‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 175 sur 295 · CHAP. XIX. — LOUANGES DU ROI · texte numérisé non relu

CHAP. XIX. — LOUANGES DU ROI

d*orages. Les clôtures des couvents se rouvraient et les religieuses se promenaient dans les rues et les carrefours de Toulouse, au bras des gentilshommes. Au nom du Parlement, un conseiller clerc rétablit les clôtures et ramena aux cloîtres les vierges folles. Ces désordres des monastères, les menaces de la peste et les guerres religieuses inspirèrent au premier président Duremti la pensée d*intéresser le ciel aux malheurs de la patrie. Le 22 novembre i585, sur sa proposition, le Parlement décida que, durant trois jours, il assisterait à des messes solennelles aux églises de la Dalbade, de Saint-Sernin et de Saint-Étienne, et qu*après la communion, il distribuerait des aumônes aux pauvres honteux. Dans la ville, on ne voyait que processions et assemblées populaires aux églises. On songe au mot de l'historien de Thou : « Au Parlement de Paris, les toges écarlates, ^ mises en montre à de solennelles audiences, furent un « prélude des sanglantes tragédies qu'on allait voir. >

Le roi ne tarissait pas de louanges envers le Parlement. Il augmenta les gages des présidents de Saint- Jean et de Paulo : de 1,200 livres, ces gages s'élevèrent à 800 écus. A la demande du Parlement, il augmenta aussi les gages des autres présidents à mortier et des conseillers appauvris par la dévastation des protestants. Loin de les intimider et les décourager, les arrêts qui les condamnaient au gibet, depuis Tédit de Nemours, leur donnaient plus d'exaltation.

La bulle de Sixte-Quint, excommuniant le roi de Navarre et le prince de Condé, sema sur la province toute une traînée d'insurrections. Le gallican Pierre de Beloi, qui devait être, un jour, avocat général au Parlement de

Toulouse, attaqua la bulle et défendit le roi de Navarre, dans une apologie d*un étonnant mélange de finesse et de force. Les ligueurs le jetèrent dans un cachot où il resta plus de trois ans. Le Parlement n'entendit pas pourtant céder aux pressions de la Ligue et ne voulut jamais condamner cet homme savant et brave, qui défendait, avec tant de conviction et de courage, la cause des libertés gallicanes et de la maison de Bourbon.

Ce n'était, dans la province, que villes prises et reprises, fossés comblés, places assiégées, forteresses détruites, hommes tués, maisons brûlées et châteaux rasés par arrêt du Parlement, fidèle à son roi. Joyeuse se portait partout où le danger menaçait. Montmorency lui tenait tête, instituait une chambre mi-partie à Montpellier, un hôtel des monnaies à Beaucaire, et foulait aux pieds les arrêts du Parlement. Les dépenses de la guerre ruinant le trésor royal, Henri III rouvrit une source impure et battit monnaie en créant de nouvelles charges de justice et en obligeant le Parlement à cesser les remontrances et à obéir aux lettres de jussion. Les 100,000 écus votés par les Etats servaient à lever et à entretenir les troupes du maréchal de Joyeuse, ami des ligueurs et des Guise. A Toulouse, le pain manqua souvent et l'argent s'écoulait en frais de guerre. Mais telle est la poésie de ce doux climat, que de la corbeille de Clémence Isaure, un Apollon d'argent sortit au travers de ces détresses, le jour de la Fête des fleurs et alla se poser aux mains du poète Antoine Baïf.

On prit des mesures pour assurer à la religion catholique, dans le Parlement, d'invariables sufl'rages contre le calvinisme. Ces mesures dépassèrent leur but.

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