CH. XVIII. — RÉVOCATION DES ÉDITS DE PROSCRIPTION
jacobin Laleine qui devint inquisiteur, alarmaient et ameutaient les catholiques, c Sus, sus 1 criait Laleine, € croisez- vous et prenez les armes, dressez une guerre € contre Mathatias et les autres Machabées, ayons con- € fiance que Dieu sera avec nous, comme il fut à la guerre € contre Attila défait près de Toulouse, et comme il fut € à la guerre de Muret : si aucuns de nous y mourons, € notre sang nous sera un second baptême. >
Un avocat au Parlement, Jean de Cardonne, publia une sorte de sermon pour la guerre sainte et les capitouls annoncèrent, à son de trompe, cette guerre approuvée par le roi, sanctionnée par une bulle du pape Pie Vet enregistrée au Parlement. Cette croisade n*eutà franchir ni les montagnes, ni la mer; elle se borna à protéger la levée des récoltes d'automne et les vendanges.
Le roi, qui voulait en finir avec ces rébellions et ces pillages, révoqua tous les édits favorables »\ la religion réformée, et adressa au Parlement des lettres patentes pour saisir, dans le ressort, les domaines de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, et les terres de son fils, le prince de Béarn, qui devait être Henri IV, tous les deux intrépides partisans de la réforme. Des conseillers partirent pour le Rouergue et le Béarn, mirent ces domaines et ces terres sous la main du roi, révoquèrent les commandants des places, informèrent contre les séditieux qu'ils punirent de l'exil, de la prison ou de la torture, rétablirent le service divin dans les églises, et abattirent les armoiries de Navarre qu'ils remplacèrent par celles du roi de France. Le Parlement alla plus loin: il réveilla les vieilles prétentions des rois de France sur le Béarn et fit revivre ses anciens arrêts, en le confisquant pour
434 BtSTOULE DC PABlXIfESCT DE TOVLÛCSE.
crime de fâonîe et en le réonissaxit à la couronne.
Mais ce n*était pas arec des arrêts, qu'on pouvait s*einparer d*im rojaume de oKMitagnes où les calvinistes étaient aossi résistants que les roches de ce pays. Le seigneur de Terride prit Orthez et Pan : l'avocat général Saint-Félix de Manremont et le conseiller Sabatier de la Bourgade, s*acheniîaèrent aussi vers le Béam, mais Terride leur écrivit de retourner en arrière, de peur que leur présence ne soulevât le peuple qui redoutait un changement de justice et de ressort. Us voulurent poursuivre leur route : le syndic du Béam, adroit, rusé et fidèle à la reine de Navarre, se joua des commissaires du Pariement et de Terride par de perfides paroles de conciliation et de soumission; il attendait Theure prochaine de la victoire et de la dé ivrance. Le comte de Montgomerry fondit tout à coup sur le Béam, d*où il chassa Terride qui en mourut de fatigues et de chagrins. Les commissaires du Parlement se hâtèrent de regagner Toulouse.
Les protestants éclataient de joie ; la perte de la bataille de Jamac et la mort du prince de Condé les affligea sans les décourager. La province de Languedoc n*était plus qu'un immense champ de bataille inondé du sang des protestants et des catholiques. Le gouverneur, maréchal de Damville, suivait la cour du roi ; Joyeuse servait à Tarmée du duc d* Anjou. En leur absence, le roi nomma le premier président surintendant général de la province, c'est-à-dire général des armées royales. Le premier président Daffis s'entendit aussitôt avec Montluc, qui commandait en Guyenne, et avec les capitoulSi pour faire assiéger les places de Mazères, du
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