‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 223 sur 295 · CH. XXVII. — LE CONSEILLER PHILIPPE DE BERTIER · texte numérisé non relu

CH. XXVII. — LE CONSEILLER PHILIPPE DE BERTIER

Parlement enregistre les lettres patentes de lieutenant général du Languedoc accordées au duc de Ventadour; il affecte la vente de certains biens à la dot de pauvres filles ou de femmes veuves ; il condamne les consuls de Béziers à fournir aux dominicains un couvent et un oratoire ; il refuse d'enregistrer les lettres patentes rétablissant^ à Lectoure, le siège d'Armagnac sur ses anciennes bases ; il impose silence aux syndics d'Astarac, de Rocamadour et Ginolhac auxquels il enlève leurs pièces d'artillerie et adjuge à la reine Marguerite le comité de Lauraguais qu'dle tenait de la succession de sa mère Catherine de Médicis. Au printemps de Tannée 1699, il fait réparer les désastres d'une inondation de la Garonne ; il condamne Charles de Valois, comte d'Armagnac, à payer à un bourgeois de la Limagne une somme de plus de 5, 000 écus ; il oblige le capitaine Châtelain de Pézénas à fournir sa redevance au chapitre d'une église de cette ville; il juge un procès entre divers membres de la famille Cujas qui apportent à l'audience quatres lettres et une procuration de ce savant illustre ; il remet le clergé du diocèse de Mende en ses anciens droits, bannit de Toulouse les vagabonds, marqués d'abord au sourcil et fouettés en cas de rupture de ban ; il surveille les élections des consuls dans les provinces et autorise les villes à s'imposer pour rebâtir les églises abattues par les protestants.

Le conseiller Philippe de Bertier, seigneur de Montrabe, bel esprit et savant en droit, un des magistrats les plus estimés du Parlement, reçoit du roi la charge de président désertée par Méric de Vie, que la politique enlève au Parlement, et qui passe, tour à tour, après

avoir brisé les dernières chaînes de la Ligne, à la surintendance de la justice en Guyenne, à une ambassade en Suisse et à la chancellerie de France, à la mort de Du Vair.

La mort allait trapper, rapide comme la foudre, le premier président Dufaur de Saint-Jory, en pleine audience, et sur son siège, la veille de la Pentecôte de Tannée 1 600, au n;oment où il prononçait la harangue d'usage, devant les magistrats qui venaient lui rendre compte de l'état des prisons et du nombre des prisonniers. II tomba, comme un capitaine, sur le champ de bataille, à soixante ans ; on l'emporta, dans sa maison, couvert de sa robe, et il expira, le soir, en levant les mains et les yeux vers le ciel. Il pouvait mourir : sa vie pure, et toujours abreuvée aux eaux vives des croyances chrétiennes ne devait pas laisser redouter à son âme les terreurs et les surprises de la mort.

Ce premier président Dufaur de Saint-Jory, que Maynard appelle le grand Dufaur, aimait les lettres autant que la religion et la science du droit. Il venait d'une race illustre et des plus anciennes de la robe, de la souche féconde du président Michel Dufaur qui mêla son sang à celui des plus grandes familles de France, et qui eut des rameaux vigoureux, des cardinaux, des ambassadeurs, des gouverneurs de province, des sénéchaux, le procureur général Arnaud Dufaur, comparé, par le généalogiste Blanchard, à Caton p,our l'austérité de ses mœurs et qui fut banni par le Parlement, pour urie harangue dans laquelle il demandait la suppression des gages des magistrats, Jacques Dufaur, des parlementaires classés parmi les beaux esprits de leurs

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