CHAP. XVIII. — LA LIGUE
grâce caressante et le duc de Montpensier, vieux et infirme, écrivait au premier président : € Un des motifs € qui me détermine à entreprendre ce voyage, est de € travailler au retour de la paix, avec une personne « aussi renommée que vous Tètes. »
Il partit au mois de mai 1677, escorté par un détachement de cavalerie commandé par un gentilhomme de la chambre du roi, le peuple le saluant sur son passage, et des députes des corps de la ville raccompagnant jusqu'à Grisolles. Son retour, après les conférences de Bergerac, fut un triomphe : des officiers du Parlement et des membres de THôtel de Ville, le sénéchal, à la tête de sa compagnie de gendarmes, une foule de seigneurs et de gentilshommes, allèrent au-devant de lui : la ville était tapissée et jonchée de fleurs ; le peuple acclamait le premier président et lui donnait les noms d'ange de la paix et de père de la patrie.
Quelques jours après, c'est le duc de Montpensier qui entrait solennellement à Toulouse et visitait l'église Saint-Sernin et le Palais de justice. Au Parlement, il s'assit à la droite du premier président. Le vicomte de Joyeuse, le comte de Carmaing, l'archevêque de Vienne, les évêques de Lombez et de Mirepoix, se placèrent après lui. L'audience commença et l'avocat général Duranti prit la parole. En recueillant les voix, le premier président s'adressa d'abord aux présidents et aux conseillers assis sur la même ligne, et, revenant au prince, il lui demanda son avis, et interpella ensuite les autres conseillers. La joie était grande de voir sortir la paix des conférences de Bergerac ; on entend à peine l'écho des grands procès de ces années et des
règlements intérieurs du Parlement, qui maintient son droit de rendre un arrêt avec sept parlementaires. Ces rumeurs légères se perdent dans le bruit des réjouissances populaires et des fêtes du Palais.