CHAP. XXVII. — LES BANDES DE PILLARDS
mortier au Parlement de Paris, d'une fermeté de caractère et d'une vigueur éprouvées.
Aux tristesses de la guerre succédèrent des jours de fêtes. Le roi divorçait avec la reine Marguerite à laquelle Brantôme adressa, un jour, cette louange qui n'était que sur ses lèvres : « Vous ne serez jamais qu'immortelle € en la terre et au ciel, où vos belles vertus vous porte- € ront sur leurs têtes >. Malheureusement pour elle,
d'autres ont parlé et nous savons ce qu'il faut penser des belles vertus de cette princesse qui aimait à s'appeler Vénus-Uranie. Mais les fêtes du mariage du roi et de Marie de Médécis n'eurent à Toulouse que la durée d'un coucher de soleil.
Les tristesses reviennent. Les bandes de pillards descendent encore des montagnes du Comté de Foix, chassées par la misère et s' abattant sur les vallées» Quand elles ne touchaient pas aux terres des seigneurs, la noblesse, enfermée dans les châteaux, les laissait passer sans tirer l'épée. Parfois le peuple se joignait à ces routiers qui désolaient les villes et les hameaux. A la voix du Parlement, les archers et les consuls d'Ax les mettent en déroute, et des commissaires parcourent le ressort, décernant contre eux des mandats d'arrêts. A quelques jours de là, le Parlement casse, dans bien des villes, des élections.frauduleuses de consuls, édicté des règlements pour l'exercice de la justice haute, moyenne et basse, adresse au roi des remontrances sur le règlement des attributions juridiques entre la chambre des requêtes, le sénéchal, le jugemage, le lieutenant particulier et divers magistrats de Toulouse, ordonne la confection des livres terriers et
modifie les règles de rélectioa des capitouls. Il refuse d'enregistrer les lettres patentes permettant à messire Charles Conti, évêque d'Ancône, d'exercer les fonctions de vice-légat d'Avignon, même dans la province de Narbonne ; il enregistre au contraire celles qui nommaient le père Jacques de Lapalu docteur en théologie, en roffice d'inquisiteur général de la foi, après la mort de l'inquisiteur Arnaud de Sanctis-Fortis, et ordonne que le corps de Jean de Comminges, vicomte de Latour, décédé hérétique, sera exhumé de l'église par les soins du juge et des consuls; il interdit ces sortes d'inhumations et prescrit l'eifiFectation d'un terrain aux sépultures des protestants.
Une création de nouveaux offices de judicature parut au Parlement un surcroît de ruines et le mit, un moment, en lutte avec Sully. Les ambitieux ne manquaient pas aux portes du Parlement, mais les parlementaires faisaient la garde et en écartaient ceux qui n'avaient d'autres titres que leur fortune et leur orgueil. Jean Dadren se présenta pour remplir une charge de conseiller créée par Sully; les maîtres des requêtes de Thôtel, et Sully lui-même, répondaient de son intégrité et de son intelligence : le Parlement refusa de l'accepter.
En temps de guerre, les Cours souveraines se montraient peut-être trop sévères envers le roi, pressé d'argent et ne cessant de leur répéter que ces oppositions n'étaient pas alors de saison. Déjà, il leur écrivait à Toccasion d'un édit de i5g5: « Je l'ai fait avec autant de € regret que vous en avez. Vous ne m'apportez pas de € remède pour m'en tirer et moins pour faire vivre mes « armées. Si vous me faisiez ofiTre de 2,000 ou 3, 000
tat.