‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 172 sur 295 · CHAP. XIX. — PROCES AU PARLEMENT · texte numérisé non relu

CHAP. XIX. — PROCES AU PARLEMENT

liers s'étant glissés parmi eux et les entraînant vers les huguenots, le Parlement déjoua ces manœuvres et tout rentra dans Tordre. La gloire de l'université de Toulouse semblait pâlir : à la demande du syndic de Timiversité, Duranti donna aux deux conseillers Gilbert de Lacoste et François de Lagarde, les deux chaires de droit civil et de droit canon, vacantes depuis quelques mois, en leur laissant leurs charges au Parlement afin,, disent les registres du Palais, de rendre à l'université son ancienne splendeur. Cest ainsi que Duranti inaugurait sa première présidence ; il inspirait aussi au Parlement l'arrêt rétablissant le culte catholique dans les villes d'où les huguenots l'avaient banni ; il relevait les églises détruites sur les réquisitions du procureur général Claude de Saint-Félix, et il sévissait contre la licence des mœurs corrompues par les guerres. Enfin, il venait au secours du trésor public par la liquidation des francs-fiefs et la recherche des acquisitions opérées par la mainmorte, sans lettres du roi.

En ce temps-là comme au nôtre, les procès étaient nombreux: peuple, bourgeois, nobles, université, églises, couvents, bénéficiaires, écoliers, évéques, plaidaient tour à tour devait le Parlement. Les procès traînaient en longueur et les frais ruinaient les parties. Une foule d'édits bursaux pesaient de tout leur poids sur ceux qui se hasardaient à entreprendre un procès et qui s'en prenaient hautement au Parlement et au roi. Les gens du roi dénoncèrent ces abus à la Cour qui hésitait à y porter la cognée et qui eut besoin des ordres de la reine mère.

La Ligue a'iait égarer le Parlement et le pousser aux

révoltes. Les premières années de la Sainte-Union sont des années de soumission, de fidélité et d'attachement au souverain. Les registres du Parlement ont, à cette période de son histoire, une grande sérénité. Il écoute, de loin, le bruit des conférences religieuses de Nérac, où le ministre Marmet, Roquelaure, Arnaud du Ferrier et le duc d'Epernon envoyé par Henri III, discutaient l'invitation du roi de France au roi de Navarre d*aller à Paris et d'embrasser la religion catholique. On s'y disputait l'âme du Béarnais. Battu par du Ferrier, le duc d'Epernon vient à Toulouse, et le Parlement le reçoit à la grand'chambre, avec les honneurs des princes du sang et des gouverneurs de la province.

Henri III, prévoyant les suites funestes des résistances du roi de Navarre, défendit les confédérations, les associations et les levées de troupes, sous peine de lèsemajesté. Le Parlement reçoit ces déclarations avec respect, les enregistre et s'efforce de les faire exécuter. Le roi mande à Paris des députés de tous les Parlements du royaume, pour y traiter des règlements des Cours de justice, conformément aux édits de pacification. Le Parlement de Toulouse choisit pour son député le conseiller Jean de May niai, catholique fervent et brave, sans être ligueur, d'une intégrité sans tache et d'une âme généreuse, qui mettait le devoir au-dessus de toutes les séductions et de tous les honneurs de la vie.

La Ligue ralluma la guerre civile : le ressort du Parlement était en feu. Redoutant la faiblesse et l'indolence d'Henri III, autant que l'ambition et l'audace des Guise, le roi de Navarre attira le duc de Montmorency à une entrevue à Nérac. Le Parlement, alarmé, mit sur pied les

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