‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 21 sur 295 · CHAP. I^'. — LE PRÉSIDENT DE FLORENCE · texte numérisé non relu

CHAP. I^'. — LE PRÉSIDENT DE FLORENCE

Florence effrayé de tant de bruit n'attendit pas l'arrivée du légat pour donner sa démission de premier président du Parlement, et céder sa charge au président de Saint-Etieùne. Le Parlement d'ailleurs n'entendait pas soufiFrir la juridiction du pape et le légat n'entra au palais que comme prélat, en vertu des constitutions des anciens Parlements donnant aux évoques le droit de siéger aux Cours de justice et non en qualité de légat du saint-siège. '

Dominique de Florence n'en était pas moins une âme pure et fortement trempée. De sa pauvre cellule d'un couvent de dominicains, il s'était élevé aux plus hautes dignités de l'Eglise et de l'Etat. Il eut bientôt le gouvernement d'une province de son Ordre ; il fut confesseur du pape Clément VII, évêque de Saint Pons et plus tard archevêque d'Albi, nonce apostolique à la cour de Castille, négociateur au nom de la France d'un traité de paix avec l'Espagne, commissaire au concile de Constance pour examiner les doctrine de Jean Huss et de Jérôme de Prague, archevêque de Toulouse, et enfin premier président du Parlement qu'il étonna par sa science en droit civil et en droit canon.

A partir de cet arrêt, au rapport du père Lombard, les conseillers clercs ne voulurent plus participer aux condamnations de la justice criminelle. Les autres conseillers ne pouvant suffire à l'expédition des affaires criminelles, le dauphin leur écrivit de Bourges pour les autoriser à s'associer des magistrats du ressort pour les aider dans leur tâche. Jean Jouvenel dont les historiens de ce règne ont dit qu'il était homme sage, entier et bon politique, allait prendre la première présidence, le 14 juil-

let de Tannée 1421. Le dauphin le récompensait ainsi d'avoir, étant conseiller au Parlement de Paris, suivi sa fortune et bravé des émeutes populaires, au péril de sa vie. Il ne fit que traverser le Parlement de Toulouse qu'il abandonna pour prendre une des présidences du Parlement de Paris siégeant alors à Poitiers.

Charles VI mourait pendant que le Parlement jugeait la querelle de deux capitouls qui avaient divisé la ville de Toulouse en deux factions prêtes à tirer Tépée. Le

Parlement assiste à une magnifique messe de funérailles, dans la grande chambre des audiences tendue de deuil où une statue du roi était couchée sur une haute estrade, le sceptre en main et couronne en tête. Le père Lombard, qui se complaît à retracer les détails de cette cérémonie, prend, en finissant, un ton railleur: < Après cela,

< le premier président donna un grand dîner aux

< barons ; c'est par là que se terminaient ces fêtes lugu-

< bres. » Et rapprochant ces ro3'ales funérailles des funérailles plus humbles décernées par le Parlement au savant et vertueux conseiller Ardoin, à la sagesse duquel le roi devait un traité de paix entre la France et TAragon, le père Lombard ajoute : < Voilà les honneurs ren- « dus au mérite utile et sans faste ; ils sont les plus « réels sans être les plus éclatants. »

La mort du conseiller Ardoin lui rappelle les noms des parlementaires de ce temps, Pierre Bardin, père du chroniqueur, auteur d'un Traité des privilèges et des immunités des moines, de divers ouvrages sur la juridiction ecclésiastique ; Jacques Dorphies, le premier magistat du Parlement de Toulouse qui ait pris le titre de procureur général, le second président Jacques de

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