CHAPITRE XXII
Toulouse après la mort des Guise. — Leur apothéose. — Mayenne et le Parlement. — Les États à Castelnaudary. — Le cardinal de Bourbon nommé roi sous le nom de Charles X. — Le Parlement se jette dans la Ligue. — Placards sur les maisons'dc la ville. — Appel au
' régicide. — Le Parlement à Carcassonne. — Guerre à coups d'arrêts entre le Parlement de Toulouse et le Parlement de Carcassonne, — Alliance de Henri III et du roi de Navarre. — Mort de Henri III. — Explosion de joie. — Deux nations rivales. — Les Parlements du royaume. — Le Parlement reconnaît le cardinal de Bourbon pour roi
— Le Parlement de Carcassonne reconnaît pour roi de France le roi de Navarre. — L'évoque de Rodez. — La trêve. — Les sermonnaires.
— L'évêque Urbain de Saint-Gelais et la confrérie'du saint sacrement.
— Violence des sermonnaires. — L'évèque de Comminges en habit de guerre. — Agitation à Toulouse. — Une émeute. — Une procession de la Ligue. — L'évoque de Comminges maître de la ville. — Le président Bertrandi. -r Détente dans les esprits. — Reprise de la guerre.
— Fuite de Tévéque de Comminges. — Négociations. — Le premier président Jean d'Auxerre. — Les États de la Ligue. — Mort du cardinal de Bourbon. — L'armée du roi de Navarre. — Promesses du prévôt des marchands et de l'échevin de Paris à la ville de Toulouse.
— L'archevêque Genebrard et les envoyés* de Mayenne. — Conspiration contre le Parlement. — L'avocat Tournier. — Bataille dans les rues.
— Le peuple de l'île de Tounis. — Arrêt public au nom du Parlement. — Les pamphlets de ce temps.
Les princes de Guise n'emportèrent pas, dans la tombe, les colères et les vengeances de leur parti. A Toulouse, à la chapelle des pénitents noirs, op. fit une sorte d'apothéose du duc et du cardinal de Guise.
L'évêque de Comminges, Urbain de Saint-Gelais, célébra la messe, et quelques jours après, le provincial des minimes prononça Toraison funèbre à Téglise Saint-Étienne, devant tous les corps de la ville, le Parlement à leur tète. Au sortir de ces funérailles, les capitouls, violant leur serment d'obéissance envers le roi, résolurent d*envoyer une députation au duc de Mayenne, proclamé à Paris lieutenant général du royaume ; le clergé et le Parlement lui envoyèrent, à leur tour, Tévêque de Castres, un chanoine et deux conseillers, pour demander qu'un prince de la maison de Guise commandât, en Languedoc, l'armée de l'Union. Les Dix-Huit choisirent pour leur député l'avocat Gré* goire. Mayenne promit de ne céder cet honneur à personne et de venir, lui-même, commander l'armée, si l'armée le souhaitait. En attendant, il écrivit au marquis de Villars, qui commandait en Guyenne, de prêter main-forte aux Toulousains.
Mayenne, corps obèse et esprit hésitant, le seul qui n'eut ni caractère ni vigueur dans cette maison de Lorraine, croyait mener les aflfaires du Parlement comme celles de la Ligue. Il se trompait. Il' écrivit au Parlement qu'il songeait à remplir les sièges de Duranti et de Daffis et qu'il destinait la première présidence au président de Paulo et la charge laissée par Daffis au conseiller Benoît. Le Parlement, ne voulant pas se soumettre à cette volonté du nouveau chef de la Ligue, décida que ces nominations n'auraient pas lieu, à raison du malheur des temps. Ce retard suscita des brigues ardentes ; le peuple, excité par ces intrigues des parlementaires, se groupa en tumulte sur la place de la