‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 238 sur 295 · CHAP. XXVIII. — DÉSORDRE DES ECOLLS · texte numérisé non relu

CHAP. XXVIII. — DÉSORDRE DES ECOLLS

des épées ou des poigQards, de se masquer et de traîner, avec eux, aux écoles de TUniversité des chiens et des oiseaux de proie. Deux écoliers s'étant battus en duel, la Cour les condamna à une amende honorable, en chemise et la torche à ia main, et à six ans de galères. Afin de mieux semer l'effroi, Farrêt fut publié, à son de trompe, dans tous les quartiers de la ville. On ne permit aux gentilshommes que la chasse à Tarquebuse.

Vers cette époque, le Parlement tranche le procès de Paul Jacques de Lordat, seigneur de Bram, des consuls et habitants de Bram, contre Jeanne de Lorraine prieure de Prouille et la reine Marguerite qui leur disputaient certains privilèges ; il impose des règles et des limites aux attributions des évêques, des juges royaux, des consuls et des sénéchaux ; il expulse le baron de Fabas du couvent de Fabas dont il s*était emparé à main armée ; il enregistre les lettres patentes approuvant la maison du noviciat des jésuites déjà établie à Toulouse, et celles qui nommaient Pierre Giraudel, de Tordre des frères prêcheurs, en l'office d'inquisiteur, vacant à la suite du décès de frère Jacques de Lapalue ; il autorise les religieuses de Saint-Dominique, sous le nom de Sainte- Catherine de Sienne, à édifier leur monastère avec des clôtures; il accorde un sursis de trois ans à la reine, pour payer ses dettes et lui assure une somme de 900,000 livres à elle octroyée ; il mande Henri de Montaigne, magistrat présidial de Montpellier et lui fait inhibition de sortir de Toulouse, pour y avoir commis des scandales ; il enjoint aux seigneurs, battant la campa<^ne et cherchant des duels, de rentrer dans leurs foyers, avec

défense aux populations de leur fournir aucun secours.

La discipline des couvents et des églises commandait souvent la vigueur et la protection du bras séculier. Le Parlement oblige les moines à garder leur résidence^ et à se soumettre aux visites de leurs supérieurs» les religieux à observer la clôture, et les gentilshommes à ne pas la franchir, à peine de i,ooo livres d'amende, d'arrestation et d*autres peines édictées par les saints décrets. Dans les diocèses d'Uzès et de Ntmes, les évoques réclamèrent le secours du Parlement, pour rappeler à leurs devoirs les prêtres des campagnes insouciants du salut des âmes dans ces contrées calvinistes. Le délabrement des églises et les persécutions des protestants contre les prêtres servaient de prétexte à la transformation des bénéfices à charge d*àmes en bénéfices simples : ordre fut donné à tous ces bénéficiaires de regagner leurs cures, sous peine de la privation de leurs revenus, aux consuls de les recevoir et de les loger, et aux officiers du roi de protéger leurs personnes et la célébration des cérémonies religieuses.

Du milieu de ces arrêts sévères, on entend sortir, parfois, comme un doux éclat de rire : le Parlement autorise la pleine jouissance des lettres patentes, qui nomment Gaillard Tailhasson, dit Mathely, violon et joueur d*instruments, au titre de lieutenant ; de Claude Nion, violon ordinaire de la chambre du roi, créé roi des violons de France et qui lui donnent pouvoir de recevoir le serment des autres violons et ménétriers.

Le connétable et le cardinal de Joyeuse ne payaient pas toujours leurs dettes, et les trésoriers généraux de

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