‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 171 sur 295 · CH.XIX. — RIVALITÉ DE JOYEUSE ET DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

CH.XIX. — RIVALITÉ DE JOYEUSE ET DE MONTMORENCY

€ amitié et de tout ce qui sera en mon pouvoir, pour la € manutention de la justice et pour votre particulier ; € ce que je vous prie croire et le créateur vous tenir, « monsieur le président, en sa sainte et digne garde^ < Henry. »

La charge d'avocat général revint à Guillaume Daffis qui ne tarda pas à l'échanger contre la première présidence du Parlement de Bordeaux et à donner sa robe d'avocat général à son frère Jacques Daffis. Vers l'année i582 mourut un pauvre conseiller, Vidal d'Aussonne, qui ne laissait que sa charge pour dot à ses trois filles. Le riche Arnaud Borel, que le père Lombard appelle un homme de vertus évangéliques et qui devait mourir au noviciat des jésuites de la. mort d'un saint, offrit sa main à Taînée, à la condition d'obtenir du roi l'office de conseiller, éteint par la mort de d'Aussonne. En mémoire de ce dernier, le roi accepta la condition. C'est la première fois qu'une charge de conseiller est donnée à titre de dot. C'est l'année où La Rocheflavin prend la présidence de la chambre des requêtes.

Les guerres religieuses se refroidissaient à peine, que l'ambition de deux hommes, chargés de pacifier la province, y rallumèrent les divisions et les luttes. Anne de Joyeuse, un des mignons du roi et mari d'une sœur de la reine, en état de tout braver et de tenir le pavé même contre la maison de Lorraine, eut la fantaisie altière d'enlever à Montmorency le gouvernement du Languedoc : il se mit à l'œuvre avec la témérité de son âge et la vanité de son rang. Il poussa son père, le vicomte de Joyeuse, à se brouiller avec le maréchal et

aussitôt la province se partagea en deux camps, le Bas-Languedoc tenant pour Montmorency et le Haut- Languedoc pour Joyeuse. Le Parlement ne resta pas neutre ; il se mit du parti de Joyeuse, agréable aux catholiques, et enregistra, sans hésitation et malgré le refus du Parlement de Paris, un édit accordant à Anne de Joyeuse et à ses successeurs le droit de siéger au Parlement de Toulouse, et au Parlement juridiction sur les appels du duché de Joyeuse, en Vivarais.

Le premier président Duranti, qui avait pris possession de son siège depuis le 4 septembre i58i, va se jeter dans la mêlée avec sa fermeté et sa fougue, et tenir tête à Montmorency, au prince de Condé, au roi de Navarre et aux troupes calvinistes. Dieu borde ainsi d'écueils le chemin de toute élévation et de toute gloire. Duranti, à qui plaisait la vie tumultueuse, s'attache aux pas de Montmorency, le surveille, le fait suivre nuit et jour par des espions et, pour parler comme le père Lombard, l'atteint partout et le traverse. Le roi essayait vainement de dissiper ces nuages et de réconcilier Montmorency et Joyeuse : il fit partir pour Toulouse deux commissaires ayant mission de s'entendre avec Duranti et de lui enjoindre, au besoin, de se plier aux voies de la douceur et de sacrifier ses ressentiments à l'intérêt de la nation. Les récriminations cessèrent, une sorte d'apaisement se fit en Languedoc ; Montmorency et Joyeuse remirent Tépée au fourreau.

Toutes les fois qu'on est en guerre, on est sûr de voir des émeutes d'écoliers. Ils battaient le guet et troublaient la ville. Le Parlement les désarme et défend, par arrêt, aux marchands de leur vendre des épées. De faux éco-

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