CHAP. I". — CHARLES VII
Montméjean, docteur en droit, civil, qui avait illustré une chaire de cette brillante université de Toulouse que Charles VII appelait sa fille aînée ; Jean de Saint- Etienne ; Jean Gentien dont la vieille souche allait revivre dans la famille des Malenfant, Junien Lefèvre, Pierre d'Ozier, Charles de Renni, Pierre Paumier, Robert de Montbrun, Guillaume de Grippel, Jean Esta" pierre, Gilles Le Lasseur, Jean de Béli et Girard de la Bricoigne, qui devint évéque de Pamiers. Ces premiers parlementaires dont les noms nous sont transmis par les chroniqueurs et les annalistes mènent le chœur et le cortège de ces hommes d'une fierté vaillante qui allaient être la noblesse de robe et tenir tête, pendant des siècles, à la noblesse d'épée. La noblesse d'épée s'éloignait, chaque jour davantage, des Cours de justice : l'éclat des armes l'attirait plus que les arides travaux de la science du droit.
Charles VII demande au Parlement des secours pour continuer la guerre. Le Parlement lui accorde un subside de cent mille livres et engage les villes du ressort à faire des largesses au nouveau roi. On entrait alors dans Tannée 1426 où la peste commença à sévir dans Toulouse. Le Parlement, par ordre du roi, est transféré à Béziers, ville toujours révoltée, dont les murs avaient été rasés en signe de châtiment ; pour les dédommager de leurs frais de voyage, le roi affranchit les parlementaires des tailles et des impôts ordinaires, et augmenta leurs gages par des lettres patentes où il était dit : « Ils € labourent pour, nous la chose publique et mémement « ils sont de notre souveraine Cour, pourquoi ils doi- € vent être privilégiés. » Plus tard, Louis XI et Char-
les VIII confirmèrent ces lettres patentes de Charles
Le roi n'était pas seulement en guerre avec les Anglais ; il avait aussi à lutter contre les seigneurs qui ne voulaient désarmer qu'en arrachant à la couronne des provinces ou des villes du domaine royal. Le plus ambitieux et le plus redouté de tous était le comte de Foix. Lié d'abord par des traités avec l'Angleterre, il était rentré sous l'obéissance du roi de France, mais le roi avait été forcé d'acheter sa fidélité et ses services au prix des gouvernements de Guyenne et de Languedoc. Il fallut encore lui céder le comté de Bigorre, le château et la châtellenie de Lourdes. Le Parlement attristé de ces démembrements de la couronne, et craignant de voir le comte de Poix renouer ses liens avec les Anglais et se retourner contre le roi de France, refusa, malgré des jussions réitérées, d'enregistrer l'aliénation du comté de Bigorre. Le roi sentit toute la sagesse des respectueuses remontrances des parlementaires, mais la raison d'État et les nécessités de la paix l'obligèrent à envoyer au Parlement des ambassadeurs pour faire solennellement enregistrer l'édit. Le Parlement s'inclina.
C'est à Béziers, pendant la peste de Toulouse, que le Parlement jugea bien des procès entre des seigneurs se disputant leurs châtellenies. Il siégeait dans le palais de Jean Bétisac, brûlé vif en 1889, pour s'être, disent les arrêts, engraissé des calamités publiques. Les bandes des routiers, qui désolaient les campagnes et les villes ouvertes, chassèrent de Béziers le Parlement qui alla siéger, en Tannée 1426, à Narbonne, ancienne capitale de la Gaule narbonnaise. Le procureur général Dorphies