CRAP. XVII. — REPRISE DES GUERRES DE RELIGION
plainte au roi et procès au Conseil privé. L'arrêt du Conseil termina ce différend.
Les écoles, un moment paisibles et éprises du renouveau du printemps et du travail, pour parler comme Pibrac, allaient se fermer encore. La guerre religieuse avait éclaté, plus ardente que jamais, à Montauban, à Castres, à Nîmes et à Montpellier. Le sang y coula dans les rues. Lectoure s'armait ; Montluc y courut et les armes tombèrent des mains des révoltés. Des commissaires du Parlement l'y suivirent ; mais Montluc, radouci brusquement, ne voulut point arrêter le sénéchal de la ville, par la raison, c'est lui qui le dit, qu'il n'aurait pu le refuser à la demande du Parlement qui ne l'eût pas laissé vivre deux heures. Il avertit le Parlement du dessein de Condé et de Coligny d'enlever le roi et des complots des calvinistes du Languedoc. Le Parlement suspendit le cours de la justice, emprisonna des protestants, confisqua les biens des fugitifs et fit dresser un rôle de tous les citoyens en état de porter les armes. Leur nombre s'éleva à trente mille.
On ne sait quelle main a arraché, des registres du Parlement, tous les arrêts de ce mois d'octobre de l'année i567 î ^^ y aurait retrouvé les terribles traces des châtiments prononcés par le Parlement. On sait seulement, par les remontrances des çapitouls, qu'un arrêt contenait des décrets d'ajournement et de prise de corps contre certains officiers du Parlement et de la sénéchaussée de Toulouse, avec interdiction de leurs charges. Le Parlement, ému du massacre des catholiques de Nîmes, condamna à mort, par contumace, cent quatre protestants de cette cité conquise par la réforme. Du
haut de ses remparts, Toulouse apercevait les protestants, venus de Montauban et de Castres, courir la campagne, le fer et le feu aux mains, et camper presque aux portes de la ville. On n'entendait parler que de révoltes, de massacres, d'incendies, de brigandages et d'arrêts dont le bruit ressemblait à des coups de foudre.
Les malheurs publics resserraient les liens du Parlement, des États et du vicomte de Joyeuse qui commandait les troupes au nom du roi, et qui n'entreprenait aucune campagne, sans se concerter avec le Parlement. La politique incertaine de la reine mère traversait toujours les décisions des parlementaires. Elle avait obtenu du roi des lettres d'élargissement des protestants emprisonnés à Toulouse; mais, sur des remontrances des gens du roi, elle autorisa le Parlement à refuser l'enregistrement de ces lettres.
En ce mois d'octobre 1667, ^^^ magistrats, autrefois interdits et rentrés en possession de leurs charges, se voient interdits une seconde fois ; en prévision d'une trêve et d'une amnistie, le Parlement décide, au mois de février i568, qu'ils ne rentreront dans leurs offices, qu'en se soumettant à la profession de foi catholique réglée en Sorbonne, sous peine d'ailleurs d'en être exclus, s'ils violaient leurs promesses. Les Etats et les capitouls se joignirent au Parlement et supplièrent le roi de maintenir les arrêts d'interdiction ; la reine mère et le roi répondirent au Parlement : c Nous avons € à plaisir entendu le devoir que vous avez fait pour la € conservation de notre autorité par delà, ensemble les € arrêts par vous sur ce donnés, dont nous avons eu et € avons très grand plaisir, contentement et satisfaction.»