‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 227 sur 295 · CH. XXVII. — LETTRES DU PARLEMENT ET DU ROI · texte numérisé non relu

CH. XXVII. — LETTRES DU PARLEMENT ET DU ROI

« écus chacun, ou me donniez avis de prendre vos gages, € ce serait un moyen pour ne point faire des édits. « Mais vous voulez être bien payés et pensez avoir « beaucoup fait, quand vous m*avez fait des remontran- < ces pleines de beaux discours et de belles paroles, et « puis vous vous allez chauffer et faire tout à votre com- « modité. >

Une autre fois, il en venait aux plus humbles prières, dans cette lettre datée du t5 avril 1597: « Vous avez, « par votre piété, secouru des pauvres souffreteux; je € viens demander Taumône pour ceux que j'ai laissés « sur la frontière, pour des gens qui servent nuit et jour « et emploient leur vie pour vous tenir en repos. >

En temps de paix, l'opposition des Parlements à ces créations d'office devenait plus prudente et plus sage. Cette multiplicité des offices de la justice et des finances, en diminuant l'importance des charges, entravait la bonne administration du royaume. Henri IV et Sully le reconnurent plus, tard, bien qu'ils n'aient jamais renoncé complètement à ce moyen de battre monnaie.

Ces fières résistances n'étonnaient pas le roi qui connaissait la fermeté de son Parlement de Toulouse; mais il criait et s'échauffait, en apprenant le refus du Parlement d'enregistrer les arrêts du Conseil, Il était accablé de requêtes des évêques, des prêtres et des moines qui réclamaient partout leurs églises et leurs monastères d'où les protestants ne voulaient pas sortir. Dans bien des villes, surtout à Montauban, cette Genève du ressort de Toulouse, les consuls violaient l'édit de Nantes ; le Parlement rendait arrêts sur arrêts ; la confu" sion et le désordre régnaient dans la province, et une

nuit du mois de janvier 160T, on crut à Toulouse, à un embrasement général, en voyant le feu éclater, à la fois, dans trois quartiers de la ville. Le connétable de Montmorency, gouverneur de la province, y fit son entrée au mois de mai. Il arrivait des villes remuantes de Pézénas et de Montpellier, où il maîtrisa les deux partis protestants et catholiques, toujours prêts à se heurter. Cette fois, il entra à Toulouse, en sa nouvelle qualité de connétable, accompagné de la noblesse accourue des villes voisines, au bruit des fanfares de Tarmée et des acclamations des capitouls qui lui servirent une collation magnifique. Les disputes des protestants et des catholiques le rappelèrent à Nîmes où les calvinistes courroucés répandaient, de tous côtés, des thèses pleines d'injures et de calomnies contre les catholiques. Le Parlement fit brûler ces thèses attribuées à Selot et à Ferrier, en place publique, par la main du bourreau, et décréta de corps les auteurs et les partisans de ces pamphlets qui échappèrent, par la fuite, au châtiment de la justice.

Le pape s'en plaignit au roi et le roi menaça de sa colère les églises protestantes. Duplessis-Mornay, ce pape des huguenots, répondit à M. de Villeroi, secrétaire d'Etat, quç le Parlement de Toulouse suscitait tout ce bruit par ses arrêts imprudents contre des doctrines si souvent enseignées dans les églises de la réforme. Le professeur Jérémie Ferrier, renversé comme l'apôtre sur le chemin de Damas, condamna sa thèse, la déchira en chaire et se convertit. Du milieu de ces rumeurs, qu'un chroniqueur compare à des cris d'oiseaux de proie, on entendit comme un chant de fauvette. Antoinette d'Orléans-Longueville,

■-• — --.JI.Kf

Page 1