‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 153 sur 295 · CHAP. XVIII. — LISTE DES SUSPECTS · texte numérisé non relu

CHAP. XVIII. — LISTE DES SUSPECTS

du Tournoër enjoignit aux présidents et conseillers, entachés d'hérésie, de ne pas sortir de leurs maisons, -transformées ainsi en prisons, à peine d'être enfermés à la Conciergerie.

La liste de ces suspects contenait les noms du président de Bernuy, des conseillers de l'Hôpital, du Bourg, -Cavaignes, Coras, Ferrières, Percin, Dupont, Ramond, Latour, Latger, Calvet, Lamieussens, du Ferrier, Custon, de Nos, Dufaur et Lacvivier.

Cet édit de paix, écrit sur le sable, devint le signal d'une guerre plus meiirtière. A la première nouvelle des combats de Coligny et de Condé contre le duc d* Anjou, •le Parlement donnait mandement aux capitouls d'arrêter en masse les protestants; ce fut une sorte d'mquisition: magistrats, gentilshommes, bourgeois, marchands, •serviteurs, artisans, avocats, procureurs, régents de -l'université et écoliers, femmes etenfents, étaient sur-lechamp enfermés dans leurs maisons etdansles monastères. Quelques conseillers se réfugièrent à Castres où ils établirent hardiment un siège de justice, .en vertu de -pouvoirs émanés du prince de Condé, élevant ainsi jus- 'tice contre justice et bravant le gouvernement du roi. .'D'autres furent arrêtés; l'un d'eux, Salluste se justifia et reprit sa charge ; le président Dufaur de Saint-Jory, incarcéré dans sa maison, s'échappa et porta plainte au roi ; son neveu, le célèbre Guy Dufaur de Pibrac, plaida TafiFaire en Conseil et devant le roi contre les capitouls. Le roi donna raison à Pibrac. Le Parlement condamnait ensuite à mort, par contumace, les conseillers Jean de l'Hôpital, François Ferrières,^Gabriel du Bourg, Latger, Thomas de Lamieussens et Jean de Lacvivier.

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A Tooloase, oa se fortifiait, oo leraît des troupes, oa recaeillaît. dans les églises, les reliques, les tableaux et les rases sacrés des campaznes saccagées par les protestants : deox conseillers parcouraient, de deox heures en deux heures. les quartiers de la Tille, risitaient les rem* parts et rassuraient le peuple. On prît, sur les biens des huguenots passés à Tennemi. une somme de 60.000 lî* Très à titre d*impôt de guerre ; on n imposa que de 6,000 livres les catholiques. Pour apaiser la colère de Dieu, le Parlement prohiba les danses et les jeux pu* blics, à peine de 5oo livres d'amende et, en ouo^, à peine du fouet contre les ménétriers, hautbois, tambourins et gens masqués. Ce fut une mesure de police autant qu'un acte d'expiation et qu'un signe de pénitence.

On se serait cru à la veille d'une croisade. Par arrêt du Parlement, les nouveaux croisés devaient^ sur l'heure, s'armer de toutes pièces, et marcher au combat, sous les yeux de deux officiers du Parlement chargés de surveiller et de châtier les trembleurs et les transfuges.

Du consentement du Parlement, un prêtre jacobin prêcha cette croisade du haut de la chaire de la cathédrale à ces soldats de la foi catholique, qui prirent cette devise : Eamus nos, moriamur cum Chrisio: c*était l'origine et comme l'aurore de la Ligue. Le Parlement approuva la croisade et ordonna aux combattants de porter une croix blanche sur leurs habits et d'en tracer une* à la craie, sur la porte de leurs maisons. Les plus fameux prédicateurs de ce temps : Melchior Fiavin, frère mineur, surnommé trompettedu ciel, Jean Pelletier, jésuite, Antoine Finet,du couvent des minimes, Cérès, théologal de Saint-Étienne, etle

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