‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 147 sur 295 · CHAP. XVII. — LIT DE JUSTICE · texte numérisé non relu

CHAP. XVII. — LIT DE JUSTICE

rassemblée pour recueillir les opinions et prononça l'arrêt. Des historiens calvinistes ont prétendu qu'en ce lit de justice, fut jugé le procès intenté par Renée de France, duchesse de Ferrare, de passage à Toulouse, à des gens du peuple que le Parlement condamna au fouet pour avoir insulté son prédicant. On ne trouve pas trace de cet arrêt sur les registres de la Cour. Ils se sont trompés; le Parlement ne jugea, à cette séance royale, -que le procès du monastère de Saint-Sauveur contre les manants et habitants de Blaye.

La ville donna au roi des festins, des spectacles de courses, de bagués, de tournois et de comédies, et un présent de douze cents écus et médailles ; elle offrit aussi des présents à la reine mère, à madame Marguerite de France, sœur du roi, au connétable, au chancelier et à messieurs de Dam ville et de Cipière. Le cardinal d'Armagnac, qui augmenta par ses largesses la splendeur de ces fêtes, reçut en récompense, pour lui et ^es successeurs, la prérogative de conseiller né au Parlement. Avant lui, le titre de conseiller d'honneur n'avait été, pour ces prélats, qu'une chimère. Les archevêques de Toulouse ne siégeaient au Parlement qu'en vertu d'un droit attaché à d'autres titres ou d'un privilège spécial accordé à leur personne.

Le premier président Daffis et le président Antoine de Paulo eurent part aux grâces du roi qui les créa chevalliers en l'église Saint-Étienne et devant toute la Cour. •Il leur donna lui-même l'épée, le ceinturon et l'accolade, € pour jouir et user du dit titre de chevalier, de tous -« droits, autorités, privilèges et prééminences tant es faits « de guerre, armée, assemblées, jugements que ailleurs

420 HISTOIRE DU PARLEME>JT DE TOULOUSE

€ qui y appartiennent, et tout ainsi comme ont coutume « de faire les autres chevaliers du royaume. > Le premier président Daffis fut le premier chef d'une grande compagnie judiciaire qui reçut ce titre glorieux de chevalier. Le roi voulut aussi que le conseiller du Bourg siégeât à la grand'chambre. Le roi delà Basoche, s'étant présenté devant Charles IX, reçut de lui le titre de « roi « de chicanerie. » Un gentilhomme des environs de Montauban, retiré en son manoir à moitié brûlé par les calvinistes, et voulant réparer ses pertes, adressa au roi une requête en concession d'un office de conseiller qu'il ferait, disait-il, exercer, à sa place, par une personne capa^ ble et instruite. Pour toute réponse, Charles IX lui écrivit ces mots : c Le roi ne donne pas d'office, en ayant fait état.» Avant de quitter Toulouse, il assista, le iSmars, avec la reine, les princes du sang, les seigneurs et le Parlement à une procession générale du Saint-Sacrement, et il donna mission au président de Paulo et à un conseiller de faire exécuter l'édit de pacification à Pamiers, ville remuante où Jeanne d'Albret, reine de Navarre, protégeait les calvinistes et partageait la seigneurie avec révéque. Les calvinistes ne tardèrent pas à remettre l'évoque, le chapitre, le clergé régulier et le clergé séculier en possession de leurs églises et de leurs maisons, et d'en informer le roi qui était, avec le roi d'Espagne, aux conférences de Bayonne où ils se concertaient pour écraser la réforme. Pour mieux cacher ce dessein, la reine mère écrivait aux états du Languedoc assemblés au Pont-Saint-Esprit, que le roi comptait sur leur concours pour l'entière exécution de l'édit de paix.Lelendemain, les Etats qui constataient depuis longtemps que

métm

Page 1