cheval, vers la cathédrale, sous les arcs de triomphe et par les rues jonchées de mousse, de branches d'arbres verts, et tendues de draperies couvertes de devises grecques, latines et françaises, composées par les beaux esprits de la ville. Le soir, tous les présidents du Parlement et douze conseillers allèrent faire leur révérence à la reine et au duc d'Orléans et, quelques instants après, les présidents et six conseillers apportèrent les hommages de la Cour au connétable et au chancelier.

Le lit de justice fut fixé au 5 février. Le roi se rendit au Palais, à dix heures du matin, accompagné de la

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