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CHAPITRE XVIII

L'avocat généra! Bertrand d'Aygua. — Durant! nommé avocat général. Création de nouvelles charges. — Les vieux parlementaires. Les nouveaux parlementaires. — Résistance du Parlement à l'édit de pacification. — Remontrances des capitouls au roi. — Liste des suspects. — Reprise de la guerre religieuse. — Arrestations. — Leis parlementaires aux remparts. — Une croisade. — Révocation des édits de proscription. — Saisie des domaines de la reine de Navarre et du prince de Béarn. — Service divin rétabli dans les églises. — Guerre avec le Béarn. — Bataille de Jarnac. — Mort du prince de Condé. — Guerre acharnée en Languedoc. — Joie de Montluc. — Arrêt du Parlement contre les huguenots. — Hymne à la Vierge. — Représailles des huguenots. — Trésor ruiné. — Création de nouvelles charges au Parlement. — Remontrances. — Suppression de la Chambre des requêtes, et tolérance envers les magistrats huguenots. — Refus du Parlement d'accepter cet édit. — Coligny en Languedoc. — Surprise de Montluc. — Pillages et incendies. — Colère du peuple contre le gouverneur Damville. — La vengeance de Rapin. — Coligny repoussé devant Toulouse par La Valette. — Fuite de l'armée protestante. — Renaissance de la vie judiciaire. — Règlements nouveaux. — La huitième paix. — Les protestants reprennent leur religion et leurs places fortes. — Armand de Cavaignes. — Les magistrats proscrits remontent sur leurs sièges. — Vengeance du Parlement contre les- revenants. — Remontrances. — Arrêt contre les moines. — Arrêt sur les vêtements. — La Saint-Barthélémy. — Massacres. — Gâches et Durant!. — Jean de Coras. — Latger« — Ferrières. — Armand de Cavaignes. — Guerre dans toute la province. — Nouvel édit de pacification. — Sollicitudes du Parlement. — Largesse de onze bourgeois toulousains. — François de Bourbon^ gouverneur du Languedoc. — États à Compiègne. — Durant! prisonnier en Périgord. — Mort de Charles IX* — Renouvellement du Parlement. — Rétablissement de

la Chambre des requêtes. — Henri III. — Harangue des capitouls au Parlement. — Liste de suspects. — Les sorciers. — Confirmation du Parlement par le roi. — Continuation de la guerre civile. — Le conseil de guerre au Parlement. — Tentative de République à Nîmes. — Nouvel édit de pacification, — La Ligue. — Les conférences de Bergerac. — Départ du premier président pour Bergerac. — Son retour. — Entrée du duc de Montpensier à Toulouse. — Joies de la paix.

L'histoire de ces années douloureuses jette sur leParlement un long voile de deuil. Cest le moment de regarder mourir les vieux parlementaires et monter sur les fleurs de lys ceux qui entraient au Parlement. L*avocat général Bertrand d'Aygua, dont le front se courbait sous le poids de trente années passées au service de la justice, laisse sa robe à Durant! qui avait, on le sait, harangué, en qualité de capitoul, le roi Charles IX à son entrée à Toulouse. Le roi s'en souvint et lui donna la préséance sur Pierre de Mansencal qui remplaçait son frère Jean de Mansencal. Loin de réduire le nombre des conseillers, selon le vœu du chancelier à l'assemblée de Moulins, le roi obligea le Parlement à recevoir dix nouveaux conseillers lais. Les doléances des Etats et les remontrances du Parlement n'empêchèrent pas une autre création de quatre offices de conseillers. Il fallut s'incliner sous la yolonté royale. Parmi ces noms oubliés, deux sortent de l'ombre ; Martin Gilibert, professeur de droit à Paris, et le professeur à l'université de Toulouse, Antoine Lacoste, dont le vieux Catel a loué l'érudition profonde en droit civil et en droit canon et le vif amour des belleslettres latines et françaises, On peut citer encore Bernard d' Assezat. Bientôt le conseiller Bertrandi, fils de l'ancien premier président, ira s'asseoir sur un siège de

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