CHAP. XXVI. — DIVERS ARRÊTS
salines, greniers à sel et gabelles, Tenregistrement des lettres patentes accordant aux religieux minimes, hors des murs de Toulouse, une aumône annuelle de vingtcinq setiers de blé sur les moulins du roi à Muret, interdisant le port d'armes à tous autres qu'aux gens préposés à la garde de la ville et assignant au duc de Ventadour une somme de 10,000 écus, en à compte de ses avances au roi pour la guerre du Languedoc. Il n'enregistra que sous réserves les lettres patentes concernant la vente du domaine de la couronne, en Languedoc pour en affecter le produit à l'entretien de l'armée de Piémont et de Savoie. Il suspendit les gages de plusieurs magistrats pour cause d'absence ; il maintint Françoise de Balaguier, abbesse de Saint-Sernin, en la possession du prieuré de Saint-Msfftial de Salvetat ; il châtiait les faux monnayeurs du supplice de l'huile bouillante non encore aboli et envoyait au gibet ou aux galères des troupes de bohémiens.
De loin, il tient la main à l'évacuation des places encore au pouvoir des ligueurs et à l'observation des fêtes religieuses. Il refuse d'enregistrer des lettres patentes, créant de nouveaux substituts des gens du roi en la Cour, confirme ou infirme les ordonnances de police rendues par les capitouls et casse l'élection de ceux qui leur semblent indignes de ces hautes fonctions. En récompense de ses services, l'avocat général de Caumels reçoit, du roi, une charge de conseiller d'État. -Les parlementaires secondaient le roi, de tout leur pouvoir, pour remettre à flot tant de choses échouées pendant la guerre.
Les plus grands soucis du roi lui venaient des pro-
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testants : de toutes les provinces s'élevaient des cris et des plaintes contre les catholiques intolérants et les ligueurs qui déchiraient les traités de paix. On saisissait et on brûlait les livres de la réforme ; on repoussait les protestants des sièges de justice, des corps municipaux, des grandes compagnies et des écoles ; on les insultait aux portes des prêches ; on les contraignait de respecter les observances de l'église romaine et on enlevait parfois les enfants orphelins pour les élever dans la religion catholique. Leurs récriminations contristaient les provinces, et les assemblées se succédaient sur tous les points du royaume. Ces secousses intérieures se firent sentir en Languedoc où les Etats, réunis à Pézénas, prièrent le Parlement de maintenir, par Tautorité de ses arrêts, la paix publique compromise. Un arrêt mit fin aux enrôlements sans commission expresse du roi et aux assemblées et conventicules.
Les protestants estimaient à un haut prix les services par eux rendus à Henri IV : un de leurs historiens s'écrie : « Us auraient voulu tout avoir ». D'Aubigné a dit de son côté ; c Le roi n'en dormait pas ». Enfin, le roi se crut assez fort pour trancher toutes ces réclamations qui le poursuivaient partout, môme aux pieds de Gabrielle : l'édit de Nantes, signé le i5 avril 1598, ferme, dans notre histoire nationale, la longue et douloureuse période des guerres de religion. La Saint- Barthélémy était vaincue : ce n'était plus, comme au temps de Charles IX ou de Henri III, un édit provisoire ou une trêve passagère, c'était un édit vraiment français qui constituait les deux cultes rivaux, sous le patronage,non de réglise,mais du pouvoir temporel. Ainsi