‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 18 sur 295 · CHAP. 1". — ERREURS DES ANNALISTES I · texte numérisé non relu

CHAP. 1". — ERREURS DES ANNALISTES I

Après Bardin, Tannaliste Lafaille n'oublie ni le discours du roi roulant sur ce verset de TÉvangile : Eradimini qui, judicatis terram, ni la harangue du chancelier ayant pour texte ces paroles d'Isaïe : € J'ai vu le Sei-

< gneur assis sur un trône entièrement élevé, et sa ma-

< jesté remplissait toute la terre. »

Les nouveaux magistrats, genou en terre, saluèrent le roi qui, de la main, leur fit signe de se lever ; puis montant les degrés du trône, ils s'agenouillèrent et posèrent leurs mains sur le livre des Saints-Évangiles écrits en lettres d*or et prêtèrent ce serment lu par le roi :

< Vous jurez et promettez à Dieu et à Moi que vous € donnerez des conseils fidèles dans toutes les causes et « affaires qui regarderont les intérêts de Dieu, de Ma « personne et de Mon royaume ; que vous ne révélerez « point les secrets de la Cour, ni ne les découvrirez qu'à « Moi seul et au chancelier de France par Mon ordre ; € que vous rendrez bonne et briève justice à tous Mes « sujets ; que vous jugerez les coupables selon la sévé-

< rite des lois ; que vous ne recevrez des seigneurs, soit « laïques, soit ecclésiastiques, aucune pension sans Mon « congé; et, en cas de contravention à ces articles, vous « vous soumettez à être dégradés avec infamie. »

Le procureur du roi jurait aussi de défendre avec sincérité et vigueur la cause de Dieu et de l'Eglise, les droits du roi et de la justice et de rendre compte de ses diligences au Roi ou au chancelier. De son côté, le greffier jurait de transcrire fidèlement les arrêts et de ne point en révéler les secrets.

Le père Lombard ne croit pas à toutes ces choses merveilleuses qui ne se réalisèrent, selon lui, qu'en Tan-

l8 HISTOIRE DU PARLEMENT DE TOULOUSE

née 1444. Le père Lombard a raison. Il n'hésite pas à penser, en invoquant l'opinion du savant Génébrard, du père Daniel, de Tabbé de Castres et de Baluze, que Tordonnance de Philippe le Bel, de i3o2, n'eut son exécution qu'à quelques années de distance. Par une de ces traditions qui se transmettent d'âge en âge, dans le midi surtout où l'imagination est si vive et si féconde, on reporta l'institution du Parlement à Tordonnance de Philippe le Bel. Un siècle presque entier devait s'écouler avant ce grand événementqu un chroniqueur appelle l'enfantement du Parlement. Le royaume avait encore à passer par les règnes désastreux de Louis le Hutin, de Philippe le Long, de Charles le Bel, qui eut en passant à Toulouse, en 1824, moins de souci des réformes à opérer au Parlement que de l'institution des Jeux Floraux nés des anciennes cours d'amour, de Philipe de Valois, de Jean le Bon dont la rançon fut de trois millions d'or, de Charles le Sage et de Charles VI, le bien aimé, qui fit, avec son Parlement, le voyage du Languedoc en 1889. En ce temps-là, les procès n'étaient pas nombreux et Charondas a écrit qu'avant Charles VII il y en avait si peu à Paris, qu'à la cour du palais l'herbe verdissait, comme aux champs. On a pourtant retrouvé le procès fait à un gentilhomme pour avoir souffleté un capitoul qui venait de prononcer contre lui une peine : le gentilhomme se vit condamné à voir son épée suspendue pendant trois heures à une potence. D'autres ont raconté au contraire qu'il n'existait pas alors de Parlement et que le gentilhomme condamné en appela au sénéchal et ensuite au Parlement de Paris. C'est à tort que Mézerai a relevé deux autres arrêts sur la mise en

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