‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 148 sur 295 · CHAP. XVII. — LES CALVINISTES DE PAMIERS 42I · texte numérisé non relu

CHAP. XVII. — LES CALVINISTES DE PAMIERS 42I

l'ancien nombre des conseillers clercs diminuait et tendait à disparaître du Parlement, supplièrent le roi, en récompense de leurs bons efforts et de leur bonne volonté, de revenir aux anciennes traditions et lui soumirent une liste de quatorze membres du clergé.

Les protestants s'alarmaient des conférences de Bayonne et poursuivaient, de leurs haines, les catholiques, dont le nom leur rappelait des châtiments et des persécutions. Ils ne ménageaient ni les injures, ni Jes menaces au président de Latomy que Théodore de Bèze surnommait le monstre ; ils l'accusèrent de malversation et de fraude et du projet d'incendier la ville. Le roi renvoya l'affaire au Parlement de Bordeaux qui mit en lumière l'innocence du président et condamna les calomniateurs au gibet.

Les protestants veillaient toujours et ne se décourageaient pas ; ils répandirent le bruit que l'Inquisition s'apprêtait à franchir les Pyrénées avec ses bûchers et ses tortures ; les rancunes se ravivaient et la guerre aurait éclaté, sans l'ordonnance de Moulins qui ramena des espérances de paix. Ces espérances s'envolèrent d'un coup d'aile: en promettant d'oublier le passé, Coligny et les Guise ne songeaient qu'à violer leur parole et qu'à reprendre les armes. Un vent de guerre civile soufflait sur le royaume.

A Pamiers, les protestants chassèrent de nouveau les catholiques, en s'emparapt de la ville où ils pillèrent un couvent, tuèrent quelques religieux et brûlèrent des maisons et des églises. Le premier président Daffis et six conseillers, soutenus par le vicomte de Joyeuse, allaient s'y transporter, lorsque les séditieux leur man-

dèrent qu'ils récusaient les commissaires du Parlement et qu'ils allaient en référer au roi. Charles IX, malgré la frivolité des motifs de récusation, nomma d'autres commissaires. Le premier président Daffis, ne connaissant pas cette décision du roi, se rendit à Ramiers où. les protestants récusèrent tout le Parlement. Le roi les mit à la raison, en envoyant à Pamiers le lieutenant du prévôt de l'hôtel qui arrêta vingt-quatre des plus mutins et les expédia aux prisons de Toulouse d'où i's s'échappèrent le lendemain. On les arrêta au moment où ils s'engageaient dans les gorges d'Espagne. Le Parlement de Toulouse les condamna à être pendus et confisqua leurs biens au profit du roi, après avoirprélevé une somme de 40,000 livres pour le rétablissement des églises ruinées. •

Les écoliers se remettaient en guerre à Toulouse ; cette fois, ceux qui en vinrent aux mains étaient les étudiants français et espagnols : on en pendit quelques-uns ; les autres se cachèrent. Le roi et la reine Catherine s'inquiétaient de ces désordres ; mais le premier président les rassura et leur écrivit que tout se pacifiait sous la main du Parlement. A ces époques agitées, les écoliers, toujours en disputes, délaissaient les études du droit et des belles-lettres: un arrêt des chambres assemblées, du t3 novembre i566, les réveilla de leur indolence, en lea^ rappelant aux règles sévères du travail et de la discipline, et confia à deux présidents et à deux conseillers le soin de veiller à l'exécution de cet arrêt. Le Parlement contenait mieux les écoliers que les capitouls. Une question de taxe sur les habitants divisa le Palais et l'hôtel de ville; trois capitouls furent emprisonnés; il y eut

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