‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 229 sur 295 · CHAP. XXVII. — CHAMBRE DE LEDIT DE CASTRES · texte numérisé non relu

CHAP. XXVII. — CHAMBRE DE LEDIT DE CASTRES

au lieu d'aller à Paris, s'incliner devant le roi, il eut peur de sa colère et partit pour Genève où il attendit Theure de la capitulation et du pardon.

Tant que vivra Henri IV, la chambre de TÉdit trouvera, dans sa royale parole et dans sa conscience de chrétien, un ferme soutien contre les empiétements du Parlemant. Le président dePaulo chargé parla Cour de Toulouse de tenir Içi séance à Castres, réclama la préséance sur le président réformé de Fresnes-Canaye, pourtant plus âgé que lui. Sur le refus de la chambre de TEdit, il retourna à Toulouse où le Parlement rendit, en sa faveur, un arrêt en chambres assemblées, et députa vers le roi le président de Saint-Félix et l'avocat général de Caumels, pour lui remontrer l'impossibilité d'envoyer à la chambre de Castres, un président sans la préséance sur le président réformé. A ces remontrances le roi répondit, de Fontainebleau, par une lettre du i5 avril 1699, qu'il allait appeler auprès de lui le président de Canaye, « duquel, dit le roi, nous voulons servir ici près de notre « personne, de sorte que celui qui lui succédera étant « le dernier pourvu ne pourra rien prétendre, ni disputer « en la dite préséance ; et en attendant que le dit sieur « président de Canaye parte pour nous venir trouver, « nous ordonnons au sieur président de Paulo, de con- « tinuer de servir en la dite chambre, en laquelle les « conseillers catholiques de notre Parlement nouvelle- « ment nommés pourront s'acheminer, pour y servir et « relever les autres auquels nous avons accordé ci- « devant permission et congé de se retirer. >

Les réformés gagnaient leur cause, mais le Parlement leur suscitait de nouvelles querelles qui nécessi-

talent l'intervention des arrêts du Conseil. Soutenue par ces arrêts et par le roi, la chambre de TEdit rend paisiblement la justice; elle habituait les populations à la tolérance et le président de Canaye le proclamait ainsi, à Tune des rentrées de la Saint-Martin : € L'on a douté « si la diversité en la religion permise à présent en ce « royaume, peut subsister sans troubler l'Etat ; cette € compagnie, par la grâce de Dieu, en sera une démons- € tration si oculaire à toute la France, que quiconque

< s'efforcera dorénavant de couvrir la sédition et la € rébellion du masque de religion sera ridicule aux plus

< simples et grossiers. >

Le président de Canaye se laissait entraîner peut-être

au delà de la réalité. A cette chambre de TEdit rendant bonne justice, on pouvait reprocher quelquefois son indulgence pour les réformés. Les criminels comptaient sur cette faiblesse et il s'en trouvait qui, pour échapper aux châtiments sévères du Parlement, abjuraient aussitôt leur religion, afin de revendiquer la juridiction des parlementaires de Castres. Il fallut, pourmettre fin à ces abjurations scandaleuses, qu'un arrêt du Conseil limitât la compétence de cette chambre aux abjurations faites six mois au moins avant la demande en renvoi des accusés. On vit aussi de fréquents partages entre les magistrats catholiques et calvinistes ; ils ne disparaîtront qu'avec l'ordonnance de 1629 qui interdisait c de « faire conclusion à la plus douce opinion >, et renvoya raffaire à une autre chambre. Ces défaillances n'empêchaient pas la chambre de l'Edit de servir noblement la civilisation et la justice, et Gâches a eu raison de dire : € La chambre fleurissait dans Castres de toute façon

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